Blog du lundi 12 octobre
12 octobre 2009La vie passe trop vite au Parlement : dès que je reprends la plume, les nouvelles se bousculent et j’essaie leur donner une cohérence. Mais si moi je n’y réussis pas, que penser de ceux qui sont éloignés de l’œil du cyclone ?
Il y a d’abord eu le OUI irlandais. On peut en penser ce que l’on veut du Traité de Lisbonne, mais il assurera davantage de transparence et de démocratie au fonctionnement européen. Plus de pouvoir pour le Parlement, plus de transparence dans les discussions du Conseil jusqu’ici tenues secrètes. Mais à quel prix ce OUI ? On le doit sans doute d’abord à la crise financière, qui a fait trembler l’Irlande : son économie ultra-libérale en a subit les conséquences de plein fouet. Mais on le doit aussi à l’assurance donnée aux Irlandais que jamais, au grand jamais, l’Europe ne les obligerait à légaliser le droit à l’avortement. Il est clair que jusqu’à ce jour, la légalisation de l’avortement a été un processus national. Ceux ou celles qui ont eu le temps de visionner vendredi dernier l’émission d’Elodie de Selys sur «l’incapacité temporaire» de régner du roi Baudouin (le roi refusait de signer la loi belge qui dépénalisait l’avortement) en sont bien persuadés. Mais les femmes européennes veulent partager leurs libertés. Il n’est pas normal qu’aujourd’hui, dans certains pays européens, dont l’Irlande fait partie mais aussi la Pologne et Malte, les femmes les plus pauvres continuent à mourir dans des avortements clandestins, alors que les plus riches franchissent leurs frontières pour interrompre ailleurs leur grossesse. Gisèle Halimi, la célèbre avocate française continue à se battre pour que toutes les Européennes aient accès aux mêmes droits, et pas seulement pour interrompre une grossesse : droit au divorce, à l’égalité de traitement, à la pension de garde des enfants etc. Les disparités nationales sont effarantes. Et c’est pour garder ces inégalités, au nom de sa souveraineté nationale, que l’Irlande a conditionné son OUI au maintien du refus de l’avortement. C’est cher payer son accord. Et l’on est en droit de se demander ce que la Pologne ou la République Tchèque vont exiger de leur côté.
A côté du OUI irlandais il y a eu des victoires moins amères. Les élections portugaises maintiennent au pouvoir les socialistes qui perdent cependant la majorité absolue. Mais surtout, il y a la formidable victoire des socialistes grecs, qui ont repris la main de façon éclatante. Deux anciens collègues du Parlement sont devenus ministres, ça fait toujours plaisir. Et on en oublie un peu l’évincement politique du SPD en Allemagne, qui a perdu le pouvoir. Bref sur les bancs du Parlement, on s’est beaucoup congratulé ces derniers jours mais on a aussi sorti les mouchoirs. Et si les grands débats sont autour de la crise financière et du changement climatique, les soubresauts politiques de chaque pays alimentent toujours les discussions de couloir.
J’ai pourtant trouvé le temps de satisfaire un de mes vices : le théâtre. Formidable festival de l’Emulation à Liège au Théâtre de la Place. Nous n’avons vraiment rien à envier à d’autres voisins…que je ne nommerai pas. Je m’étais d’abord précipitée pour voir «Le Barbier de Séville» qui ouvrait la saison à Liège, monté par Jacques Delcuvellerie : du pur bonheur, un jeu d’acteurs éblouissant, sans exception. Mais que dire de «Voyage», avec les artistes de la Fabrique Imaginaire (Eve Bonfanti et Yves Hunstad) : ça c’est magique. Je les avais déjà vus dans «Au bord de l’eau» au festival off d’Avignon ; et la manière dont ils transforment les mots, font s’enchevêtrer les temps, cette manière unique crée un univers poétique si subtil et si drôle qu’on oscille constamment entre rire et larmes. Je suis sortie de la représentation d’Avignon toute barbouillée de rimmel, tant j’avais pleuré. J’avais donc très peur de «Voyage», très peur que ce soit un peu raté, un peu «en deçà». Et bien non. Du coup, j’ai mis dans mon agenda de cette semaine «Du Vent…des fantômes» de la même compagnie. Il faut que je trouve une soirée de libre, c’est vital. Après ça, je parviens presque à supporter les dessous du OUI irlandais, ou du moins à trouver des forces nouvelles pour le combattre. Mais ce n’est pas tout car samedi dernier j’ai foncé à la Cartoucherie de Vincennes en France, pour voir les «Mères Veilleuses» au Théâtre de l’Epée de Bois. Presque un chuchotement, avec deux actrices sur scène qui interprètent huit monologues. Un seul thème : leur enfant est sorti du droit chemin et c’est tout à la fois leur amour et leur déchirement qu’elles expriment. Un texte intimiste mais très beau de Sylvie Chastain. Et puis, rentrée dare-dare pour le Congrès du PS dimanche à Charleroi, dans une ambiance à la fois grave car la situation politique est sérieuse, mais festive néanmoins car on était heureux de ces retrouvailles après les élections.
C’est vrai que lorsque je me relis, je me dis : «ça fait un peu désordre tout ça». Mais si je veux me faire l’écho de ces heures que je parviens à voler de temps à autre pour filer au théâtre, c’est parce que je trouve qu’on parle trop peu de cet art «à mains nues», non polycopié, où les artistes, qui ont souvent de la peine à nouer les deux bouts, donnent tout et payent de leur personne. Et nous fabriquent de purs joyaux, avec trois fois rien. Et c’est vrai aussi que j’ai un faible pour le théâtre de rues, pour les petits moyens plutôt que pour les grandes productions, car là, aucun subterfuge ne permet de masquer les faiblesses. C’est du très grand art, de la très belle poésie. Alors, on me pardonnera de mêler tout ça à la victoire de socialistes grecs. Après tout, n’avaient-ils pas eux aussi une tradition théâtrale décente ???
Révoltant report du rapport Goldstone !
7 octobre 2009« Le report du rapport Goldstone : Révoltant ! » dit Véronique De Keyser.
« La décision du Conseil des Droits de l’homme des Nations-Unies de reporter le vote sur le rapport Goldstone jusqu’en mars 2010 est une véritable gifle à tous les défenseurs des droits de l’homme » déclare Véronique De Keyser.
C’est pourtant le Conseil des Droits de l’Homme lui-même qui avait donné mandat le 3 avril 2009 à une mission dirigée par le juge Richard Goldstone de relever tous les faits survenus pendant l’intervention militaire de Gaza du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009.
Le rapport – une brique de près de 600 pages – sorti le 15 septembre 2009 mettait en cause tant Israël que le Hamas. Il vient d’être mis au frigo. Comme l’avait été en son temps le rapport de diplomates britanniques sur Jérusalem-est en 2004, rapport jamais entériné par le Conseil de l’UE. Comme l’avait été le rapport De Soto Représentant le Secrétaire général de l’ONU qui mettait en cause en 2005 le fonctionnement du Quartet.
La liste des papiers, documents, textes compromettants qu’on enterre allégrement au gré des humeurs politiques s’allonge. »On entend souvent dire que la justice est aveugle mais dans ce cas un tel aveuglement est tout bonnement révoltant ».
Véronique De Keyser
Députée européenne
Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates
Mise au point de Véronique De Keyser sur « L’Eros Center » de Liège
6 octobre 2009« Je suis étonnée des gros titres de la presse parlant d’un futur Eros Center » à Liège, déclare l’eurodéputée belge Véronique De Keyser, qui est aussi conseillère communale à Liège et membre fondateur d’Isatis « Initiative sociale d’aide aux travailleurs indépendants du sexe », l’ASBL qui vient de se créer mardi 29 septembre.
» J’ai toujours exprimé mon refus devant ce titre racoleur, qui peut créer un appel d’air à des clients venant de l’étranger puisque nous sommes dans une région transfrontalière. J’ai exprimé ce refus au conseil communal et en présentant ma candidature à Isatis. L’objectif n’est pas de créer un commerce du sexe à Liège, mais d’éviter que les prostitué(e)s des 51 salons qui ont été fermés à Liège ne disparaissent dans la nature, sans protection aucune, ruinant ainsi tous les efforts des associations qui s’en occupaient. Si Isatis veut gérer un lieu où des prostitué(e)s travaillent c’est pour leur garantir une protection à tous les niveaux, notamment sur le plan de la santé et empêcher que des loyers exorbitants soient pratiqués dans une logique purement commerciale. Isatis se veut aussi un instrument de réinsertion sociale aidant ceux ou celles qui souhaitent quitter la prostitution. »
Véronique De Keyser ajoute qu’à l’Europe elle a toujours lutté contre le trafic d’êtres humains, mais que même quand la prostitution n’est pas forcée, les prostitué(e)s constituent une population fragile, victime de bien des abus.
Vendredi 09 octobre : « Ce jour-là » retrouvez Véronique De Keyser sur ladeux Rtbf
4 octobre 2009«Ce jour-là» ? C’est la toute nouvelle émission de la RTBF qui explore notre passé à travers ses archives en apportant une relecture actuelle. Ces événements, même s’ils paraissent relativement insignifiants dans l’histoire contemporaine, ont modifié d’une façon où d’une autre notre manière de penser, ont fait évoluer les mentalités ou les habitudes, ont marqué un point de rupture.
Pour la première de cette nouvelle émission, vendredi 9 octobre sur ladeux, juste après le 12 minutes (vers 22h50), Elodie de Selys a convié Véronique De Keyser à participer, sur le thème de l’impossibilité de régner du Roi Baudouin lors du vote de la loi Lallemand-Michielsens de dépénalisation partielle de l’avortement en 1990. Soyez au rendez-vous… ce jour-là !


