Véronique De Keyser

Conseillère communale à Liège

20 mai 2014 : journée d’élections au Malawi

20 May 2014

Véronique De Keyser a été nommée par Kathy Alston chef de la mission d’observation de l’Union européenne pour les élections au Malawi.

Après un premier séjour ( 4 au 9 mai) afin de vérifier si toute son équipe ( une centaine de personnes) était bien en place et que les préparatifs étaient conformes au droit et à la démocratie, Véronique De Keyser est sur place depuis ce samedi 17.

Ce 20 mai est jour d’élections. Des élections municipales, législatives et présidentielles.

7 millions d’électeurs sont appelés à voter.

La présidente en place, candidate à sa propre succession, n’a pas la certitude d’être réélue. Elle a plusieurs concurrents dont trois semblent avoir certaines chances. Près de 4500 bureaux de votes se sont ouverts ce matin.

Des militantes des droits de l’homme belges bloquées à l’aéroport du Caire

5 March 2014

Alors qu’ils étaient en route vers Gaza pour apporter leur soutien aux femmes dans la perspective de la Journée de la femme du 8 mars, des militantes des droits de l’homme belges sont actuellement bloqués à l’aéroport du Caire par les autorités égyptiennes. J’ai immédiatement écrit à l’Ambassadeur d’Egypte pour demander leur libre circulation dans le pays. Depuis que l’entrée à Gaza par le territoire israélien est devenu quasi impossible, y compris pour des personnalités politiques, l’Egypte reste aujourd’hui le seul moyen d’accès à Gaza pour en soulager le blocus.

Composition de la délégation belge: Anne-Marie Ghizzi ( fonctionnaire retraitée), Dominique Waroquiez (enseignante),Hasna Baidouri (Etudiante), Nadia Boumazzoughe, Fadwa Latrach (Etudiante) ,Yamina Bounir fonctionnaire , Triki Escandar (rédacteur), Ahmed Bissan( médecin)

Véronique De Keyser

Quand la jeunesse européenne fait face à la montée des eurosceptiques !

21 February 2014

IMG_2170De jeunes liégeois se prêtent au jeu politique pour les élections européennes. Exercice réussi…ou quand la jeunesse européenne sait faire face à la montée des eurosceptiques !

Des jeunes du Lycée de Waha de Liège qui se prêtent au jeu du débat sur l’énergie européenne opposant des partis politiques et faisant face à une presse très critique, voici le scénario qui s’est tenu ce vendredi 21 février 2014 au Palais provincial de Liège. Cette rencontre a été organisée par Young Ideas for Europe qui promeut la politique européenne auprès de la jeune génération. Des jeunes ayant pris très au sérieux le rôle qui leur avait été confié et ils ont prouvé l’importance pour tout citoyen européen de s’engager dans le débat démocratique en prenant activement part à la construction européenne et à l’avenir de notre union.

Ce jeu de rôle a permis au groupe de confronter ses idées sur l’avenir de l’énergie européenne. Un sujet sensible et complexe mais qui a eu le mérite de les mobiliser. Le scénario était le suivant : à l’approche des élections de 2030 les partis politiques nommés « Parti des Consommateurs Responsables (PCR) » et « 4 Leaves » doivent présenter leur programme en matière d’énergie. Quel est leur angle d’attaque pour ces élections ? Quelles sont les promesses faites aux citoyens ? Comment comptent-ils les respecter tout en faisant face à des adversaires coriaces? Quelle sera leur approche avec les pays voisins ? Comment vont-il remporter ces élections et imposer leur programme ?

Pour le Parti des Consommateurs Responsables, le nucléaire ne pouvant plus unir IMG_2152[1]e l’Europe, il mise sur les alternatives fiables. Il souhaite instaurer une transaction énergétique entre les pays européens du sud et nord. Les uns produisant de l’énergie solaire, les autres de l’énergie éolienne. Un partage équitable de la production permettrait de régulariser les prix de vente qui minent l’économie européenne. Il propose de promouvoir les énergies renouvelables en attribuant des primes à tout ménage se lançant dans cette démarche. Enfin, le PCR veut instaurer une taxe pollution aux grands industriels pollueurs. Pollueurs – payeurs sauf si un investissement dans l’énergie renouvelable peut être prouvé.

Du côté des « 4 Leaves », l’approche sur le nucléaire est tout autre. Penser suppression est impossible, le nucléaire ne peut être arrêté et reste nécessaire, même si son utilisation est trop présente dans l’industrie. Ce parti vert tient cependant à promouvoir et investir dans la recherche autour des énergies renouvelables. Leur maître mot la durabilité.

Pour l’eurodéputée Véronique De Keyser, marraine de cette rencontre, « ce débat a surtout révélé les préoccupations de nos jeunes. On a beaucoup à apprendre de leur approche et bien évidemment nos programmes doivent déjà en tenir compte. Mais la réalité du terrain n’est pas aussi facile que cela. Il faut confronter ses idées, les défendre et espérer qu’elles s’appliquent grâce à l’exercice démocratique que sont les élections européennes. Les jeunes du Lycée de Waha ont rappelé leur confiance en l’Europe et leur engagement citoyen me le prouve aujourd’hui. Je suis donc ravie de cette rencontre. »

Véronique De Keyser
Eurodéputée et conseillère communale de Liège

« Travailleurs, footballeurs, même combat pour des droits au Qatar ! »

14 February 2014
 
Travailleurs, footballeurs, même combat pour les droits au Qatar” déclare le footballeur Zahir Belounis devant la Commission des Droits de l’Homme au Parlement européen.
 
Le football va-t-il réussir à faire sortir les travailleurs du Qatar de l’esclavage moderne dont ils sont les victimes ?  Peut-être, si les politiques et le monde économique joignent leurs efforts à ceux de la FIFA, pour que la coupe du monde de 2022 ne ternisse ni l’image du Qatar, ni celle de la FIFA.  Car si cette dernière n’a pas le pouvoir de se substituer aux autorités d’un pays, elle a celui de faire des choix responsables.  En choisissant le Qatar pour 2022, elle a donc pris une lourde responsabilité. 
 
Le Parlement européen avait déjà voté en novembre dernier une résolution sur le Qatar. Ce jeudi 13 février, à la Commission des Droits de l’Homme du PE, un audit réunissait la FIFA (représente par Théo Zwanziger, membre du Comité exécutif), l’OIT (Gilbert Houngbo, Directeur général adjoint), la Confédération Internationale des syndicats (Sharan Burrow, Secrétaire Général), le Syndicat des joueurs professionnels mondiaux (Jonas Baer –Hoffman) Amnesty International (James Lynch).  En outre, le joueur franco-Algérien retenu contre son gré au Qatar par son club, et ayant finalement pu quitter le pays et rentrer en France, en abandonnant tous ses droits, a fait un témoignage émouvant de son calvaire, sans pouvoir retenir ses larmes.
 
Ce qui ressort de cet audit, outre des témoignages terribles sur les conditions de travail de tous les travailleurs au Qatar, qu’ils soient des migrants employés dans la construction, des domestiques de maison ou des footballeurs, c’est l’idée d’un combat commun et déterminé de toutes les grandes institutions. Le Qatar pratique encore la kefala, qui consiste, pour un employeur à « sponsoriser » un travailleur migrant. Cette protection consiste le plus souvent  à confisquer les papiers d’identité d’un travailleur, à prélever tout ou partie de son salaire pour des remboursements usuriers ( par exemple de frais de voyage, de nourriture ou de logement), tout en le maintenant dans des conditions de vie et de santé précaires.  Il faut amener le Qatar à mettre sur pied un Code du travail digne de ce nom, à engager des inspecteurs pour le contrôler, et surtout, à permettre la libre expression des plaintes sans crainte de rétorsion.  L’audit de ce jeudi a confirmé la peur qui règne chez les travailleurs en cas de dénonciation. De la violation de leurs droits.
 
Si la FIFA s’implique aujourd’hui dans ces changements, elle en appelle vigoureusement aux politiques et au monde économique. L’eurodéputée Véronique De Keyser déclare : le sport n’est qu’un levier de changement, les forces qui doivent mettre en œuvre ce levier sont ailleurs et multiples.  A ce jour, si une charte du travail a pu être établie sous les auspices de la FIFA, de l’OIT et des autorités Qatari, aucun changement ne s’est encore produit sur le terrain : aucun plan, aucun échéancier pour des mesures urgentes.  Si elles ne sont pas prises, on estime à 4000 les décès probables liés aux chantiers en cours. Dans nos pays, on connaît bien les dangers inhérents à la construction et il y a une dizaine d’années, on disait encore – c’est la fatalité : une tour, c’est 3 morts !  Nous savons maintenant que ce n’est pas la fatalité qui tue, mais la recherche d’un profit à court terme, la pression mise sur les travailleurs et le peu de poids accordé à leur vie.  A nous de persuader le nouvel émir du Qatar qu’il tient une chance unique de donner de son pays une image nouvelle.
Véronique De Keyser

Combien vaut l’Europe?

15 January 2014

Communiqué de presse de

Véronique De Keyser, Députée européenne

Combien vaut l’Europe ??

La présidence grecque commence aujourd’hui un exercice difficile : elle détient la présidence européenne tournante, c’est-à-dire, qu’elle devient en quelque sorte un symbole de l’Europe, elle qui fut au bord de la faillite et sur le point de quitter la zone euro. Mais quel symbole, en vérité ? Le premier Ministre Samara, toute honte bue, a remercié, en la personne du président Barroso, l’aide précieuse qu’il avait eu de l’Europe, de la Commission et de la Troïka…Troïka qui a laissé la Grèce exsangue et amené une récession et régression sociale sans précédent.  Voilà la Grèce devenue ce matin le symbole du miracle européen, Lazare qui sort du tombeau, le paralytique qui marche grâce à la potion européenne magique, ce dont on essayait de se persuader en entendant le Premier ministre grec annoncer la première lueur d’espoir depuis trois ans, un timide excédent structurel primaire.  En fait la Grèce reste surtout le symbole de l’absence de solidarité européenne, de l’égoïsme de certains de ses Etats membres, elle reste le symbole de ce que oui, on peut redresser un pays en saignant à blanc ses classes moyennes et ses pauvres, mais cette recette-là, elle était connue depuis longtemps – ce n’est pas l’Europe qui l’a inventée.  Mais c’est l’Europe ultralibérale qui l’a brevetée, à travers ses  missi dominici dont la Troïka fait partie.  Ceci n’exempte pas la Grèce de nécessaires réformes structurelles pour plus de justice sociale et quand le premier Ministre Samara annonçait ce matin, comme une de ses priorités européennes, la lutte contre l’évasion fiscale, on pouvait penser qu’il savait de quoi il parlait.

…..Des valeurs à vendre ?

Autre curiosité de cette semaine de Strasbourg- comme on parlerait d’un cabinet de curiosités- les révélations sur la vente de la citoyenneté européenne.  Les révélations ne datent pas d’hier.  Dès novembre 2013, la presse internationale sortait un scandale : Malte vendrait, sans condition autre que de payer 650.000 euros, à qui le veut, une nationalité maltaise ouvrant accès du même coup à la citoyenneté européenne et donc à l’espace Schengen.  Parfait pour les amoureux de l’Europe.  Parfait aussi pour recycler de l’argent, parfois à l’origine douteuse.  Et de fil en aiguille on a découvert que ces pratiques ne se limitaient pas à Malte, mais que bien d’autres Etats membres vendaient leur nationalité ( un million de livres en Grande Bretagne), mais le plus souvent assortie de conditions de résidence, ce qui n’est pas le cas à Malte.  Et comme « offrir » la nationalité est la prérogative de l’Etat, l’Europe n’aurait rien à redire.  Si ce n’est que ses valeurs sont drôlement bafouées.  D’où une résolution qui sera votée demain en plénière, qui ne viserait pas Malte en particulier, mais ces pratiques mercantiles.  Cela nous ramène à l’Europe, avec un grand E.  A toutes celles et ceux qui n’ont pas encore compris le privilège qu’ils avaient d’être européen, comme cela, sans débourser un centime, voilà un sujet de méditation.  Un privilège, sans doute, mais si on pouvait la transformer et la rendre plus attractive et plus solidaire cette Europe, qui sait si les prix ne montraient pas encore ?  Voilà ce qui s’appelle penser en terme de marché !!

Véronique De Keyser

Députée européenne

Mission au Tindouf

15 January 2014

Ces 18 et 19 janvier, une délégation des S&D se rendra à Tindouf, pour évaluer la situation dans les camps de réfugiés.

Cette mission fait suite à la première partie de la mission, qui s’était déroulée au Sahara occidental (Layyoune) en juin dernier.

Voici le programme:

Samedi 19 janvier 2014

  • Briefing avec la Délégation de l’Union Européenne et avec le représentant du Haut Commissariat des Réfugiés en Algérie
  • Rencontre avec le Ministre des Affaires étrangères, M. LAMAMRA
  • Rencontre avec le Ministre délégué en charge des affaires maghrébines, M. BOUGUERRA
  • Diner de travail avec les parlementaires algériens.
  • Rencontre avec les députés FFS: Ahmed Betatache (président du groupe parlementaire), Chaafa Bouaiche, Karim Baloul.

Dimanche 19 janvier 2014

  • Rencontre avec le Haut Commissariat des Réfugiés 
  • Rencontre avec des membres du Rassemblement Sahraoui Démocratique (RSD) et avec l’épouse de Mustapha Selma
  • Rencontre avec les représentants des ONG locales (Comitato Internazionale per lo Sviluppo dei Popoli (CISP), Triangle Génération Humanitaire, Médicos del Mundo, OXFAM, CERIA, Cruz Roja Espanola, Médicos internacional, MEDL, ATTSF)

Véronique De Keyser

Vice-Présidente du Groupe S&D

La nouvelle constitution en Tunisie

15 January 2014
Le Groupe des Socialistes et Démocrates au Parlement européen commémore avec le peuple Tunisien le 3ème anniversaire de la révolution qui a conduit à la fin de la dictature de Ben Ali.
Alors que les élu-e-s de l’Assemblée Nationale Constituante (ANG) avancent chaque jour un peu plus vers la finalisation de la future Constitution tunisienne, Véronique de Keyser, vice-présidente du Groupe S&D a indiqué: “Nous saluons les travaux de l’ANC pour arriver à un texte de compromis et pour garantir notamment la liberté de consciences, la liberté de la presse ainsi que le principe de parité dans les assemblées élues. Le rôle vigilant de la société civile a été et reste essentiel dans ce processus”.
Le Groupe S&D se félicite de l’élection des membres de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) qui doit assurer un cadre stable, transparent et équitable pour l’organisation des prochaines élections.
“Nous continuerons à soutenir le processus de transition démocratique et nous appelons le nouveau gouvernement, une fois formé, à mettre en œuvre les réformes tant attendues par le peuple tunisien, en particulier la réforme de la justice”

2014 et le Soudan du sud

9 January 2014

La communauté internationale a porté la naissance et les premiers pas du Soudan du Sud à bout de bras, à coup d’élections, de référendum, de négociations et grâce à des centaines de millions d’euros. Depuis 2011, plus d’un milliard d’euros ont été engagés par l’UE et les États membres, à travers des instruments divers. Un pays potentiellement riche (pétrole), mais pauvre quant à sa population, son manque d’infrastructures, d’écoles, d’administrations publiques ne peut surgir de rien en deux ans. Mais il devrait au moins être en bonne voie de stabilisation. Or, le bilan que j’en dressais, dans mon rapport « Développement et renforcement de l’État au Soudan du sud » ((1)  P7_TA-PROV (2013) 0546) , voté en décembre dernier, juste avant les clashes meurtriers qui ont embrasés le pays, était tout sauf élogieux.

Il pointait notamment la corruption galopante, l’absence de démocratie, le comportement inquiétant des forces de sécurité, des faiblesses de la justice, des violations répétées des droit de l’homme, notamment à l’égard des femmes, des journalistes, des défenseurs des DH.

Mais derrière ces problèmes de gouvernance se cache au Soudan du Sud d’âpres luttes politiques sur fond ethnique. Alors qu’après l’indépendance, le risque semblait venir du voisin du Nord, le Soudan, aujourd’hui, ce sont des combats internes fratricides au niveau le plus élevé du pouvoir (limogeage brutal de l’ex vice-président Riek Machar, rival du président Salva Kiir) qui entraine le pays vers le chaos et déplace des centaines de milliers de personnes. Ces réfugiés internes sont inatteignables par l’aide humanitaire dans des étendues immenses dépourvues d’infrastructures routières. Il faudrait aux organisations humanitaires une puissante logistique aérienne pour les secourir.

L’UE vient d’annoncer qu’elle débloquerait 50 million d’euro de plus en action humanitaire pour couvrir tous les besoins élémentaires de la crise actuelle: nourriture, soins de santé, eau, sanitaires, abris, protection des populations, etc.  Dans son engagement régulier pour le peuple Sud Soudanais, l’UE et ses états membres ont fourni environ 170 millions d’euros d’aide humanitaire au cours des années fiscales 2013 et 2014.  La Commissaire à l’aide humanitaire, Georgieva, a rappelé de cette tragédie humaine qu’elle doit être évitée à tout prix, et a souligné le besoin d’une présence accrue des acteurs humanitaires pour poursuivre leur travail primordial. 

Plus d’1 milliard d’euros engagé, des élections, un référendum, une assistance continue : l’Europe et toute la communauté internationale ont fait beaucoup pour le gouvernement sud soudanais, mais trop peu pour le peuple sans doute. L’Union européenne a eu avec trop peu d’exigence de transparence, de monitoring de progrès, et d’assurance de la bonne utilisation des fonds. L’aide humanitaire ne peut pas conditionnelle : le S.O.S. est désormais lancé et il faut aider les Sud Soudanais. Mais au-delà de l’humanitaire, l’engagement de l’Union européenne doit être prudent : des réformes politiques et socio-économiques profondes doivent être immédiatement engagées dans le pays. Le Soudan du Sud organise des élections en 2015, donc l’année 2014 sera décisive.

Véronique De Keyser, députée européen, a été chef de la mission d’observation électorale de l’Union européenne au Soudan en 2010 et de la mission d’observation pour le référendum au Soudan du Sud en 2011.

 

 

 

Communiqué de Bahar Kimyongür

15 December 2013

Bahar Kimyongür : Lettre d’exil
«Otage du Sultan, au cœur de l’Europe»

Le 2 décembre dernier, la Cour d’Appel de Brescia a finalement décidé de me libérer et de me reléguer en «exil forcé» dans l’attente du dossier turc.

Le lendemain après-midi, j’ai pu quitter la prison de Bergame avec, en main, l’ordonnance de la Cour me donnant sept heures pour arriver à la station des Carabiniers de Marina di Massa –mon lieu d’exil situé à quelque 300 kilomètres de la prison.

C’est dans un quartier calme, situé entre la mer et les Alpes apuanes, que je devrai attendre l’issue de mon sort.

A partir de l’annonce aux autorités turques de mon arrestation, ces dernières ont 40 jours pour envoyer leur demande formelle d’extradition. Ensuite, c’est de la notification du Procureur général que dépendra la durée de la procédure.

Le Procureur général aura trois mois maximum, après réception du dossier turc, pour envoyer à la Cour d’Appel de Brescia ses questions, ses demandes d’informations complémentaires ou du moins pour réagir sous une forme ou sous une autre à la requête d’Ankara.

En additionnant les 40 jours maximum de délai légal dont dispose la Turquie pour l’envoi de sa demande d’extradition aux trois mois dont dispose le Procureur pour envoyer ses appréciations à la Cour d’Appel de Brescia, on arrive à quasi quatre mois d’attente pour la prochaine audience. Ça fait très long pour un dossier vide et considéré comme tel par la justice de plusieurs pays.

Je suis loin de ma femme et de mes enfants.

Pour quitter mon lieu de résidence, je dois (à chaque fois) demander la permission aux Carabiniers. Ma liberté de mouvement est restreinte à un périmètre délimité par la mer, une ligne de chemin de fer, une rivière et l’aérodrome municipal.

Ce n’est pas le fascisme, loin de là, mais cette relégation rappelle quand même un peu «Le Christ s’est arrêté à Eboli» de Carlo Levi.

Bahar Kimyongür – Marina di Massa, le 10 décembre 2013

Bahat

Intervention plénière le jeudi 12 décembre: le commerce des organes

12 December 2013

Voici le texte de l’intervention de Véronique De Keyser ce jeudi 12 décembre en session plénière à Strasbourg,  au sujet du commerce d’organes.

Le commerce des organes est aujourd’hui un des moins réglementé au monde.  La demande d’organe est croissante et dépasse de très loin l’offre.  D’où des zones grises, sans réglementation où toutes les pratiques sont possibles sans être illégales, et d’autre part, de pratiques criminelles existent associant trafic d’être humains,  adoption, rapt etc.   De toute manière, tant dans un cas que dans un autre, il s’agit de systèmes très bien organisés, puisque la conservation d’organe est très éphémère et que les transplantations sont des soins très spécialisés.  Le prélèvement d’organes suscite toujours rumeurs, fantasmes mais  épouvantables réalités aussi.  Il nous appartient et c’est notre responsabilité en tant que députés prudemment de faire la part entre rumeurs et réalités.

Dans certains pays il est licite de vendre des organes et de les prélever sur des vivants, pour raisons religieuses par exemple.  C’est le cas en Inde par exemple où les plus pauvres vendent qui une cornée, qui un rein pour une bouchée de pain.  Mais on trouve aussi de telles pratiques très répandues en Amérique latine. Parfois, il est licite de les prélever des organes sur tout mort, quel que soit la cause du décès – pourvu qu’il n’y ait pas commerce c’est le cas en Autriche  et en Belgique. Quatre pays d’Afrique ont une législation sur le prélèvement d’organes et deux seulement en Asie. La Chine n’en fait pas partie et est donc dans une zone grise.  Le Conseil de l’Europe se penche aujourd’hui avec sérieux sur ces questions et de grandes organisations de transplantation aussi pour promouvoir une réglementation et des règles éthiques pour tous.  C’est un travail de longue haleine, délicat, qui ne peut rentrer dans e cadre des urgences humanitaires.  Mon groupe est prêt à y travailler avec les autres groupes en toute collégialité.

Pour cet après-midi, nous avons deux  certitudes :

-1.  La Chine utilise  en grande partie pour son besoin d’organes des prisonniers politiques ayant été exécutés., mais nous sommes incapables  de dire si leur exécution est liée à un besoin d’organe.

2.  Nous ne trouvons aucune évidence d’une persécution particulière de Falun Gong, comme l’atteste le rapport circonstancié de la AFET de Nouvelle Zélande.

C’est pourquoi, nous avons décidé de ne pas travailler ce sujet en urgence, acceptons d’y travailler en Sous comité Droits de l’Homme car il mérité, et la ligne de notre groupe est de nous abstenir sur cette résolution.

 

2