Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Le docteur Mukwege reçoit le prix Sakharov au Parlement européen

27 novembre 2014

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Le pape est venu à Strasbourg le 25 novembre 2014. Mais il n’a pas été le seul à déplacer les foules. Le lendemain, Denis Mukwege, ce médecin congolais qui répare les corps des femmes mutilées et violées à l’Est de la RDC venait recevoir le prix Sakharov du Parlement européen, un prix qui est en quelque sorte, le Nobel européen. Il y a plusieurs années déjà que j’avais déposé, au nom de mon groupe politique, sa candidature au prix. Sans succès jusqu’à hier. En octobre 2014, il avait reçu le prix Solidarité de l’hôpital St Pierre, et lors du gala de charité pour financer ce prix, j’avais avec Laurence Bibot, Isabelle Durant et d’autres femmes politiques, joué un extrait des Monologues du vagin. Entretemps, mon service à l’Université de Liège avait, sous la responsabilité du professeur Adélaïde Blavier qui m’a succédé, envoyé deux psychologues en RDC. Ce, afin d’aider Denis Mukwege à reconstruire les âmes des victimes, au moins autant que leurs corps. Car en plus de la destruction des corps, le viol, utilisé en tant qu’arme de guerre, veut anéantir la volonté et l’identité des femmes. Ce projet d’aide psychologique va se poursuivre. C’est dire si en allant rejoindre Denis Mukwege à Strasbourg j’étais de voir qu’une solidarité internationale se mettait enfin en place pour soutenir un homme exceptionnel.

Photo : Denis Mukwege accueilli au sein du groupe socialiste et démocrate au Parlement européen le 25 novembre 2014.

Pour une Europe laïque

18 novembre 2014

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A propos de la venue du pape à Strasbourg le 25 novembre 

 

 

La manière dont le pape François a affronté, dès le début de son pontificat, la sclérose de l’institution religieuse qui l’avait porté à sa tête, a forcé l’admiration du monde.  Un monde qui a besoin de rêver, qui veut croire aux miracles, et pour qui, un pape qui tweete et qui s’incline devant le mur érigé entre la Palestine et Israël, apporte l’espoir.  Et tous les catholiques épris d’ouverture se prennent à rêver. Enfin la pédophilie, ce chancre de l’église catholique, va être éradiquée.  Peut-être va-t-on aussi questionner le mariage des prêtres, cette arlésienne depuis le concile de Vatican II ?  Et si la contraception était enfin autorisée ? Si c’était la fin de l’excommunication des divorcés ?  Si l’église catholique ouvrait les bras aux homosexuels et leur reconnaissait des droits ?  Toutes ces questions sont débattues aujourd’hui mais  rien ne dit que le pape François réussira à faire tomber les conservatismes profonds de son église.  On le lui souhaite.  Mais ce n’est pas notre problème : c’est celui de ses fidèles.

 

Ma conception de la construction européenne n’est pas celle d’une construction religieuse. Certes, il faut bâtir une maison où chacun trouve sa place, mais une place définie par le droit.  Pas par la foi. Et l’occasion de la visite du pape François au Parlement européen est l’occasion de rappeler avec force ce principe.  L’Europe n’est pas un temple, si œcuménique soit-il.  C’est un espace de liberté, de valeurs, protégées par des droits et des responsabilités. Et sur ce plan là, l’église catholique nous donne bien du fil à retordre.

Son influence est énorme.  Elle s’exerce à travers des lobbies, des pressions, parfois des campagnes de mails.  Elle porte sur tous les dossiers européens qui concernent la santé reproductive, le droit à l’avortement, la recherche sur les cellules souches, l‘homosexualité, la bioéthique, l’euthanasie, etc.  Toutes les interventions  de ces lobbies vont dans le même sens : maintenir ces dossiers sensibles dans le giron  de la subsidiarité, pour que les pays dans lesquels l’église chrétienne est puissante- Irlande, Malte, Chypre, Pologne par exemple- puissent conserver des législations conformes aux principes religieux.  L’objectif est d’empêcher que l’Europe ne légifère sur ces sujets en étendant à l’ensemble des citoyens européens, des droits que l’église catholique rejette. Lorsqu’on sait que cela concerne le divorce, l’avortement, la procréation assistée etc. on s’étonne.  Car enfin l’idée n’est pas d’obliger tout le monde à divorcer ou à avorter mais de permettre à ceux ou celles qui le désirent, de le faire.  Et donc par exemple, aux Chypriotes, aux Irlandais(es) aux Maltais(es), aux Polonais(es) qui ne se sentiraient pas liés par la foi catholique, d’y avoir recours.  Non, l’Eéglise refuse cette liberté, y compris aux non-croyant(e)s.

 

C’est cette implication constante du religieux dans le politique, de la foi dans le droit, que j’ai combattue, avec certains de mes collègues parlementaires, pendant plus de dix ans au Parlement européen.  Pour autant, tous les cris d’alarmes que nous avons poussés, toutes les dénonciations des sectes, omniprésentes dans les institutions européennes ou des lobbies religieux, ou l’utilisation du budget européen pour financer les Journées mondiales de la Jeunesse, ne sont que des escarmouches qui attirent l’attention des médias.  Comme il est médiatique de dénoncer la visite du Pape François en tant que chef de l’état du Vatican, une théocratie au fonctionnement opaque, qui discrimine les femmes au sein de son église.  Mais le fond du problème reste intact et peu évoqué: avons-nous pour projet de faire de l’Europe un temple multiconfessionnel, où les associations philosophiques se trouvent assises à côté des croyants, parées d’une sorte de religion par défaut- ou voulons nous une Europe, sociale et politique, dont le droit s’érige de façon libre et non faussée,  c’est-à-dire par la seule volonté de ses citoyens ?  Et non croulant sous l’influence de lobbies contradictoires, bien financés : drôle de démocratie européenne !  Le fait religieux aujourd’hui embrase le monde.  Voulons nous, dans un avenir proche, embraser l’Europe ?  Faire de l’Europe le contrepoids chrétien a un Islam politique qui n’a de l’Islam que le nom, comme n’ont de chrétiens que le nom certains des lobbyistes que j’ai eu l’occasion de croiser dans les couloirs du Parlement européen ?  Nous avons tous intérêt à refuser de nous fourvoyer dans cette impasse.

 

Si le pape François quitte ce 25 novembre à Strasbourg le lutrin réservé aux chefs d’état pour dialoguer avec les parlementaires de manière structurée comme le prévoit l’article 17 du Traité de Lisbonne, c’est à ce projet que je l’invite à réfléchir : à bâtir une Europe laïque, une Europe des citoyens, de tous les citoyens.  Je crois aux miracles ?

Forcer l’espoir

16 novembre 2014

Le maire de Ramallah et Véronique De Keyser 2013

FORCER L’ESPOIR

 

On me dit : on ne sait plus ce que tu deviens ! Le temps de m’initier à la gestion autonome de mon site[1] et me voilà de retour.  Une nouvelle vie commence.  Finalement, elle n’est pas très éloignée de la précédente.  Ces six premiers mois ont passé à la lumière de l’éclair. Ecriture, conférences, voyages de travail : décidément se poser à du bon !

Mais en cette période chargée sur le plan politique en Belgique- et le plus dur est à venir- une toute petite lueur, qui peut paraître insignifiante : le jumelage de Liège avec Ramallah se concrétise enfin.  Je pars ce mercredi 19 novembre en Palestine ou je remplace le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, pour la signature des accords.  Cette signature aura lieu en marge d’une grande conférence de toutes les villes jumelées avec des villes palestiniennes.  L’occasion de montrer que si les politiques, à l’échelle internationale, sont impuissants à faire taire les armes, les citoyens européens peuvent encore agir à l’échelle locale.  La coopération entre Liège et Ramallah se placera dans les champs de l’éducation, de la santé et de la culture.  Dans les périodes difficiles, comme celle que nous traversons aujourd’hui, les gestes de solidarité vis-à-vis de ceux qui sont dans une précarité encore plus grande, sont des échanges précieux. Ils forcent l’espoir.



[1] Dont je n’ai pas encore réussi à modifier le titre périmé de Députée européenne: sorry!

 

Une petite pause…

7 août 2014

Mesdames, Messieurs,
Chers internautes,

Ce site n’a plus été mis à jour depuis plusieurs jours. Pas de panique, cela ne durera plus très longtemps, juste le temps d’un petite pause durant cet été.

Je vous souhaite à toutes et à tous de passer un excellent été auprès des vôtres. Prenez soin de vous et de ceux que vous aimez.

À très bientôt
Véronique De Keyser

Une Commission « Ponce Pilate »

28 mai 2014

 Tenir des propos contraires à la Charte européenne des Droits fondamentaux et porter une «initiative citoyenne» européenne dans le cadre du Traité de Lisbonne ne pose aucun problème à la Commission!

C’est du moins ce qu’il ressort de la réponse donnée par Monsieur Barroso à la dernière question posée par Véronique De Keyser dans le cadre de la   législature. Etonnant de part de celui qui est censé faire respecter les Traités et les Textes fondamentaux de l’Union.

Véronique De Keyser s’était en effet étonnée des propos homophobes qui étaient repris (avant de disparaître) dans des sites des promoteurs de l’initiative citoyenne «  One of us », initiative  qui avait récolté le nombre de voix nécessaires pour être examinée par l’Union.

Elle avait de ce fait posé une question parlementaire à la Commission : 

 « Des organisations dont les propos et messages médiatiques sont en violation de la Charte des droits fondamentaux sont-elles éligibles comme organisatrices et sponsors d’une initiative citoyenne? Les propos homophobes et/ou résolument hostiles aux droits de la femme que l’on trouve sur le site des associations qui ont soutenu l’initiative « One of us » ne posent-ils pas, à cet égard, une vraie question? Qu’en pense très précisément la Commission?” Question E-004666/2014 

Comme à son habitude la Commission, par la voix de son Président Barroso, vient de répondre à côté de la question par des banalités affligeantes.

« Conformément au règlement (UE) No 211/2011 relatif à l’initiative citoyenne, seuls des comités de citoyens composés d’au moins sept citoyens européens résidant dans sept Etats membres différents peuvent organiser une initiative citoyenne européenne.

En ce qui concerne les organisations soutenant les initiatives des citoyens, le règlement prévoit que les organisateurs doivent déclarer à la Commission toutes leurs sources de soutien et de financement supérieures à 500 EUR par an et par sponsor. Ces sources sont publiées dans le registre des initiatives citoyennes. Le règlement ne prévoit pas d’autres dispositions quant à l’origine ou à la nature de ces sources.

Conformément à l’Article 4(3) du règlement, la Commission se doit de refuser l’enregistrement de propositions d’initiative citoyenne manifestement contraires aux valeurs de l’Union. A ce jour, aucune proposition d’initiative n’a été refusée pour cette raison.

Lors de l’enregistrement d’une initiative citoyenne, c’est uniquement le texte même de l’initiative, tel que soumis formellement via le Registre, qui fait l’objet de l’analyse de la Commission, et non pas des déclarations éventuellement faites par les organisateurs dans le contexte de leur campagne.

La Commission ne peut être tenue responsable de propos ou de déclarations émis par les organisateurs d’initiatives citoyennes ou a fortiori par leurs sponsors. Les avis exprimés n’engagent que leurs auteurs et en aucun cas la Commission européenne. » 

Ainsi donc, n’importe quelles associations, tant qu’elles répondent aux critères généraux définis par la Commission dans la première partie de sa « réponse » et tant qu’elles posent une question politiquement correcte, peuvent dans leurs écrits, dans leurs sites, tenir des propos contraires à la Charte des Droits fondamentaux. C’est plus qu’inquiétant !

Je pense que les associations laïques doivent prendre acte de ce fait et définir une politique réactive. Les Députés européens devront en tirer des conclusions et dénoncer une telle interprétation de la Commission. Ce sont nos droits fondamentaux qui sont foulés aux pieds par ceux qui sont pourtant chargés de les défendre. 

Véronique De Keyser

 

L’édito de la « Tribune des Services publics »…à lire !

27 mai 2014

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À très bientôt !

27 mai 2014

Mon équipe et moi souhaitons vous remercier pour votre soutien durant ces années au Parlement européen.

À très bientôt

Véronique, Marcel, Lara, Tanya et Waldo

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Des images du scrutin au Malawi

22 mai 2014

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Coup de gueule

22 mai 2014

imageLa Libre Belgique a publié ce mercredi 21 mai une photo afin d’illustrer un article intitulé « Les Belges sont chez eux dans l’Union » et signé Véronique Leblanc.

Parlons d’abord de l’article. Un article étonnant à plus d’un titre. Véronique Leblanc y évoque la vie « active » des députés européens belges, et plus précisément à Strasbourg.

La journaliste va citer la plupart des députés européens  ( Verhofstadt, Grosch, El Khadraoui, Ries, Belet, Tarabella, Michel, Lamberts, Daerden, Dehaene, Staes,  Delvaux, Vanhecke, Demesmaeker, Durant ) et ignorer totalement les autres. Doit-on en déduire qu’ils ont été inactifs ?

On peut s’interroger sur le pourquoi de ce  choix journalistique à quelques jours des élections.S’agit-il d’un choix personnel, arbitraire ou guidé ? On ne sait pas. Mais ce qui est certain, c’est que ce choix me pose question.

Cela c’est pour le texte.

Quant à la photo choisie pour illustrer cet article, quand on la regarde bien, elle pose question.

Incontestablement, la photo est prise lors d’une séance de vote. Et que constate-t-on ?

Les députés 662 et 663 sont en pleine discussion et ignorent manifestement le vote. Le 661 lit.

Le 657 et 656 sont occupés.

La 577 lit également. La 576 réfléchit. Le 575 téléphone. Le 574 lit aussi. Tout comme le 570.

Le 493 réfléchit ? Le 492 discute avec un photographe. La 491 lit (encore). Le 487 se pose des questions.

Le 409 est dubitatif et pense. Le 405 semble observer la scène.

La 333, là c’est clair… elle  fait sa mallette et manifestement est bien décidée à partir.

Au premier rang ( de la photo), Mathieu Grosch lit, son voisin semble préoccupé…

 

Heureusement que nous n’avons pas eu droit à une photo de tout l’hémicycle…

 

Mais quelle belle image choisie pour parler de l’Europe !

 

 

Véronique De Keyser

 

 

20 mai 2014 : journée d’élections au Malawi

20 mai 2014

Véronique De Keyser a été nommée par Kathy Alston chef de la mission d’observation de l’Union européenne pour les élections au Malawi.

Après un premier séjour ( 4 au 9 mai) afin de vérifier si toute son équipe ( une centaine de personnes) était bien en place et que les préparatifs étaient conformes au droit et à la démocratie, Véronique De Keyser est sur place depuis ce samedi 17.

Ce 20 mai est jour d’élections. Des élections municipales, législatives et présidentielles.

7 millions d’électeurs sont appelés à voter.

La présidente en place, candidate à sa propre succession, n’a pas la certitude d’être réélue. Elle a plusieurs concurrents dont trois semblent avoir certaines chances. Près de 4500 bureaux de votes se sont ouverts ce matin.