Véronique De Keyser

Conseillère communale à Liège

Citoyenne d’honneur de la Palestine

13 February 2015
Veronique De Keyser avec le Président Abbas le 12 février 2015

Veronique De Keyser avec le Président Abbas le 12 février 2015

Hier le Président Abbas m’a remis la citoyenneté d’honneur de la Palestine. Cela veut dire quoi? Un diplôme, un passeport palestinien, une décoration. Et beaucoup d’émotion. Beaucoup car c’est comme si toute ma vie se déroulait soudain devant moi. Mon premier contact sur le sol palestinien avec Luisa Morgantini en 2003. A Rafah. L’enterrement à la Mukata d’Arafat en 2004, où j’ai failli tomber dans la fosse. L’observation des élections de 2005, la direction de la mission d’observation électorale de l’UE en 2006 avec la victoire incontestable du Hamas, à travers un processus électoral impeccable. Ma colère devant les sanctions internationales. La descente aux enfers de Gaza. Notre incursion dans Gaza pendant l’opération Plomb durci, avec Luisa, une fois de plus, et d’autres parlementaires pour manifester notre opposition au massacre. Le gel de la revalorisation du statut d’Isarêl au Parlement européen, mais l’échec du blocage de ACAA. Miracle, la publication en 2013 des guidelines européennes, qui précisent, si besoin était, que les colonies sont illégales pour l’Europe. Et la tragédie qui revient, la deuxième, puis la troisième intervention militaire sur Gaza, les colonies qui avancent, la paix qui recule et l’Europe qui hésite sur la reconnaissance de l’Etat palestinien, un fois encore…
La citoyenneté d’honneur n’est pas une question de résultat. En tant que Vice-Présidente du Groupe Socialiste au Parlement européen et Vice Présidente du Groupe sur le Moyen Orient, je me dis que je n’ai rien réussi: quand je vois l’état de la Palestine, rétrécie comme une peau de chagrin, je mesure l’ampleur de l’échec . Mais mon espoir dans un futur meilleur pour les Palestiniens est intact, ma certitude que l’occupation aura une fin aussi, et mon amour pour cette terre déchirée est plus fort que jamais. Ce n’est pas si mal. Et c’est contagieux.

 

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