Véronique De Keyser

Conseillère communale à Liège

Un coup de dé jamais n’abolira etc.

24 March 2015

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J’aime le hasard.  Sans doute parce que je vis avec une discipline quasi monastique qui trouve son apogée en vacances – où l’heure de réveil, le temps passé à écrire, l’apéro du midi, le moment et le rythme de la promenade, jusqu’à l’apéro du soir, scandent une vie digne d’une novice.  Vous remplacer apéro par angelus et on y est. Et le soir, quartier libre.  Dans la vie de tous les jours, je ne réussis évidemment pas ce cycle parfait.  Il y a mille interférences, mille interruptions qui gâchent mes automatismes et m’obligent à  travailler à un rythme qui ne m’est pas naturel : trop vite, ou de manière hachée.  Mon GPS personnel se plante.

Mais quand pour une raison ou l’autre, le hasard- je dis bien le hasard, pas une interférence maligne – fait une entrée fracassante dans ma vie, je lui en suis reconnaissante. Le fil  que j’avais tendu à l’extrême se casse, mais c’est aussi un soulagement.  Ce fut le cas samedi matin. Je devais donner une conférence à Paris au Droit humain et je souhaitais le faire correctement.  Cela veut dire pour moi, l’écrire de bout en bout- écrire tout, voire trop, références comprises.  C’est un peu ridicule, car je parle facilement et que n’ayant à tenir qu’une demi-heure à Paris, quelques notes griffonnées m’auraient suffi.  En règle générale, j’écris une page par jour (je vous avais dit que j’étais lente !). Je travaille cette fois durant quinze jours, à raison d’au moins cinq heures d’écriture quotidienne, pour produire dix huit pages.  Mais ce vendredi 20 en fin d’après-midi, le résultat ne me satisfait pas.  Or j’avais prévu depuis longtemps d’assister ce soir-là  à une rencontre littéraire au Musée Curtius de Liège avec In Koli Jean Bofane, l’auteur des fabuleuses Mathématiques congolaises et de Congo Inc. Le testament de Bismarck.  Vous n’avez pas encore lu ? Ce n’est pas vrai ! Vite, c’est chez Actes Sud : au moins ce blog aura servi à quelque chose.  Mais quand je relis mes notes, mon sur-moi tyrannique m’empêche de les laisser en l’état.  Sortir quand il me reste tant à faire, c’est irresponsable (tout aussi irresponsable que prévoir 18 pages en Cambria 11, simple interligne, pour une intervention  d’une demi heure).  Donc, la mort dans l’âme, je renonce au débat littéraire.  Et je passe toute ma soirée à corriger les références et à tenter de synthétiser le texte dans ma tête.

 

Je prends le train pour Paris à la première heure le samedi matin.  Le wagon est à moitié vide, car de nombreux voyageurs ne monteront qu’à Bruxelles.  Je commence à étaler mon ordinateur, mes livres, quand un grand Noir dégingandé vient s’asseoir à mes côtés.  Lui aussi a des papiers, un ordinateur.  Lui aussi va avoir besoin d’espace.  Je saisis mes affaires, m’excuse pour éviter tout malentendu, et lui annonce que s’il y a du monde je reprendrai ma place à Bruxelles.  Une heure de travail tranquille chacun dans son coin.  A la gare du midi à Bruxelles, c’est la cohue.  Vite, je rejoins ma place initiale.  Et côte à côte, nous reprenons chacun nos travaux.  Mon voisin finit par me dire- Vous écrivez de la fiction ?-  Non, de la réalité.  C’est de la fiction, chez vous ?-  Oui.  Je vais à la foire du livre. J’ai écrit Congo Inc. Le testament de Bismarck.

–     J’ai lu. Et Mathématiques congolaises aussi.

Je dis ça de mon ton le plus neutre, comme si je précisais que je prends du café le matin et pas du thé.  En fait j’ai horreur d’apparaître comme une groupie, et si je tombe régulièrement amoureuse d’un livre et donc d’un auteur, c’est son œuvre qui m’attire.  Ca peut prêter à confusion.

J’ajoute pourtant

–       mais vous étiez à un débat hier soir à Liège ?  J’avais décidé d’y aller mais j’ai eu trop de travail : je n’avais pas fini mon texte.

Et puis, la glace étant rompue et on s’est mis à parler de Tram 83, de Fiston Mawanza Mujila, de son style – et puis aussi de l’Afrique puisque j’étais il y a quelques semaines à Panzi auprès du Docteur Mukwege.  Avec l’équipe du Professeur Cadière, qui opère là depuis des années.  C’est alors  que Bofane sursaute

–       Mais Cadière est un ami d’enfance. Un inséparable de mon frère.  On a été à la même école ensemble. Nous ne nous sommes jamais quittés depuis !

 

Et du coup, la discussion est repartie sur un plan amical.  Finalement, nous découvrons que lors de l’avant première du film de Thierry Michel sur le Docteur Mukwege le 25 mars à Flagey, nous serons tous les quatre présents : Bonfane, Cadière, Mukwege et moi. Les fils de la vie se croisent.  En gare du Nord à Paris, Bonfane a foncé vers la Foire du livre et moi vers le siège du DH dans le XIIIème, mais pendant une petite heure, j’ai revécu la RDC, l’atmosphère étonnante de Mathématiques  congolaises, l’amitié, je dirais presque la fraternité avec Cadière – bref, j’ai revécu la vie chaleureuse que je parviens à intercaler entre mes retraites monastiques.  Par hasard.  Mais un hasard aussi étonnant qu’un signe du destin.

 

Prix international de la Laïcité du Grand Orient de France

11 December 2014

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Ce 9 décembre j’ai reçu à Paris le Prix international de la Laïcité du Grand Orient de France. C’était pour moi un moment d’émotion comme un encouragement pour le futur. Car il y a beaucoup à faire pour arriver à une laïcité européenne, garante des droits de toutes et de tous. Voici ce que fut ma réponse, lors de la remise du prix:

“C’est avec émotion que je reçois aujourd’hui ce prix international de la laïcité que j’adresse à ceux qui me suivent, car le combat pour la laïcité –pour la liberté, l’égalité, la fraternité- n’est qu’un relais dont nous nous confions tour à tour la flamme. Nous avons aujourd’hui à la fois toute raison d’être inquiets pour la laïcité européenne. Et quelques raisons d’espérer. C’est sur ces dernières qu’il nous faudra bâtir l’Europe de demain.

Toute raison d’être inquiets car nous sommes dans un monde où la violence, l’intolérance, la corruption et les inégalités sociales éclatent- et tuent. Foulent au pied la dignité de l’homme et de la femme. Le prix Sakharov accordé récemment à Denis Mukwege au Parlement européen en témoigne. Quand ce gynécologue congolais, qui a voué sa vie à reconstruire des milliers de femmes violées- car ce crime est une arme de guerre dans l’est de la République Démocratique du Congo- nous parle de femmes pénétrées avec des couteaux, avec des baïonnettes, des tessons de bouteille, il admet aussi le découragement de son équipe médicale. Car plus tard, ces mêmes femmes reviennent le trouver avec leur propre fille, violée elle aussi, puis ensuite, avec le bébé de cette dernière, violé comme elles, et laissé pour mort en pleine forêt. Alors, c’est le découragement mêlé à l’horreur. Jusqu’où peut aller la barbarie des hommes ? Jusqu’à l’indicible. Mais parce que l’Afrique est loin, parce que le Pakistan de Malala l’est encore davantage, parce que la Syrie est presque tombée dans l’oubli, on se fie à l’Europe pour contenir cette folie, l’éloigner de nous. Nous avons, ce faisant, érigé un mur de l’indifférence. Tout en critiquant l’Europe, nous nous confortons de son poids
– Ici, cela ne peut pas arriver !
Jusqu’à ce qu’ un regain d’antisémitisme, une vague d’islamophobie, un acte terroriste ou des relents nationalistes nauséabonds nous amènent à réfléchir : l’Europe est certes un garde-fou mais jusques à quand ? Avons-nous été suffisamment vigilants pour que le bouclier européen résiste? Alors qu’on assiste à la confiscation de la laïcité par l’extrême-droite, que fait la franc-maçonnerie pour l’Europe aujourd’hui ?

Et surtout, a-t-on besoin des maçons européens, les fils et les filles de ceux qui avaient édifié la Société des Nations après la grande guerre, pour chasser les démons ? A-t-on besoin d’eux aujourd’hui pour consolider les droits des citoyens européens?

Ma réponse est oui. Et je n’ai cessé de le faire savoir durant les 13 ans que j’ai passés au Parlement européen. Nous avons besoin de laïcité européenne, car elle seule a le pouvoir d’intégrer la diversité des nationalités, des courants de pensées, et des formes que prennent, dans des contextes socio-économiques et historiques différents, les valeurs démocratiques dont se prévaut l’Europe. Tous ne sont pas d’accord avec ce propos.

L’homélie que le pape François a adressée au Parlement européen lors de sa visite en novembre dernier est édifiante sur ce point. Invité en tant que chef d’état, mais se présentant comme pasteur, il a voulu s’adresser à tous les Européens. Et s’il a rappelé la doctrine sociale de l’église catholique en suscitant de nombreux applaudissements, il a précisé une fois de plus, sa vision étroite sur le plan de l’avortement et de l’euthanasie, une vision qu’il entend imposer à tous, croyants comme non croyants, au nom d’une doctrine transcendante de la vie :
« Une Europe qui n’a plus la capacité de s’ouvrir à la dimension transcendante de la vie est une Europe qui lentement risque de perdre son âme (…).
Lorsque la vie n’est pas utile au fonctionnement de ce mécanisme, elle est éliminée sans trop de scrupule, comme dans le cas des malades, des malades en phase terminale, des personnes âgées abandonnées et sans soin, ou des enfants tués avant de naître »

C’est sur le terrain éthique et sociétal que les églises et en particulier l’église catholique, ont mené campagne en Europe. Avec des moyens considérables, des pressions, des lobbies, une stratégie et quelques succès. C’est sur ce terrain là que l’interpénétration entre le politique et le religieux ne cesse de s’affirmer jusqu’à l’insupportable. C’est ce qui permet à des prêtres en soutane, à des popes richement ornés de croix, de parcourir les couloirs du Parlement européen, de dire des messes dans l’enceinte parlementaire, et même lorsqu’il s’agit d’un Vice-Président du Parlement, évêque dans son pays, de bénir les laïques abasourdis venus participer au dialogue institué par l’article 17 du traité de Lisbonne, sur lequel je reviendrai. Cette Europe chrétienne qui se dessine, c’est la concrétisation, législature après législature, du rêve de certains pères fondateurs, dont Robert Schumann. Robert Schumann avait imaginé une grande Europe, chrétienne de par ses racines. Mais chrétienne aussi dans son devenir, comme l’ont rappelé successivement les deux papes, Jean-Paul II et François, qui ont défilé au Parlement européen. L’église catholique romaine a tout fait pour que des thèmes comme ceux de l’homosexualité, de l’avortement, du divorce, de la contraception, de la recherche sur les cellules souches, de l’euthanasie, soient maintenus hors du champ européen. Et tout fait pour que ces thèmes sensibles restent de la compétence des nations au nom de la subsidiarité. Cela permet aujourd’hui à des pays très chrétiens (dont les plus radicaux sont Chypre, Malte, Irlande, Pologne) d’interdire, au nom de la subsidiarité, une série de droits reconnus dans la majorité des autres pays. Liberté, égalité, fraternité ? Non, pas en Europe. Pas d’égalité en tout cas. Pas devant des choix fondamentaux qui relèvent de la vie et de la mort. Toutes les Européennes ne peuvent pas choisir d’avoir une grossesse désirée. Le divorce n’est pas admis partout. Partir à son gré et sans souffrance face à une maladie incurable n’est pas donné à tous. Et même la science subit l’influence religieuse : la recherche sur les cellules souches, si importante pour traiter les maladies d’origine génétique, n’est pas autorisée partout alors que le créationnisme a été enseigné dans l’enceinte du Parlement.

Quelques raisons d’espérer ? La laïcité ne veut pas imposer mais permettre. Ne veut pas fermer mais ouvrir. A de nouveaux droits. Dégagés de toute empreinte religieuse. Et surtout, elle tient, au nom d’une démocratie réelle et non faussée, à ce que les lois reflètent la volonté des peuples et non celle de quelques lobbies religieux. Et nous pouvons y arriver en Europe. Mais pas avec un espoir béat : avec un engagement de la laïcité et de la maçonnerie en particulier. Avec une construction de la laïcité européenne quasi inexistante à ce jour.

Laissez-moi vous décrire un cas d’école récent- celui de l’initiative citoyenne One of us ( Un de nous) Elle a défrayé les médias lorsqu’elle a été lancée il y a deux ans, mais son épilogue est passé presque inaperçu. Qu’est-ce qu’une initiative citoyenne ? Une pétition lancée en Europe, par des citoyens. Lorsqu’elle atteint un million de signatures et qu’elle provient d’au moins sept états membres, elle a le droit d’inviter la Commission européenne à présenter une proposition législative. Auquel cas, les auteurs de l’initiative sont auditionnés par le Parlement européen, et la Commission a un délai de trois mois pour se positionner : oui ou non va-t-elle accepter de légiférer sur le sujet. Le mécanisme étant récent, puisqu’il date du Traité de Lisbonne et l’initiative étant techniquement délicate à mettre en place, à ce jour, seules deux initiatives ont franchi le cap d’un million de signatures : l’une sur le droit à l’eau comme bien public, l’autre, la seconde , One of us, sur :
La protection juridique de la dignité, du droit à la vie et à l’intégrité de tout être humain depuis la conception dans les domaines de compétence de l’UE où cette protection s’avère d’une importance particulière. La pétition vise à interdire en Europe la recherche sur les cellules souches et les programmes de santé reproductive dans la coopération de l’ UE. Les protagonistes de l’initiative sont disséminés dans différents états membres, ils sont soutenus par de nombreuses associations soeurs, toutes appartenant au courant pro-vie. En France, ce sont souvent les mêmes qui appelaient à la Manif pour tous. On y trouve : Alliance Vita et la Fondation Jérome Lejeune, qui pilotent toutes deux la levée des signatures, avec en soutien l’Association Familiale Catholique et le CPDH (protestant). Il est intéressant de voir par exemple que Jean-Marie Le Mené, à la tête de la Fondation Jérôme Lejeune , est un membre influent de l’Académie pontificale Pro Vie, créée dans la mouvance de Vitae Mysterium par Jean-Paul II. S’appuyant partout sur les paroisses, jouant souvent sur un amalgame anti-avortement, anti-homosexualité, anti-mariage pour tous, anti-euthanasie, One of us a réussi à quasi doubler le nombre de signatures requises pour provoquer une initiative législative européenne. L’initiative a presqu’atteint les deux millions, ce qui l’a rendue incontournable.

Son audition au Parlement européen, prévue par la procédure, a été contrastée. Du pour et du contre. Et la réponse de la Commission européenne est arrivée le 28 mai 2014 : ce fut le dernier acte public de la Commission Barroso. C’était une fin de non recevoir : la Commission n’estimait pas utile de légiférer sur le sujet. Mais le véto n’était pas politique : il reposait sur des bases juridiques circonstanciées, et il a pris la forme d’une Communication de la Commission qui fera sans doute jurisprudence . Ce n’est, ni le lieu, ni le moment d’étudier ce long texte de trente pages qui ne manque ni de courage ni de tenue morale. Quelle que soient les pressions populistes et religieuses autour de cette initiative, l’Europe, dans sa réponse, a campé sur ses valeurs, et sur les traités en vigueur. J’ai souvent été émerveillée, dans les institutions européennes, par des fonctionnaires de l’ombre, capables, dans la plus grande tradition de la chose publique, de faire avancer la démocratie européenne. Ils n’ont pas besoin de lumière mais de soutien. Car le socle juridique sur lequel nous nous reposons peut-être interprété diversement. L’Europe est fragile, traversée de tensions, engluée dans une crise économique dont elle peine à sortir. Mais elle est sans doute, la construction la plus ambitieuse que nous ayons imaginée, pour préserver la paix, la liberté et la démocratie dans cette région du monde.

Contrairement à l’idée d’une grande Europe chrétienne, la laïcité européenne n’a jamais existé en tant que projet. Osons ce projet, dès aujourd’hui. Construisons-le. Car la politique de la chaise vide est dangereuse pour nos libertés. Faisons porter l’article 17 du traité de Lisbonne qui prévoit un dialogue contraignant entre l’Union, les églises et les associations philosophiques, sur des questions essentielles : quels droits, quelles libertés voulons nous pour les citoyens européens ? Quel chemin sommes-nous prêts à faire avec les églises, dont nous partageons souvent la doctrine sociale ? Mais quels dogmes refusons –nous radicalement ? Le pape François, lui, a été clair à Strasbourg sur sa volonté de se servir de l’article 17:
Je désire renouveler la disponibilité du Saint Siège et de son église catholique – à travers la Commission des Conférences Episcopales Européennes (COMECE) – pour entretenir un dialogue profitable, ouvert et transparent avec les institutions de l’Union européenne. De même, je suis convaincu qu’une Europe capable de mettre à profit ses propres racines religieuses, sachant en recueillir la richesse et les potentialités, peut-être plus facilement immunisée contre les nombreux extrémismes qui déferlent dans le monde d’aujourd’hui, et aussi contre le grand vide d’idées auquel nous assistons en occident, parce que « c ‘est l’oubli de Dieu et non pas sa glorification qui engendre la violence. » Le pape le déclare : cette contribution n’est pas un danger pour la laïcité des Etats et l’indépendance des Institutions de l’Union. Quand je relis l’initiative One of us, et certaines diatribes de ses auteurs contre le mariage pour tous, je n’en suis pas si sûre.

Le fait religieux embrase le monde. Voulons nous, dans un avenir proche, embraser l’Europe ? Faire de l’Europe chrétienne le contrepoids a un Islam politique qui n’a de l’Islam que le nom, comme n’ont de chrétiens que le nom certains des lobbyistes que j’ai croisés dans les couloirs du Parlement européen ? Nous avons tous intérêt à refuser de nous fourvoyer dans cette impasse. C’est à une vraie indépendance du politique et du religieux que doit nous mener le dialogue structuré avec les institutions européennes. Rien n’est perdu, mais il y a urgence à l’entamer.
Voilà qui nous écarte de la maçonnerie, direz-vous mes sœurs et mes frères ? Pas si l’on s’en tient à la vision de Borgès, que j’ai fait mienne

Les actes sont notre symbole.

Les actes sans lesquels le sens s’épuise. J’ai dit .

Pour une Europe laïque

18 November 2014

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A propos de la venue du pape à Strasbourg le 25 novembre 

 

 

La manière dont le pape François a affronté, dès le début de son pontificat, la sclérose de l’institution religieuse qui l’avait porté à sa tête, a forcé l’admiration du monde.  Un monde qui a besoin de rêver, qui veut croire aux miracles, et pour qui, un pape qui tweete et qui s’incline devant le mur érigé entre la Palestine et Israël, apporte l’espoir.  Et tous les catholiques épris d’ouverture se prennent à rêver. Enfin la pédophilie, ce chancre de l’église catholique, va être éradiquée.  Peut-être va-t-on aussi questionner le mariage des prêtres, cette arlésienne depuis le concile de Vatican II ?  Et si la contraception était enfin autorisée ? Si c’était la fin de l’excommunication des divorcés ?  Si l’église catholique ouvrait les bras aux homosexuels et leur reconnaissait des droits ?  Toutes ces questions sont débattues aujourd’hui mais  rien ne dit que le pape François réussira à faire tomber les conservatismes profonds de son église.  On le lui souhaite.  Mais ce n’est pas notre problème : c’est celui de ses fidèles.

 

Ma conception de la construction européenne n’est pas celle d’une construction religieuse. Certes, il faut bâtir une maison où chacun trouve sa place, mais une place définie par le droit.  Pas par la foi. Et l’occasion de la visite du pape François au Parlement européen est l’occasion de rappeler avec force ce principe.  L’Europe n’est pas un temple, si œcuménique soit-il.  C’est un espace de liberté, de valeurs, protégées par des droits et des responsabilités. Et sur ce plan là, l’église catholique nous donne bien du fil à retordre.

Son influence est énorme.  Elle s’exerce à travers des lobbies, des pressions, parfois des campagnes de mails.  Elle porte sur tous les dossiers européens qui concernent la santé reproductive, le droit à l’avortement, la recherche sur les cellules souches, l‘homosexualité, la bioéthique, l’euthanasie, etc.  Toutes les interventions  de ces lobbies vont dans le même sens : maintenir ces dossiers sensibles dans le giron  de la subsidiarité, pour que les pays dans lesquels l’église chrétienne est puissante- Irlande, Malte, Chypre, Pologne par exemple- puissent conserver des législations conformes aux principes religieux.  L’objectif est d’empêcher que l’Europe ne légifère sur ces sujets en étendant à l’ensemble des citoyens européens, des droits que l’église catholique rejette. Lorsqu’on sait que cela concerne le divorce, l’avortement, la procréation assistée etc. on s’étonne.  Car enfin l’idée n’est pas d’obliger tout le monde à divorcer ou à avorter mais de permettre à ceux ou celles qui le désirent, de le faire.  Et donc par exemple, aux Chypriotes, aux Irlandais(es) aux Maltais(es), aux Polonais(es) qui ne se sentiraient pas liés par la foi catholique, d’y avoir recours.  Non, l’Eéglise refuse cette liberté, y compris aux non-croyant(e)s.

 

C’est cette implication constante du religieux dans le politique, de la foi dans le droit, que j’ai combattue, avec certains de mes collègues parlementaires, pendant plus de dix ans au Parlement européen.  Pour autant, tous les cris d’alarmes que nous avons poussés, toutes les dénonciations des sectes, omniprésentes dans les institutions européennes ou des lobbies religieux, ou l’utilisation du budget européen pour financer les Journées mondiales de la Jeunesse, ne sont que des escarmouches qui attirent l’attention des médias.  Comme il est médiatique de dénoncer la visite du Pape François en tant que chef de l’état du Vatican, une théocratie au fonctionnement opaque, qui discrimine les femmes au sein de son église.  Mais le fond du problème reste intact et peu évoqué: avons-nous pour projet de faire de l’Europe un temple multiconfessionnel, où les associations philosophiques se trouvent assises à côté des croyants, parées d’une sorte de religion par défaut- ou voulons nous une Europe, sociale et politique, dont le droit s’érige de façon libre et non faussée,  c’est-à-dire par la seule volonté de ses citoyens ?  Et non croulant sous l’influence de lobbies contradictoires, bien financés : drôle de démocratie européenne !  Le fait religieux aujourd’hui embrase le monde.  Voulons nous, dans un avenir proche, embraser l’Europe ?  Faire de l’Europe le contrepoids chrétien a un Islam politique qui n’a de l’Islam que le nom, comme n’ont de chrétiens que le nom certains des lobbyistes que j’ai eu l’occasion de croiser dans les couloirs du Parlement européen ?  Nous avons tous intérêt à refuser de nous fourvoyer dans cette impasse.

 

Si le pape François quitte ce 25 novembre à Strasbourg le lutrin réservé aux chefs d’état pour dialoguer avec les parlementaires de manière structurée comme le prévoit l’article 17 du Traité de Lisbonne, c’est à ce projet que je l’invite à réfléchir : à bâtir une Europe laïque, une Europe des citoyens, de tous les citoyens.  Je crois aux miracles ?

Les racines chrétiennes de l’Europe, nouvelle offensive !

20 February 2014

Flag of european unionAprès avoir été rejetées et enterrées par les Citoyens européens et gommées du projet de Traité constitutionnel, revoici les « racines chrétiennes de l’Europe »

Les Députés conservateurs Legutko ( Pologne) , Poreba ( Pologne), Van Dalen ( Pays-Bas), au travers du rapport d’initiative de la Députée hollandaise Marietta Giannakou du Parti Populaire Européen ( PPE) sur la politique étrangère de l’Union européenne dans un monde de différences religieuses et culturelles, tentent au travers d’un amendement ( 18) de ramener sur la scène européenne les racines chrétiennes.

« Amendement 18. Considérant que l’Union européenne repose sur valeurs chrétiennes, qui s’inscrivaient au cœur des objectifs politiques des fondateurs de la Communauté économique européenne, Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi et Robert Schuman ; »

Nous devons tous nous mobiliser et combattre cet amendement obscurantiste qui est un véritable retour en arrière européen et qui s’inscrit dans les dernières actions des droites conservatrices et religieuses contre l’IVG, le mariage pour tous, le choix de fin de vie assistée…

L’Europe ouverte et respectueuse de toutes les croyances et convictions philosophiques ne peut être l’Europe qui mettrait en évidence des racines chrétiennes. L’Europe, c’est autre chose ! C’est l’Europe des Lumières, l’Europe de la liberté de pensée, l’Europe de la séparation églises-Etats.

Véronique De Keyser
Députée européenne socialiste belge
Vice-Présidente du groupe Socialistes et Démocrates

Manifestation contre la loi espagnole anti-IVG

29 January 2014

Nous étions nombreux ce mercredi 29 janvier à manifester auprès des femmes espagnoles pour dénoncer cette abominable proposition de loi qui tend à supprimer le droit d’avorter en toute liberté. Une véritable insulte envers les femmes, leurs droits et leurs libertés les plus fondamentales. Nous n’accepteront pas ce recul de la liberté.

Visionnez également cette vidéo réalisée lors de la manifestation par le Centre d’Action Laïque http://www.youtube.com/watch?v=Zu_cA1vogaY&feature=c4-overview&list=UUaN6CneH3OC_a-uW1PR_2rg

 

 

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La laïcté, un enjeu d’égalité pour les femmes!

23 January 2014

Ce jeudi 23  janvier j’aurai l’immense plaisir d’intervenir, sur invitation du Sénat français, à une table ronde sur la laïcité et l’égalité des femmes en Europe.

 

2  Le droit à l’avortement et les libertés des femmes seront au centre de toutes nos préoccupations de ce jour. M’accompagnera à cette table ronde, mon amie Elena Vanlenciano, Députée et Secrétaire générale adjointe au Parti Socialiste Espagnole (PSOE). valenciano

 

 

 

Voici le programme de cette journée:

 

LES ENJEUX DANS LE MONDE ARABE ET LA RÉGION MÉDITERRANÉENNE

10h30 Première table ronde :
Les révolutions pour les droits universels

Modératrice : Nelly Jazra-Bandarra, Vice-présidente de l’AFEM
Saïda Douki-Dedieu, Psychiatre
Jean Maher, Président de l’Union Egyptienne des Droits Humains, représentant des Coptes en France
Nadia El Fani, Cinéaste, auteure du film « laïcité Inch Allah », lauréate du Prix de la laïcité 2011

11h30 Deuxième table ronde :
Les revendications des droits universels dans la région

Modératrice : Laure Caille, Déléguée à l’égalité Femmes / Hommes au sein d’EGALE
Khadija Rouissi, Vice-présidente de la Chambre des Représentants, Maroc
Rose-Marie Massad-Chahine, Professeure à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de l’Université Libanaise, Liban
Soad Baba Aïssa, Présidente de l’Association pour la Mixité, l’Egalité, et la Laïcité (AMEL), Algérie

 LES ENJEUX EN EUROPE ET EN FRANCE


14h45 Troisième table ronde :
La laïcité et l’égalité en Europe

Modératrice : Teresa Boccia, Professeure à l’Université Federico II de Naples, experte auprès de l’ONU, Présidente de l’AFEM
Véronique de Keyser, Députée européenne, Belgique
Ingvill Thorson Plesner, Conseillère principale au Centre pour les Droits de l’Homme, Norvège
Elena Valenciano, Députée aux Cortes, Secrétaire générale adjointe du Parti Socialiste Espagnol (PSOE) en charge du secteur international, Espagne

15h45 Quatrième table ronde :
Les chantiers de l’égalité et de la laïcité en France

Modératrice : Martine Cerf, Secrétaire générale d’EGALE
Françoise Brié, Membre du Haut Conseil de l’Egalité, Vice-Présidente de la Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF), France
Moussa Allem, Chargé de mission à la Direction régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale de la Région du Nord (DRJSCS), France
Caroline Eliacheff, Pédopsychiatre, auteure de « Comment le voile est tombé sur la crèche »
Jean-Paul Delahaye, Directeur général à la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire (DGESCO), France

Le droit à l’avortement. Émission “Face à l’Info” du 20 janvier 2014

21 January 2014

 

face à l'info 2À Paris, 16.000 personnes ont manifesté contre le droit à l’avortement . En Espagne, le droit à l’avortement vient d’être restreint ; en Suisse un débat doit bientôt avoir lieu sur le remboursement de l’IVG par l’assurance-maladie. Et ailleurs en Europe ce droit est aussi remis en cause.”

 Pour revenir sur ce sujet, Eddy Caekelberghs a reçu dans “Face à l’Info”:

° Véronique DE KEYSER, l’eurodéputée socialiste

° Griselda PASTORT, journaliste espagnole et correspondante à Bruxelles de Radio Cadena Ser.

° Isabelle DURANT, la vice-présidente du Parlement européen (Ecolo)

Pour écouter l’émission:

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photo face à l'infoface à l'info 2http://podaudio.rtbf.be/pod/lp-fai_face_c3a0_l27europe_200114_-_le_droit_c3a0_l27_17066989.mp3

 

 

Une Espagne qui régresse en matière de droits des femmes !

3 January 2014

Je ne peux qu’être profondément scandalisée par la décision du gouvernement espagnol de remettre en doute la loi sur l’avortement. Une marche arrière dans les droits des femmes que l’Espagne est actuellement en train d’entreprendre. Comment cela est-il donc possible ? Les influences religieuses et pro-life sont-elles à ce point importantes ?

Pourtant l’Espagne avait montré l’exemple en dépénalisant la pratique de l’IVG et en améliorant les droits des femmes en 2010. Revoir entièrement cette liberté acquise après des années de lutte est un scandale de la part de ce gouvernement conservateur. D’autant qu’aucune raison de santé publique valable justifierait ce choix, sauf que cette liberté ne plaisait guère à l’épiscopat et la droite conservatrice espagnole.

Ruiz Gallardon, Ministre de la Justice, avait déclaré dans la presse « en avoir fini avec le mythe de la supériorité morale de la gauche et veut à présent porter sa croisade antiavortement devant le Parlement européen ». Et bien nous l’attendrons au Parlement de pied ferme afin de lui signifier clairement le choix fait par 20 pays européens à ce sujet, un droit fondamental pour les femmes de disposer librement de leur corps.

Véronique De Keyser

Députée européenne

 

9 décembre 2011, jour anniversaire de la Loi de 1905, loi française de séparation des Églises et de l’État

13 December 2011

Après vingt-cinq ans d’une vive polémique opposant deux conceptions de la place des églises dans la société, c’est à l’initiative du député socialiste Aristide Briand, défenseur d’une laïcité sans excès, que la loi de 1905 est adoptée. Bien que le mot de laïcité ne se trouve pas dans le texte, ainsi naît la laïcité à la française. Dans son Article 1, la loi proclame « la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes », comme en écho à l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ». L’État manifeste ainsi sa volonté de neutralité religieuse tout en « garantissant » à chacun les moyens d’exercer librement sa religion, dans le respect d’autrui. Toutefois, dans son article 2, la loi stipule que « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. (…) » Plus d’un siècle après son adoption, respecter la diversité en veillant à l’unité de la nation, construire une Europe unie dans sa pluralité, restent plus que jamais des objectifs essentiels de la laïcité. Puisse-t-elle continuer à développer une véritable intelligence collective, davantage soucieuse du bien commun à l’échelle de l’humanité que des ambitions matérielles et des stratégies communautaristes.

La laïcité, un combat fondamental pour Véronique De Keyser

5 December 2011

Militante convaincue de la laïcité, Véronique De Keyser multiplie les actions et cherche à combattre au sein-même du Parlement, l’explosion d’un fait religieux qui ne trouve guère de contre-partie philosophique. Dès 2007, elle obtient du Président européen d’organiser à chaque session de Strasbourg “Les petits déjeuners de la Libre Pensée” qui font pendant à la messe célébrée en ces lieux… En 2009, elle organise, entre autres, le colloque “La laïcité et l’Europe” avec les représentants des associations philosophiques et non-confessionnelles et les différentes églises. En 2011, en partenariat avec le CAL, elle préside la grande conférence “Sciences et croyances”. En octobre dernier, son combat pour la laïcité s’illustre une fois encore avec le nouveau colloque qu’elle initie « Quel dialogue la laïcité veut-elle mettre en place avec l’Union européenne ? »

Au cours de ce colloque, elle souligne les points suivant : L’article 17 du Traité de Lisbonne est, depuis le 1er décembre 2009, une réalité.
1. L’Union respecte et ne préjuge pas du statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les églises et les associations ou communautés religieuses dans les États membres.
2. L’Union respecte également le statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les organisations philosophiques et non confessionnelles.
3. Reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec ces églises et organisations.

De très nombreuses questions se posent. Comment mettre en oeuvre démocratiquement l’article 17 du Traité de Lisbonne? Quelles formes lui donner, quels contenus, quelles limites, quels objectifs? Quels thèmes abordés? Dialogue séparé des organisations non-confessionnelles avec l’Union ou en commun avec les églises? Qui établit la liste des associations invitées au dialogue? Pouvons-nous laisser ce choix à l’Union, au Bepa? Sur base de quelle(s) liste(s)?

Le 30 mai dernier, les hauts responsables des religions sont reçus successivement par le Président du Conseil, par le Président de la Commission et ensuite par le Président du Parlement européen : les Anglican Church, Churches of the reformation, Conférences des Eglises européennes, Communautés islamiques, Communautés boudhistes, les Grands rabbins, Eglises orthodoxes, Eglise catholique romaine et Comece. Et la responsabilité du dialogue entre le Parlement et les églises mais aussi avec les organisations non-confessionnelles est confiée au Député roumain/hongrois, Laszlo Tökés, Vice-Président du Parlement, qui fut, avant d’être Député européen, Évêque-Éparchie (diocèse) réformée de Piatra Craiului (depuis 1990). Pasteur – Timişoara (1986 – 1990). Pasteur – Braşov (1975 – 1977) et Dej (1977 – 1984).

Monsieur Buzek, Président du Parlement, à la question de Véronique De Keyser lui faisant par de son étonnement devant cette désignation, lui répond: “The Vice President of the Parliament with responsibility for article 17 dialogue, Mr Tökès, presented a report to the Parliament’s Bureau on the first consultation. He will do likewise following the second consultation. Obviously, I do not wholly your view about my decision to designate Mr Tökès as the Vice President in this field. It is , of course, a decision of the President as to which duties to assign to each Vice President in the bureau. I cannot agree that Mr Tökès’ previous function as a Bishop in the Reform Church in Romania should preclude him from being my designee for this responsibility (…)”.

Pour l’eurodéputée, il est important que les organisations non-confessionnelles se positionnent et définissent au plus tôt comment elles voient l’organisation pratique de ce dialogue avec l’Union européenne. Définir ensemble les objectifs, les formes, les limites à donner à ce dialogue, est le ciment de cette réunion du 20 octobre à laquelle les Présidents Barroso, Van Rompuy et Buzeck sont invités à participer, mais ils signalent que leur emploi du temps ne leur permet pas d’être présents. Monsieur Van Rompuy sera néanmoins représenté par un de ses collaborateurs, Monsieur Praet. Monsieur Buzeck, en sa qualité de Président du Parlement, confirme que le Parlement ne souhaite pas imposer sa vision de la façon de structurer le dialogue, mais que ce soit les parties concernées (églises, organisations philosophiques et non-confessionnelles) qui définissent comment elles souhaitent voir le dialogue évoluer. Il précise cependant : « As I stated clearly my opening remarks, this meeting was the first phase of the Parliament’s formal consultation of organizations covered by article 17 » Monsieur Barroso, Président de la Commission, quant à lui, déclare que la réunion « du 30 mai avec des dignitaires de diverses confessions religieuses n’était pas l’ouverture officielle du dialogue avec les églises et organisations religieuses. Cette réunion reprenait plutôt la formule déjà utilisée dans la série de rencontres (…) organisées depuis le début de mon premier mandat, en 2005. » Monsieur Barroso signale dans le même courrier qu’il organisera une rencontre (similaire à celle organisée le 30 mai) avec les organisations philosophiques et non-confessionnelles le 30 novembre prochain.

Il importe qu’avant cette rencontre annoncée par Monsieur le Président de la Commission, les organisations non-confessionnelles se rencontrent afin de débattre ensemble, le plus largement possible, comment elles souhaitent que ce dialogue (contraignant depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne) soit organisé. C’est pourquoi, le 20 octobre 2011 Véronique De Keyser organise cette conférence afin de réfléchir sur la façon dont les organisations philosophiques et non-confessionnelles veulent que ce dialogue (ouvert, régulier et transparent) soit organisé avec la Commission, le Conseil et le Parlement comme le prévoit l’article 17 du Traité de Lisbonne. Le Traité prévoit en effet que ce dialogue qui n’avait lieu jusqu’à présent qu’avec la seule Commission, ait lieu avec non seulement la Commission, mais aussi avec le Conseil et le Parlement. Monsieur Van Rompuy, Président du Conseil, précise alors à Madame De Keyser « (…) je ne peux qu’encourager les représentants des Eglises et des organisations philosophiques et non confessionnelles à réfléchir, ensemble ou séparément, à comment rendre ce nécessaire dialogue plus effectif. Je pense donc que, si la rencontre du 20 octobre (que vous programmez) va dans ce sens, elle ne peut être que constructive et utile. » Madame Nadia Geerts (Rappel) et Messieurs Jean-Michel Quillardet (Président de l’Observatoire international de la Laïcité), Pierre Galand (Président du Centre d’Action laïque, et Vice-Président de la Fédération Humaniste européenne) acceptent d’intervenir dans le débat du 20 octobre et de donner leur vision du problème, suivie d’un très large débat avec la salle.

Comme annoncé, le 30 novembre 2011 Monsieur Buzek, Président du Parlement, et Laszlo Tökés, Vice-Président du Parlement, organisent lun colloque “European Parliament implemantation of Article 17, Lisbon Treaty”. Le 1er décembre 2011, suite à cet événement, Le Soir publie un article (voir ci-dessous) tendant à montrer que le dialogue européen avec les organisations philosophiques et non-confessionnelles semble s’améliorer…

Cliquer sur l’article publié dans Le Soir pour l’agrandir

Pour Véronique De Keyser le combat continue. Si la liberté de religion et de conviction est un principe fondamental de la laïcité, garante du respect des opinions de toutes et de tous, à l’heure où les religions tiennent une place importante et entraînent parfois des divisions et des dérives, la députée européenne défend plus que jamais une éthique laïque qui peut intégrer les différences, rassembler, constituer et défendre un espace public de pluralisme, de discussion d’idées, et de tolérance.