Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Blog de campagne (9)

12 mai 2009

Dimanche 10 mai. Aywaille et ma tête de grenouille. Comme d’habitude j’arrive à la rencontre avec des pieds de plomb tant je suis fatiguée et comme d’habitude, il ne me faut pas dix minutes pour retrouver le moral : j’ai l’impression d’être un papier buvard. Je vis en absorbant la sympathie et l’espoir des autres. Ils me donnent un courage fou et ils sont ma boussole. En les écoutant je sais pourquoi, un beau matin je me suis dis : je reviens à la politique. C’est maintenant ou jamais. J’ai le plaisir de croiser là une candidate dite d’ouverture, remarquable : le docteur El Kayat. Son mari, un de mes anciens collègues à l’Université, vient de partir en Palestine. C’est étonnant de la retrouver sur nos listes, mais ce n’est pas un hasard : quand les chemins se croisent sur le tard en politique, c’est la trace d’engagements profonds et parfois très anciens qui remontent à la surface et deviennent irrépressibles. Je trouve à Aywaille un GB ouvert et, honte à moi qui me suis toujours opposée à l’ouverture des grands magasins le dimanche, j’avoue que je m’y précipite et entasse dans le caddy des boîtes de chat, de chien, des salades, des crevettes, des cocas light et des petites crasses en tout genre. Puis je redescends place St Lambert d’où s’ébranle, en début d’après-midi, une marche vers le centre fermé de Vottem dont on « fête » les 10 ans d’existence. Une honte. Et dire que l’Europe a accepté la directive retour qui autorise des détentions allant jusqu’à 18 mois et aussi des détentions de mineurs. Comment pouvons-nous encore accepter une Europe forteresse, refermée sur ses acquis, alors que les candidats à l’immigration se noient au large des côtes de Lampedusa ? Des tas d’amis et de connaissances gravissent avec moi, sous un soleil de plomb, la côte qui mène à Vottem. Et notamment un collègue universitaire qui a rejoint une liste d’extrême gauche. – Pourquoi, finalement ? Tu t’es fait enrôler ? – Non, mais je me disais qu’il était temps. Quand on voit l’évolution du monde, on ne peut plus se contenter de faire de la politique dans un bureau. C’est marrant parce que je partage son sentiment d’urgence : il y a un contrat social à remplir. A chacun de voir comment l’assurer au mieux.

Le soir, je décide de rentrer à la maison. C’est trop. Il faut souffler un peu, défaire les valises toujours dans le couloir depuis le retour de Strasbourg, trier les papiers, faire les factures. Je mourrais pour un vrai bol de soupe où nagent les légumes ! Je prends quelques notes et consulte ma montre : il est déjà minuit.

Lundi 11 mai. Vite, je rejoins Bruxelles… et Robert ! Robert c’est le coiffeur du Parlement européen. C’est lui qui officie au rez-de-chaussée ; et c’est son équipe qui ne met que trente minutes, montre en main, pour un brushing. J’aime beaucoup Robert. Quand il ne travaillait pas encore dans l’institution, il organisait de temps à autre des coupes gratuites pour les SDF. Quand M.C a sorti son livre sur les sectes et les lobbies à l’assaut de l’Europe, il en a donné un exemplaire à Robert qui a passé ses vacances à le lire. – J’ai eu dur au début à cause des mots, disait-il, mais c’est intéressant. A mon tour, je lui ai dédicacé mon livre sur la flexibilité au travail. Je soupçonne d’ailleurs tous les députés de faire de même et il doit avoir une bibliothèque impressionnante. Mais son rêve, c’est de rencontrer un jour Elio. Notre Président le fascine. Robert prétend qu’il lui donnera des conseils pour reconquérir les indépendants, qu’il sait ce qu’il faut faire. A quand une coupe pour Elio ? L’après-midi, « chat » d’une heure organisé par la Fondation Roi Baudouin, avec des jeunes, puis le soir, réunion dans le Limbourg, près de Verviers. Les gens de Dison avec lesquels j’étais allée à Audincourt sont là aussi. C’est très gai et bien organisé par les MJS : la relève a l’air assurée !

 

Partager   |
FacebookTwitterGoogle+LinkedInDeliciousEmailPrint


«

»