Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Comme tout politique en vacances je ne dors que d’un œil, mais l’autre œil, celui qui dort, dort bien !

28 juillet 2010

Blog du 28 juillet 2010

Juillet touche à sa fin. Flahaut dit qu’il ignore ce que sont les vacances. Moi pas. Même si, comme tout politique je ne dors que d’un œil, l’autre œil, celui qui dort, dort bien ! La fatigue accumulée par la mission au Soudan, les levers à 5h du matin pour arriver à Bruxelles à 9h, la transhumance Bruxelles-Strasbourg font que pour moi, les vacances c’est d’abord la casa. Je ne bouge pas, je ne vais pas au restaurant, ni à l’hôtel, je lis, j’écris, je travaille, je me pose, je prends racine, je m’incruste comme la moule sur un rocher et je vis dans 28m2 au sol : une boite d’allumettes. Je vais faire beaucoup rire mais…je ré-flé-chis. Non pas que je ne pense pas pendant l’année, mais en vacances, c’est comme un luxe. Je pense sur n’importe quoi d’ailleurs y compris les pires conneries. On m’a dit par exemple, de source bien informée, que BHL n’était plus avec Arielle D. !!! Info ou intox, je ne sais pas. Du coup j’ai un coup de blues pour tous les couples quinquagénaires qui décident soudain de changer de vie, je me demande ce que va devenir la maison du couple au Maroc, avec sa vue sur mer, je pense à des copains qui ont fait pareil…et je me surprends à aligner plus d’âneries à la minute que n’importe qui. Dans ces flâneries de l’esprit qui ne me valent rien, il y a tout de même une exception : je suis allée au festival d’Avignon ! Quatre jours en chambre d’hôte, départ et retour en train, quasi sac au dos. Quand j’étais très jeune, je descendais en 2CV, cela me prenait tout une nuit. Aujourd’hui, en quatre heures trente, changement de gare à Paris compris, on est là-bas. Là-bas, c’est-à-dire dans un délire culturel, un cirque permanent, où on se laisse charmer, accoster, par des jeunes acteurs en mal de public qui tentent de vendre leur spectacle aux passants. Si on ne leur dit rien, ils laissent simplement leur programme sur la table, pour ne pas gêner le client. Mais si on leur parle, alors là, ils sont intarissables. Je crois que ce que j’ai le plus aimé à Avignon, c’est de me laisser démarcher par ces camelots du spectacle. Je n’ai pu en voir que quelques-uns – trois par jour c’était le maximum !- mais j’en ai goûté des dizaines en regrettant chaque fois de ne pouvoir être partout, surtout par 45° au soleil ! Il régnait une chaleur d’enfer mais l’enthousiasme ne fondait pas. L’ambiance de fête devait beaucoup à l’agitation dans la rue, aux petits papiers, aux démarchages constants, aux spectacles improvisés, aux parades costumées et aux affiches accrochées partout. J’ai regretté que nos campagnes électorales, qui devraient être des fêtes, aient par souci de rigueur et de contrôle des dépenses, renoncé à cette exubérance. Je comprends qu’on ne puisse plus donner de gadgets pour ne pas favoriser les grands partis, mais ici à Avignon, avec des affiches suspendues partout, parfois dessinées à la main, accrochées avec des ficelles aux poteaux, aux grilles des jardins et aux balcons, ça donne envie faire la fête, même quand les sujets sont graves. Le plus beau spectacle que j’ai vu, c’est de la danse : Ma’Ravan. Quatre danseurs noirs, venant de la Réunion, et une chorégraphie à couper le souffle. Depuis les premiers ballets de Béjart que j’allais voir, enfant, quand il venait d’arriver à la Monnaie, je n’ai rien vu d’aussi émouvant, comme chorégraphie d’ensemble. Certains mouvements à trois, avec le jeu des corps, formaient des figures bouleversantes. Je suis sortie de là les tempes battantes, speedée comme si j’avais dansé pendant deux heures (alors que je suis raide comme un balai) émue et un peu délirante. La danse était un rituel d’hommage aux nègres marron dont les maitres coupaient les mains lorsqu’ils tentaient de s’échapper ; c’était une ode à la liberté. Qui peut résister à cet appel ?

Pour que l’Afrique retrouve la santé

16 juillet 2010

Les projecteurs s’éteignent sur la première Coupe du monde de football organisée en Afrique et le continent doit retourner à son difficile quotidien. L’espérance de vie est, dans certains pays, inférieure de 30 ou 40 ans à l’Europe. La mauvaise gouvernance, le changement climatique, la pauvreté ou les guerres sont sans doute à blâmer. Néanmoins, l’aide européenne ne peut être diminuée, quels que soient les effets de la crise sur le Vieux continent, selon les députés européens.

La crise financière n’incite pas les Etats européens à tenir leurs engagements en matière d’aide au développement. Pour atteindre les Objectifs du millénaire (OMD), l’Union européenne (UE) devrait mettre sur la table 20 milliards d’euros supplémentaires, a déjà pointé du doigt un rapport du Britannique Michael Cashman (Socialistes et démocrates) en juin.

La Belge Véronique De Keyser (Socialistes et démocrates) souhaite maintenant mettre l’accent sur les problèmes particuliers que rencontre l’Afrique en matière de santé. Elle-même y a été infirmière il y a quelques années et elle a pu observer le manque d’infrastructures et l’éloignement des hôpitaux pour des pans entiers de la population. Aujourd’hui, elle est en charge d’un rapport sur le sujet au Parlement européen. Les travaux préparatoires sont en cours et les députés européens de la commission parlementaire du développement en ont débattu lundi 12 juillet. « Ce n’est pas une question d’idéologie mais de sauvetage de vies humaines » : la rapporteuse met en garde contre toute tentative de récupération politicienne du sujet.

Développer les soins de santé de base
Selon Véronique De Keyser, la lutte contre des maladies spécifiques (SIDA, tuberculose, paludisme) s’est faite au détriment des soins de base. Le travail des organisations non gouvernementales ne peut suffire pour fournir des services à l’ensemble de la population. Elle souhaite donc que l’Union européenne s’engage pour la mise en place d’un système de santé durable et universel. Le Britannique Nirj Derva (Conservateurs et réformateurs européens) voit une raison d’espérer dans l’exemple du Sri Lanka, son pays d’origine : le taux de mortalité est descendu au niveau de celui des pays occidentaux après que les services de santé aient été rendus gratuits et que la prévention ait été développée. Entre 1948 et 2010, l’espérance de vie a augmenté de 30 ans. Un chemin à suivre pour l’ensemble du continent africain ?

Diversifier le financement
Reste cependant un souci de taille : le financement d’un tel système de santé. Le projet de rapport reconnaît que les Etats ne pourront le faire sur la base de leurs seules recettes fiscales et qu’« un financement mixte doit être recherché ». Il pourrait associer la société civile africaine et l’UE.

Le rapport de Véronique De Keyser devrait être adopté en commission parlementaire du développement le 30 août. Il sera probablement voté en séance plénière en octobre.

VIH/SIDA : proposition de résolution de Véronique De Keyser, Michael Cashman, Thijs Berman et Linda McAvan au nom du groupe S&D

16 juillet 2010

PROPOSITION DE RÉSOLUTION
déposée à la suite d’une déclaration de la Commission
conformément à l’article 110, paragraphe 2, du règlement
sur une approche fondée sur les droits de la réponse de l’Union européenne au VIH/SIDA

Véronique De Keyser, Michael Cashman, Thijs Berman, Linda McAvan
au nom du groupe S&D

B7 0412/2010
Résolution du Parlement européen sur une approche fondée sur les droits dans la réponse de l’UE face au VIH/sida
Le Parlement européen,
– vu la 18e Conférence internationale sur le sida, intitulée « Rights Here » (« Les droits, ici et maintenant ») –, qui se tiendra à Vienne du 18 au 23 juillet 2010,
– vu la déclaration d’engagement des Nations unies sur le VIH/SIDA, intitulée « À crise mondiale, action mondiale », adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 27 juin 2001, lors de sa 26e session extraordinaire,
– vu la rencontre de haut niveau sur le sida du 2 juin 2006 de la session spéciale de l’Assemblée générale des Nations unies (UNGASS) et la déclaration politique adoptée lors de cette rencontre,
– vu la déclaration d’Abuja du 27 avril 2001 sur le sida, la tuberculose et les autres maladies infectieuses ainsi que la position commune de l’Afrique lors de la rencontre de haut niveau de 2006 de l’UNGASS et l’appel à une action accélérée pour l’accès universel au services de lutte contre le VIH et le sida, la tuberculose et le paludisme en Afrique, signé à Abuja le 4 mai 2006 par l’Union africaine,
– vu sa résolution du 6 juillet 2006 sur le VIH/sida: « Passons aux actes », sa résolution du 24 avril 2007 sur la lutte contre le VIH/sida au sein de l’Union européenne et dans les pays voisins, 2006-2009, et sa résolution du 20 novembre 2008 sur le VIH/sida: diagnostic et traitement précoces,
– vu les conclusions du Conseil sur l’état d’avancement du programme d’action européen pour lutter contre le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose par les actions extérieures (2007 2011), novembre 2009,
– vu la communication de la Commission sur la lutte contre le VIH/sida dans l’Union européenne et les pays voisins, ainsi que sa stratégie 2009-2013 de lutte contre le VIH/sida dans l’Union européenne et les pays voisins,
– vu le rapport 2009 de l’ONUSIDA sur l’épidémie mondiale de sida,
– vu le cadre de résultats pour la période 2009-2011 de l’ONUSIDA,
– vu le rapport 2010 des Nations unies sur les objectifs du millénaire pour le développement,
– vu sa résolution du 15 juin 2010 sur les progrès en vue de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement: évaluation à mi-parcours pour préparer la réunion de haut niveau des Nations unies (septembre 2010),
– vu l’article 110, paragraphe 2, de son règlement,

A. considérant que le nombre de personnes atteintes du VIH/sida ne cesse d’augmenter, avec 33,4 millions de personnes atteintes par le VIH/sida dans le monde et, fait particulièrement inquiétant, 2,7 millions de personnes nouvellement infectées en 2008,
B. considérant que le VIH/sida demeure l’une des principales causes de décès à l’échelle mondiale, puisqu’il est à l’origine de deux millions de décès en 2008 et devrait représenter une cause significative de mortalité prématurée dans le monde au cours des décennies à venir,
C. considérant qu’on estime à cinq millions le nombre de personnes qui bénéficiaient d’une thérapie antirétrovirale dans les pays à revenu intermédiaire ou faible à la fin de l’année 2009, soit une multiplication par dix en cinq ans et une augmentation sans précédent dans l’histoire de la santé publique,
D. considérant que le nombre des nouveaux cas d’infection continue d’excéder la diffusion des traitements et que les deux tiers des personnes nécessitant un traitement en 2009 n’en ont pas reçu, ce qui signifie que 10 millions de personnes dans le besoin n’ont pas eu accès au traitement efficace qui leur est nécessaire,
E. considérant que l’Afrique subsaharienne demeure la région la plus durement touchée, avec 22,4 millions de personnes atteintes du VIH/sida et 71 % de l’ensemble des nouveaux cas d’infection par le VIH/sida en 2008,
F. considérant qu’il existe des preuves solides selon lesquelles la prévention du VIH/sida constitue un moyen efficace pour réduire les cas de nouvelles infections,
G. considérant que l’implication des personnes vivant avec le VIH/sida dans les efforts de prévention est très insuffisamment planifiée,
H. considérant que les femmes et les jeunes filles continuent à être touchées de manière disproportionnée par le VIH/sida, les femmes représentant approximativement 60 % des cas d’infection en Afrique subsaharienne et le VIH/sida demeurant la première cause de décès et de maladie pour les femmes en âge de procréer,
I. considérant que les solutions offertes en matière de prévention contre le VIH ne suffisent pas pour protéger les femmes et que les méthodes de prévention comme les préservatifs et l’abstinence ne constituent pas des solutions réalistes pour de nombreuses femmes, en particulier les femmes mariées, celles qui souhaitent avoir des enfants ou celles qui risquent d’être victimes de violences sexuelles; qu’un vaccin ou un microbicide sûr et efficace pourrait offrir aux femmes de nouveaux moyens de se protéger contre le VIH sans limiter leurs possibilités de devenir mères,
J. considérant qu’il existe des preuves croissantes de niveaux élevés d’infection et de risque parmi des populations-clés notamment les travailleurs sexuels, les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, les prisonniers, les utilisateurs de drogues par injection, les populations migrantes, les réfugiés et les travailleurs mobiles dans la quasi totalité des régions, ainsi que dans les pays souffrant d’épidémie généralisée, et qu’il existe également une insuffisance générale au niveau de la priorité à accorder à des programmes de prévention contre le VIH/sida destinés à ces populations ainsi qu’à leur financement,
K. considérant que, en raison de la stigmatisation associée au VIH/sida, quelque 30 % des personnes infectées dans l’Union européenne n’ont pas conscience de l’être et que des études suggèrent que les infections non diagnostiquées facilitent la propagation du VIH/sida et augmentent les risques de décès parmi les personnes atteintes par le VIH/sida,
L. considérant que les pratiques homosexuelles restent lourdement stigmatisées, surtout en Afrique subsaharienne, où trente et un pays criminalisent ces pratiques entre adultes consentants et où quatre pays les punissent de la peine capitale tandis que d’autres prévoient des peines supérieures à dix années d’emprisonnement; que toutes ces formes de stigmatisation font obstacle au travail de prévention contre le VIH/sida,
M. considérant que la criminalisation des usagers de drogues illicites dans de nombreux pays empêche ces derniers d’accéder aux mesures de prévention contre le VIH/sida, aux traitements, aux soins et à l’aide, et qu’elle alimente la transmission du VIH/sida liée à l’utilisation de drogues par injection,
N. considérant que cent six pays indiquent aujourd’hui encore que leurs lois et leur police font lourdement obstacle à des réponses efficaces au problème du VIH/sida,
O. considérant qu’en 2008, selon les estimations, 17,5 millions d’enfants ont perdu leur père et/ou leur mère à cause du VIH/sida – la grande majorité d’entre eux vivant en Afrique subsaharienne –, sont fréquemment victimes de stigmatisation et de discrimination et peuvent se voir refuser l’accès à des services aussi essentiels que l’éducation et le logement, ce qui accroît encore leur vulnérabilité à l’infection par le VIH/sida;
P. considérant que le rapport entre VIH/sida et handicap n’a pas fait l’objet de l’attention qu’il mérite et ce, bien que les personnes handicapées figurent parmi toutes les populations clés dont le risque d’exposition au VIH/sida est plus élevé,
Q. considérant qu’une approche fondée sur les droits pour lutter contre le VIH/sida est capitale pour contribuer à faire cesser l’épidémie,
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1 Les « populations-clés » sont des groupes qui risquent davantage d’être infectés ou affectés par le VIH, qui joue un rôle-clé dans la manière dont le VIH se répand et dont l’implication est vitale pour parvenir à réagir de manière efficace et durable au VIH. Les populations-clé diffèrent selon le contexte local, mais elles incluent des groupes qui sont vulnérables et marginalisés, tels que les personnes vivant avec le VIH, leurs partenaires et leur famille, les personnes qui achètent ou vendent des services sexuels, les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, les personnes faisant usage de drogues, les orphelins et autres enfants vulnérables, les migrants et les personnes déplacées, ainsi que les prisonniers.

1. demande à la Commission et au Conseil de tenir leurs engagements et d’intensifier leurs efforts pour traiter le problème du VIH/sida comme une priorité de santé publique mondiale, en plaçant les droits de l’homme au cœur de la prévention, du traitement, des soins et de l’aide en matière de VIH/sida, y compris dans le cadre de la coopération au développement de l’Union européenne;
2. invite la Commission et le Conseil à favoriser la dépénalisation de la transmission du VIH/sida et de l’exposition au virus , notamment en encourageant la reconnaissance du VIH/sida comme un handicap aux fins de la législation anti–discrimination actuelle et future;
3. invite la Commission et le Conseil à favoriser les meilleures politiques et pratiques dans le cadre du dialogue politique aux niveaux international et national des réponses au VIH/sida fondées sur les droits:
– en assurant la promotion, la protection et le respect des droits de l’homme des personnes vivant avec le VIH/sida et des autres populations clés,
– en soutenant la révision et la modification des législations qui constituent un obstacle à des programmes et services en matière de VIH/sida fondés sur les faits, en particulier pour les populations clés,
– en plaçant les droits de l’homme au centre des décisions relatives à l’affectation des financements pour la lutte contre le VIH/sida à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union européenne,
– en faisant en sorte que la programmation en matière de VIH/sida soit centrée sur les personnes atteintes par le VIH/sida et sur les autres populations clés, qu’elle permette aux individus et aux associations de réagir au VIH/sida, et qu’elle vise à réduire les risques et la vulnérabilité à l’infection au VIH/sida ainsi qu’à alléger les effets négatifs du VIH/sida,
– en facilitant et en favorisant la participation significative des populations clés à l’élaboration, à la mise en œuvre, à la surveillance et à l’évaluation de la planification de la prévention, du traitement, des soins et de l’aide en matière de VIH/sida,
– en facilitant l’accès universel aux soins de santé, qu’il s’agisse de la prévention, des traitements, des soins ou de l’aide relatifs au VIH/sida ou bien d’autres dispositions médicales liées à d’autres pathologies,
– en facilitant l’accès des personnes atteintes par le VIH/sida et des autres populations clés à l’éducation et à l’emploi,
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1 Selon le dossier politique de l’ONUSIDA sur la pénalisation de la transmission du VIH, les gouvernements devraient limiter la pénalisation aux cas de transmission intentionnelle, c’est-à-dire aux cas où une personne connaissant sa séropositivité agit avec l’intention de transmettre le VIH et le transmet en fait.

– en veillant à ce que le futur suivi des progrès dans la lutte contre le VIH/sida intègre des indicateurs qui prennent directement en compte et évaluent les problèmes des droits de l’homme en rapport avec le VIH/sida,
– en respectant les « 3 C » (consentement conscient, confidentialité et conseil) dans les services de détection du VIH/sida et les autres services liés à cette pathologie,
– en combattant la stigmatisation et la discrimination à l’encontre des personnes vivant avec le VIH/sida et des autres populations clés et en protégeant leurs droits à la sécurité et à la protection contre les abus et la violence,
– en favorisant et en facilitant une plus grande participation des personnes vivant avec le VIH/sida et des autres populations clés aux actions de lutte contre le VIH/sida,
– en fournissant des informations objectives et exemptes de jugements moraux sur la maladie,
– en donnant aux personnes la force, les capacités, les connaissances et les ressources nécessaires pour se protéger d’une infection par le VIH/sida,
4. invite la Commission et les États membres à traiter la question des besoins des femmes en matière de prévention, de traitement et de soins liés au VIH/sida en la considérant comme une mesure essentielle pour faire régresser l’épidémie, notamment en élargissant l’accès à des programmes en matière de santé sexuelle et génésique qui intègrent pleinement des services de détection, de conseil et de prévention en matière de VIH/sida et en inversant les facteurs socioéconomiques sous-jacents contribuant à l’exposition des femmes au risque de contamination par le VIH/sida, telles que l’inégalité entre les hommes et les femmes, la pauvreté, l’absence de possibilités sur les plans économique et de l’enseignement, ainsi que l’absence de protections du point de vue juridique et des droits de l’homme;
5. invite l’Union européenne et les États membres à accorder un financement équitable et souple à la recherche de nouvelles technologies de prévention, y compris des vaccins et des microbicides;
6. invite la Commission et les États membres à répondre aux besoins des enfants et des jeunes gens en matière de prévention contre le VIH/sida, de traitement, de soins et de soutien et à veiller à ce qu’ils aient accès aux services relatifs au VIH/sida et, en particulier, au dépistage précoce des nourrissons, à des formulations ARV appropriées et abordables, à un soutien médico-social et à une protection sociale et juridique;
7. demande à la Commission et aux États membres de soutenir la participation des personnes handicapées à la lutte contre le VIH/sida et à l’intégration de leurs droits de l’homme aux plans et politiques stratégiques nationaux en matière de VIH/sida, de veiller à ce que ces personnes aient accès à des services liés au VIH/sida qui soient à la fois adaptés à leurs besoins et de niveau égal aux services dont disposent les autres communautés;
8. invite la Commission et les États membres à soutenir des programmes de réduction des dommages pour les prisonniers et les usagers de drogue par injection;
9. demande à la Commission de soutenir les gouvernements nationaux et d’encourager la participation de la société civile afin de remédier aux piètres résultats des programmes visant à diminuer la stigmatisation et la discrimination et à améliorer l’accès à la justice dans les réponses nationales au VIH/sida;
10. invite la Commission et le Conseil à coopérer avec l’ONUSIDA et avec d’autres partenaires pour améliorer les indicateurs permettant de mesurer les progrès réalisés à l’échelon mondial, national et programmatique pour réduire la stigmatisation et la discrimination liées au VIH/sida, y compris des indicateurs spécifiques à des populations clés;
11. demande à la Commission et au Conseil de soutenir les travaux de la commission mondiale sur le VIH et le droit, récemment créée, afin de veiller à ce que la législation permette d’apporter une réponse efficace au problème du VIH/sida;
12. invite la Commission et le Conseil à exhorter l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne à rassembler davantage d’éléments concernant la situation des personnes atteintes par le VIH/sida et celle des autres populations clés vivant en Europe sur le plan des droits de l’homme, en tenant tout particulièrement compte de leur vulnérabilité à des discriminations multiples et intersectorielles;
13. invite tous les États membres et la Commission à allouer au moins 20 % de toutes les dépenses de développement à la santé et à l’éducation de base, à augmenter leurs contributions au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, ainsi que le financement qu’ils apportent à d’autres programmes visant à renforcer les systèmes de santé et les systèmes communautaires;
14. invite tous les États membres et la Commission à inverser l’inquiétante tendance à la baisse du financement de la santé et des droits sexuels et génésiques dans les pays en développement, et à soutenir les politiques en matière de traitement des infections sexuellement transmissibles et la fourniture de moyens en matière de santé reproductive sous forme de médicaments permettant de sauver des vies et de contraceptifs, notamment des préservatifs;
15. invite l’Union européenne à continuer d’œuvrer non seulement par son soutien budgétaire, mais également au moyen d’un ensemble d’instruments financiers aux niveaux tant mondial que national et ce, au travers des organisations et des mécanismes appropriés ayant permis de traiter la dimension liée aux droits de l’homme du VIH/sida, en particulier des organisations de la société civile et des organisations opérant au niveau des collectivités;
16. demande au groupe de travail sur les droits de l’homme du Conseil d’adopter la Toolkit to Promote and Protect the Enjoyment of all Human Rights by Lesbian, Gay, Bisexual and Transgender People (« boîte à outils visant à promouvoir et à défendre l’exercice des droits de l’homme des personnes homosexuelles, bisexuelles et transsexuelles ») et invite le Conseil et la Commission à mettre en œuvre les recommandations qu’elle contient;
17. invite la Commission et les États membres à réaffirmer leur appui au paragraphe 16 des conclusions du Conseil sur le programme d’action de novembre 2009 et à entamer un vaste processus de consultation avec les États membres et les autres parties intéressées en vue de la préparation d’un programme d’action européen pour lutter contre le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose par les actions extérieures pour 2012 et au-delà, ainsi qu’à appuyer la mise en place d’équipes européennes d’action qui permettent à la Commission et aux États membres de participer à l’action dans des domaines définis comme prioritaires;
18. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission, aux parlements des États membres, au Secrétaire général des Nations unies, au programme commun des Nations unies sur le VIH/sida, à l’Organisation mondiale de la santé et aux organisateurs de la 18e conférence internationale sur le sida.

La Belgique est un allié européen sûr !

12 juillet 2010

Blog du 11 juillet 2010

L’été est là. Il fait torride. Ai à peine la force d’aligner quelques souvenirs de la dernière session de Strasbourg car il fait, à l’ombre, 34°. C’est moins qu’au Soudan mais c’est chaud tout de même! Cette semaine, arrivée en force de nos ministres au Parlement européen, Flamands en tête. En effet, à part Paul Magnette qui a fait une rapide incursion à Strasbourg et Olivier Chastel qui s’efforçait de prendre ses marques, les débuts de la Présidence belge ont été flamands. Mais pas moins sérieux pour autant. Comme l’a dit sans rire Yves Leterme: «Etant en affaires courantes on peut se consacrer 100% à l’Europe». Donc nous aurons une présidence belge spéciale «tout à l’Europe» pendant que leurs successeurs s’affairent à négocier dans la plus grande discrétion. La Belgique est un allié européen sûr. On devait se mordre la langue pour ne pas dire «Nous, on n’est pas des Tchèques!» ce qui est politiquement très incorrect, mais convaincant. Cela signifie en clair «Ne vous en faites pas, on est des Européens convaincus, partisans de la méthode communautaire, prêts à la présidence depuis des mois, avec des gouvernements régionaux aussi forts que des lions, aussi vigoureux que des coqs, bref des forteresses imprenables et si tout le monde ne connaît pas la Brabançonne, on a des artistes: Leterme chante très bien la Marseillaise et Elio l’Internationale. N’ayez pas peur, l’Europe est en crise mais les Schtroumpfs sont arrivés!». Du coup, galvanisés, les députés ont voté le Service d’Action Extérieure qui dote enfin Cathy Ashton de moyens pour sa politique extérieure européenne – la bagatelle de 5000 diplomates. Et ils ont voté, pas tout mais une partie du «paquet financier» c’est-à-dire les moyens dont l’Europe va se doter pour contrôler le système financier. Ce n’est pas quand toutes les revues parlent de régime miracle, de sexe durable, ou de scandales croustillants comme l’affaire Bettencourt, que je vais disserter aujourd’hui par 34° à l’ombre du Service d’Action Extérieure ou de la régulation du système financier. À quelques heures de la finale Espagne/Pays-Bas je ne suis pas folle. Sachez tout de même que c’est important et qu’on en reparlera quand il fera moins chaud. Pour l’heure, encore une petite semaine de travail et puis vacances. Demain et mardi, je planche avec la présidence belge, la Commission et 150 ONG des Droits de l’Homme sur la cohérence des politiques européennes. Je défends ensuite à la Commission développement mon rapport sur les mutuelles en Afrique, je dine avec le premier ministre Salam Fayyad mercredi soir, puis encore quelques réunions et….mystère !

Je reprends ce blog avant de vous le poster, car la finale vient de s’achever sur la victoire de l’Espagne ! Bravo à tous les pays qui ont participé à cette coupe du monde de football. Et que mon équipe parlementaire, majoritairement composée d’espagnols – Laure, Sophie, Waldo… – et tous les autres, reçoivent mes plus chaleureuses pensées !

Les Schtroumpfs sont arrivés !

7 juillet 2010

Intervention de Véronique De Keyser ce mercredi matin en session plénière à Strasbourg au sujet de la présidence Belge au Parlement européen

Depuis quelques jours les condoléances affluent : Vous vous êtes tiré une balle dans le pied ! Entamer une présidence avec un gouvernement démissionnaire ! Le traité de Lisbonne de toute manière a changé la donne : les présidences tournantes n’ont plus rien à dire. Heureusement vous avez Van Rompuy ! A tous ces messages sympathiques, je réponds : au pays du surréalisme, celui de Magritte et des Schroumpfs, rien n’est impossible ! Et plus sérieusement, le travail engrangé depuis des mois, la structure fédérale belge et ses gouvernements régionaux donneront à cette présidence la solidité qu’elle doit avoir : pas de risque à ce sujet. Quant à son rôle de présidence tournante, c’est finalement de la subsidiarité. La Belgique doit apporter une valeur ajoutée à ce que fait le Conseil, ou la Haute Représentante. Et c’est là qu’il y a un véritable boulevard. Car si j’ai entendu Herman Van Rompuy nous parler tant de fois de rassurer les marchés financiers, je ne l’ai pas entendu parler de rassurer les citoyens. Ces derniers sont inquiets et attendent de l’Europe une réponse communautaire à la crise en termes de régulation financière, de création d’emplois, de croissance verte, avec des projets, des investissements, des moyens à l’appui – bref, un souffle social, une dynamique européenne. Les solides traditions sociales belges et la vision généreuse que la Belgique a de la coopération devraient inspirer les institutions européennes à défaut de leur fournir de la salsepareille, la nourriture préférée des Schtroumpfs que nous gardons pour nous.

Réservez la date du 18 novembre 2010

1 juillet 2010

Le point sur la souscription “Julien Lahaut”

1 juillet 2010

36.947,89 euro : c’est la somme récoltée à ce jour grâce à vos dons pour ouvrir l’enquête sur l’assassinat de Julien Lahaut et je vous en remercie à nouveau. Cette somme n’est cependant pas suffisante pour réaliser l’enquête. Pas question, après tous nos efforts communs, de baisser les bras ! J’ai pris des contacts avec Rudy Demotte concernant l’implication de la Région Wallonne et un possible financement de sa part, institution qui, à posteriori, ne semble pas pouvoir s’impliquer. La question du financement complémentaire de l’opération sera donc renvoyée au futur gouvernement fédéral, d’autant que Paul Magnette et Laurette Onkelinx avec qui je me suis entretenue sur l’opération « Julien Lahaut », semblent intéressés. Un courrier rétrospectif concernant l’opération sera adressé aux (futures) autorités ministérielles francophones et néerlandophones. Il est donc nécessaire de continuer à encourager le soutien du projet « Julien Lahaut » !

Je vous invite ainsi, même avec des dons très minimes, à soutenir cette souscription. Je vous rappelle les formalités : vous pouvez envoyer un don au compte Fortis 001-5981690-67 au nom de «Souscription Julien Lahaut». Mentionnez bien dans la communication si vous voulez être cité dans la liste des donateurs (sans mention des montants versés) qui apparaîtra ici-même sur mon site sur lequel vous trouverez des informations régulières. Merci à toutes et à tous. Ensemble, continuons à marquer notre volonté de faire toute la lumière sur cet assassinat et sur le contexte dans lequel il s’est déroulé.