Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Syrie: Arrêter le bain de sang | euronews, the network

10 février 2012

Le soulèvement du peuple syrien se transforme en guerre ouverte. Après des mois de tentatives pour écraser ce mouvement du printemps arabe essentiellement pacifique, et après plus de 5000 morts, le régime syrien est maintenant aux prises avec une insurrection de plus en plus violente.

Des déserteurs de l’armée ont rejoint les rangs de l’armée syrienne libre après avoir refusé de tirer sur des civils qui poursuivent leurs manifestations. Les observateurs de la Ligue arabe sont incapables d’arrêter le bain de sang, et critiqués pour fournir une couverture au régime du président Bachar al-Assad. L’insurrection grandit tout comme le rôle des extrémistes islamiques et la menace d’une guerre civile dévastatrice. La Russie a rejeté une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui pouvait imposer des sanctions et peut-être conduire à une intervention.

Les pays occidentaux, qui ont mené une campagne très controversée de frappes aériennes ayant contribué à faire tomber la Libye de Mouammar Kadhafi, sont réticents à s’impliquer dans un autre conflit arabe qui pourrait devenir un bourbier.

Pour cette édition de “The Network”, Chris Burns reçoit Véronique de Keyser, eurodéputée belge, membre du Parti socialiste et de la Commission des affaires étrangères du Parlement, Rudolph el Kareh, professeur de science politique d’origine libanaise et analyste du monde arabe. Enfin depuis Londres, nous entendrons la position d’Ammar Waqqaf, membre du parti Baas, chef de file en Angleterre du groupe social syrien. Il est en faveur de réformes mais contre un changement de régime en Syrie.

Pour voir l’émission, cliquer sur le lien Syrie: Arrêter le bain de sang | euronews, the network

L’écrivaine qui osa défier le régime de Damas

5 février 2012


Samar Yasbek écrivaine et journaliste Syrienne, Véronique De Keyser députée européenne et vice-présidente du groupe S&D

Guy Duplat – Entretien Envoyé spécial à Paris
Mis en ligne le 03/02/2012

L’écrivaine Samar Yazbek a participé au soulèvement syrien depuis le début. Malgré les menaces, elle a témoigné et, exilée à Paris, elle va publier son “journal”.

Une femme de courage. Une écrivaine qui nous explique que c’était une « évidence » pour une écrivaine, de lutter et de témoigner sur ce qu’elle a vu et vécu en Syrie pendant les quatre premiers mois de la révolution. Un témoignage très dur, qu’elle a commencé à raconter à son arrivée en exil à Paris, en juillet dernier et qui sortira sous le titre « Feux croisés » (chez Buchet Chastel) en mars sous forme de son journal de bord du 25 mars au 9 juillet 2011, un livre qui éclaire d’une lumière crue la situation en Syrie. Elle sera ce mardi aux Halles de Schaerbeek, dans le cadre du cycle des littératures arabes. Nous l’avons rencontrée à Paris chez sa traductrice, Rania Samara.

Samar Yazbek, 41 ans, mère d’une fille de 17 ans en exil avec elle, est l’auteur de quatre romans (« Parfum de cannelle » sera le premier traduit en français, en 2013), de recueils de nouvelles et de plusieurs scénarios.

Déjà avant le déclenchement de la révolution, vos romans contestaient le régime.

Dans « Glaise », je mettais en cause l’institution militaire en parlant d’un conflit entre deux officiers dont l’un était un alaouite, du clan du président, et l’autre, un pauvre obligé de corrompre pour avancer. Etant moi-même une alaouite, je connais le système syrien de l’intérieur.

Vous êtes de la même confession, du même clan que l’équipe au pouvoir à Damas. C’est étonnant ?

Mon rôle dans la révolution m’a valu d’être rejetée par toute ma famille et tous mes proches. Mais je connais bien les rouages internes et suis bien placée pour les dénoncer. Le fait d’être alaouite m’a sans doute évité d’être emprisonnée. Le régime ne voulait pas montrer qu’il y avait des alaouites contre lui car cela aurait cassé leur thèse d’une révolution qui serait un conflit religieux entre sunnites et chiites alaouites. Mais pour moi, ces considérations sont sans intérêt. Ma présence en Syrie dans les groupes qui ont mené la révolution était un témoignage que ce conflit n’a rien de sectaire ou de communautaire, c’est la lutte d’un peuple contre les exactions d’un régime.

Réfugiée politique à Paris depuis juillet, que pouvez-vous encore faire ?

Ma première tâche fut de témoigner, y compris devant le Parlement européen, sur ce qui se passe là-bas, sur les exactions commises et sur les tortures en prison dont j’ai été le témoin. J’ai transmis tout ce que je savais de ces quatre premiers mois de lutte sur lesquels, en Europe, on ne savait rien. Je me considère comme un « passeur ». J’ai continué aussi à écrire ce journal commencé sur place et qui sera publié en mars en français et simultanément en arabe. J’essaie aussi, via des ONG humanitaires, d’aider les gens sur place, mais je suis très frustrée de ne plus avoir les contacts que j’avais sur place.

Comme écrivaine et comme femme, vous sentiez que vous deviez réagir ?

Je suis une rebelle depuis que j’ai 16 ans. Je me suis battue contre les traditions qui oppriment les femmes, j’ai fugué à 16 ans, je me suis mariée, j’ai divorcé, j’éduque seule ma fille. On voit beaucoup de femmes dans la lutte en Syrie car, effectivement, elles ont dû déjà se battre contre les discriminations qui les frappent.

Mais ce qu’on voit en Egypte, en Libye, en Tunisie, est inquiétant en ce qui concerne le droit des femmes ?

Je suis très inquiète de ce qui pourrait se passer comme régression islamique. La période de transition sera sans doute longue avec des épisodes de chaos, des tragédies peut-être, mais cela débouchera ensuite sur une société plus juste et les femmes devront continuer à se mobiliser pour faire évoluer ces sociétés.

Après avoir vécu ça, peut-on encore écrire des romans avec des rêves et de l’amour ?

Bien sûr, et j’en écrirai encore, mais actuellement toute mon attention, mon devoir, mon cœur, sont tournés vers la révolution. Je suis dans un état de douleur perpétuelle dont je ne peux pas me détacher. Grande lectrice, je ne peux plus rien lire d’autre que des documents sur la Syrie (je lis maintenant une histoire des alaouites). Pour ma fille aussi ce fut un arrachement douloureux.

Que pensez-vous de l’appui international à cette révolution ? Beaucoup plus faible que pour les autres révolutions ? Et peu d’intellectuels syriens sur place font comme vous ?

Il est vrai que sur place, peu d’écrivains osent bouger car ils ont peur. Surtout les écrivains plus traditionnels alors que les jeunes sont plus actifs, y compris par leurs vidéos. Sur un plan plus large, il est clair que les pays occidentaux ont été lents à réagir à cause de la proximité d’Israël et du Liban. Les Américains ne voyaient pas quel gouvernement de remplacement pourrait sauvegarder leurs intérêts dans la région et quel bénéfice sur place (pétrole) ils auraient en échange comme ils l’ont trouvé en Libye. Et pendant des mois, le régime a pu faire preuve d’une violence inouïe à l’égard de sa population qui était pourtant désarmée contrairement à ce qui s’était passé en Libye. Le régime syrien a été habile depuis des années à garder en main de nombreuses cartes stratégiques.

Le 7 décembre 2011, Véronique De Keyser et le groupe Socialistes & Démocrates recevaient l’écrivaine et journaliste Samara Yazbek au Parlement européen, dans le cadre de la conférence “La Syrie à la croisée des chemins” et pour saluer, entre autres, son courageux combat – malgré les menaces de mort pour ses positions contre le régime de Bachar Al Assad – comme militante pour les droits des femmes et aux côtés des manifestants et des comités de coordination de la révolution syrienne.

Le départ de Bashar Al-Assad est un élément essentiel pour la démocratie syrienne

15 décembre 2011


Le Groupe des Socialistes et des Démocrates au Parlement européen appelle à la démission immédiate de Bashar Al-Assad et assure de sa totale solidarité le peuple syrien luttant pour la liberté, la dignité et la démocratie.

Véronique De Keyser, vice-présidente du Groupe S&D (Socialistes & Démocrates), déclare :

« le régime dictatorial de Bashar Al-Assad n’a plus de légitimité pour le peuple syrien, et doit affronter un fort isolement international à cause de ses actes de plus en plus répressifs et sanglants. Nous applaudissons le courage et la détermination des syriens, particulièrement les femmes jouant un rôle crucial dans cette lutte. Nous accueillons les étapes positives franchies par le Conseil de Droits de l’homme de L’ONU, la Ligue des pays arabes et la Turquie. Néanmoins, nous déplorons le manque de réponse adéquate du conseil de sécurité de l’ONU et continuons à soutenir les efforts de l’Union européenne dans ces différentes entreprises. Nous continuons à soutenir l’émergence de forces d’opposition syriennes et nous les encourageons à établir une plate-forme unie afin d’obtenir la liberté et la démocratie pour toutes et tous en Syrie. Bashar Al-Assad doit renoncer au pouvoir immédiatement et inconditionnellement pour que la démocratie puisse être établie en Syrie et que le pays puisse regagner sa place dans la communauté internationale. Nous avons eu un échange d’opinions important avec le Conseil national syrien lors d’une conférence organisée par le Groupe S&D la semaine dernière à Bruxelles et nous continuerons sur le chemin du dialogue et de la coopération avec les forces d’opposition syriennes. »

Samar Yazbek, l’écrivaine et journaliste syrienne menacée de mort et d’intimidations pour ses positions contre le régime de Bachar Al Assad, reçue ce jour au Parlement européen par Véronique De Keyser et le groupe Socialistes & Démocrates

7 décembre 2011

Samar Yazbek, intellectuelle opposée Bachar Al Assad, a été la cible de menaces de mort et d’intimidations, venant de sa propre communauté, celle des alaouites, qui contrôlent l’appareil sécuritaire et militaire en Syrie. Auteure de 4 romans, 3 recueils de nouvelles, plusieurs scénarios de films pour la télévision en Syrie, Samar Yazbek travaille aussi comme journaliste et se distingue par un style original et son courage à évoquer des thèmes longtemps occultés qui abordent les déceptions d’une génération marginalisée et bouillonnante. Ses textes les plus récents parlent de l’angoisse qui la prend à la gorge au cours des événements tragiques qui ravagent actuellement la Syrie. Militante pour les droits des femmes et aux côtés des manifestants et des comités de coordination de la révolution syrienne, Samar Yazbek est arrivée récemment en France. Véronique De Keyser et le groupe Socialistes & Démocrates la reçoivent le 7 décembre 2011 au Parlement européen. Cette rencontre a lieu dans le cadre de la conférence « La Syrie à la croisée des chemins » avec la participation, entre autres, du Conseil National Syrien.

L’armée égyptienne sous pression pour mettre fin à la loi d’urgence

25 novembre 2011

Les socialistes et démocrates au Parlement européen ont réaffirmé lundi leur solidarité avec le peuple égyptien ainsi que leur soutien à la transition démocratique du pays, suite aux affrontements entre manifestants et forces de l’ordre qui ont fait plus de vingt morts.

« Nous déplorons avec force les pertes de vie et nous exprimons nos condoléances aux familles des victimes », a déclaré la vice-présidente S&D, Véronique De Keyser.

« La loi d’urgence et les tribunaux militaires pour civils doivent prendre fin immédiatement. Nous exhortons également les forces de sécurité à ne faire usage de force disproportionnée en aucune circonstance. Tous les affrontements violents doivent faire l’objet d’enquêtes indépendantes, impartiales et transparentes et les responsables doivent subir les conséquences de leurs actes. Tout harcèlement et toute intimidation, directs ou indirects, de bloggeurs, journalistes et militants des droits de l’homme doivent cesser. En effet, la liberté d’expression, de rassemblement et de manifestation pacifiques ainsi que la liberté de conscience, de pensée et de religion sont des constituants essentiels de la démocratie.

Dans ce contexte, le Groupe S&D réaffirme son engagement envers la transition démocratique en Égypte et suivra de près les élections à l’Assemblée du peuple prévue le 28 novembre. Ces élections doivent avoir lieu comme prévu et elles doivent être libres, équitables et transparentes. »

La libération de Rafha Nached est une très bonne nouvelle !

17 novembre 2011

Les députés S&D se réjouissent de la libération de Rafah Nached

17 novembre 2011

Les eurodéputés socialistes et démocrates se réjouissent de la libération de la psychanalyste d’origine syrienne Rafah Nached mais sont très préoccupés par l’évolution dramatique des événements en Syrie. Rafah Nached était emprisonnée depuis le mois de septembre. Elle a été relâchée hier par les autorités syriennes avec 1180 autres détenus.

« La libération de Rafah Nached est une très bonne nouvelle », a déclaré Véronique De Keyser la vice-présidente du groupe socialiste et démocrate au Parlement européen. « A notre initiative, le Parlement européen avait d’ailleurs demandé, le mois dernier, sa libération dans une résolution d’urgence. Nous sommes toutefois révoltés par la répression brutale du régime syrien contre la population, qui sévit depuis des mois dans ce pays. Nous déplorons l’absence de réponse conjointe de la part du Conseil de sécurité des Nations unies face aux agissements violents du gouvernement syrien. Bachar al-Assad doit quitter le pouvoir afin qu’une transition démocratique puisse se mettre en place », a ajouté Véronique De Keyser.