Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

CP: L’aide Européenne aux réfugiés syriens est vitale soulignent les Socialistes et démocrates

22 mai 2013
    L’aide Européenne aux réfugiés syriens est vitale soulignent les Socialistes et démocrates

Face à la situation alarmante des réfugiés syriens, le Groupe des Socialistes et Démocrates au Parlement européen demande d’urgence au Conseil et à la Commission Européenne d’établir et appliquer une feuille de route pour gérer ce drame humain. Il faut que l’Union européenne contribue de manière active, financièrement et logistiquement, pour que la situation alarmante des réfugiés syriens soit gérée au mieux. Le Groupe des Socialistes et des Démocrates réitère, de même, sa position pour une solution politique au problème syrien.

Véronique De Keyser, vice-présidente du Groupe S&D, a commenté en ces termes le débat en plénière:

« Après la mort de plus de 75.000 personnes, la fuite de plus d’un million de réfugiés dans les pays voisins et la misère de millions de Syriens ayant dû fuir leurs maisons pour se retrouver réfugiés dans leur propre pays, envoyer plus d’armes en Syrie n’est pas la solution.

Alors que la ville de Qousseir s’apprête à repasser aux mains de l’armée de Bachar Al Assad, alors que des milliers de civils, en majorité des enfants, sont pris au piège, alors que la guerre s’internationalise et que des acteurs étrangers s’affichent clairement aux côtés des belligérants, le Parlement a choisi, non pas d’ignorer ce tournant tragique, mais de se pencher sur l’un des versants les moins visibles du conflit, à savoir le sort des réfugiés. Ils sont plus d’un million et demi, massés dans des camps ou accueillis dans des familles, dans les pays limitrophes de la Syrie, au Liban, en Jordanie, en Turquie. Leur situation est dramatique, malgré l’héroïsme des travailleurs humanitaires sur le terrain et malgré l’aide de l’Union européenne.

Dramatique, car
- des contraintes financières empêchent de délivrer une aide humanitaire de base suffisante
- des émeutes éclatent dans des camps, à cause des conditions de vie difficiles des réfugiés, comme dans le camp jordanien de ZAATARI, qui héberge 170.000 réfugiés
- la violence sexuelle y sévit, les femmes et les enfants sont victimes de viols, de faux mariages masquent une prostitution rampante
- les familles qui accueillent au Liban les réfugiés sont des familles pauvres, qui ne parviennent plus à supporter ce poids supplémentaire
- des conflits politiques et confessionnels risquent de faire imploser les pays les plus vulnérables comme le Liban ou la Jordanie, mais provoquent aussi des incidents sévères comme en Turquie.
- les Etats-membres répugnent à accepter des réfugiés syriens, y compris des déserteurs de l’armée de Bachar qui auraient droit au statut de demandeur d’asile.

De 1,5 à 2 millions de personnes aujourd’hui, à la périphérie de la Syrie et en Afrique du Nord dépendent exclusivement de l’aide internationale, mais l’élan de solidarité est très insuffisant. Toute nouvelle escalade de la violence viendrait aggraver encore cette situation explosive. En attendant les résultats hypothétiques de la conférence de Genève 2, le Parlement européen lance aujourd’hui un cri d’alarme à la communauté internationale pour qu’elle prenne conscience de l’ampleur de ce drame et assume ses responsabilités. Car cette tragédie humanitaire pourrait être la grenade dégoupillée qui embraserait toute la région. »

photo EP

Agenda de la session plénière Mai 2013

21 mai 2013

france-strasbourg-parlement

Lundi:
- Discussion commune – Application de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne à la République tchèque
- Présentation de Rapports – Droits des femmes dans les pays des Balkans candidats à l’adhésion; Charte de l’UE: ensemble de normes pour la liberté des médias à travers l’UE

Mardi:
- Votes de Rapports – Droits des femmes dans les pays des Balkans candidats à l’adhésion; Charte de l’UE: ensemble de normes pour la liberté des médias à travers l’UE; Lutte contre la fraude fiscale, l’évasion fiscale et les paradis fiscaux

Mercredi:
- Débats – Situation des réfugiés syriens dans les pays voisins; Recouvrement des avoirs par les pays du printemps arabe en transition; Reconnaissance mutuelle des mesures de protection en matière civile; Pilier social de l’Union économique et monétaire
- Votes

Jeudi:
- Débats – Conditions de travail, en particulier normes de santé et de sécurité (incendie dans une usine et effondrement d’un immmeuble) au Bangladesh;
- Votes – Situation des réfugiés syriens dans les pays voisins; Recouvrement des avoirs par les pays du printemps arabe en transition
- Débats sur des cas de violation des droits de l’homme, de la démocratie et de l’État de droit – Guantanamo: grève de la faim de prisonniers; Inde: exécution de Mohammad Afzal Guru et ses implications; Rwanda: procès de Victoire Ingabire

Compte rendu: Conférence-débat « Stress au Travail » – Ath

8 mai 2013

Le monde du travail tue aujourd’hui de façon plus insidieuse qu’au XIXe ou au début du XXe siècle. Si les accidents mortels et les maladies professionnelles sont en répression, la souffrance psychique s’intensifie: stress, harcèlement, suicides au travail, dépressions nerveuses, prises d’alcool ou de drogues « pour tenir le coup », font partie aujourd’hui du quotidien des travailleurs. Les causes directes sont variées: menace du chômage, mise en concurrence perpétuelle, techniques de management désastreuses, pression temporelle insupportable, changements technologiques si rapides que la mise à niveau perpétuelle est épuisante. À la fin, cela tue.

Mais au-delà de ces causes immédiates, c’est tout un système qui devient capitaliste et c’est le sens même du travail qui est menacé.

A Ath, les mots que l’on entendait le plus souvent dans la foule, c’est « Avec cet ultralibéralisme, nous allons droit dans le mur! » Droit dans le mur… sauf si….

Et des réponses ont été évoquées au niveau local, au niveau belge, au niveau européen, pour reconstruire du sens au travail, se trouver une identité, ou parvenir à trouver l’action collective, alléger le stress, et faire dévier de quelques millimètres l’astéroïde qui s’apprêtait à entrer en collision avec notre terre, nos acquis sociaux, notre socialisme.

A la tribune, Jean-Pierre Genbauffe, Jean Peeters, Serge Hustache, Rudy Demotte et moi-même. Dans la salle, non pas des spectateurs, mais des témoins, désireux à tout prix d’apporter leur vécu.

Véronique De Keyser

DSC08845 DSC08847
Interventions du pannel

DSC08848 DSC08852
A droite: Rudy Demotte

DSC08853 DSC08854
A gauche: Jean Peeters (Secrétaire Régional de la FGTB Wallonie Picardie)
A droite: Véronique De Keyser (députée européenne et Docteur en psychologie du travail de l’ULB)

DSC08859 DSC08862
A gauche: Questions du public
A droite: Le pannel complet, de gauche à droite: Jean Pierre Genbauffe (Secrétaire général de Solidaris Mons-Wallonie picardie), Véronique De Keyser (députée européenne et Docteur en psychologie du travail de l’ULB), Serge Hustache (député de la province de Hainaut et Président de PAC Wapi), Rudy Demotte (Ministre-Président de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles), Jean Peeters (Secrétaire Régional de la FGTB Wallonie Picardie).

DSC08863 DSC08866
Questions du public

affiche Ath

CP: Syrie, l’OTAN ne savait rien !

8 mai 2013

Le Secrétaire général de l’OTAN, Rasmussen l’affirme : l’OTAN ne savait rien !!!

L’OTAN ne savait rien des intentions d’Israël de bombarder Damas, répond laconiquement le Secrétaire général de l’OTAN,, à une question de l’eurodéputée Véronique De Keyser, en Commission Affaires Etrangères au parlement européen ce lundi 6 mai après-midi.

Véronique De Keyser interpelle en effet le Secrétaire général de manière très directe : « Le 7 mars, Shimon Peres a signé un accord bilatéral de partenariat avec l’OTAN, pour lui permettre de planifier et de mieux coordonner entre les Etats-Unis, l’OTAN et Israël toute intervention au Moyen Orient. La presse d’ailleurs titrait à l’époque, c’est-à-dire il y a deux mois : Israël, membre de facto de l’OTAN ! Le 12 mars, au Parlement européen Shimon Peres venait dresser son nouvel axe du Mal : Hezbollah, Iran, Syrie. Alors, une question : Israël s’est-il coordonné avec vous pour les bombardements du week-end dernier ? »

Dire que Rasmussen a été rapide dans la réponse, c’est peu dire. Mais de toute façon, c’est Non. L’OTAN ne savait rien et ne veut rien savoir. Alors, à quoi sert-il ?? Quand nous glissons irrésistiblement vers un embrasement du Moyen Orient, se poser la question n’est pas impertinent.

Rasmussen

Agenda

6 mai 2013

Ce mardi 7 mai, Véronique De Keyser prendra la parole lors d’une conférence-débat sur le stress au travail.

Cette conférence, organisée par la section athoise de Présence et Action Culturelles et Action et Réflexion Travailliste en Wallonie picarde, s’intitule « Stress au travail : une menace pour la santé et notre économie ? »

Selon une enquête réalisée sur le sujet à la fin 2012 par la mutualité Solidaris, il apparaît qu’un salarié sur trois souffre au travail d’un stress élevé voire très élevé. Des salariés et des indépendants, toujours plus nombreux, estiment que le stress au travail s’est amplifié depuis trois ou quatre ans.

Cette conférence débat, qui sera captée par la télévision régionale de Wallonie picarde No Télé, poursuit un double objectif :

- Faire apparaître que le stress est mauvais pour la santé, qu’il peut nuire à l’économie d’une région, d’un pays, d’un continent (en corollaire, ne faut-il pas repenser le travail et son organisation ?)
- Servir de base à un cahier de l’éducation permanente publié par Présence et Action Culturelles

Expedit KKAAYA, Véronique De KEYSER

Conférence pour un Maghreb progressiste – Alger 2013

6 mai 2013

Voir aussi le communiqué de presse du Groupe des Socialistes et Démocrates:

http://www.socialistsanddemocrats.eu/gpes/public/detail.htm?id=138105&section=NER&category=NEWS&startpos=11&topicid=-1&request_locale=FR

Compte rendu – Visite Volgograd

30 avril 2013

Volgograd ne dit certainement pas grand’chose à la plupart des Européens d’aujourd’hui. Mais si on évoque cette ville sous son ancien nom de Stalingrad, c’est tout différent.

Stalingrad, la ville héroïque, la ville martyre, le tournant de la seconde guerre mondiale.
Stalingrad était en effet la porte du Caucase et un enjeu pour les troupes d’Hitler. C’est aussi l’accès à la Volga, voie stratégique vers l’Asie centrale et le pétrole de Bakou mais aussi voie d’approvisionnement pour les troupes soviétiques et la population de la région. Zone également importante de par ses industries de fabrication des chars T 34 de l’armée rouge et des industries métallurgiques «Octobre rouge »

Cette bataille de Stalingrad, une des plus meurtrières de la seconde guerre mondiale, est un véritable tournant stratégique de cette guerre et une des plus grandes défaites des armées allemandes nazies et de ses alliés.

La bataille de Stalingrad débute le 17 juillet 1942 et se termine par la victoire soviétique le 2 février.

70 ans après cette victoire décisive, les commémorations sont nombreuses à Stalingrad qui porte aujourd’hui le nom de Volgograd. Des commémorations qui sont annuelles mais qui revêtent cette année un caractère exceptionnel.

Ces 21-24 avril 2013, les autorités de la ville de Volgograd (ville avec laquelle la ville de Liège est jumelée) organisaient une rencontre internationale, le « 2nd International Women’s Forum », Dialogue sans frontières autour du thème « Femmes du Monde pour un monde sans violence ». Véronique De Keyser y était invitée en tant que, bien sûr, Députée européenne et Vice-Présidente du groupe Socialistes et Démocrates mais Conseillère communale de Liège et représentante de la Ville de Liège.

223031

Véronique De Keyser est intervenu dans la conférence et a prononcé ce discours :
Alors qu’on célèbre le soixantième anniversaire de la bataille de Stalingrad, une bataille historique par le courage de ses combattants et en particulier de ses femmes, une simple question me traverse l’esprit : la paix est-elle bonne pour les femmes ? Pour la sécurité retrouvée dans leur famille, oui. Pour leur propre statut, pas sûr. Que je regarde en Europe, en Afrique, en Amérique latine, ou ici à Stalingrad, les femmes ont toutes été des héroïnes de guerre, capable de se battre comme les hommes, aussi bien qu’eux, mais dès la fin des hostilités, elles ont été renvoyées dans leurs foyers. La question de l’égalité reste toujours posée. Ce qui ne veut pas dire que depuis la seconde guerre mondiale, d’immenses progrès n’ont pas été faits dans la condition féminine, mais ils l’ont été , en Europe en tout cas, après de difficiles combats des femmes. Elles ont dû regagner, pied à pied, les libertés qu’elles avaient acquises de plein droit au moment où on avait besoin d’elles pour se battre contre l’ennemi. Nul n’ignore plus, en Europe et à Liège, ma ville, jumelée avec Volgograd, les milliers de femmes russes envoyées au front pour combattre l’ennemi. Nul n’ignore plus les aviatrices russes qui ont partagé le quotidien de leurs camarades pilotes de chasse, des femmes brillantes et libres, oubliées dès que la guerre fut finie. Elles sortent heureusement aujourd’hui de l’ombre, grâce à des livres courageux qui font revivre leur épopée. En Europe, les femmes n’étaient pas admises au combat, mais elles ont fait la guerre comme infirmières, ambulancières et surtout comme résistantes. Prises par les Nazis, elles ont été, comme les hommes, torturées, décapitées, envoyées dans les camps de concentration, mais elles sont mortes le plus souvent en anonymes.

A la fin de la seconde guerre mondiale, quand les combats avaient pris fin, elles ont dû mener bataille, à nouveau, mais cette fois, pour leurs propres droits. Des droits civils et politiques ou tout simplement, le droit à la maîtrise de leur corps. Il faudra des années pour qu’elles obtiennent le droit de vote. Puis sont venus les droits d’accéder aux mêmes études que les hommes, à participer aux responsabilités politiques, à avoir accès au divorce, au planning familial, à partager les postes à responsabilité politique, à devenir chefs d’entreprises, professeurs d’université. A bénéficier, à travail égal, d’un salaire égal.

Encore aujourd’hui, malgré l’action remarquable des Nations Unies, et la création en 2010 de ONU Femmes, l’égalité reste à conquérir. La directive européenne sur l’égalité de salaire et l’égalité de chances entre hommes et femmes, ( 2006/54/CE) n’empêche pas qu’en Europe les femmes gagnent toujours, en moyenne 30%, de moins que les hommes. Peu d’entre elles réussissent à devenir chefs d’entreprise. Rares sont celles qui occupent un poste de Premier ministre. En Belgique la dépénalisation de l’avortement n’a eu lieu qu’en 1989. Dans certains pays européens, l’avortement et le divorce ne sont toujours pas légalisés. Dans d’autres, la violence à l’égard des femmes est à peine réprimée et le viol puni seulement d’une peine légère. La disparité européenne est grande, car l’égalité hommes/femmes est d’abord vue comme une compétence directe des Etats, lesquels ont des gouvernements et des régimes politiques différents.

Les héroïnes de guerre sont devenues des héroïnes de paix et là encore, leur combat est un combat de l’ombre. Je reviens, ces dernières semaines, d’Egypte, de Tunisie, d’Algérie et je suis de très près les pays dits du printemps arabe, même ceux qui n’ont toujours pas vu aboutir leur révolution- Syrie, Yémen, Bahreïn. Même s’il ne faut pas juger trop vite des changements survenus, un constat s’impose : là encore, les femmes risquent de perdre les libertés qu’elles avaient acquises pendant la révolution ou avant. L’introduction de la charia dans la constitution de certains états jusqu’ici laïques et l’émergence inattendue de partis salafistes radicaux, menacent ces transitions démocratiques. En Afrique, où certaines femmes remarquables, comme Ellen Johnson Sirleaf, Présidente du Liberia, ont réussi une percée sur la scène politique, le viol des femmes reste un instrument de guerre. C’est le cas aujourd’hui dans l’Est du Congo.

Angela Davies disait qu’une révolution qui n’a pas réussi à améliorer le statut des femmes, est une révolution qui n’amène pas de progrès démocratique. Il appartient aux politiques à tout niveau-international, national et local- de relayer le combat quotidien des héroïnes de la paix. Et aux hommes de le soutenir. C’est le meilleur moyen de rendre hommage aujourd’hui à leurs mères et grand-mères qui se sont battues pour qu’ils soient libres.

Des rencontres et des visites étaient également organisées tout au long de ces deux journées.
La plus symbolique, la plus émouvante fut incontestablement celle du monument commémorant la bataille. Un monument et un mémorial érigés sur la colline qui domine la ville et qui fut un des enjeux de la bataille au vu de sa position stratégique.

stalin

Une visite chargée d’émotion. Nous sommes à l’endroit où des dizaines de milliers d’hommes et de femmes sont morts en héros face aux troupes allemandes.
Un monument hautement symbolique qui surmonte le mémorial.

stalingrad

Un monument érigé sur ce que les habitants de Stalingrad ont appelé, au lendemain de la guerre, la «Colline sans cheveux». Un immense territoire vide de toute végétation tant les obus, les bombardements, les batailles et le sang des femmes et des hommes ont chargé le sol. Un peu comme à Verdun. Un territoire sur lequel quelques années après la guerre et surtout son déminage, les habitants décidèrent symboliquement de ramener la vie en replantant des arbres.
Cette année, la tradition se devait d’être respectée puisque 70 lilas devaient être replantés.
70 lilas pour le septantième anniversaire.

Véronique De Keyser, à cette occasion, a reçu des autorités de la Ville le titre de «Femme d’honneur et au parcours professionnel exceptionnel».

Screen shot 2013-04-30 at 10.23.51