Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

De la crise financière européenne, de Gaza et des élections du 13 juin en Belgique

9 juin 2010

Blog du 9 juin 2010. Les dernières semaines ont été marquées par trois grandes questions: la crise financière européenne, Gaza et les élections. La crise d’abord. Comment en sortir sans faire payer deux fois les citoyens qui ont déjà essuyé les plâtres d’un système financier dont le cynisme ne connaît pas de limite. Partout en Europe les mesures d’austérité tombent comme des couperets et elles tranchent dans le vif: les salaires des fonctionnaires, les retraites, le social en général.
Le gouvernement socialiste grec acculé par les erreurs de ses prédécesseurs fait face à une situation quasi désespérée. La Hongrie tremble. Le Portugal aussi. Il n’y aura pas de réponse nationale devant un problème qui dépasse les nations. C’est au niveau européen et au niveau mondial que le jeu se joue désormais. Mettre au pas le système financier, introduire une taxe sur les transactions financières, relancer l’économie de toute la zone euro, réviser le pacte de stabilité et de croissance: c’est sur le système qu’il faut agir.
Et sur le plan national, ne pas jeter l’argent par les fenêtres certes, mais aller chercher l’argent là où il est, et pas dans la poche des retraités, des malades, des chômeurs et de tous ceux qui peinent à assurer les fins de mois. On a besoin d’un Etat qui assure et qui rassure- et chacun mesure à quel point Sarkozy faisait miroiter des illusions quand il disait: travailler plus pour gagner plus. On a besoin de partis politiques responsables, capable de négocier ensemble l’avenir et pas d’apprentis sorciers qui jouent avec le feu quand le navire est sur le point de couler.
Qu’à la veille de la présidence belge, dans une crise de l’euro qui peut faire tâche d’huile, certains jouent encore la carte des égoïsmes politiciens stupéfient mes collègues au Parlement européen ! Heureusement, le bon sens prévaudra et je suis fière de la position qu’a prise le PS, refusant de s’inscrire dans un massacre social. Je comprends la lassitude et l’incompréhension des citoyens devant ces élections à venir, mais jamais sans doute – au-delà même de BHV et de la crise institutionnelle – il n’a été aussi important d’aller voter.

J’étais à Gaza avec une délégation parlementaire deux jours avant l’attaque de la flottille humanitaire. L’enfer. Marché noir, pauvreté extrême, chômage endémique, maladies de la pauvreté, montée des extrémismes: quel gâchis, quelle injustice, quelle impuissance politique de l’Europe ! Et puis, quelle leçon de courage donnée par des citoyens dont certains ont payé de leur vie leur engagement humanitaire. Lundi matin, juste après l’attaque, Asnam, la sœur de Fatima qui était sur un des navires et Julie qui avait renoncé au dernier moment à monter à bord, sont venues témoigner au Parlement européen. Leurs mots, si justes, ont bouleversé la presse et mes collègues. Depuis, ça bouge partout. Au Conseil, au Parlement, dans les ambassades, dans la rue. Un seul mot d’ordre: lever le blocus. Cette fois il faut réussir. Car derrière cette flottille il y en aura d’autres. Et d’autres citoyens pour rappeler aux politiques leurs engagements vis-à-vis des droits de l’homme.

Puisqu’on est à la veille des élections, je voudrais vous rappeler toutes les femmes extraordinaires qui sont sur les listes du PS – avec un petit clin d’œil à Marc Tarabella – puisqu’il a fait de la cause des femmes un combat personnel !

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