Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Après leur ducasse, les Athois fêtent les 80 ans d’un autre géant : Guy Spitaels ! Avec la participation de Véronique De Keyser

29 août 2011

A l’occasion du 80ème anniversaire de Guy Spitaels, un comité d’amis et de proches vient de concocter un week-end de manifestations exceptionnelles pour les 10 et 11 septembre. Au-delà des clivages politiques, sociaux, idéologiques ou confessionnels, compte tenu de l’importance du personnage, le comité organisateur invite toute la population à participer dans un esprit de joyeuse reconnaissance aux célébrations de cet anniversaire.

Il est en effet des hommes qui marquent leur temps et laissent dans la société l’empreinte de leur personnalité hors du commun. Leur charisme intellectuel leur vaut l’admiration de leurs contemporains. Certains y ajoutent des qualités de cœur que connaissent bien ceux qui les côtoient. Guy Spitaels est un de ces personnages d’exception. Tous savent combien il a compté dans la vie politique de notre pays et sur la scène internationale.

Un programme culturel diversifié de grande qualité

Samedi 10 septembre, de 8 h 45 à 17 h 10, Salle L’Ecran à Ath : Colloque « Les années Spitaels : 50 ans d’action et d’observation du local à l’international ». Avec Mateo Alaluf, Jean-Pol Baras, Véronique De Keyser, Walter De Kuyssche, Jean-Pierre Ducastelle, Jean-François Furnémont, Etienne Godin, Hervé Hasquin, Freddy Joris, Rik Van Cauwelaert, Michel Vanden Abeele. Frais de participation : € 10. Réservation : 0474/55.42.15.

Pour consulter l’intégralité du programme, cliquer ici.

De la Syrie et des responsabilités de l’Union européenne

28 avril 2011

Il y a peu, les socialistes et démocrates appelaient l’Union européenne et ses États membres à suspendre la poursuite des négociations sur la signature de l’Accord d’Association alors en suspens entre l’UE et la Syrie. Cet accord devait dépendre de la volonté des autorités syriennes de cesser immédiatement la répression violente contre ses citoyens et sa capacité à mener à bien des réformes démocratiques.

Pourquoi un tel accord était-il plus que souhaitable ? Bien sûr, pour soutenir les aspirations démocratiques et pacifiques du peuple syrien depuis trop longtemps opprimé. Mais aussi, parce tout changement en Syrie peut bouleverser le paysage politique dans une région des plus instables. La politique internationale s’est appuyée jusqu’ici sur la Syrie, considérée comme une partie de la solution au Liban, mais aussi en Irak et en Palestine, et comme un allié pour combattre le terrorisme et tendre à la paix au Proche-Orient.

Soutenu par l’armée et les services de sécurité du parti Baas, Bachar al Assad a choisi la voie de la répression violente. Les ponts sont coupés. L’heure est aux sanctions, certes. Il faudra toutefois encore beaucoup de temps pour que le calme revienne en Syrie. Un changement de régime aurait des répercussions sur le monde arabe et l’Iran. Mais il ne faut pas non plus oublier que le pays à des frontières communes avec le Liban, la Turquie, l’Irak et la Jordanie…

Par ailleurs, Israël est dans une situation délicate vis-à-vis de la Syrie. Si Assad a armé le Hezbollah au Liban et a pu notamment soutenir le Hamas, il a aussi aidé à garder le calme sur la frontière israélo-syrienne. Tel-Aviv pourrait donc préférer le maintien du parti Baas au renversement d’Assad par des islamistes ou des nationalistes.

D’un autre point de vue, les Etats-Unis auraient avantage à l’avènement à Damas d’un régime sunnite qui mettrait fin à 30 ans d’alliance avec l’Iran chiite et de soutien au Hezbollah. Cela diminuerait certainement l’influence de Téhéran sur le Proche et le Moyen-Orient. Enfin, l’Irak, ex-rival baasiste de la Syrie, et dont le rôle est ambigu depuis l’invasion américaine en subirait aussi les conséquences.

On le voit, la situation actuelle de la Syrie est au centre de la problématique complexe du Proche-Orient. Pour l’Union européenne, c’est incontestablement une tension à résoudre, et cela pour deux raisons essentielles. La première est que les équilibres difficilement préservés depuis des décennies risquent à tout moment de se rompre et d’entraîner les populations de la région dans un chaos incontrôlable. La seconde est que pour des raisons de pure stratégie, on n’en vienne à accepter deux poids deux mesures en matière de démocratie et à justifier des situations totalement indignes de celle-ci. L’urgence de sanctions fermes est donc d’autant plus grande.

Tous ensemble à l’euro-manifestation du 29/09 à Bruxelles pour l’emploi, la croissance durable et la fiscalité équitable !

27 septembre 2010

Je serai présente avec mon équipe à la manifestation, nous devons être nombreux à nous faire entendre !

Réservez la date du 18 novembre 2010

1 juillet 2010

SOUSCRIPTION JULIEN LAHAUT : liste des donateurs arrêtée au 15 mai 2010

19 mai 2010

Nouvelle mise à jour : au 15 mai 2010, la somme récoltée était de 36.947,89 euro. Pour ceux qui veulent souscrire, je vous rappelle les formalités : vous pouvez envoyer un don au compte Fortis 001-5981690-67 au nom de «Souscription Julien Lahaut». Mentionnez bien dans la communication si vous voulez être cité dans la liste des donateurs (sans mention des montants versés). Un comité d’accompagnement suivra ce fonds, ainsi qu’un réviseur aux comptes. Tout l’argent ira à la recherche, aucun frais administratif n’en sera prélevé. Si dans les six mois, nous n’arrivions pas à notre objectif, ou si une solution intervenait au niveau gouvernemental, les sommes reçues seraient immédiatement reversées à leurs donateurs. Merci à toutes et à tous.

Fédération liégeoise du Parti communiste, Vande Perre Jacqueline (Ixelles),Pomponio Benzoni (Baulers), Toussaint Léopold (Saint-Léger), Vaneeaeme Nicole (Angleur), Lecouturier Jean-Marie (Tournai), Jeholet Marcel (Fléron), Braine Jean-Pierre (Schaebeek), Randaxhe Yves (Liège), Grosjean André (Welkenraedt), Jamsin-Lamarche (Brugelette), Lefebure Jean (Linbeek), Relavisse France (Aywaille), Lambert Claire (Sombreffe), Estienne Anne Marie (Sombreffe), Becart Michel (Bruxelles), Nottebaert Jean-Michel, Byl Pierre (Bruxelles), Comité de l’Union Socialiste Communale de Malmedy, Forton Roger (Woluwe Saint Pierre), Buche Jean (Embourg), Remacle Eric (Bruxelles), M. Pierard Smeesters (Buzet), Meuleman David (Bruxelles), Culot Jean (Virton), Rey Michel (Jette), Vanbelle Marthe (Liège), Ide Bernard (Woluwe Saint-Lambert), Matthys Camille (Ixelles), Schitz François (Dison), Gianquinto Salvatore (Mont-sur-Marchienne), Hicter Georges (Soumagne), Hanssens Charles (Vedrin), Deschamps Philippe (Rixensart), Della’Aera Giovanni (Morlanwez), Bodson Jean Marie (Seraing), Lemoine Jacqueline (Liège), Jacquet Freddy (Liège), Monseur Willy (Liège), Pourtois- Prevost (Morlanwez), Devos Benjamin (Bruxelles), Fauconnier Jean-Luc (Chatelet), Sabatier Jacques (Liège), Englebert Nicole (Liège), Moreau Gabriel (Ottignies), Schomblond Christiane (Bruxelles), Brevers André (Alleur), Vleminckx Michèle (Overijse), Roland-Motte (La Louvière), Hancisse Geneviève (Chastre), Grignard Philippe (Monceau sur Sambre), Noe Bernard (Anderlecht), Depermentier Jacqueline (Schaerbeek), Mignon Denise (Liège), De Wind Jean-Philippe (Liège), Dohogne-Bonjean (Verviers), Verlaine-Bare (Gesves), Blume Paul (Gembloux), Simal Uribe Y Alastra (Wanze), Body Marie (Forest), Van Huele Jean (Oostende), Zimmerman Suzanne (Limbourg), Van Binst Guy (Nivelles), Lebrun Daniel (Chaumont-Gistoux), Wagemans Jean-Pierre (Dion le Mont), Restiaux Jeanine, Delarge Louis (Liège), Leiva Ovalle Mario (Forest), Jurisse Alain (Watermael Boitfort), Petith Malen Auder (Bruxelles), Bruyère Théodore (Liège), Gonsette Jean-François (Marcinelle), De Brauwer Jean (Liège), Hordies-Lucas (Virginalsamme), Palange- Hissette (Jamoigne), Buchet Philippe (Vedrin), Geudvert-Meunier (Wellin), Bebi patrick (Vottem), Gardinal Marie-Claire (Auderghem), Bessem Viviane (Grace-Hollogne), Straquit Olivier (Loncin), Legros-Galand (Amougies), Bermils Robert (Braine-le-Comte), Scoriels Claude Etienne (Braine L’Alleud), Destrée Georges (Forest), Simon Eric (Liège), Ducheny Michelle (Forest), Féron Jacques (Uccle), Horemans Jean-Marie (Forest), Lhoest-Franssen (Hesrtal), Humblet Marie (Charleroi), Knebusch Gyde (Brussel), Noel Verheyden (Anderlecht), Thiry Jacques (Anderlecht), Slangen Leligue (Fleron), Moutquin Rene (Doische), Demoulin Jean-Claude (Natoye), Flagothier-Musin, Historienne, Députée Bourgmestre de Fléron, Ledoux B (Chiny), Colet Jean-Pierre (Liège), Seutin Paquot (Esneux), Lauwers Gathy (Wavre), Vermoessen Cédric (Bastogne), Wyckmans L (Nethen), Dajch Helene (Ixelles), Dermonne Camille (Malonne), Morelli Anne (Everberg), Bonheure Serge (Brain-Lalleud), Syfer David (Forest), Oste Clara (Uccle), Hubert Philippe, Fonctionnaire wallon ( Vedrin), Lambert Manuel (Bruxelles), Mathurin Pierre (Parti communiste-Dampremy), Vander Putten Michel (Durbuy), Dubois – Delcroix (Wasmes), Colin Charles (Embourg), Simes Christian (Verviers), Luno-Hoebanckx (Jemappes), Michot Michel (Tilff), Englebert Jean et Nicole (Tohogne), Kellens J (Seraing), Vaneenaeme Nicole (Angleur), Metallos MWB-FGTB (Liège-Luxembourg), Guy Van Binst (Nivelles), De Jacquet Fredy (Liège), De Gotovitch Louise (Forest), De Godefroid-Warlet (Anderlecht), Vanderwinnen Christian (Watermael-Boit), De Rigot Sylvie (Woluwe-Saint-Pierre), Ley Anne (Rhode-St-Genese), De Lauwers Philippe (Rixensart), De Dermine Monique (Watermael-Boitsfort), Marique-Henrion (Angleur), Cuvelier Jeannine (Geraardsbergen), Dedobbeleer Marcel (Bruxelles), Schreuer François (Liège), Parra-Gimenez Enrique (Soignies), Labe Maurice (Borlon), Marcos Navas-Janssens (Liège), Faway Michel (Jupille-LMiège), Gillet Roger (Liège), Michaux-Nollet Claude (Magnée-Fléron), Pirart Victor (Limelette), Association culturelle/Recrt.it.-BE (Seraing), Syndicat FGTB Metallo de la Province de Liège (Liège), Penet Françoise (Namur), Kusters Louis (Angleur), Geerts Nadia (Bruxelles), Verhas Pierre (Bruxelles), Ricoma Lamarca Roland (Laeken), Tollebeek Christiane (Berchem Sainte Agathe), Pirlot Jules (Liège), Vannes Jacqueline (Forest), Paquay Emmanuelle et René(+) (Genval), Dehousse Jean-Maurice (Liège), Central Générale FGTB (Liège), Devos Daniel (Wavre), Wolf Ferdy (Dendermonde), Brouyaux François (Bruxelles), Cohen Elisabeth (Schaerbeek), Van Geyt Louis (Bruxelles), Michiels Marc (Etterbeek), Vermeire Jean (Gräce Berleur),Michiels Jean-Pierre (La Louvière), Ceuleers Jan (Antwerpen), Baelus Jan (Bogerhoutantw), Garrels H (Kermt), Scheppere Jacqueline (Liège),Noël Jean (Wavre), Lacroix Joëlle (Dison), Commune de Blégny, Van Pelt Leentjes (Reymerst), Verenigde Werkhuizen Thass (Antwerpen), Hospi Tol (Tailles), Mettewic Vittorio (Mollenbeek Saint-Jean), Germaine Thibert (Nandrin), André S’Heeren (Nandrin), Strick Schraepen (Genk), Benzoni Giovanni (Saint-Gilles), Cullus Van Muylder (Chaumont-Gist), Mahy Pol (Neuville en Condroz), Pirot Michel (Liège), Dubois Robert (Saint-Nicolas lez Liège), Lepain Jacques (Morlanwez), Sauvage Robert (Vivegnis), Lienard Georges (Beersel), Madalyns Benny (Diest), Thibaut Paul (Liège), Union socialiste communale du Nouveau Liège, Deglin Andrée (Trooz), Mousset Jeannine (Angleur), Momerency-Waterschoot (Deurneantw), Eloi Charles (Liège), Gerkens Muriel (Bassenge), De Smet-De Brul (Aalst), Smismans Ermelinda (Halle), Mottard Maurice (Grâce-Hollogne), De Paep Albert (Kappelen), De Winter Joris (Sint-Joost-Ten-Node), Culem Jean-Marie (Mons), Beerens Jean (Ferrières), Pirart Victor (Limelette), Formation Léon Lesoil (Bruxelles), Fontaine-Bise (Silly), La Wallonie républicaine (Graty), Bettens Ludo (Liège), Raskin Jules (Trooz), Hedebouw Raoul (Liège), Parti du travail de Belgique (Brussel), Habousha Rose (Watermael Boitsfort), Mayeres Denis (Tilleur), Donckerwolcke-Stokbroekx (Ronse), Wolf Elisabeth (Flenu), FGTB Wallonne, Collard Frédéric (Sougné-Remouchamps), Salmon Irma (Libramont), Dermagne Jean-Marie (Rochefort), Pirotte-Youssef Lara et Steve (Flemalle), Dunin Thierry (Chièvres), Georges Christian et Gérard (Evere), Lion Lucienne (Seraing), Bonte Eddy (De Pinte), Cieters Luc (Diest), Heldenbergh Merget (Fraire), Hanart Marcel (Tournai), Remy Robert (Froyennes), Smits-Alba Jacques et Doris (Seraing), Dethier-Petry (Groupe Bons Offices/Chênée), Koen Berton (Pittem), Van Galen Renée (Liège), Les Territoires de la Mémoire (Liège), Famille Theo Dejace (Liège), Boermans Dominique (Rochefort), Centre d’Action Laïque (Liège), Front de l’indépendance (Anderlecht), Vanderborght Michel (Pollare), Vendeman Maria Luisa (Pollare), Marc Denonville (Waremme), Robert Mayresse (Seraing), Maryvonne Wertz (Liège), Maurice Noiret-Polain (Ans), Walter Van Den Brande (Antwerpen), Vincent Sauvage (Seraing), Ski club d’Ougrée, Malaise Dylan (Liège), Iket Robert (Neupré), ASBL « Au progrès de Herstal », Lambrichs Claude (Charleroi), Regnier Bernadette (Bruxelles), Pirlet Joseph (Grace Hollogne).

Les Soudanais auraient-ils une longueur d’avance sur nous ?

2 mai 2010

Le 29 avril j’étais de retour du Soudan. Quatre jours pour se remettre de cette expérience éprouvante mais infiniment riche sur le plan humain. L’observation électorale a été difficile. D’abord à cause du caractère général du scrutin: présidentiel, législatif, local etc. Dans le Sud du pays, les électeurs avaient jusqu’à 12 bulletins de vote à remplir – 8 dans le Nord. Et sur chaque bulletin on peut trouver jusqu’à une douzaine de noms ou de partis. La population, surtout dans le Sud est largement analphabète et ce sont les premières élections depuis 24 ans. Donc la logistique, l’organisation, la formation des électeurs, l’impression des bulletins, leur transport jusque dans des régions éloignées du pays – tous ces facteurs ont contribué à une certaine confusion ! Mais au-delà de la logistique, les facteurs politiques rendaient l’observation délicate.

Ces élections ne sont qu’une étape dans l’accord de paix de 2005 qui a mis fin à la guerre entre le Nord et le Sud. Et ce fameux accord (CPA) prévoit un référendum sur l’avenir du Sud après des élections générales et en janvier 2011. Toutes les analyses politiques convergent: sans référendum, c’est le retour à la guerre. Dont personne ne veut. Donc il fallait passer par un scrutin. Pour beaucoup de Soudanais, la signification du vote dépassait très largement l’enjeu électoral du mois d’avril. Et à part quelques sièges de gouverneurs – postes très disputés dans certains Etats du Soudan – l’issue du scrutin n’a pas amené de surprise. En effet, au Nord le Président sortant est réélu avec plus de 68% et l’homme fort du Sud, Salva Kiir, remporte 92 % des voix- dans un contexte plus houleux, marqué par des tensions et quelques violences.

Si le scrutin est sans surprise, à quoi bon ? Je crois néanmoins que ces élections ont été importantes. Certainement pas joyeuses, les électeurs étaient graves, parfois soumis, mais la guerre a encore reculé d’un pas et l’avenir se dessine. Le Soudan cherche sa solution. Il doit définir son destin politique. Il a quelques mois pour préparer cette nouvelle phase.

Il subsiste cependant un point noir, le Darfour. J’ai évité d’y déployer les observateurs prévus et j’ai retiré, avant les élections, les quelques observateurs déjà sur place. Motif ? Une observation crédible était impossible. Il aurait fallu pouvoir se déployer, comme partout ailleurs, dans les campagnes et les coins les plus reculés. Sans filet de sécurité pour les observateurs, c’est à dire sans la protection de la mission des Nations Unies (UNMID), c’était impossible. Et même avec, cela aurait été difficile: des membres de UNMID eux-mêmes ont été kidnappés. La paix, cette fameuse paix dont tout le monde parle au Soudan pour exorciser le spectre de la guerre, cette paix ne vaut pas encore pour le Darfour. Faut-il rappeler que moins de 10% des personnes déplacées dans les camps s’étaient enregistrées pour voter ?

L’Union européenne vient de rappeler que le Président El Bachir doit faire face à un mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale (CPI). Il est clair que d’avoir gagné ces élections présidentielles ne peut en aucun cas se révéler un bouclier. Les deux problèmes – les élections et la CPI – sont distincts. C’est ainsi que je l’ai compris et décliné dans la mission.

Le retour du Soudan a été difficile. À cause du nuage de cendres d’abord qui m’a clouée à Khartoum quatre jours de plus que prévus. Mais aussi à cause du sentiment d’irréalité qui vous gagne quand vous rentrez d’un tel voyage. Le sentiment de jouer dans une autre pièce. D’atterrir de la planète Mars. Ce sentiment s’est fortement atténué quand j’ai découvert que la Belgique allait vers de nouvelles élections. Que le Sud et le Nord s’éloignaient l’un de l’autre. Que les tensions étaient dans les régions, pardon les communes de transition et qu’on craignait des luttes tribales. Là je me suis dit- j’y vois plus clair: le modèle soudanais est plus contagieux que la grippe N1H1. Et finalement, avec leur référendum de janvier 2011, les Soudanais auront peut-être une longueur d’avance sur nous !

Mercredi 27 janvier 3h25 du matin : Véronique De Keyser au cœur de Liège qui explose

27 janvier 2010

Blog du 27 janvier 2010. Le cœur de Liège explose. Je viens de rentrer à la maison. Gigantesque explosion dans la rue Léopold à Liège alors que nous étions en plein Conseil Communal, c’est-à-dire à cinquante mètres de l’explosion. Toutes les vitres de l’hôtel de ville sont soufflées sur la façade arrière. Nous avons d’abord cru à un attentat, une bombe – d’autant que des maisons entières s’étaient effondrées et commençaient à flamber. C’était le Conseil où on votait le budget annuel. Tous étaient là, y compris le chef de la police, le bourgmestre etc. La coordination des secours et des autorités a donc été immédiate : la police était sur les lieux et les pompiers sont arrivés en quelques minutes. Les voitures des membres du Conseil étaient garées à quelques mètres de l’explosion. Beaucoup sont détruites. Mais j’ignore encore, à l’heure où j’écris ces lignes s’il y a des victimes sous les décombres. Personne n’a crié, au moment ou tout a vacillé mais on a d’abord pensé aux lustres, gigantesques qui risquaient de se décrocher au plafond, au fait que l’instant d’avant on mangeait tous ensemble dans la salle arrière la plus exposée et ce n’est qu’après quelques instants en regardant aux fenêtres, qu’on a mesuré l’étendue du désastre : les maisons effondrées, le feu qui avait déjà pris aux étages et les pompiers sortaient des gens qui s’étaient réfugiés aux étages. On a réalisé alors que les victimes n’étaient pas nous, mais d’autres, si près de nous. Une fine poussière grise recouvrait la cour arrière de l’hôtel de ville. Ma voiture, bousillée à l’avant et à l’arrière, roulait cependant encore. Je suis rentrée à la maison, complètement sonnée pendant que les secours se poursuivent. Il est trois heures vingt cinq du matin. Bravo pour les secours.