Véronique De Keyser

Conseillère communale à Liège

Enfin un progrès dans le sens de la biodiversité, témoin d’une nouvelle sensibilité européenne !

26 novembre 2008

Samedi 22 novembre : Soumagne, inauguration des vergers conservatoires.

L’Europe vient de décider que l’on pouvait vendre des légumes et des fruits non calibrés, aux formes imparfaites, un peu tordus certes, mais naturels ! Enfin un progrès dans le sens de la biodiversité ! Cette inflexion écologique est récente et témoigne d’une nouvelle sensibilité européenne. Cela n’a pas toujours été le cas. En 1970, les primes données aux agriculteurs pour qu’ils arrachent les arbres fruitiers de leur verger au profit de plantes « à basse tige » à la cueillette plus simple, ont décimé le pays de Herve. Oubliées les maraudes, mais disparues aussi les nombreuses variétés de pommes ou de poires qui faisaient la richesse des bocages. La production industrielle d’espèces correspondant uniquement au goût du client, ou plutôt à sa vue, a remplacé la variété.

On doit au tracé du TGV et à l’obstination de quelques Soumagnards, dont Monsieur Didier Brick et des Amis de la Terre en collaboration avec la Faculté agronomique de Gembloux, de vouloir retourner cette tendance. Profitant du tracé souterrain du TGV sur Soumagne, ils ont obtenus de pouvoir créer un « verger conservatoire ». C’est à dire un endroit où faire pousser les anciennes espèces, presque totalement disparues et d’en faire un lieu d’animation scolaire, de rencontres, de sensibilisation du grand public.

Le jour de l’inauguration du verger, il neigeait, ventait et le temps était glacial. Je devais, avec Charles Janssens, Bourgmestre de Soumagne, planter un arbre, et on m’avait prévenue : « Attention, mettez des bottes ! » En me levant ce matin-là, je me suis dit : « Les pauvres, c’est dommage, avec ce temps ils n’auront personne ».

Surprise : on s’entassait dans le local des Amis de la nature ! Le débat était vif et agriculteurs et organisateurs se renvoyaient la balle pour savoir que faire en cas de fièvre bactérienne ou de rouille des poiriers, quel était le rôle des genévriers dans l’origine de la maladie, comment faire classer un bel arbre de son jardin… et j’en passe. Dégustation de pommes, de cidre, de jus de pommes. Et une volonté forte de protéger la planète et de retrouver un art de vivre qui ne soit pas le tout à la consommation. Non seulement cela existe, non seulement « ça c’est passé près de chez vous », mais cette tendance là est une puissante lame de fond. Et la Faculté de Gembloux, présente à la manifestation, d’assurer que ce n’était pas un retour au passé, mais une fenêtre vers l’avenir, avec la science du côté de la biodiversité.

Coup de chapeau à l’équipe du Grandgousier !

25 novembre 2008

« La Mère » de Bertolt Brecht. Du 7 novembre au 6 décembre 2008 à CMI (réservations 033776118).

Il faisait glacial, malgré la couverture dans laquelle je m’enroulais, les pieds mouillés et la goutte au nez. Et pourtant, dans le grand hall d’usine de CMI, je n’ai pas eu froid. Personne je crois n’a eu froid. A la fin de la représentation de La mère de Bertolt Brecht, les spectateurs se sont levés en chantant l’Internationale. Par quelle magie la compagnie du Grandgousier a-t-elle pu attirer, dans un hall d’usine désaffecté, un soir de neige, une soixantaine de spectateurs? Alors que le Standard jouait à un jet de pierre de là ?

Par la magie des mots d’abord. La pièce de Brecht, inspirée par le livre de Gorki, n’a pas pris une ride. Et la crise du capitalisme financier qui vient d’éclater lui redonne encore plus de sens. Le démontage par Brecht du discours patronal, des hésitations de chacun à entrer dans la radicalité de la révolte et la démonstration patiente de l’absolue nécessité de cette révolte et de cette radicalité, tout cela reste vrai. A l’heure où certains états-majors politiques balancent entre centre droit et centre gauche, Brecht, face à la misère et à l’exploitation écarte le centre, et place son espoir dans la lutte de classe, sans emphase, mais sans concession.

Par la magie aussi d’une scénographie et d’une mise en scène qui jouent magistralement avec les lieux, les enfilades, la beauté des tableaux de groupe et les mouvements du collectif. Dans le tableau final, celui de la révolution de 1917, l’effet de foule difficile à obtenir avec une trentaine de comédiens, est créé par l’arrivée latérale et du fond du hall des dits comédiens. Ils arrivent un à un, d’un pas décidé, comme des citoyens venus de très loin et de partout, rejoindre le lieu de rassemblement. Pour faire finalement masse et bloc, à l’avant scène, en un tableau statique d’une puissante beauté.

Par la magie de la musique de Hans Eisler, ce théoricien musical et compositeur germano-autrichien, ami de Brecht, et victime lui aussi du maccarthysme américain. Contraint de quitter les Etats-Unis en 1948, celui qu’on appelait le « Karl Marx de la musique » signe les chansons de la Mère. Saluons au passage les costumes des ouvriers et ouvrières, très « brechtiens », dans les tons passés mais qui comme toujours font mouche.

Toute la mythologie révolutionnaire y est et on est très content de se laisser piéger. Le spectateur averti s’inquiète cependant de l’esquisse d’une dictature du prolétariat déjà bien dogmatique – par exemple quand la mère Pélagie Vlassova délaisse à peine l’impression des tracts pour embrasser son fils sorti de prison, lui qui va repartir et être fusillé. Le spectateur s’inquiète, parce qu’il connaît l’histoire et les dérapages du communisme soviétique, mais ce ne sont ni le peuple, ni Pélagie Vlassova, une Mère bouleversante, qui ont trahi, ce sont leurs dirigeants. La pièce donne à méditer. Un grand coup de chapeau à Patrick Bebi, le réalisateur, et à l’équipe du Grandgousier, qui une fois de plus montrent que la téléréalité n’a pas tué tout engagement et qu’il existe un public quand le spectacle est de qualité.

Le Conseil Communal des Jeunes Liégeois reçu au Parlement Européen à Strasbourg par la Députée Véronique De Keyser

19 novembre 2008

Au départ, c’est Véronique De Keyser la conseillère communale de Liège qui a invité ce groupe d’adolescents qui, grâce à son travail et sa motivation a jeté les bases du tout premier Conseil Communal des Jeunes Liégeois (CCJL) en août dernier, en partenariat avec l’échevin de la Jeunesse et des sports Monsieur Fouad Chamas.

A l’arrivée, c’est Véronique De Keyser l’eurodéputée qui a organisé la visite de ce 19 novembre au parlement européen à Strasbourg. Durant cette visite, les jeunes ont d’abord assisté aux travaux dans l’hémicycle parlementaire pendant une heure, puis à une conférence de Madame De Keyser qui a fait l’objet de nombreuses questions.

A l’heure où l’on parle crise, faillite, insécurité, incertitude, récession, repli sur soi… il est important de mettre l’accent sur cette nouvelle génération qui organise événements, activités ou projets à destination des autres jeunes résidants, favorisant l’apprentissage d’une citoyenneté active, responsable et ouverte aux autres. Le travail de ces jeunes et les engagements de Véronique De Keyser ont trouvé ce matin une nouvelle opportunité de se faire écho.

« Liège est aujourdhui en quelque sorte, la capitale européenne de la culture ! »

12 novembre 2008

La folie des dieux

11 novembre 2008

Une fillette de 13 ans se fait sauter avec une charge de dynamite à Bagdad. Est-ce elle-même ou, comme en Tchétchénie où les terroristes ne font pas confiance aux femmes kamikazes, quelqu’un d’autre qui a poussé sur le détonateur ?

Au même moment, devant le Saint Sépulcre, les gardiens du tombeau du Christ en viennent aux mains. Coptes orthodoxes contre prêtres arméniens s’arrachent mutuellement soutanes, insignes religieux et ils doivent être séparés par des soldats israéliens.

Le même jour sur les antennes de la télévision belge, un père lance un cri de détresse. Malgré que des jugements multiples lui aient donné la garde de son fils, son ex-épouse a emmené l’enfant en Israël au sein d’une communauté juive ultra-orthodoxe. Au moment où ce père a pu revoir quelques instants son fils, celui-ci, raconte-t-il désespéré, commençait à tenir des propos anti-arabes et anti-catholiques très éloignés de la tolérance dans laquelle il avait été élevé. Et maintenant, il a disparu. On n’est même plus sûr que cette communauté, qui a pignon sur rue dans le monde, l’ait gardé en Israël.

Les intégrismes sont de tout bord. On a toujours tué au nom de Dieu : inquisition, croisades, supplices : les religions ont les mains pleines de sang. Même lorsqu’elles se considèrent comme des apôtres de l’amour. On est toujours l’hérétique d’un extrémiste. Quand je me bats pour la laïcité et la tolérance, ce n’est pas pour « bouffer du curé » comme certains l’affirment vulgairement. Mais pour que chacun puisse vivre librement sans être aliéné par un jeu de passion, aliéné parfois jusqu’à la mort.
Les passions nous font vivre : la raison les empêche de nous dévorer.

Yasmina Khadra reçu au Parlement européen par Véronique De Keyser

7 novembre 2008

Dans le cadre de la semaine arabe qui se tenait au Parlement européen ce 5 novembre 2008, la Députée Véronique De Keyser a reçu devant une salle comble et comblée, l’écrivain algérien Yasmina Khadra.

C’est avec les romans noirs -Morituri, Double Blanc et L’Automne des chimères- du commissaire Brahim Llob, un incorruptible dans un Alger dévoré par le fanatisme et les luttes de pouvoir, qu’il acquiert sa renommée internationale. Morituri est adapté au cinéma en 2007 par Okacha Touita. Mais c’est surtout « le dialogue de sourds qui oppose l’Orient et l’Occident » qu’il illustre dans ses trois romans Les Hirondelles de Kaboul, L’Attentat, Les Sirènes de Bagdad. Trois romans dont le caractère politique n’est plus à démontrer puisqu’il les situe dans des pays en guerre où les femmes sont souvent sacrifiées. Dans sa dernière oeuvre « Ce que le jour doit à la nuit », Yasmina Khadra retourne dans son Algérie et éclaire d’un nouveau jour ce conflit ayant opposé deux peuples amoureux d’un même pays.

Parmi les nombreux sujets abordés lors de cette rencontre littéraire, l’élection du président des Etats Unis a beaucoup ému Yasmina Khadra : « Un miracle est encore possible ? » Plus qu’une victoire politique, l’écrivain évoque une victoire culturelle et s’interroge sur la réalité des Etats Unis qu’il voit comme une doctrine et non comme un pays.

D’un pays, l’autre, le sien. Lorsqu’il parle de l’Algérie, Yasmina Khadra affirme que s’il est en colère contre le pouvoir en place, il préfère l’amour à la haine et choisit de lutter avec les mots. Et les mots le lui rendent bien, lui le petit-fils de poète, lui dont la patrie intime est la littérature. Le plus grand danger pour une nation affirme-t-il, c’est l’ignorance et plus encore la méconnaissance. Pour la population, la culture est un repère incontournable, indispensable. Lorsqu’on lui demande pourquoi il n’écrit pas en arabe, il remonte le cours du temps jusqu’à ses neuf ans où, alors qu’il rêve d’écrire de la poésie en arabe, c’est le choc : il entre dans l’armée selon la volonté de son père et devient le matricule 129. Mais pour son professeur de français, fasciné par son imaginaire, il est Mohammed. C’est ainsi que Yasmina Khadra apprend à s’exprimer dans cette langue et à l’aimer. Traduit en trente trois langues depuis, il ne cesse à travers ses oeuvres de faire la lumière sur l’Orient trop souvent victime du regard réducteur des occidentaux, de la manipulation politique et de la désinformation.

Quand son roman « L’attentat » met la femme au centre du débat, Yasmina Khadra n’hésite pas à dire qu’elle est disqualifiée dans ces pays en guerre qu’il décrit dans ses livres, mais aussi partout ailleurs dans la réalité, là où les hommes ne la méritent pas. « Si l’homme prenait conscience de la chance qu’il a d’être aimé, il n’y aurait plus de malheur ». Pour lui, la femme n’est pas l’avenir de l’homme, comme le disait Aragon, mais bien la vie même. La femme doit investir l’univers politique, c’est elle qui changera et fera progresser les mentalités.

Yasmina Khadra, également directeur du CCA (Centre Culturel Algérien) à Paris, assoie la culture comme territoire de partage. Beaucoup ont crié au scandale lors de sa nomination à ce poste, où pourtant, sa seule ambition est de provoquer l’engagement des artistes pour « faire de ce lieu une place d’armes pour reconquérir nos rêves ». Toujours selon l’écrivain, « en France, les intellos sont des victimes expiatoires qui n’arrivent pas à dissocier l’Algérie du régime » alors que c’est le croisement des civilisations qui permet de se comprendre.

Véronique De Keyser conclut que si Yasmina Khadra a toujours écrit malgré des circonstances difficiles tout au long de sa vie (devoir concilier écriture et armée, prendre un pseudonyme pendant qu’il était dans le maquis, abandonner sa langue natale…), comment peut-il ne pas continuer ? Pourquoi la direction du CCA serait-elle plus contraignante que l’habit militaire ? « Foutez le camp du CCA ! » lui lance-t-elle ! Si la gestion de celui-ci ne cohabite pas toujours avec les élans créatifs de l’auteur, qui avoue ne pas avoir composé une ligne depuis un an et en souffrir, il préfère penser que son pays va s’en sortir et sacrifier son écriture tant que la culture fera avancer l’humanité. Loin de croire à ce sacrifice des mots… Véronique De Keyser souhaite et espère que Yasmina Khadra reprendra vite la plume car c’est un immense écrivain.

Communiqué de presse

4 novembre 2008

Retour de Syrie

 » Je viens d’apprendre par l’organisation syrienne des droits de l’homme SHRO, que la Cour d’appel de Damas aurait décidé de relâcher Michel Kilo et Mahmoud Issa. Cette décision pourrait prendre très rapidement effet. La nouvelle demande encore à être confirmée, mais si tel est le cas, je m’en réjouis » déclare la députée européenne Véronique De Keyser, de retour ce lundi d’un voyage à Damas.

Au cours d’un long entretien ce dimanche 2 novembre avec le Président syrien Bachar Al Assad (voir annexe), la députée s’était entretenue sur le rôle important que la Syrie pouvait jouer dans la stabilisation de la région et la recherche d’une paix juste et durable qui inclue tous les acteurs. La députée avait souligné combien l’Europe appréciait les marques d’ouverture de la Syrie, son intérêt pour l’Union pour la Méditerranée, et l’ouverture de négociations de paix indirectes avec Israël grâce à la médiation de la Turquie.

Etant rapporteur de l’association EU-Syrie la députée avait également exprimé le vœu que celui-ci puisse être finalisé très rapidement. La députée avait conclu son entretien par sa préoccupation quant à la récente condamnation de 3 journalistes et 9 activistes des droits de l’Homme par la Cour de Damas.

La veille déjà, dans une intervention publique devant un parterre d’autorités syriennes elle avait souligné « Les amis de la Syrie, et j’en suis, espèrent que ce jugement pourra être révisé dans une procédure d’appel. Je reste confiante dans la justice syrienne ». Si la relaxe de Michel Kilo et de Mahmoud Issa se confirme, c’est déjà un pas positif dont il faut mesurer l’importance.

Le Président Bachar Al Assad s’est déclaré conscient de la nécessité d’avancer dans les réformes « Nos lois sont dures, notre Constitution aussi: les changer prendra encore du temps et doit passer par la voie parlementaire mais il me faut l’adhésion de tout mon peuple : la Syrie est loin d’être un bloc monolithique. » Rappelons que la députée avait récemment condamné le raid américain en territoire syrien.

European Parliamentarian: We Support Partnership Agreement with Syria, Reject Targeting Civilians

4 novembre 2008

Sunday, November 02, 2008 – SANA

President Bashar al-Assad reviewed Sunday with Chairman of the Foreign Relations Committee in the European Parliament Mrs. Veronique De Keyser the recent developments in the Syrian–European relations. Both sides also discussed the latest developments in the region, including the peace process in the Middle East, where Mrs. De Keyser expressed support of the European Parliament to the indirect negotiations between Syria and Israel mediated by Turkey for reaching an agreement of comprehensive and just peace the region.

Also she affirmed support for signing a partnership agreement between Syria and the European Union for its benefit to both sides, especially in light of the pivotal role played by Syria and the European Union’s desire to strengthen its role in the region in a way that contributes in enhancing security and stability. The European Parliamentarian refused any acts aiming at destabilizing the region, particularly after the positive developments witnessed recently.

Mrs. De Keyser considered that targeting the innocent civilians is « unacceptable work and can not be justified under any pretext. » President al-Assad welcomed the return of the European active role, stressing that Europe had more understanding for our Arab causes due to the geography and history factors and indicating that it can play a balanced role serves the stability in the region. The President expressed his appreciation of the positions of Mrs. De Keyser in supporting the Arab just causes. The meeting was attended by Presidential Political and Media Advisor Dr. Buthaina Sha’ban.