Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Grâce au courage de Kenza, de Fatima et de tant d’autres, les politiques se réveillent enfin…

26 juin 2010

Grâce au courage de Kenza, de Fatima et de tant d’autres, les politiques se réveillent enfin. Jamais auparavant on n’aurait pu voter, à une très large majorité au Parlement européen, une résolution condamnant l’attaque de la flottille mais surtout exigeant enfin une levée total du blocus de Gaza. C’est une victoire politique mais elle doit se traduire dans les faits. Une levée totale du blocus, une enquête internationale et pas de demi-mesures. Mais la semaine politique a été marquée par des événements heureusement moins dramatiques: les premiers pas de la présidence belge. Que n’ai-je entendu d’absurdité à ce propos. La Belgique se tire une balle dans le pied ! Cette Présidence va être catastrophique ! La scission c’est pour quand ? C’est pour cela que le Roi part au Congo ??? (pour rappel dans le fameux faux journal TV de la RTBF qui annonçait la fin de la Belgique, le Roi….fuyait au Congo !). Mais non, mais non, ça n’a rien à voir: il va aux célébrations de l’indépendance du Congo, si, si, je vous assure cela ne cache rien ! Et les premières rencontres des ministres avec le Parement européen au Palais d’Egmont ont été plus que rassurantes: Yves, Laurette, Paul, Didier, Joëlle et tous les autres – ah, mais il vous en reste beaucoup de ministres ? Vous en avez encore d’autres ??? Tous ont été excellents. Devant une telle richesse politique, mes collègues étaient évidemment étonnés. Aucun ne m’a demandé – ce que je craignais ! – vous êtes sûre qu’il n’y en a pas trop ??? Non, cette présidence sera très bien, j’en suis convaincue. La seule gaffe vient de Bart, mais il n’est pas encore ministre. Il a rencontré immédiatement les autorités européennes. À savoir, José manuel Barroso, Herman Van Rompuy… et puis c’est tout. Dites Monsieur De Wever, n’auriez-vous pas oublié une institution européenne ?? Et un brave Président polonais ? Jerzyk Buzek s’est senti exclu de la cour des grands, ce qui est d’autant moins mérité que depuis le traité de Lisbonne le Parlement européen s’est senti pousser des ailes.

Mais les couloirs du Parlement ont entendu des hurlements pour bien d’autres raisons que les oublis de Bart De Wever: Ô rage, Ô désespoir, que dire de la France à la coupe du monde ! Et si les joueurs ont du se faire savonner les oreilles par Sarkozy au retour, quel scandale que le refus de Domenech de serrer la main de l’entraineur de l’équipe d’Afrique du Sud ! Je me fous complètement de leurs rapports passés: à ce moment-là, c’était indécent. Mais quel délire que ce match Slovaquie Italie ! Quel antidote par rapport au précédent. L’activité du service hier en fin d’après-midi a été un peu réduite. Les mails ont crépités «congratulations» pour nos collègues slovaques et des «condoléances» pour les collègues italiens dont les joueurs nous ont tout de même donné un beau spectacle. À part cela, on épingle Jeannie Longo, inusable, et Justine qui tient bon sur le gazon. Quant à moi, aujourd’hui je m’envole vers le Soudan pour remettre aux autorités le rapport de la mission d’observation électorale.
Vous croisez les doigts ?

Un commentaire pour “Grâce au courage de Kenza, de Fatima et de tant d’autres, les politiques se réveillent enfin…”

  1. VAN MUY Bernard dit :

    Madame,

    Vous dites êtes étonnée que M. Bart De Wever ne soit pas venu s’entretenir avec le Président du Parlement Européen. C’est que M. De Wever est bien informé du fait que l’Union Européenne est depuis son origine, cernée, certains diront : infestée par les lobbies économiques, qu’elle fait fi des principes démocratiques et que son Parlement est malheureusement devenu un paravent, une caution, masquant mal les pratiques de la Commission, celle-ci favorisant les dits lobbies et la disparition des Etats-nations et ainsi, toutes les pratiques des démocraties qui leur permettent de renouveller leurs forces et leur font poursuivre un destin sensé.

    A cet égard, veuillez tenir compte du fait que la création de l’Europe comme institution, au lendemain de la 2e guerre mondiale, est bien un dessein des Américains comme l’a très bien démontré François Asselineau, conseiller indépendant de la Ville de Paris et non pas le fruit <de quelques brillants esprits pionniers, précurseurs, comme on l’a fait passer dans l’Histoire complaisamment. A propos de l’avenir tout à fait compromis de l’euro, M. Asselineau a déclaré, au mois d’avril, que l’Europe est le bras séculier de l’OTAN, elle-même l’instrument de pouvoir de l’hégémonie américaine. Je ne vois pas comment l’on pourrait contester cette assertion, encore moins comment l’on pourrait instituer une souveraineté européenne, alors que par ailleurs – vous êtes l’une des premières personnes informées – le Parlement Européen a ratifié assez récemment le pacte transatlantique d’intégration des institutions politiques et économiques des Etats-Unis et de l’Europe, ce qui reviendrait ni plus ni moins à la fusion des Etats-Unis et du Canada d'une part et d’autre part, les Etats de l’Union Européenne, ce pacte ayant été avalisé ou sur le point de l’être en dehors de toute information et de tout contrôle de toutes les populations concernées.

    A vrai dire, les citoyens des nations européennes ne se font aucune illusion à propos de l’Europe, ils n’en espèrent rien et ils se défient d’elle qui n’est pour eux qu’une idée, un projet concocté par des « élites » ayant dessiné en chambre le destin du continent et qui vident de leur substance et de leur souveraineté les Etats-nations. L’Europe est plus un poids qu’autre chose. Les citoyens perçoivent bien que l’Union Européenne n’a pas de fibre, de force, de réel projet démocratique à proposer, qu’elle ne peut donc les faire adhérer au seul tout au marché, à l’Europe des marchands qu’elle a favorisés, en fait, depuis sa création.

    Malgré votre action méritoire pour essayer d’introduire un souffle de démocratie dans le paquebot européen, je constate que vous y êtes bien esseulée pour défendre certains points de vue comme à propos du conflit du Moyen-Orient. Il faut dire que la politique étrangère, dans notre pays comme à l’échelle de l’Europe est littéralement confisquée par les officines du Premier Ministre et du Ministre des Affaires Etrangères et des commissaires européens. Aucun politique, dans notre pays, n’a parlé de la politique en matière d’affaires étrangères lors des dernières élections, pas plus ni moins, d’ailleurs, que lors des précédentes. L’on s’en remet à un consensus mou surtout dicté par les visées de l’OTAN; n’est-il pas temps de le proclamer et de dénoncer cette allégeance qui peut nous mener aux pires aventures ?

    Quant à votre voyage au Soudan pour remettre à ses dirigeants un rapport sur la tenue des élections dans leur pays, vous pourrez être assurée que vous serez écoutée poliment mais que ces dirigeants n’en feront qu’à leur tête et ils auront raison : c’est leur histoire et non la nôtre.
    C’est que l’idéologie droitdel’hommiste est devenue totalement obsolète ; l’Occident est démasqué depuis longtemps et discrédité dans ses doubles discours, schizophréniques, de prêche sur les droits de l’Homme d’une part et de l’autre, par le soutien et la corruption de certaines élites dans les pays du sud. Encore et toujours cette ingérence auto-légitimée, mais s’appuyant avec la même constance sur la force – le bâton n’est jamais loin – pour dire le droit alors que nous sommes juge et partie, quelle arrogance !

    Si l’on veut réellement œuvrer au changement vers une démocratie réelle et vivante, il faut que l’Occident cesse de croire qu’il est le centre du monde et qu’il peut donner des leçons à tout le monde sur cette planète. En bref, il faut déraciner cet ethnocentrisme dont nous nous sommes rendus victimes nous-mêmes et qui n’est qu’un autre provincialisme surrané.
    Si nous voulons vraiment changer la qualité de notre culture comme ensemble de traditions, de capacités d’innovation, d’usages, de coutumes, de rapport au monde, de complexes, aussi, à l’égard des autres peuples, nous avons à balayer devant notre porte.
    Nous pourrions commencer d’abord par, ô nouveauté, considérer nos « partenaires » d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique avec respect, d’égal à égal, et cesser de leur imposer les conditions léonines et fondées sur les rapports de force, dictées par la Commission Européenne dans les négociations de Lomé et suivantes.
    Faut-il vous rappeler que par ce genre d’attitude, l’Union Européenne, au long des 20 dernières années, a largement contribué au démantèlement de l’agriculture vivrière de l’Afrique et qu’elle est ainsi responsable de la mort de milliers de personnes ?

    Témoin encore, bien décrites par Jean Ziegler dans « L’Empire de la Honte » et « La Haine de l’Occident », les activités des multinationales, quasi toutes occidentales, qui continuent à piller et à saccager les pays du sud, démembrant du coup toute leur organisation et leur culture, précisément, perpétuant ainsi les pratiques du colonialisme toujours bien vivant par des méthodes plus sournoises, plus habiles que par le passé mais tout aussi efficaces sinon plus, avec tous les moyens techniques et financiers dont elles disposent. Ces entreprises n’ont aucun statut juridique qui permettrait aux autorités POLITIQUES de NOS pays, de les rendre responsables, au pénal comme au civil, de leurs méfaits. Ne pensez-vous pas qu’il y a là du grain à moudre ?

    Balayer devant sa porte, cela veut dire d’abord : ne pas nuire ; en corollaire, cela veut dire : abandonner le complexe de supériorité qui nous colle à la peau et qui va nous conduire à la stagnation de nos sociétés, puis, bientôt, à l’effondrement de nos institutions.
    Ne pas nuire et entretenir des relations d’égal à égal avec toutes les autres nations est donc le premier principe simplement pour rester propres – les autres nations ne nous demandent pas plus – par rapport à une éthique politique qui est encore largement à inventer et à expérimenter. Encore faut-il, pour commencer une nouvelle politique, fruit d’un nouveau projet, affirmer et incarner les options qui en résultent.

    Cordialement,

    B. VAN MUY

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