Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

CP: Accord UE/US

23 mai 2013
    Accord UE/US : La délégation PS belge ne soutiendra pas un mandat sans garantie pour les citoyens !

Les Etats-Unis et l’Union européenne se sont engagés à lancer des négociations pour la conclusion d’un accord commercial avant 2015. Avec le Traité de Lisbonne, le Conseil doit partager ses pouvoirs avec le Parlement européen lors de l’adoption d’accords commerciaux. Le vote de ce jeudi, balisant le mandat de négociation, revêt donc une importance capitale au vu de ce qui pourrait devenir en 2015 la plus vaste zone de libre-échange de la planète avec comme cadre le tiers des échanges internationaux et la moitié du PIB mondial.

La résolution qui sera adopté par le Parlement européen a clairement pour objectif de définir la feuille de route des futurs négociateurs dans le cadre de cet accord avec les Américains

« Dans le cadre de cet accord de libre-échange, la Commission européenne nous promet des profits substantiels mais je crains que cela ne se fasse avec les mêmes recettes qui ont conduit l’Europe dans la crise que nous connaissons aujourd’hui. Les normes sociales, sanitaires et environnementales pour ne citer que les plus emblématiques sont plus élevées en Europe qu’aux Etats-Unis. Le risque est donc réel que l’accord conduise à un affaiblissement des normes européennes au détriment de notre modèle de société, notamment avec des conséquences lourdes pour notre industrie, aggravées par les armes monétaires inégales des parties. » regrette Frédéric Daerden comme membre de la délégation socialiste belge à la Commission de l’emploi et des affaires sociales du Parlement européen.

« Nous ne braderons pas les droits des citoyens européens Va-t-on se mettre ventre à terre devant les Etats Unis aux dépends de nos valeurs? Va-t-on renoncer à nos hauts standards environnementaux européens acquis de haute lutte? Va-t-on renoncer à nos règles strictes de sécurité alimentaire, en baissant d’un cran, voire de plusieurs notre vigilance sur les hormones animales ou encore les OGM? Va-t-on une fois encore tenter de mettre à mal la protection des données des européens? Envisageons-nous de mettre à mal les clauses sociales protégeant les travailleurs ou favoriser le dumping social? Moi je m’y refuse! En outre, la faiblesse de notre politique monétaire ne peut pas nous conduire à un équilibre entre nos économies. Je voterai contre ce texte, non pas que je sois contre les négociations avec les Etats Unis mais parce qu’il y a certaines choses à propos desquelles on ne peut pas transiger » tempête, Marc Tarabella en charge de la Protection des consommateurs et de l’agriculture.

« Nous ne sommes évidemment pas contre un accord commercial entre les Etats-Unis et l’Europe mais nous ne voulons pas que les citoyens européens soient les premières victimes d’un accord négocié dans la précipitation au nom d’un libéralisme échevelé dont les promoteurs n’auraient que le seul profit en tête. Le périmètre de la négociation doit clairement exclure explicitement les services audiovisuels du champ de la négociation. Dans une société moderne où les supports technologiques réduisent les œuvres culturelles au rang de d’un flux de gigabits par seconde, nous devons nous préoccuper clairement de l’émergence de ces nouveaux modes de communication culturelle. Nous devon admettre qu’il existe un niveau de protection minimum au-delà duquel, les préférences collectives des citoyens européens s’imposent quand il s’agit de sauvegarder le travail de nos créateurs culturels » réagit Véronique De Keyser, Vice Présidente du groupe socialiste, chargée des relations extérieures de l’Union européenne.

1 2 3

Compte rendu: Conférence-débat « Stress au Travail » – Ath

8 mai 2013

Le monde du travail tue aujourd’hui de façon plus insidieuse qu’au XIXe ou au début du XXe siècle. Si les accidents mortels et les maladies professionnelles sont en répression, la souffrance psychique s’intensifie: stress, harcèlement, suicides au travail, dépressions nerveuses, prises d’alcool ou de drogues « pour tenir le coup », font partie aujourd’hui du quotidien des travailleurs. Les causes directes sont variées: menace du chômage, mise en concurrence perpétuelle, techniques de management désastreuses, pression temporelle insupportable, changements technologiques si rapides que la mise à niveau perpétuelle est épuisante. À la fin, cela tue.

Mais au-delà de ces causes immédiates, c’est tout un système qui devient capitaliste et c’est le sens même du travail qui est menacé.

A Ath, les mots que l’on entendait le plus souvent dans la foule, c’est « Avec cet ultralibéralisme, nous allons droit dans le mur! » Droit dans le mur… sauf si….

Et des réponses ont été évoquées au niveau local, au niveau belge, au niveau européen, pour reconstruire du sens au travail, se trouver une identité, ou parvenir à trouver l’action collective, alléger le stress, et faire dévier de quelques millimètres l’astéroïde qui s’apprêtait à entrer en collision avec notre terre, nos acquis sociaux, notre socialisme.

A la tribune, Jean-Pierre Genbauffe, Jean Peeters, Serge Hustache, Rudy Demotte et moi-même. Dans la salle, non pas des spectateurs, mais des témoins, désireux à tout prix d’apporter leur vécu.

Véronique De Keyser

DSC08845 DSC08847
Interventions du pannel

DSC08848 DSC08852
A droite: Rudy Demotte

DSC08853 DSC08854
A gauche: Jean Peeters (Secrétaire Régional de la FGTB Wallonie Picardie)
A droite: Véronique De Keyser (députée européenne et Docteur en psychologie du travail de l’ULB)

DSC08859 DSC08862
A gauche: Questions du public
A droite: Le pannel complet, de gauche à droite: Jean Pierre Genbauffe (Secrétaire général de Solidaris Mons-Wallonie picardie), Véronique De Keyser (députée européenne et Docteur en psychologie du travail de l’ULB), Serge Hustache (député de la province de Hainaut et Président de PAC Wapi), Rudy Demotte (Ministre-Président de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles), Jean Peeters (Secrétaire Régional de la FGTB Wallonie Picardie).

DSC08863 DSC08866
Questions du public

affiche Ath

CP: Conférence – Comprendre l’Islam Politique

8 mai 2013

DSC07223

    Comprendre l’islam politique: vues de l’intérieur

A l’issue de la conférence « Comprendre l’islam politique: vues de l’intérieur » qui se déroule aujourd’hui (07/05/2013) au Parlement européen, le Groupe des Socialistes et Démocrates se félicite de l’annonce faite par le gouvernement tunisien de la mise en place de la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA).

Véronique De Keyser, vice-présidente S&D, a commenté cette décision comme suit:

 » La composition de l’HAICA, annoncée le 3 mai dernier, journée mondiale de la liberté de la presse, et qui sera présidée par Nouri Lajmi, spécialiste de la déontologie des média, est une excellente nouvelle attendue depuis deux ans « .

Le Groupe S&D se réjouit de cette annonce et espère que l’HACA sera très rapidement dotée de capacités financières à la mesure des défis qui l’attend, notamment la régulation du cadre de travail des média dans la période électorale à venir.

A moyen terme, l’HAICA devra préparer la réforme des statuts des média publics actuels pour en faire de véritables média de service publics, conformes aux standards internationaux et disposant de garanties en matière d’autonomie de gestion, financière en particulier, et d’indépendance éditoriale.

« Nous demandons à la Commission européenne de jouer pleinement son rôle pour soutenir, tant au plan technique que de coordination et d’expertise, cette nouvelle structure » a souligné Véronique De Keyser.

Le Groupe S&D rappelle toutefois que l’’application du Décret-loi 115 de 2011 relative au code de la presse n’est, à ce jour, pas totale, alors qu’il faudrait un cadre homogène favorable à la sérénité du travail des journalistes en Tunisie. D’autre part, le projet de constitution tel qu’il existe aujourd’hui n’est pas assez précis en matière de garanties constitutionnelles pour la liberté d’expression.

« Nous espérons que l’indépendance de la justice sera de même consacrée très prochainement, » a conclu Véronique De Keyser.

Compte Rendu: Homme de Sable

7 mai 2013

    Homme de Sable – Lundi 6 mai

Première du film « L’Homme du Sable » de Thierry Michel à Liège au Sauvenière.

L’Homme de Sable constitue le troisième titre de la collection Cinéastes d’aujourd’hui que la Cinémathèque de la Fédération Wallonie-Bruxelles consacre à ses réalisateurs les plus talentueux.

Thierry Michel a réalisé plus de 20 films, principalement documentaires, une oeuvre considérable de dimension internationale. D’un cinéma ancré dans les luttes sociales en Wallonie, vers la quête de l’Ailleurs, du Maroc au Brésil en passant par l’Iran et l’Afrique dont le Congo/Zaïre, son port d’attache.

Le film que lui consacre José-Luis Penafuerte, tourné au moment de sa récente expulsion du Congo, nous plonge au coeur du travail du documentariste, confronté au réel et nous fait percevoir l’acuité de son regard.

Cinéma direct, films engagés, aux côtés des démunis, des opposants, dénonçant les dictatures et les dérives du pouvoir. Quarante années de désir de cinéma, durant lesquelles Thierry Michel n’a cessé d’interroger la complexité du monde et le sens de nos existences.

220027
220105

Compte rendu: Voyage en Palestine pour la Journée des Prisonniers

2 mai 2013

Le samedi 26 et dimanche 27 avril, journée des prisonniers politiques à Ramallah, sous le titre de « Freedom and Dignity ». Le Parlement européen s’est déjà prononcé deux fois, en juillet 2012 et en mars 2013 sur cette question. Il a demandé la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers politiques, et le jugement ou la libération de tous les prisonniers palestiniens en détention administrative.

Le groupe Socialiste du Parlement européen s’est lui aussi fortement ému de la question:

Plus de 4800 détenus palestiniens – y compris des femmes et des enfants, plus de 100 prisonniers d’avant Oslo, et membres du Conseil Législatif Palestinien, dont Marwan Barghouti – continuent d’être détenus par Israël, ce qui a un grand impact sur la société palestinienne ainsi que sur les espoirs de paix entre les israéliens et palestiniens.

Les prisonniers palestiniens sont détenus dans des prisons et centres de détention qui sont, tous sauf un, situés à Israël. Cette pratique enfreint clairement la Quatrième Convention de Genève et créé des obstacles énormes pour les visites familiales. Le droit des prisonniers aux visites familiales doit être respecté par les autorités israéliennes, qui sont responsables d’assurer que les conditions nécessaires à ce droit sont en place.

Plus de 200 palestiniens ont péri dans des prisons et centres de détention israéliennes depuis 1967 – au moins 71 d’entre eux sont morts en conséquence directe à la torture, selon une récente déclaration faite par 14 organisations de droits de l’homme palestiniennes et israéliennes. Le Parlement européen fait appel à Israël à protéger la santé et la vie des prisonniers palestiniens, en conformité avec ses obligations en vertu du droit international et la primauté du droit. Le Parlement européen exhorte également Israël à ouvrir des enquêtes indépendantes, impartiales et transparentes dans tous les cas d’allégations de torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants de prisonniers palestiniens, ainsi que de tirer les conclusions de ces enquêtes publiques et à demander des comptes aux responsables de tels actes.

Le Parlement rappelle que les femmes restent un groupe particulièrement vulnérable parmi les prisonniers palestiniens, alors que des centaines d’enfants palestiniens de moins de 18 ans sont arrêtés, interrogés et détenus par l’armée israélienne et poursuivis par les tribunaux militaires israéliens chaque année. Les prisonnières palestiniennes devraient recevoir une protection et un traitement appropriés tenant compte des sexospécificités, conformément aux conventions internationales dont Israël fait partie. Les autorités israéliennes doivent mettre un terme aux mauvais traitements infligés aux enfants palestiniens dans le système de détention militaire, qui a été décrit comme « généralisé, systématique et institutionnalisé » en Février 2013 dans un Rapport de l’UNICEF.

J’ai rencontré au cours de ces deux jours Salam Fayyad, Premier Ministre démissionnaire, pour discuter avec lui de la situation politique compliquée que traverse son pays, et avec Nabil Shaath, négociateur de la reconciliation Fatah/Hamas, qui pourrait se construire sur base du document des prisonniers de 2006.

Mais ma question reste encore sans réponse: quelle serait la position de l’Union européenne devant un gouvernement d’unité nationale palestinienne comprenant des membres du Hamas?

DSC08298 Majed Bamya conclut les deux journées sous la photo de Marwan Barghouti

DSC08315 Véronique De Keyser et Leila Chahid, Ambassadeur de la Palestine auprès de L’union Européenne

DSC08384 Véronique De Keyser avec Nabil Shaath, ex-Ministre des Affaires Etrangères palestinien et négociateur de la réconciliation Fatah/Hamas

DSC08547 Signature du soutien aux prisonniers politiques

DSC08546 Adieux à la fin de la conférence

Bonne Fête!

1 mai 2013

IMG_1796

Un 1er mai à Liège très chaleureux. Un discours très apprécié de Marc Goblet. Et toutes les femmes mandataires politiques dans l’assistance, devant le podium. Bonne fête à tous, et surtout aux femmes!

Compte rendu – Visite Volgograd

30 avril 2013

Volgograd ne dit certainement pas grand’chose à la plupart des Européens d’aujourd’hui. Mais si on évoque cette ville sous son ancien nom de Stalingrad, c’est tout différent.

Stalingrad, la ville héroïque, la ville martyre, le tournant de la seconde guerre mondiale.
Stalingrad était en effet la porte du Caucase et un enjeu pour les troupes d’Hitler. C’est aussi l’accès à la Volga, voie stratégique vers l’Asie centrale et le pétrole de Bakou mais aussi voie d’approvisionnement pour les troupes soviétiques et la population de la région. Zone également importante de par ses industries de fabrication des chars T 34 de l’armée rouge et des industries métallurgiques «Octobre rouge »

Cette bataille de Stalingrad, une des plus meurtrières de la seconde guerre mondiale, est un véritable tournant stratégique de cette guerre et une des plus grandes défaites des armées allemandes nazies et de ses alliés.

La bataille de Stalingrad débute le 17 juillet 1942 et se termine par la victoire soviétique le 2 février.

70 ans après cette victoire décisive, les commémorations sont nombreuses à Stalingrad qui porte aujourd’hui le nom de Volgograd. Des commémorations qui sont annuelles mais qui revêtent cette année un caractère exceptionnel.

Ces 21-24 avril 2013, les autorités de la ville de Volgograd (ville avec laquelle la ville de Liège est jumelée) organisaient une rencontre internationale, le « 2nd International Women’s Forum », Dialogue sans frontières autour du thème « Femmes du Monde pour un monde sans violence ». Véronique De Keyser y était invitée en tant que, bien sûr, Députée européenne et Vice-Présidente du groupe Socialistes et Démocrates mais Conseillère communale de Liège et représentante de la Ville de Liège.

223031

Véronique De Keyser est intervenu dans la conférence et a prononcé ce discours :
Alors qu’on célèbre le soixantième anniversaire de la bataille de Stalingrad, une bataille historique par le courage de ses combattants et en particulier de ses femmes, une simple question me traverse l’esprit : la paix est-elle bonne pour les femmes ? Pour la sécurité retrouvée dans leur famille, oui. Pour leur propre statut, pas sûr. Que je regarde en Europe, en Afrique, en Amérique latine, ou ici à Stalingrad, les femmes ont toutes été des héroïnes de guerre, capable de se battre comme les hommes, aussi bien qu’eux, mais dès la fin des hostilités, elles ont été renvoyées dans leurs foyers. La question de l’égalité reste toujours posée. Ce qui ne veut pas dire que depuis la seconde guerre mondiale, d’immenses progrès n’ont pas été faits dans la condition féminine, mais ils l’ont été , en Europe en tout cas, après de difficiles combats des femmes. Elles ont dû regagner, pied à pied, les libertés qu’elles avaient acquises de plein droit au moment où on avait besoin d’elles pour se battre contre l’ennemi. Nul n’ignore plus, en Europe et à Liège, ma ville, jumelée avec Volgograd, les milliers de femmes russes envoyées au front pour combattre l’ennemi. Nul n’ignore plus les aviatrices russes qui ont partagé le quotidien de leurs camarades pilotes de chasse, des femmes brillantes et libres, oubliées dès que la guerre fut finie. Elles sortent heureusement aujourd’hui de l’ombre, grâce à des livres courageux qui font revivre leur épopée. En Europe, les femmes n’étaient pas admises au combat, mais elles ont fait la guerre comme infirmières, ambulancières et surtout comme résistantes. Prises par les Nazis, elles ont été, comme les hommes, torturées, décapitées, envoyées dans les camps de concentration, mais elles sont mortes le plus souvent en anonymes.

A la fin de la seconde guerre mondiale, quand les combats avaient pris fin, elles ont dû mener bataille, à nouveau, mais cette fois, pour leurs propres droits. Des droits civils et politiques ou tout simplement, le droit à la maîtrise de leur corps. Il faudra des années pour qu’elles obtiennent le droit de vote. Puis sont venus les droits d’accéder aux mêmes études que les hommes, à participer aux responsabilités politiques, à avoir accès au divorce, au planning familial, à partager les postes à responsabilité politique, à devenir chefs d’entreprises, professeurs d’université. A bénéficier, à travail égal, d’un salaire égal.

Encore aujourd’hui, malgré l’action remarquable des Nations Unies, et la création en 2010 de ONU Femmes, l’égalité reste à conquérir. La directive européenne sur l’égalité de salaire et l’égalité de chances entre hommes et femmes, ( 2006/54/CE) n’empêche pas qu’en Europe les femmes gagnent toujours, en moyenne 30%, de moins que les hommes. Peu d’entre elles réussissent à devenir chefs d’entreprise. Rares sont celles qui occupent un poste de Premier ministre. En Belgique la dépénalisation de l’avortement n’a eu lieu qu’en 1989. Dans certains pays européens, l’avortement et le divorce ne sont toujours pas légalisés. Dans d’autres, la violence à l’égard des femmes est à peine réprimée et le viol puni seulement d’une peine légère. La disparité européenne est grande, car l’égalité hommes/femmes est d’abord vue comme une compétence directe des Etats, lesquels ont des gouvernements et des régimes politiques différents.

Les héroïnes de guerre sont devenues des héroïnes de paix et là encore, leur combat est un combat de l’ombre. Je reviens, ces dernières semaines, d’Egypte, de Tunisie, d’Algérie et je suis de très près les pays dits du printemps arabe, même ceux qui n’ont toujours pas vu aboutir leur révolution- Syrie, Yémen, Bahreïn. Même s’il ne faut pas juger trop vite des changements survenus, un constat s’impose : là encore, les femmes risquent de perdre les libertés qu’elles avaient acquises pendant la révolution ou avant. L’introduction de la charia dans la constitution de certains états jusqu’ici laïques et l’émergence inattendue de partis salafistes radicaux, menacent ces transitions démocratiques. En Afrique, où certaines femmes remarquables, comme Ellen Johnson Sirleaf, Présidente du Liberia, ont réussi une percée sur la scène politique, le viol des femmes reste un instrument de guerre. C’est le cas aujourd’hui dans l’Est du Congo.

Angela Davies disait qu’une révolution qui n’a pas réussi à améliorer le statut des femmes, est une révolution qui n’amène pas de progrès démocratique. Il appartient aux politiques à tout niveau-international, national et local- de relayer le combat quotidien des héroïnes de la paix. Et aux hommes de le soutenir. C’est le meilleur moyen de rendre hommage aujourd’hui à leurs mères et grand-mères qui se sont battues pour qu’ils soient libres.

Des rencontres et des visites étaient également organisées tout au long de ces deux journées.
La plus symbolique, la plus émouvante fut incontestablement celle du monument commémorant la bataille. Un monument et un mémorial érigés sur la colline qui domine la ville et qui fut un des enjeux de la bataille au vu de sa position stratégique.

stalin

Une visite chargée d’émotion. Nous sommes à l’endroit où des dizaines de milliers d’hommes et de femmes sont morts en héros face aux troupes allemandes.
Un monument hautement symbolique qui surmonte le mémorial.

stalingrad

Un monument érigé sur ce que les habitants de Stalingrad ont appelé, au lendemain de la guerre, la «Colline sans cheveux». Un immense territoire vide de toute végétation tant les obus, les bombardements, les batailles et le sang des femmes et des hommes ont chargé le sol. Un peu comme à Verdun. Un territoire sur lequel quelques années après la guerre et surtout son déminage, les habitants décidèrent symboliquement de ramener la vie en replantant des arbres.
Cette année, la tradition se devait d’être respectée puisque 70 lilas devaient être replantés.
70 lilas pour le septantième anniversaire.

Véronique De Keyser, à cette occasion, a reçu des autorités de la Ville le titre de «Femme d’honneur et au parcours professionnel exceptionnel».

Screen shot 2013-04-30 at 10.23.51