Ce jeudi 18 novembre, j’ai assisté au siège du CEGES (Centre d’Etudes et de Documentation Guerre et Sociétés contemporaines) à la sortie (plutôt discrète…) de la version française (actualisée) du livre de Rudi Van Doorslaer et Etienne Verhoegen intitulé « L’assassinat de Julien Lahaut », un livre paru en néerlandais en 1985 sous le titre « De moord of Lahaut. Het communisme binnenlandse vijand ».
Une vingtaine de personnes assistaient à cette présentation : rappel historique, grandes lignes du livre, projection de l’émission télévisée de la VRT sur l’assassinat de Lahaut diffusée il y a quelques années. Les auteurs du livre ont également rappelé tout le contexte historique de l’assassinat, les piétinements puis la paralysie de l’enquête. Il est à noter qu’une telle émission télévisée n’a jamais été réalisée par la RTBF ni aucune adaptation française de celle de la VRT.
Monsieur Van Doorslaer a ensuite rappelé que le Sénat avait voté le principe d’une enquête scientifique afin de découvrir les vrais commanditaires et que la Ministre compétente, Sabine Laruelle, avait refusé de subsidier. Refus qui m’avait amenée à lancer la souscription publique qui, à ce jour, s’élève à 37 552 euros. Somme qui ne représente que le 1/10ème du montant nécessaire à l’enquête scientifique.
Monsieur Van Doorslaer a conclu son exposé en soulignant que si les vrais commanditaires ne sont pas connus, de nombreux documents intéressants sont toujours classés « secrets »… Puis a eu lieu un débat entre la salle et les deux co-auteurs. Il est bon de le savoir que Monsieur Van Doorslaer est l’un de ces deux co-auteurs (comme il fut co-auteur du livre publié en néerlandais en 1985) et qu’il est aujourd’hui le Directeur du CEGES, organisme qui serait donc chargé de mener l’enquête scientifique (bloquée par Sabine Laruelle), qui avait établi un budget de 4000 000 euros pour ce faire.
Au cours du débat, une participante m’a interrogée (alors que j’étais anonymement dans la salle) sur l’évolution de la souscription publique, la situation actuelle et le futur possible de mon initiative. Cette dame m’a aussi signalé qu’elle avait souscrit. Je lui ai d’abord précisé le montant atteint, le fait qu’il était le fruit de très nombreux dons parfois modestes (et très respectables), parfois plus importants, et que les dons continuaient à arriver. J’ai ensuite expliqué, vue la somme récoltée et le montant nécessaire pour l’enquête, que j’avais pris contact avec plusieurs ministres fédéraux, communautaires et régionaux (Laurette Onkelinx, Paul Magnette, Rudy Demotte…) afin de voir dans quelle mesure les autorités publiques pourraient apporter leur aide à l’action citoyenne. La situation politique fédérale ne facilite pas les choses (ni les solutions). Le ministre Président Rudy Demotte a rappelé que cet assassinat pouvant s’inscrire dans le contexte de l’affaire royale (Léopold III), « il était nécessaire d’attendre qu’un nouveau gouvernement fédéral soit mis en place ».
Dans la foulée des explications, j’ai demandé à Monsieur Van Doorslaer s’il ne pouvait pas réfléchir à une note de faisabilité de l’enquête sur base de la somme déjà récoltée. Je pense que la sortie de ce livre (rédigé à titre privé par Monsieur Van Doorslaer Directeur du CEGES) pourra peut-être faire avancer le dossier et hâter les décisions ministérielles.
Il est à constater qu’à l’époque de l’assassinat de Julien Lahaut, la Flandre était généralement royaliste et la Wallonie républicaine, la situation semble s’être inversée, c’est la Flandre qui publie avec le concours de ses auteurs, qui diffuse des études à la télévision, et les reportages les plus récents sur l’assassinant de Julien Lahaut. Je ne vois d’ailleurs pas si une chaîne télévisée francophone a réalisé la moindre émission importante sur le sujet. Sur l’assassinat d’André Cools, oui ! Mais là aussi les vrais commanditaires ne sont toujours pas connus.
Avec Monsieur Van Doorslaer, en sa double qualité de co-auteur du livre et de directeur du CEGES (qui serait chargé de l’enquête scientifique), nous avons convenu de nous revoir dans les prochaines semaines, au plus tard dans les jours qui suivront la constitution du gouvernement et de la distribution des nouveaux portefeuilles ministériels. Une solution pourrait se dégager, c’est ce qui ressort de notre conversation à la suite de cette soirée.
Je ne manquerai pas ce nouveau rendez-vous car nous devons, vous souscripteurs et moi – comme tous les citoyens belges démocrates – connaître enfin la vérité, quelle qu’elle soit !
Véronique De Keyser
Députée européenne
Conseillère communale à Liège