Véronique De Keyser

Conseillère communale à Liège

La Palme d’or à Gedeon Levy pour son courage politique

15 May 2015

image001La Palme d’or à Gideon Levy, journaliste au quotidien israélien Haaretz, pour son article (traduit par JM Flemal)

Cessez de vous plaindre. Longue vie à ce nouveau et brave gouvernement israélien

Le nouveau gouvernement israélien ne dégoisera pas de slogans creux sur la paix, les droits de l’homme ou la justice, mais assénera la vérité à la face des Israéliens – et du monde.
Le 34e gouvernement méritera Israël tout comme Israël méritera son 34e gouvernement. C’est un gouvernement authentique et représentatif, la manifestation vraie de l’esprit de l’époque et des sentiments les plus profonds de la plupart des Israéliens. Ce sera un vrai gouvernement, sans faux semblants, sans cosmétiques et sans auto-justification. Ce que nous voulons, nous l’aurons. Bienvenue au quatrième gouvernement Netanyahu.

Ils ne parleront pas avec arrogance et ils ne dégoiseront pas de slogans creux. Ni sur la paix, ni sur les droits de l’homme ; ni sur deux États, ni sur les négociations ; ni non plus sur les lois internationales, la justice ou l’égalité. C’est la vérité qui sera assénée à la face des Israéliens et du monde. Et cette vérité, la voici : La solution à deux États est morte (jamais elle n’est née), l’État palestinien ne naîtra pas, les lois internationales ne s’appliquent pas à Israël, l’occupation continuera à ramper rapidement vers l’annexion, l’annexion se muera en État d’apartheid ; le mot « Juif » supplantera le mot « démocratique », le nationalisme et le racisme obtiendront l’approbation officielle du gouvernement, mais ils sont déjà présents et ils le sont depuis longtemps.

Ni Netanyahu, ni le député Naftali Bennett, président du Habayit Hayehudi (Foyer juif), ni les députés de ce même parti, Ayelet Shaked et Eli Ben-Dahan, n’ont initié tout ce processus. Ils n’ont fait qu’accélérer les choses. Et il ne devrait y avoir ni commotion ni indignation, ni lamentations non plus sur l’âpreté du sort qui nous frappe. Ce gouvernement est placé sous le signe de la continuation, pas sous celui du changement.

C’est vrai, certains de ses membres sont plus extrémistes que leurs prédécesseurs, mais il ne s’agit avant tout que de différences rhétoriques. Même la désignation la plus incendiaire, celle de Shaked comme ministre de la Justice, qui a secoué le monde entier durant tout le week-end, est moins révolutionnaire qu’il ne paraît. Shaked est brutale et violente, alors que la députée de l’Union sioniste, Tzipi Livni, qui l’a précédée, était délicate et convenable. Mais la ministre de la Justice Shaked ne devra pas fournir de gros efforts pour fissurer notre démocratie ; ces fissures étaient déjà présentes depuis très longtemps.

Le meilleur test sur la nature du régime en Israël est celui portant sur l’occupation et les crimes de guerre ; les fondements de l’apartheid sont déjà profonds et il n’y a toujours pas eu d’enquête sur les crimes de guerre. Depuis son bureau au cœur de Jérusalem occupée, Livni n’a pas rendu Israël plus juste, sur ce plan. C’est vrai, les idées de Shaked sont plus nationalistes et sa compréhension de l’essence de la démocratie est nulle. C’est vrai, bien des gens dans le monde ont été choqués de ce qu’une personne s’identifiant à l’un des articles les plus virulents jamais écrits chez nous contre le peuple palestinien (de la plume d’Uri Elitzur) ait été nommée ministre de la Justice d’Israël. Mais il n’y a nullement lieu ici de jouer aux moralisateurs : Elitzur exprimait en fait ce que bien des gens pensent.

La désignation d’un autre raciste, Eli Ben-Dahan, au poste de vice-ministre de la Défense responsable de l’Administration civile, ne devrait pas provoquer de tremblement de terre non plus. C’est vrai, Ben-Dahana dit que « les Palestiniens sont des bêtes, ils ne sont pas des êtres humains, ils ne méritent pas de vivre » – mais ces propos ne reflètent-ils pas l’attitude réelle de nombreux Israéliens ? Ben-Dahan parlera en leur nom. Voilà comment Israël traite les Palestiniens depuis près de 50 ans ; Ben-Dahan ne fait que dire les choses ouvertement. Désormais, il sera responsable de l’Administration civile et tout le système des « démarches humanitaires » sera mis en pièces. Ben-Dahan est l’homme idéal, au moment le plus opportun, pour cette tâche. Une excellente désignation.

Un individu qui affirme avec fierté avoir « tué des masses d’Arabes » et qui traite ces derniers d’« éclats d’obus dans les fesses » sera ministre de l’Éducation – et qui en Israël ne pense pas pareil ? Le général de l’opération Plomb durci avec tous ses crimes, l’homme qui a enfreint les restrictions dans la construction, Yoav Galant, sera le ministre de la Construction. N’est-ce pas une belle nomination ? Le député Uri Maklev, du parti du Judaïsme unifié de la Torah, va devoir diriger la Commission scientifique de la Knesset ? Mais cela ne reflète-t-il pas fidèlement l’attitude de certains Israéliens à l’égard de la science ?

Cessez de vous plaindre. Peut-être le gouvernement fantôme d’Israël devrait-il être plus éclairé, mais ce ne sera pas le cas de son gouvernement réel. C’est ce que les Israéliens ont choisi, cela reflète leurs véritables points de vue. Et, ainsi donc, longue vie au nouveau gouvernement !

Mourir en Europe

24 April 2015

Après les derniers naufrages en Méditerranée et les discours des dirigeants politiques européens pointant du doigt les trafiquants et seulement eux, j’ai ressenti une telle colère et une telle tristesse, que je suis restée sans voix.  C’est ça la solidarité européenne? C’est ça le socle des valeurs  auxquelles seuls  les migrants , qui rêvent d’Europe au point d’accepter s’il le faut d’en mourir, croient encore? Et je revoyais les Syriens entassés dans la plaine de la Beka au Liban, ce pays minuscule qui accepte au moins un millions et demi de réfugiés?Sans parler de la Turquie , de la Jordanie, de tous les pays limitrophes déstabilisés par cette vague incessante.  Combien la Belgique en acceptera-t-elle?  Entre 300 et 500? Une goutte d’eau dans la mer?  Une goutte de sang en moins?  Et je revoyais la Libye, le Sud Soudan, ces pays dévastés par la guerre et la misère et tant de pays africains où subsiste, en dépit de ressources naturelles gigantesques, une pauvreté meurtrière. Et puis j’ai lu ce matin le discours de Martin Schulz au Conseil extraordinaire du 23 avril.  Et j’ai trouvé que sans emphase mais avec fermeté, il remettait les pendules à l’heure.  Il présentait un état des lieux courageux, pointant l’absence de politique d’immigration commune et les coupes budgétaires freinant l’aide humanitaire européenne.  Ce n’est pas un discours lyrique destiné à émouvoir les foules, mais un discours clair adressé aux dirigeants européens.  Le voici:

Sommet européen extraordinaire

23 avril 2015 à Bruxelles

Discours de Martin Schulz

Président du Parlement européen

– seul le prononcé fait foi –

Mesdames, Messieurs,

Il y a vingt ans, j’ai été élu député au Parlement européen. Et depuis vingt ans, le Parlement plaide pour une politique réellement européenne en matière d’immigration et d’asile. Je pourrais prononcer aujourd’hui le même discours qu’il y a vingt ans. Hélas, la situation n’a que peu changé. Nous assistons à la même tragédie, qui se répète inlassablement, tandis que de nouveaux migrants disparaissent dans les eaux de la Méditerranée.

 

Dimanche dernier, un autre bateau a fait naufrage, entrainant vraisemblablement la noyade de 800 réfugiés. Ce drame nous a tous profondément choqués. Ces réfugiés ont abandonné leurs foyers pour fuir la guerre, les persécutions, la famine et la pauvreté. Ils étaient venus en Europe en quête de protection, à la recherche d’une vie meilleure, mais c’est la mort qu’ils ont trouvée.

 

Aujourd’hui, la Méditerranée constitue la frontière la plus dangereuse au monde. Pour chaque personne atteignant nos rivages, nous ne saurons jamais exactement combien ont péri en mer. Et chaque vie perdue au large de nos côtes est un déshonneur pour l’Europe.

 

À chaque fois qu’un bateau de réfugiés fait naufrage, nous entendons les gens crier, nous les voyons se noyer et nous jurons: “plus jamais ça”. Nous respectons des minutes de silence, nous déposons des gerbes de fleurs et nous promettons que, cette fois-ci, les choses vont vraiment changer. Et ensuite…

 

Beaucoup font peser la responsabilité de ces morts sur “l’Union européenne”. Mais il n’existe pas de politique de l’Union européenne en matière d’immigration. Il n’y a que 28 systèmes nationaux différents et qui constituent un ensemble disparate. Ce n’est pas à Bruxelles que se décide la politique de l’immigration; c’est à Londres, Berlin, Paris, Rome, Riga, Lisbonne qu’un pays prend la décision d’accueillir les réfugiés fuyant une zone de conflit, de leur accorder l’asile, d’émettre une ordonnance de retour ou de lancer une mission de sauvetage.  Et cela parce que, ces vingt dernières années, les ministres de l’intérieur de nos pays ne sont pas parvenus à mettre en place un système européen ou n’ont pas souhaité le faire. En raison de l’absence d’une réelle politique européenne en matière d’immigration et d’asile, la Méditerranée est en train de se transformer en cimetière.

Notre priorité immédiate doit être de protéger les vies humaines en mer. Quand des personnes se meurent sous nos yeux, la décence humaine exige que nous leur tendions la main pour leur venir en aide.

 

Je vous exhorte à mettre rapidement en place des opérations de recherche et de sauvetage de plus grande ampleur en Méditerranée. Il nous faut renforcer les opérations conjointes en Méditerranée coordonnées par Frontex, Triton et Poséidon, en augmentant radicalement le nombre de navires en activité ainsi que les fonds et ressources financières disponibles. Évidemment, cela aurait dû être fait il y a déjà des mois, en octobre dernier pour être précis, lorsque l’opération Triton a été lancée. Je suis certain que ceux d’entre vous qui, autour de cette table, étaient réticents à y contribuer se souviennent bien de cette discussion.

 

Il convient également d’étendre la portée des opérations afin qu’il soit possible d’intervenir là où des personnes sont en train de se noyer. Le rayon d’action de Triton doit être élargi pour éviter, dans certains cas, de perdre 48 heures avant de pouvoir secourir des personnes en détresse. En vertu du droit humanitaire international, nous sommes tenus de venir en aide aux personnes en détresse en mer. Je lance un appel: agissez maintenant avant que d’autres personnes ne meurent noyées.

 

Mesdames, Messieurs,

Nous sommes réunis à Bruxelles aujourd’hui pour éviter que d’autres personnes ne perdent la vie. Notre devoir, cependant, ne s’arrête pas là. Nous avons aussi des obligations envers les survivants.

Aujourd’hui, il nous faut trouver le moyen de faire face aux migrations avec humanité et pragmatisme. Notre action européenne commune doit s’exercer dans un esprit de solidarité, avec un partage équitable des responsabilités entre tous les pays de l’Union.

 

À mes yeux, la révision de nos politiques d’asile et de migration requiert avant tout de la lucidité: il n’existe pas de réponses toutes faites.

 

Mesdames et Messieurs, l’immigration nous touche tous d’une façon différente. La pression qu’elle exerce est extrêmement variable. Et les responsabilités ne sont pas équitablement réparties.

L’Italie, Malte, la Grèce, Chypre et l’Espagne sont directement concernées par le phénomène des réfugiés arrivant par voie maritime. Car vos pays constituent des portes d’entrée vers l’Europe. Plus de cent mille personnes ont été secourues en douze mois par l’opération italienne de recherche et de sauvetage Mare Nostrum. Et je ne peux que rendre hommage à l’Italie d’avoir mené cette opération humanitaire.

 

Malte, un pays de 430 000 habitants, est en charge de la coordination des opérations de recherche et de sauvetage dans une zone d’un quart de million de kilomètres carrés. Ces charges sont totalement disproportionnées.

 

L’Allemagne est confrontée à un défi très différent: elle a reçu plus de 200 000 demandes d’asile l’an dernier, soit un tiers de toutes celles déposées dans l’Union. Quatre États membres – l’Allemagne, la Suède, l’Italie et la France – ont reçu plus des deux tiers des demandes d’asile.

 

Il est évident qu’il nous faut parvenir à une répartition équitable des responsabilités dans un esprit de solidarité européenne. Car il n’est tout simplement pas normal de laisser les pays bordant la Méditerranée gérer seuls ce problème. Après tout, la gestion des frontières extérieures de l’Union est une responsabilité européenne commune et non une compétence des seules autorités maltaises, grecques, chypriotes, espagnoles ou italiennes. Il n’est pas juste de laisser un petit nombre de pays accueillir la majorité des réfugiés. Nous avons clairement besoin d’un système permettant une répartition équitable des réfugiés. J’appelle toutes les personnes présentes à cette table à relever le défi et à assumer leur part de responsabilité.

 

Mesdames, Messieurs,

L’an dernier, les États membres ont reçu 626 000 demandes d’asile, du jamais-vu. Certains disent que c’est trop. Toutefois, seule la moitié de ces demandes sont acceptées. Si l’on met cela en perspective avec les 507 millions d’Européens, la situation semble plus facile à gérer. Et il nous suffit d’observer ce que font nos voisins: seuls 5 % des réfugiés syriens ont trouvé asile en Europe, tandis que le Liban, un pays de cinq millions d’habitants, accueille un million de Syriens. J’ai récemment eu la possibilité de m’entretenir avec des réfugiés syriens qui avaient fui les zones de conflit et étaient accueillis dans le camp de réfugiés d’Öncüpınar.  Dans ces circonstances tragiques, il était réconfortant de voir les visages souriants des enfants qui reçoivent l’éducation dont ils ont besoin. Et ce grâce aux efforts louables déployés par le gouvernement turc pour préserver la dignité humaine de ces personnes.

Oui, nous pouvons faire plus, en particulier si nous agissons de concert et assumons ensemble nos responsabilités.

 

 

Nous devons absolument trouver le moyen d’offrir aux réfugiés un traitement équitable, décent et juste, où qu’ils arrivent en Europe. Aujourd’hui, des gens qui fuient leur pays pour les mêmes raisons ne bénéficient pas du même traitement selon le pays d’Europe auquel ils demandent l’asile. Leur sort ne dépend souvent que de la chance ou de la malchance. Certains se voient octroyer l’asile, d’autres bénéficient d’un permis de séjour temporaire pour des raisons humanitaires, mais d’autres sont renvoyés dans leur pays ou choisissent de vivre dans l’irrégularité. Même nos tribunaux sont perplexes face au système de Dublin. Nous ne pouvons pas abandonner ces personnes, leur statut et leurs droits aux caprices du hasard. Cette situation est absurde. Elle est inhumaine.

 

Il est primordial que nous disposions des mêmes garanties procédurales partout en Europe. Je vous demande, Mesdames et Messieurs, d’aider les États membres riverains de la Méditerranée à traiter rapidement les demandes d’asile, via le Bureau européen d’appui en matière d’asile, pour éviter aux réfugiés de longues périodes de rétention dans des centres surpeuplés. Nous devons aussi mettre en place, immédiatement, un mécanisme de répartition d’urgence.

 

Cela dit, l’asile ne peut résoudre à lui seul le problème des migrations. Il n’a d’ailleurs pas été conçu dans ce but. Face, par exemple, à une arrivée massive de personnes déplacées qui fuient une zone de conflit, nous devons envisager d’urgence la possibilité de leur accorder une protection temporaire spéciale, de mettre en place un mécanisme contraignant de solidarité et de multiplier l’octroi de visas humanitaires. Le Parlement européen s’est prononcé en faveur de la réinstallation à grande échelle, en Europe, par mesure humanitaire, de réfugiés qui fuient des conflits et qui transitent par des pays tiers. Nous devons aussi étudier les moyens de permettre à ces personnes de demander l’asile ou de réclamer une protection avant d’entrer sur le territoire de l’Union européenne.

 

Nous devons créer plus de voies d’entrée légale en Europe. L’Europe a toujours été un continent d’immigration et d’émigration et le restera. Nous devons regarder cette réalité en face et admettre que nous avons besoin d’un mécanisme légal d’immigration pour les personnes qui souhaitent venir s’installer et travailler chez nous. Certains États membres ont en effet besoin d’immigrants car leur population active est vieillissante. D’autres n’ont pas ce problème. Nous devons tenir compte de cette réalité. Bien entendu, la mise en place d’une politique migratoire digne de ce nom à l’échelle d’un continent nécessite des règles, et des règles équitables présupposent de fixer des limites et des priorités. Les États-Unis, le Canada ou la Nouvelle-Zélande ont un système d’immigration légale. Ce système prévoit des critères précis quant aux personnes qui peuvent entrer sur le territoire et à celles qui ne le peuvent pas.

 

Bref, l’Europe a besoin d’une stratégie cohérente et prévisible en matière d’asile et d’immigration. Le plan en dix points de la Commission, auquel vos ministres des affaires étrangères et de l’intérieur ont apporté leur plein soutien lundi, est une bonne base. Le Parlement européen attend à présent de la Commission qu’elle présente, le mois prochain, une proposition à la fois ambitieuse et complète sur la politique d’asile et la politique d’immigration légale. M. Juncker, le 15 juillet de l’année dernière, lorsque vous vous êtes adressé au Parlement européen réuni en séance plénière, quelques minutes avant votre élection à la présidence de la Commission, vous avez déclaré que l’immigration serait une priorité de votre mandat. Nous attendons de vous que vous teniez votre promesse.

 

Mesdames, Messieurs,

Face aux crises humanitaires d’une ampleur sans précédent dans notre voisinage immédiat, de la Libye à l’Ukraine, de Gaza à l’Iraq en passant par la Syrie, à cause des guerres civiles, des conflits et de la déliquescence de certains pays, nous devons faire davantage.

 

Nous devons combattre les causes des migrations, pas les migrants. Cette lutte passe par une coopération plus étroite avec les pays d’origine et de transit, notamment au moyen d’accords sur la gestion des flux migratoires et de partenariats en matière de mobilité. L’instabilité permanente en Libye nourrit la traite des êtres humains, un trafic juteux de plusieurs millions de dollars! Les trafiquants s’enrichissent de la misère de leurs semblables et les exposent à des périls mortels en leur faisant traverser la Méditerranée sur des embarcations branlantes.

 

Il faut démanteler les réseaux de traite d’êtres humains. Nous devons à présent tout mettre en œuvre pour combattre les trafiquants d’êtres humains qui sévissent à nos portes.

 

Toutefois, notre action contre ces criminels ne sera jamais qu’une partie de la solution, car ils trouveront d’autres filières tant que la demande restera forte et que les migrants resteront convaincus que leur meilleure chance de salut passe par eux. Aussi devons-nous soutenir les pourparlers qui se déroulent actuellement entre les forces politiques libyennes sous les auspices de la mission de soutien en Libye (MINUSIL) et avec la participation des diplomaties du Maghreb. Espérons que ces efforts, au niveau régional et des Nations unies, permettront de voir s’installer un gouvernement d’unité nationale en Libye, car il s’agit d’une condition indispensable à la stabilisation du pays. Dans ce cadre, l’Union européenne doit être prête à déployer un programme d’assistance complet, qui englobe une réforme du secteur de la sécurité.

 

L’objectif à poursuivre, c’est de lutter contre les causes qui poussent les réfugiés à fuir leur pays d’origine. Toutefois, comment croire à la sincérité de cet objectif si, dans le même temps, on réduit les aides internationales, comme cela vient de se passer avec le dernier cadre financier pluriannuel? Parmi les groupes politiques du Parlement, réunis ce matin, l’augmentation substantielle des fonds pour l’aide humanitaire et de développement comme condition à un accord sur le budget 2016 a été clairement formulée. De plus, ce débat sur cet objectif à long terme ne peut jamais servir d’excuse pour dissimuler le besoin impérieux de fournir une aide immédiate.

 

Le Parlement européen estime que l’Union doit mieux corréler sa politique migratoire avec l’aide humanitaire, l’aide au développement et les enjeux en matière de sécurité. Nous ne pouvons plus nous permettre -comme cela a été le cas par le passé- que ces différentes politiques se fassent au détriment les unes des autres. Leurs financements doivent être rationalisés et être mieux ciblés.

 

Soyez assurés que, dans les débats qui se sont engagés sur les politiques d’asile et d’immigration, le Parlement européen fera entendre la voix de la solidarité. Nous voulons œuvrer, d’une manière constructive, en faveur de politiques humaines, réalistes et fondées sur nos valeurs européennes. Nous serons à vos côtés si, à ce Conseil européen que vous avez décidé de convoquer, vous lancez une politique d’asile et de migration qui répondent de manière digne et efficace aux défis actuels.

 

Je vous remercie de votre attention.

 

 

Venez voir “L’impossible neutralité ” au festival de Liège!

16 February 2015

Le 19 et le 21 février, le Groupov joue (salle B9 de St Luc) au Festival de Liège, l’Impossible neutralité. Un spectacle qu’on croit d’abord uniquement focalisé sur la Palestine. Mais qui en fait tourne autour de la mort de l’enfant. Quelle haine et quelle barbarie peut aujourd’hui justifier de la mort d’un enfant ? Et comment répondre à cette mort ? Cette question lancinante, qui traverse l’histoire et les siècles, c’est celle qui obsède Denis Mukwege devant les bébés violés qu’on apporte ensanglantés à l’hôpital Panzi, c’est celle que le monde horrifié s’est posée en voyant tuer à bout portant une petite fille blonde dans une école juive à Toulouse, c’est celle de chaque mère palestinienne devant son enfant mort. Qui cherche-t-on à atteindre à travers ces crimes odieux ? La mère. L’espèce. La communauté toute entière. Et la réponse, quelle est-elle ? La vengeance ? Non, la réponse, c’est la voix admirable de Nurit Peled qui la donne et qui traverse la pièce de bout en bout. Nurit Peled, dont la fillette a péri dans un attentat palestinien en 2000, s’est vue décerner le Prix Sakharov du Parlement européen en 2001. Son discours bouleversant à fait pleurer tout l’hémicycle, et elle avait, à ses côtés un père palestinien qui lui, pleurait son fils assassiné par les Israéliens. Sous terre, dit Nurit, tous les sangs, tous les morts se rejoignent. Face à la haine, l’amour est la seule réponse. Mais la souffrance, celle de ne pas avoir su protéger son enfant, ne meurt jamais. Elle reste, vous alourdit, mais vous rapproche de la terre.

Venez soutenir cette pièce avec les yeux, avec le cœur de Nurid Peled. Et empêchez, d’où qu’elle vienne, que la haine ne nourrisse la vengeance. En ces temps difficiles, c’est le message que je lance.

Véronique De Keyser
Vice-Présidente du Festival de Liège

Citoyenne d’honneur de la Palestine

13 February 2015
Veronique De Keyser avec le Président Abbas le 12 février 2015

Veronique De Keyser avec le Président Abbas le 12 février 2015

Hier le Président Abbas m’a remis la citoyenneté d’honneur de la Palestine. Cela veut dire quoi? Un diplôme, un passeport palestinien, une décoration. Et beaucoup d’émotion. Beaucoup car c’est comme si toute ma vie se déroulait soudain devant moi. Mon premier contact sur le sol palestinien avec Luisa Morgantini en 2003. A Rafah. L’enterrement à la Mukata d’Arafat en 2004, où j’ai failli tomber dans la fosse. L’observation des élections de 2005, la direction de la mission d’observation électorale de l’UE en 2006 avec la victoire incontestable du Hamas, à travers un processus électoral impeccable. Ma colère devant les sanctions internationales. La descente aux enfers de Gaza. Notre incursion dans Gaza pendant l’opération Plomb durci, avec Luisa, une fois de plus, et d’autres parlementaires pour manifester notre opposition au massacre. Le gel de la revalorisation du statut d’Isarêl au Parlement européen, mais l’échec du blocage de ACAA. Miracle, la publication en 2013 des guidelines européennes, qui précisent, si besoin était, que les colonies sont illégales pour l’Europe. Et la tragédie qui revient, la deuxième, puis la troisième intervention militaire sur Gaza, les colonies qui avancent, la paix qui recule et l’Europe qui hésite sur la reconnaissance de l’Etat palestinien, un fois encore…
La citoyenneté d’honneur n’est pas une question de résultat. En tant que Vice-Présidente du Groupe Socialiste au Parlement européen et Vice Présidente du Groupe sur le Moyen Orient, je me dis que je n’ai rien réussi: quand je vois l’état de la Palestine, rétrécie comme une peau de chagrin, je mesure l’ampleur de l’échec . Mais mon espoir dans un futur meilleur pour les Palestiniens est intact, ma certitude que l’occupation aura une fin aussi, et mon amour pour cette terre déchirée est plus fort que jamais. Ce n’est pas si mal. Et c’est contagieux.

Et maintenant, on fait quoi?

10 January 2015

manifestation Charlie Paris

La France prépare sa marche de demain, aux couleurs de la République. Pour nous, Belges vivant sous une monarchie, c’est un désarroi momentané : et maintenant, on fait quoi ?

L’union sacrée ne pourra se maintenir telle quelle. C’est le propre de tout grand événement que de rassembler et puis de s’estomper. Et pourtant, ce qui s’est passé en France, écho amplifié de la fusillade du musée juif à Bruxelles, a été un électrochoc qui devrait laisser des traces. La mondialisation – de la vague people, du terrorisme, de la spéculation financière- est un fait. Cette mondialisation est souvent vécue comme négative. Les Je suis Charlie postés des quatre coins de la planète nous montrent le pouvoir mondial du crayon et de la liberté d’expression. En temps réel, nous sommes tous dans ce monde- pour le pire et le meilleur : dans l’émotion , les frontières nationales apparaissent comme dérisoires. C’est sans doute le meilleur de la mondialisation. Mais c’est un meilleur presque méconnu, à construire. Comment être opérationnel à l’échelle du monde, non pas pour détruire, mais pour bâtir ? Des jeunes, le plus souvent égarés et manipulés par des réseaux criminels, se sont façonnés des parcours criminels à travers cette mondialisation. D’aucuns aujourd’hui croient que pour leur faire barrage, il suffira de revenir au passé étriqué des identités nationales : quelle erreur ! Mais comment rassembler les émotions et les générosités qui ont fait surface aujourd’hui, pour contrer les criminels, sans sombrer dans un délire sécuritaire, nous devrons y veiller. L’histoire de la France, sa grandeur, la générosité et la force de ceux qui la peuplent ne sont plus à démontrer – et c’est la gorge nouée d’émotion qu’on entendait dans la nuit chanter la Marseillaise pour éloigner les fantômes- mais c’est une France dans le monde, et un monde dans la France.

La mondialisation de la démocratie fait débat. Trop souvent, l’Occident à voulu l’implanter à coup de vieilles recettes inefficaces : des bombes et des canons. En Irak, en Afghanistan, en Lybie ce fut un désastre. Il y a sûrement mieux à faire pour la paix comme d’abord ranger les religions au niveau de l’intimité et prendre la laïcité comme bannière de rassemblement.

Nos valeurs ne changent pas, mais le monde change. La marche de demain à Paris, un grand moment d’émotion et de communion à l’échelle mondiale, va aussi être marquée d’une pierre blanche pour la Maçonnerie. Elle va y défiler quasi à visage découvert, tous les maçons et les maçonnes des différentes obédiences qui le souhaitent pouvant y prendre place en cordon. Car la Maçonnerie porte un deuil lourd, à travers le massacre de Charlie Hebdo, et elle veut honorer ceux qui sont tombés et rappeler que l’antisémitisme ne passera pas. Mais au-delà de ce geste, elle veut marquer que quand le monde tremble, quand la France vacille, quand la solidarité et le courage deviennent les valeurs premières, elle est là. Comme elle l’a toujours été, avant et pendant et après les guerres : première persécutée et première debout, garante des libertés- comme de la liberté d’expression, de l’égalité et de la fraternité. Hommes et femmes d’aujourd’hui – on fait quoi ? A Paris, à Bruxelles, dans le monde, on suit la marche de demain. L’après janvier sera très dur en France, les risques de dérives sécuritaires importants, mais ayons confiance. Nous avons nos propres armes : nos crayons, internet, notre courage, nos émotions, et une immense fraternité- Nous sommes debout, à visage découvert. Apprenons à être efficaces.

Ramallah, Strasbourg, Limoges: pourquoi?

1 December 2014

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Le 1er décembre 2014
Après dix jours de voyage quasi ininterrompu – Ramallah pour la signature des accords avec la ville de Liège, puis Strasbourg pour la venue du Pape et le prix Sakharov et enfin Limoges, pour une conférence au Grand Orient de France sur Laïcité dans la Cité- je suis rentrée hier soir à Liège, un peu dans une course contre la montre pour arriver avant le débrayage de la grève de la SNCB. J’ai beau être contre les mesures gouvernementales antisociales, et suis même prête à le manifester haut et fort, la perspective d’être coincée sur un quai de gare, dans le brouillard givrant qui tombait hier soir sur Bruxelles, ne m’enchantait pas. D’autant qu’il y avait à Limoges une douceur limousine qui m’avait réchauffé les os. Que retenir de ces voyages ?
D’abord, à Ramallah, l’immense espoir que suscitent les nombreuses coopérations décentralisées (autre nom des jumelages) qui se sont nouées avec la ville. La plus importante et la plus diversifiée étant celle de Johannesburg, dans la droite ligne de la politique de Mandela vis à vis de la Palestine, lui qui disait- l’Afrique ne sera jamais libre aussi longtemps que la Palestine restera occupée. Qu’est-ce qui séduit les jeunes Palestiniens à Liège ? Les nouvelles technologies, que ce soit dans le domaine de la santé, de l’éducation, de l’environnement, de la culture et l’image. Tout ce qui peut les rendre indépendants et les désenclaver virtuellement. Car le miracle des technologies aujourd’hui est de libérer des contraintes territoriales, de connecter. Et Liège est bien placée pour tendre la main dans ces domaines. Mais que peut en retirer Liège ? D’abord la prise de conscience des atouts, des cartes incroyables qu’elle a en main. Malgré un chômage excessif et des mesures gouvernementales qui accentueraient, si on ne les combat pas, le déficit social, avec ses pôles technologiques, ses spin-off, son Université, son plan Marshall, sa démocratie, elle fait rêver les Palestiniens. Et Liège va s’en tirer. Pour autant que la volonté et l’espoir des jeunes soient au rendez-vous. C’est pour cela que les échanges de jeunes, dans le cadre de cet accord de coopération décentralisée, seront tellement importants pour les deux parties.

A Strasbourg, j’ai eu l’immense plaisir de retrouver Denis Mukwege, qui nus a fait l’honneur d’une heure de discussion à la réunion de Groupe des Socialistes et Démocrates, et il a rendu un hommage appuyé au service de Psychologie de l’Université de Liège qui l’aide à reconstruire, non pas le corps des femmes, mais leur psychisme, détruit par le viol. Merci donc à mon ancien service universitaire d’avoir si bien pris la relève : il y a encore énormément à faire dans ce domaine et Denis Mukwege veut poursuivre la collaboration sur le plan psychologique.

Cette perspective de coopération a un peu atténué mon ressentiment contre les propos du Pape en plénière, fustigeant une fois de plus l’euthanasie et l’avortement, qui sont de l’ordre de la subsidiarité, et donc du choix libre des états. Ou bien le pape parle comme chef d’Etat, ce qui était le cas à Strasbourg, et auquel cas, il n’interfère pas avec les politiques des autres pays membres, ou bien il s’adresse comme chef religieux à ses propres fidèles, ce qui est parfaitement légitime. Mais postuler des racines chrétiennes de l’Union pour faire de tous les Européens les destinataires de son homélie est une malhonnêteté intellectuelle, contre laquelle il y a eu bien peu de réactions à ce jour. Ce ne sont pas les actes symboliques comme la prière devant le mur de séparation en Palestine, ou la visite à Lampedusa, qui feront oublier l’absence totale dans le passé papal d’une référence quelconque à la théologie de la révolution en Amérique latine, alors même qu’il vivait sous la dictature argentine, ni le fait qu’il épouse sans nuance les vues les plus conservatrice de l’église catholique sur les droits des femmes, le choix d’avoir un enfant à un moment choisi et la possibilité pour tous de mourir dans la dignité. Vivre et mourir dans la dignité me semble plus porteur d’espoir que de vivre et mourir dans la pauvreté.
Quant à Limoges, le 29 novembre, c’était une fête, ouverte à tous et extrêmement fraternelle sur la Laïcité dans La(i)Cité ( Lacan était passé par là). Après tant de sermons, c’était vivifiant. Le Grand Orient de France avait une fois de plus joué la carte de l’ouverture, mais avec des innovations ( en tout cas pour moi) : d’abord une grande fresque des enfants, pendant les conférences et les tables rondes. Pleine de couleurs et et de gaité( cf photo) Et puis, des thèmes nouveaux dans les tables rondes: sport et laïcité par exemple, avec des témoignages de sportifs qui apportaient un regard neuf sur le prosélytisme religieux dans le sport. Et enfin, à la fin de la journée, des orchestres folk et rock. Si vous ajoutez en plus, la chaleur de l’accueil et celle du banquet républicain, cela faisait une belle fête. Oufti comme on dit chez nous !!

Une petite pause…

7 August 2014

Mesdames, Messieurs,
Chers internautes,

Ce site n’a plus été mis à jour depuis plusieurs jours. Pas de panique, cela ne durera plus très longtemps, juste le temps d’un petite pause durant cet été.

Je vous souhaite à toutes et à tous de passer un excellent été auprès des vôtres. Prenez soin de vous et de ceux que vous aimez.

À très bientôt
Véronique De Keyser

Une Commission « Ponce Pilate »

28 May 2014

 Tenir des propos contraires à la Charte européenne des Droits fondamentaux et porter une «initiative citoyenne» européenne dans le cadre du Traité de Lisbonne ne pose aucun problème à la Commission!

C’est du moins ce qu’il ressort de la réponse donnée par Monsieur Barroso à la dernière question posée par Véronique De Keyser dans le cadre de la   législature. Etonnant de part de celui qui est censé faire respecter les Traités et les Textes fondamentaux de l’Union.

Véronique De Keyser s’était en effet étonnée des propos homophobes qui étaient repris (avant de disparaître) dans des sites des promoteurs de l’initiative citoyenne «  One of us », initiative  qui avait récolté le nombre de voix nécessaires pour être examinée par l’Union.

Elle avait de ce fait posé une question parlementaire à la Commission : 

 « Des organisations dont les propos et messages médiatiques sont en violation de la Charte des droits fondamentaux sont-elles éligibles comme organisatrices et sponsors d’une initiative citoyenne? Les propos homophobes et/ou résolument hostiles aux droits de la femme que l’on trouve sur le site des associations qui ont soutenu l’initiative “One of us” ne posent-ils pas, à cet égard, une vraie question? Qu’en pense très précisément la Commission?” Question E-004666/2014 

Comme à son habitude la Commission, par la voix de son Président Barroso, vient de répondre à côté de la question par des banalités affligeantes.

« Conformément au règlement (UE) No 211/2011 relatif à l’initiative citoyenne, seuls des comités de citoyens composés d’au moins sept citoyens européens résidant dans sept Etats membres différents peuvent organiser une initiative citoyenne européenne.

En ce qui concerne les organisations soutenant les initiatives des citoyens, le règlement prévoit que les organisateurs doivent déclarer à la Commission toutes leurs sources de soutien et de financement supérieures à 500 EUR par an et par sponsor. Ces sources sont publiées dans le registre des initiatives citoyennes. Le règlement ne prévoit pas d’autres dispositions quant à l’origine ou à la nature de ces sources.

Conformément à l’Article 4(3) du règlement, la Commission se doit de refuser l’enregistrement de propositions d’initiative citoyenne manifestement contraires aux valeurs de l’Union. A ce jour, aucune proposition d’initiative n’a été refusée pour cette raison.

Lors de l’enregistrement d’une initiative citoyenne, c’est uniquement le texte même de l’initiative, tel que soumis formellement via le Registre, qui fait l’objet de l’analyse de la Commission, et non pas des déclarations éventuellement faites par les organisateurs dans le contexte de leur campagne.

La Commission ne peut être tenue responsable de propos ou de déclarations émis par les organisateurs d’initiatives citoyennes ou a fortiori par leurs sponsors. Les avis exprimés n’engagent que leurs auteurs et en aucun cas la Commission européenne. » 

Ainsi donc, n’importe quelles associations, tant qu’elles répondent aux critères généraux définis par la Commission dans la première partie de sa « réponse » et tant qu’elles posent une question politiquement correcte, peuvent dans leurs écrits, dans leurs sites, tenir des propos contraires à la Charte des Droits fondamentaux. C’est plus qu’inquiétant !

Je pense que les associations laïques doivent prendre acte de ce fait et définir une politique réactive. Les Députés européens devront en tirer des conclusions et dénoncer une telle interprétation de la Commission. Ce sont nos droits fondamentaux qui sont foulés aux pieds par ceux qui sont pourtant chargés de les défendre. 

Véronique De Keyser

 

L’édito de la “Tribune des Services publics”…à lire !

27 May 2014

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À très bientôt !

27 May 2014

Mon équipe et moi souhaitons vous remercier pour votre soutien durant ces années au Parlement européen.

À très bientôt

Véronique, Marcel, Lara, Tanya et Waldo

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