«Souscription Julien Lahaut» au compte Fortis 001-5981690-67
16 novembre 2009Blog du 15 novembre. J’ai-tout-raté !! Magrets trop cuits, fruits décomposés en compote et non pas croquants et caramélisés, j’ai oublié le sel. Mais je me suis rarement autant amusée. J’explique. Jeudi soir, à Liège, dans le cadre de l’école d’hôtellerie, compétition culinaire entre politiques et journalistes. Téméraire, je m’étais inscrite. J’adore faire la cuisine… en vacances. Mais ma spécialité c’est plutôt les poissons crus, les verrines de légumes, les soupes, les huîtres chaudes sur galets etc. Alors qu’ici, le thème imposé c’était…le magret de canard avec produits du terroir. Mais je suis végétarienne et je n’ai jamais cuit ni surtout mangé un magret de ma vie !! Heureuse déjà qu’il ne fallait pas le plumer. Mais je fais face. J’explore Internet, je déniche une recette alléchante avec soja, gingembre, figues (produits du terroir dites-vous?) mais aussi, miel, poires, pommes qu’on peut trouver chez nous. En un mois, pas moins de quatre magrets ont été sacrifiés chaque semaine pour expérimentation. La pire recette fut le tartare de magret au gingembre, je ne le conseille à personne ! En tout cas, le mien… Mon entourage proche est vacciné contre le magret- à vie je le crains. Mais moi, je prenais lentement de l’assurance.
Jeudi soir, ce fut la Bérézina. La toque ne tenait pas sur ma tête, les fourneaux me brûlaient le dos, on s’arrachait le matériel, certains candidats prenaient du retard, d’où la cuisson trop longue d’un magret sensé être saignant. Et j’en oublie le sel. Voyant ma détresse, les membres du Jury me donnaient des conseils hélas contradictoires – Il faut saisir la viande et puis réduire la flamme ! Alors que dans ma recette il était indiqué: «Vous faites cuire à feu très doux pour dégorger la graisse et puis au dernier moment, vous augmentez la flamme». Quant à l’après cuisson, c’est très délicat. Que faire du canard pendant qu’on cuit les fruits ?? La recette était muette sur ce point et je m’apprêtais à mettre le magret 5 minutes au four, comme me l’avait suggéré mon ami Alain. Un membre du Jury me le déconseille : «Surtout pas, il va trop cuire! Réservez-le simplement sur la table». J’exécute mais un autre membre s’approche : «Mettez un couvercle pour tenir au chaud. Pourquoi ne l’avez-vous pas gardé au four ?» Un troisième passe : «Pourquoi avez-vous mis un couvercle? J’en aurais avalé le couvercle !» Moralité : il vaut mieux suivre son petit bonhomme de chemin sans se laisser influencer. L’assiette de présentation par contre était satisfaisante et je m’en suis tirée avec une honorable cinquième place (sur dix) ex-aequo avec Michel Royer du journal La Meuse. Anton a immortalisé cette mémorable prestation sur vidéo (je la mets en ligne dès que possible). Je ne sais pas s’il a capté l’attente insoutenable des candidats en attendant le verdict : Michel Fawez, Dodrimont, Bouldou, Georges et les autres, tous morts de rire. La chaleur des fourneaux nous avait donné un peu soif et la très sérieuse proclamation s’est faite devant des candidats particulièrement gais.
Si la nuit a été courte, le lendemain matin c’était une atmosphère très différente. Je lançais à la maison de la presse la souscription pour l’enquête sur la mort de Julien Lahaut. Il est incroyable que la ministre de la recherche Sabine Laruelle n’ait pas trouvé de quoi financer cette enquête attendue depuis 60 ans. En effet, il y a près de soixante ans que le militant liégeois, auquel on attribue le cri «Vive la République!» lancé lors de la prestation de serment du jeune roi Baudouin, était assassiné sur le pas de sa porte à Seraing. Julien Lahaut, tour à tour socialiste, communiste, militant syndical, prisonnier à Mauthausen, a d’abord et avant tout été un résistant. Il a combattu toutes les formes d’injustices, toutes les inégalités. Sa personnalité solaire à rayonné jusque dans les camps de concentration. Une chape de plomb s’est abattu sur cette mort et à chaque fois qu’une piste était lancée, assez étrangement elle s’évanouissait. Le Nord du pays s’est paradoxalement plus attaché à faire éclater la vérité que le Sud. Dès 1985, Rudi Van Doorslaer, historien gantois et Etienne Verhoeyen de la BRT, s’attaquent à la question. Pour ces deux historiens ce sont les milieux de l’extrême droite léopoldiste qui ont agi dans un contexte de tension anticommuniste qui régnait à l’époque. Mais au niveau politique, les choses ne bougent guère. En 2000, 200 personnalités politiques, syndicales et associatives répondent à une initiative du parti communiste et demandent une enquête. En 2008, le Sénat en séance plénière adopte à l’unanimité une résolution demandant au gouvernement de financer une recherche pour faire enfin la clarté. Le 17 septembre 2009, cette recherche est refusée par la Ministre Laruelle, faute de moyens. Inimaginable. J’ai donc décidé de lancer une souscription publique : c’est désormais chose faite. Beaucoup m’ont félicitée, certains se sont étonnés: «Ce n’est pas au citoyen à payer» disent-ils. Peut-être. Mais quand on organise un Téléthon pour financer la recherche médicale personne ne trouve rien à redire. Alors pourquoi pas un téléthon de la démocratie ?
Nous vivons dans une drôle d’époque, aussi troublée à bien des égards que l’après guerre. La crise financière, la montée de la droite et de l’extrême-droite ouvrent la voie à des formes de violence et à des tentations totalitaires que l’on a déjà rencontrées dans le passé. À la première session parlementaire de cette année, l’extrême droite hongroise a pénétré dans l’hémicycle du Parlement européen en tenue paramilitaire. La Belgique est bien épargnée en particulier dans le Sud du pays et nous faisons pour certains, figure de paradis démocratique. Mais il est dangereux de faire l’impasse sur une des périodes les plus troublées de notre histoire. Le travail de mémoire est urgent d’autant que certains témoins, encore en vie, risquent de disparaître bientôt. Je vous invite donc, même avec des dons très minimes, à soutenir cette souscription et à marquer ainsi votre volonté de faire toute la lumière sur cet assassinat et sur le contexte dans lequel il s’est déroulé. Je vous rappelle les formalités : vous pouvez envoyer un don au compte Fortis 001-5981690-67 au nom de «Souscription Julien Lahaut». Mentionnez bien dans la communication si vous voulez être cité dans la liste des donateurs (sans mention des montants versés) qui apparaîtra ici-même sur mon site, sur lequel vous trouverez aussi des informations régulières sur la souscription. Un comité d’accompagnement suivra ce fonds, ainsi qu’un réviseur aux comptes. Tout l’argent ira à la recherche, aucun frais administratif n’en sera prélevé. Si dans les six mois, nous n’arrivions pas à notre objectif, ou si une solution intervenait au niveau gouvernemental, les sommes reçues seraient immédiatement reversées à leurs donateurs. Merci d’avance.











28 septembre 2010 à 14:09
Chère Véronique,
Je crains qu’il y ait aussi une impasse budgétaire quand il faudra effectuer, de manière scientifique, des études à propos de la pédophilie en Belgique, du 19ème siècle à ce jour!
Très cordialement!
Yves
Yves Vandergheynst
Adinkerkelaan 24/3
8660 De Panne