Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Blog de fête et brève de parlement

28 juin 2009

Samedi 20 juin. Jour de fête ! Temps des remerciements que j’ai adressés avec beaucoup de plaisir à tous : Hassan, Fatima, André, Catherine, Robert, Hamida, Denise, Olivier, Georges, Anna, Sfia… Les camarades qui m’ont aidée, portée, encouragée, tout au long de ma campagne, les collègues et amis du parlement européen, les compagnes ou compagnons des unes et des autres que je ne connaissais pas… étaient là. Des invités surprise aussi ! Comme Jean-Claude M. qui m’a fait l’amitié de venir boire un verre et qui avant de repartir, en quelques mots, sobres et justes, a mis l’accent sur le combat à mener plus intensément que jamais, pour construire une société plus fraternelle, une Europe autant préoccupée de prospérité que d’égalité. Ou Marc G. qui a souligné, entre autres, la nécessité de poursuivre l’action commune et de sauver les mécanismes de solidarité. La solidarité, elle était palpable ce 20 juin. La joie de se retrouver aussi après ces semaines épuisantes, et de partager saveurs, musiques, chants, youyous, danses, jusque tard… Mais pas trop tout de même, les Carolos et les Bruxellois reprenaient la route, les enfants devaient aller se coucher, et la maison de la métallurgie qui nous accueillait fermait ses portes. Ce lieu, je ne l’ai pas choisi par hasard. Témoin de l’ancienne activité industrielle de notre région, espace de dialogue entre histoire et technique, il est aussi un carrefour de réflexion sur la société d’hier, d’aujourd’hui et de demain et fait écho, à mon sens, à la somme de travail qui reste encore à accomplir… Et ça, même dans les moments de détente, je ne peux m’empêcher d’y songer.

Semaine du 22 juin. Effervescence au Parlement. De l’ancienne équipe, presque tous sont déjà partis. Seuls quelques objets oubliés dans les bureaux, ou des posters restés accrochés aux murs, sont autant de traces de leur récente présence et rappellent le temps passé à travailler ensemble. L’ambiance est particulière pour ne pas dire délétère. Les nouveaux députés accueillis comme il convient, viennent prendre connaissance des lieux à défaut de prendre leurs marques. Trop tôt, l’activité est au ralenti. Mais les nouvelles missions de chacun doivent être définies cette semaine pour prendre connaissance sans attendre des nouveaux dossiers. On se concerte, on discute ferme, on vote. Me voici nommée pour cette nouvelle législature membre de la Commission des affaires étrangères, de la sous-commission « droits de l’homme », de la Délégation pour les relations avec les pays du Mashrek, de la Délégation à l’Assemblée parlementaire euro-latino-américaine, et membre suppléant de la Commission des droits de la femme et de l’égalité des genres, et de la Commission de l’emploi et des affaires sociales. Au vu du nombre de sièges occupés par la droite, il est clair que les mois, les années à venir, vont être difficiles. Il va falloir se battre. Ne pas craindre l’affrontement et la politisation des enjeux. Faire en sorte que les vingt-sept dépassent enfin les enjeux internes en faveur d’une vraie identité européenne. Car seule une Europe forte et unie peut faire front contre la régression sociale et la guerre économique dans laquelle le neo-libéralisme nous a entraînés.

Droit du travail, égalité homme-femme, immigration, enseignement public, paupérisation des plus démunis, laïcité… quel monde voulons-nous ? Comment réagir face au niveau d’abstention au moment des votes du 7 juin, qui a nettement traduit l’absence d’intérêt pour la politique européenne ? Encouragée par mon équipe de campagne qui m’a assurée être à mes côtés pour continuer à lutter, à réveiller les citoyens, à leur faire prendre conscience qu’il est d’autres combats à mener au quotidien pour construire l’Europe et par conséquent leur/notre avenir, j’ai mis en place un nouveau projet, un outil de sensibilisation européenne qui doit donner l’exemple d’une citoyenneté et d’une solidarité supranationales. Mais il faut encore affiner l’idée, l’ouvrir à tous ceux que cela intéresse… À vous peut-être? Nous en reparlerons bientôt.

Dernier blog de campagne

6 juin 2009

Samedi 6 juin. Veille des élections. J’hallucine en allumant la TV ce matin et ai envie de pousser un coup de gueule. Sur Euronews une émission sur les femmes en politique et à l’Europe. Il y en a trop peu, oui. Nous sommes sous-représentées, oui. Et soudain, je crois que je rêve : j’entends une apologie de Sylvio Berlusconi qui lui, aurait tenté de redorer l’image de la femme en présentant au Parlement des candidate « jeunes, jolies et célèbres ». Suit alors l’interview d’une de ces nénettes qui nous explique tout ce que son parti a fait pour le statut de la femme dans son pays. Bref, le cliché, l’image qu’on veut nous faire avaler des femmes et le blanchiment de Berlusconi – pire que du blanchiment d’argent sale ! A côté de cela, hier, petit article pas bien méchant mais un peu bête de La Meuse qui explique comment les candidates font pour paraître plus jeunes. Je lis que : De Keyser fait passer une vieille photo qui lui a porté chance dans les élections passées. Eh non, messieurs (ou mesdames) de La Meuse. Cette photo, je la reproduis souvent pour une raison précise : c’est la photo de la conférence de presse que je donnais à Jérusalem Est, pour annoncer le résultat des élections palestiniennes de 2006, en tant que chef de la mission d’observation de l’UE. D’accord, ce n’est pas hier, mais ce n’est pas très vieux. Et pour des millions de Palestiniens là-bas et dans le monde, la suite des ces élections là a été dramatique. Voilà pour la légende. Demain on vote. Voter pour des femmes oui. Mais pas les berlusconiennes, pas les clichés en papier glacé. Car il y en a de vraies sur les listes et suffisamment pour faire son choix. Ouf, enfin une bonne nouvelle pour la démocratie !

Blog de campagne (14)

2 juin 2009

Je croyais que je ne trouverais plus le temps d’écrire une ligne. Impossible de raconter ces derniers jours de campagne. Trop denses. Avec une bourrasque de sentiments. Mais voilà : ce matin une trouée. Je pique quelques temps forts. Parcours avec Valérie, Jean-Marc et les autres autour de Dinant Philippeville. Un thème, les courage,et notamment les bureaux de poste. On va voir un point poste installé dans une épicerie, qui fait aussi librairie et journaux. La tenancière ouvre tous les matins à 6h30 et ferme en soirée. Flexibilité maximale avec laquelle elle espérait attirer, grâce au service postal, de nouveaux clients. Engage donc une assistante, fait installer bureau, ordinateur, scanner etc. Tout ça prend de la place. Et le bénéfice n’est pas au rendez-vous. Pour des raisons évidentes de sécurité, le plafond des virements possibles est bas : dès qu’une assurance vie ou même voiture dépasse le montant permis, le client doit tout de même se rendre à la ville voisine. La vente des timbres ne suffit pas à assurer la rentabilité du système. Et de plus, l’« avisage » ne fonctionne toujours pas. Cela veut dire que lorsqu’un client reçoit un avis de recommandé alors qu’il est absent, le pli ou le colis ne retourne pas à l’épicerie, mais à la ville voisine. C’est anormal, mais cela dure depuis un an. En clair, avec la formation qu’elle a reçue, l’engagement d’une assistante, l’encombrement du matériel, cette femme courageuse ne s’en tire pas. Et elle se sent flouée. Les travailleurs de la poste aussi. En début de soirée, réunion avec des militants dans un local du club de pétanque. Auditoire clairsemé mais motivé. L’un d’entre eux se dresse, très calme mais très ferme et dit ceci : « J’étais en pyjama quand j’ai appris cette réunion, je m’apprêtais à regarder le match de Manchester. J’ai fermé ma télé et je me suis rhabillé uniquement pour vous dire ceci : je vais encore une fois voter socialiste mais après, je veux que ça change. Je veux qu’on réfléchisse, je veux un vrai congrès doctrinal. Vous les élus, vous devez cesser d’être des béni-oui-oui. Quand quelque chose ne va pas, il faut oser le dire. C’est ça que je vous demande : d’avoir du courage politique ». Et on discute au moins une heure sur comment revenir aux fondamentaux du socialisme dans un monde qui a changé et change aussi rapidement. Passionnant mais dur. Je quitte cette tournée avec le sentiment, non pas d’avoir fait un plein de voix, non pas d’avoir fait une tournée électorale, mais d’avoir reçu quelques leçons de courage politique.

Autre réunion fabuleuse mais totalement hors du temps. A Liège, c’est la soirée Standard-Anderlecht et comme depuis le Heysel je suis paniquée par les grands mouvements de foule, je m’échappe et monte à Bruxelles. T. y fête le rétablissement de sa mère qui a subi une intervention chirurgicale et je sais que Leila sera là. Rien que des femmes, voilées ou pas. Pas de campagne électorale, pas de tract, mais de merveilleuses chanteuses soufies. A la fin de la soirée, soudain la vieille maman prend la parole et lance en arabe une très longue prière où elle remercie chacune en lui souhaitant le meilleur. Parmi la litanie des noms, j’entends le mien. Je regarde T. : les larmes coulent le long de son visage, Leila aussi est sur le point de pleurer. Bientôt toute la salle pleure, et la petite vieille entièrement vêtue de blanc continue sa mélopée. Je ne sais pas très bien ce qui se passe : moi qui suis non seulement totalement laïque mais athée de chez athée !, je reste là dans cette sorte de chaîne d’union que sans doute toutes les communautés inventent pour rester soudées.

De réunion en réunion, de périple en périple -près de 700 km par jour- je finis par me laisser porter par des amitiés, des aides inattendues, des soutiens que je n’imaginais pas. Cette campagne aura été celle de tous les contrastes. Les coups les plus bas, les plus durs -« On ne vote pas pour un parti de pédophiles ! »- et les soutiens les plus chaleureux. Ce n’est pas la première campagne que je fais, mais celle-ci, je la devine historique. Parce que quelque chose se passe. Je ne sais pas quoi, je n’en connais pas l’issue, mais nous sommes à un tournant. Non seulement la crise en démultiplie les enjeux mais on sent, vis-à-vis des socialistes, une attente, un sursaut nouveaux.

Je suis socialiste et fréquentable

28 mai 2009

Je suis socialiste et je suis fréquentable. Je suis socialiste et je suis en colère.

En colère tout d’abord contre certains individus. Certains, au Parti socialiste, ont eu des
comportements totalement indignes de mandataires publics. Nous les condamnons vivement et nous
nous en désolidarisons totalement !

En colère aussi contre ceux qui font croire que certains comportements individuels sont une pratique générale, dans un parti démocratique qui oeuvre depuis plus de 100 ans pour le bien public et le progrès social.

Parce que certains nous disent infréquentables, nous devrions avoir honte ?

Et bien non, je suis socialiste et je suis fière du travail accompli ces dernières années par le
Parti socialiste aux différents niveaux de pouvoir.

Incontestablement, les socialistes ont joué un rôle positif dans le développement économique et social des Régions wallonne et bruxelloise. La crise économique et sociale actuelle frappe tout le monde, toutes les entreprises, tous les jours. Les ministres socialistes, les parlementaires socialistes et les militants socialistes se sont battus pour défendre une Europe sociale et une Région qui investit dans son avenir économique, social et environnemental.

Mais le combat ne fait que commencer.

Demain, il faudra plus que jamais défendre les travailleurs, les plus démunis, les pensionnés, les
chômeurs, les petits indépendants, les PME, les jeunes, les personnes fragilisées,… contre les dérives
libérales dont on constate les effets désastreux.

Demain, nous devrons choisir nos représentants politiques. Le choix que nous ferons dans l’isoloir
sera primordial. Une société plus juste, une économie plus humaine, une fiscalité équitable où chacun
paie ce qu’il doit, une écologie sociale soutenue, des services publics performants : c’est cela que les
socialistes ont toujours défendu et continueront à défendre.

Dans ce contexte de crise économique et sociale, que deviendraient notre société, la Belgique, la
Wallonie et Bruxelles après les élections sans le poids des socialistes ? L’emploi, le logement, la
mobilité, l’éducation, la culture, la défense des services publics : autant de thèmes pour lesquels le PS
est indispensable à la société de demain.

Sans notre combat, aurez-vous encore des logements sociaux en nombre suffisant et de qualité en
Wallonie ? Aurez-vous encore des services publics accessibles partout ? Vos enfants auront-ils
encore accès à un enseignement de qualité et gratuit ? La culture ne sera-t-elle réservée qu’aux
riches ?

Je suis votre voisine, une de vos collègues, une de vos amies, je suis militante socialiste, j’en suis
fière et vous pouvez me fréquenter, n’en déplaise à certains.

Nous savons que la lutte sera âpre mais nous allons nous battre ! Chaque voix comptera.

Mobilisons-nous tous ensemble le samedi 30 mai à 11h sur la Place d’Armes.

Ensemble, gagnons les élections du 7 juin.

RASSEMBLEMENT MILITANT
LE SAMEDI 30 MAI A 11H00
PLACE D’ARMES NAMUR
JE SUIS SOCIALISTE ET JE SUIS FREQUENTABLE !

Blog de campagne (13)

22 mai 2009

Vendredi 22 mai. Je m’étais dit que je parlerai de Cockerill sur le blog, mais je sentais bien que j’avais des difficultés. Or, ce matin, assez tôt, je passe chez le coiffeur et une dame me fait un sourire, comme si elle me connaissait. Je souris en réponse. Et j’essaie de me souvenir. Rien. Alors elle dit : – Vous ne vous souvenez pas de moi ? (la phrase qui tue !). Et comme je reste muette, elle ajoute : – Je travaillais comme infirmière à Cockerill. Avec le docteur D. et le docteur M. – Mon dieu, oui. Tout à coup les images défilent. Et j’ai peine à les stopper. Sans Cockerill je ne serais sans doute jamais venue habiter Liège. Et sans les travailleurs de Cockerill, je ne saurais pas aujourd’hui, prendre le micro dans un meeting, tenir un auditoire et me battre comme je le fais pour défendre certaines causes. Car avec les sidérurgistes, dans le genre coup de gueule et je tiens bon, j’ai eu de fameux maîtres. Alors, Pour éviter tout pathos vu que le sujet est sensible pour moi, quelques éléments de biographie : dès la fin de mes études de psychologie à Bruxelles, j’ai été embauchée comme chercheur sur des contrats européens de la CECA (Communauté Economique du Charbon et de l’Acier). Il s’agissait d’étudier les accidents de travail dans les mines et la sidérurgie. Mais les mines étaient interdites aux femmes. Les femmes, on les envoyait donc dans la sidérurgie ! Dès 1968, je commençais des recherches à Hainaut Sambre. A l’agglomération de Couillet, puis aux laminoirs. On faisait les pauses de nuit et je partais chaque soir vers Mons, à moto, avec un autre chercheur. Après Hainaut Sambre, ce fut les Arbed à Luxembourg. L’informatisation de la production de l’aciérie LD-AC de Esh sur Alzette était une première : c’est à partir d’elle que j’ai fait ma thèse de doctorat sur l’expérience des travailleurs dans les systèmes automatisés. Et puis, il y a eu Cockerill. En 1983. Et là, coup de foudre. Non seulement j’y ai enchaîné les recherches jusqu’en 2001, mais surtout, j’ai lâché l’ULB, quitté Bruxelles et je suis arrivée, avec enfant et bagages à Liège. Conception de la coulée continue de Chertal et de sa salle de commande, étude des accidents à Ferblatil, étude des risques liés à la mise en continu de laminoirs, Valfil… etc. Les recherches se sont succédées et j’avais créé à l’ULg une équipe passionnée par l’acier et surtout par ses travailleurs. A côté d’études souvent très techniques réalisées avec la participation de tous -ingénieurs, syndicats, ouvriers- il y avait la magie de la sidérurgie. Et les surprises de la vie. Je me souviens de ma stupéfaction lorsqu’une de mes chercheuses, Christina G., après l’étude de Ferblatil, m’a annoncé qu’elle épousait… un des ingénieurs. Une autre est entrée à la Fondation André Renard. Un troisième au service du personnel de Cockerill. Et comme je donnais cours à la Faculté de Sciences Appliquée, aux futurs chefs de sécurité, je les ai tous connus. Et pourtant, cette présence si forte de l’entreprise dans ma vie n’est rien en regard de l’attachement viscéral, de la fierté de ceux qui y ont passé leur vie. Elle n’est rien non plus par rapport au sentiment de deuil qu’ils ressentent. Il n’est pas normal que devant la crise économique actuelle, les plans de sauvetage soient nationaux et non européens ! Que ce soit Monsieur Mittal qui décide quel site il fermera, quel qu’en soit le coût social, au lieu d’avoir un plan d’ajustement de la production sidérurgique coordonné à l’échelle de l’Europe. Comme ce fut le cas avec le plan Davignon autrefois, plan qui prévoyait des quotas de réduction pour chaque site, sans toucher à l’outil de travail. Il faut reprendre le contrôle politique des structures, comme l’aurait dit Renard. Je stoppe. En tout cas, c’est clair, il faut changer l’Europe.

Blog de campagne (12)

22 mai 2009

Depuis quelques jours le blog était muet. Pourquoi ? Assommée par les « révélations » ? En vacances ? Non. Quand je me tais (et c’est bien la preuve que c’est moi qui tiens la plume !) c’est tout simplement que je n’ai plus ni le temps ni la force de frapper sur une touche de clavier. La tête en chou-fleur. Aujourd’hui, c’est la première fois que je bénis l’église catholique d’avoir su imposer ses fêtes religieuses. En temps normal je demande leur abolition. Aujourd’hui, je remercie le ciel d’avoir rappelé Jésus à lui et créé par la même occasion le long W.E de l’ascension. Le bénéfice de ce W.E a été immédiat : la machine à laver tourne, le lave vaisselle aussi. J’ai rangé les vêtements qui trainaient par terre dans la salle de bain. J’envisage de lire « Une minute de silence » de Siegfried Lenz car j’avais adoré autrefois « La leçon d’allemand » parue en 1971. Si je n’aime pas, j’ai « La trilogie berlinoise » de Philippe Kerr, sur laquelle je peux me rabattre. Donc j’ai des munitions. Tiens, je m’aperçois que ce sera une ascension allemande. J’ai ab-so-lu-ment besoin de faire un break et ce soir j’irai… non je n’irai pas au match historique Standard-Anderlecht, je n’ai pas de place et pas de filière spéciale d’entrées gratuites pour les députés européens. Donc j’irai au cinéma le Parc. Et demain tout ira bien. Chacun a sa façon de se ressourcer et, pourvu qu’elles marchent, toutes se valent. Moi, depuis une encéphalite contractée dans ma jeunesse, je supporte mal le bruit. J’ai absolument besoin de silence. Avec quelques livres, un cinéma, c’est OK. Des digressions, tout cela, pour ne pas parler des affaires me direz-vous ? Pas du tout.

Samedi 16 mai. J’étais à Frameries, à une réunion des Femmes Prévoyantes Socialistes sur la clause de l’Européenne la plus favorisée. Didier D. venait de démissionner et un ami « bien intentionné » m’avait dit – Si tu vas à Frameries, tu prends ton gilet pare-balles ! En fait, nous étions peu nombreuses, c’est vrai, mais Camille était là avec des militantes merveilleuses et c’était le meilleur du socialisme. Et la rage me prend parce que devant une crise sans précédent engendrée par un système ultra-libéral, c’est sur les dérives d’un ministre qu’on ouvre les journaux télévisés !? Loin de moi l’idée de couvrir les montages financiers de D. qui sont choquants et ont été immédiatement sanctionnés par sa démission, mais l’information qui fait vendre dépasse l’entendement. Quand l’autre « affaire », l’affaire B. éclate, toujours à Mons, je suis à un débat à Louvain La Neuve avec André F. et Armand Delcampe. Complicité immédiate entre les orateurs mais colère aussi. Car, quelle que soit la présomption d’innocence pour B., c’est nauséabond. Mais ça n’a rien à voir avec la politique. J’ai eu, dans mon passé professionnel, plusieurs fois à faire à des pédophiles. Parfois des collaborateurs expérimentés. Aimés de tous, serviables. Mais impliqués dans des réseaux criminels. Je n’y ai vu que du feu. Je me souviens même d’un ancien professeur que j’adorais. Il avait créé un atelier de modélisme d’avions dont j’étais membre. Et un club de photographie. Il nous invitait chez lui, car sa fille était dans ma classe, et nous filmaient déguisées en petites robes légères. Quand il a été emprisonné, le choc a été dur. Ici, il semble que le cas soit plus sévère. Je lis la presse et je vois : pornographie dure, vidéos de viols de bébé. Ignoble. On sait que circule un marché de vidéos de viols de bébés, dont certains ont les yeux cousus ou collés à la glue. Quand je travaillais comme psychologue, on voyait arriver à la garde des hôpitaux, des bébés filles martyres au sexe découpé avec des ciseaux « parce que le trou était trop petit » déclarait le coupable, un monstre qui n’avait plus rien d’humain. Depuis la seconde guerre mondiale, on a pris la mesure de ce que la turpitude de quelques uns pouvait s’ériger en système. Les expériences d’eugénisme du nazisme, la solution finale, n’en sont qu’un exemple. Nous ne sommes plus au IIIème Reich mais Internet, son libre marché, son absence totale de régulation et sa pseudo-liberté font resurgir de vieux démons. Tout est redevenu possible. Et les humains, surtout les plus faibles, peuvent être réduits à l’état de chose, de viande, de marchandise, pour assouvir les pulsions les plus abjectes.

Qu’on colle ces atrocités au socialisme donne la nausée. On n’est pas des saints, certainement pas. Oui, il nous faut balayer devant notre porte comme chaque parti devant la sienne. Mais aujourd’hui, il y a urgence à redresser la tête. Allons-nous réussir, au niveau européen, à relancer l’emploi et à défendre les droits de travailleurs ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit. La gauche en est capable, elle en a la force et la volonté. Mais comme le dit Jean-Claude, ce ne sont pas les candidats, ce sont les militants qui gagnent les élections.

Mardi 19 mai. Bain de jouvence à l’école Marcel Radelet à Jemeppe-Seraing, qui vient d’être nommée école européenne par le conseil communal des jeunes de la ville. Je passe deux heures à répondre aux questions -non préparées par les professeurs- de jeunes de cinquième et sixième primaire. Tout y est passé : qui peut entrer dans l’Union, comment on fait pour devenir député européen, à quoi sert le Parlement, est-ce que j’habite à Strasbourg etc. Et partout, accrochées sur les murs de l’école, les traces colorées du projet européen des enfants : drapeaux, costumes, recettes de cuisines, capitales… Le soir, la fête à Christie dont l’accouchement est proche mais qui continue courageusement à faire campagne.

Mercredi 20 mai. Je monte à Bruxelles, séance radio puis retour au Hangar. C’est là que Jean-Claude insiste pour faire mon éducation chrétienne et qu’il m’apprend que l’ascension n’est pas l’assomption, que l’un c’est Jésus qui monte au ciel et l’autre la Vierge. Pour le moment je m’en fiche, pourvu que ce soit un vrai congé. Et dire que pendant que je me mets aux abonnés absents, une courageuse équipe de bénévoles distribue mes tracts dans le Luxembourg, j’ai honte !! Quand je vous disais qu’on n’était pas des saints !

Mais ces jours ont aussi été marqués par la mise à l’arrêt du haut fourneau B. Et là, c’est un sujet trop grave et trop triste pour que je puisse l’aborder aujourd’hui. Pendant près de vingt ans, sans discontinuer, j’ai fait des recherches dans la sidérurgie, ainsi que sur l’ergonomie et les accidents de travail. Je me suis refusée à faire de cet arrêt une publicité personnelle de campagne, style photo souvenir dans la Meuse. Il faut garder de la pudeur. Mais il faudra que j’en reparle car c’est trop dur. RV sur un autre blog.

Blog de campagne (11)

15 mai 2009

Jeudi 14 mai. Hier la journée avait mal commencé : nouveau «bug», nouvelle gaffe -moins sérieuse que celle des cartes postales où le nom de Valérie Déom avait été escamoté- mais tout aussi lourde. Un article dans la Meuse signale que mes affiches, comme celles de certains candidats, ne sont pas règlementaires car elles ne comportent pas le nom de l’éditeur responsable. En soi, il n’y a pas mort d’homme. Mais prudemment, M. suggère de réparer immédiatement l’erreur. Il commande un tampon encreur à appliquer sur toutes les affiches. Vous me suivez ? N’ayant pas derrière moi une armée de colleurs, j’étais loin, fort heureusement, d’avoir rempli d’affiches tout un hangar, mais tout de même. Après les étiquettes à scotcher sur des milliers de cartes postales, le coup était dur. On en discute durant la réunion de campagne jeudi midi et courageusement, alors que je planchais le soir à la Ligue de l’Ouest, autour d’une grand table à proximité du bar, l’équipe tamponnait ferme. Mais dans l’hilarité. Elle a épuisé notre modeste lot. Des affiches de collection : elles sont toutes règlementaires ! Ce qu’il y a de formidable dans cette équipe, c’est sa capacité à renverser les situations, dans une fraternité totale. Plus ça va mal, mieux on s’en sort. Pour dire, on a tous et toutes (surtout toutes) : des problèmes de santé, des problèmes de famille, des doutes métaphysiques, des coups de blues et des coups de cœur, et quand on agite tout cela, il en sort un mélange énergisant. Ca va bien, ça va mieux. Je supplie chacun de s’économiser un peu car il faut encore tenir trois semaines. Ce matin, H. avait mal à la gorge. Elle voulait m’accompagner à Bruxelles au bal de Fadila. Non, au lit. J’ai besoin d’elle absolument en super forme après le W.E. Et le reste de l’équipe de Liège ne viendra pas non plus. – Tu vas y aller seule ? – Mais oui, sur place j’ai des amis. Tous me regardent incrédules – Ca va aller pour conduire ? J’ai l’impression de tourner un épisode de Bécassine à Bruxelles. Bien sûr, ça va aller : après tout, j’ai appris à conduire sur le circuit de Francorchamps, quelle insulte ! Mais ils ont raison. Quand je suis crevée, je m’endors au volant tout simplement. Donc je resterai dans la famille à Bruxelles avant de partir à Frameries le lendemain matin. C’est vrai que les campagnes électorales ont toujours été pour moi un moment privilégié. Mais celle-ci en particulier. Alors que la situation politique est difficile, grâce à cette petite équipe et grâce à des rencontres inoubliables, je me dis que c’est une expérience unique. Un cadeau.

Vendredi 15 mai. Ce matin, crise de conscience. C’était la grande manifestation des syndicats européens à Bruxelles. Je n’ai jamais raté une manifestation, leur combat c’est le mien. Mais c’était aussi mon dernier jour de cours à Liège. J’avais pensé monter à Bruxelles, serrer quelques mains, me « montrer », redescendre donner cours à 14 heures, puis rejoindre à nouveau Bruxelles pour le bal de Fadila. Chez moi les réveils sont toujours pénibles mais ce sont en même temps des moments de grande lucidité du style : – à quoi ça sert que je fasse tout cela ? Quel sens donner à ma vie ? Etc. Et ce, en méditant devant un bol de café au lait avant que la vie ne me rattrape et ne m’empêche de penser. Ce matin, à moitié endormie, je me suis dit : – Mais tu es folle. Si tu as appris à conduire sur le circuit tu n’as gagné aucun prix et cet aller retour va te tuer. Serrer des mains simplement pour te montrer, c’est vraiment une imposture. Prépare bien ton cours, reste sagement à Liège et tu monteras à Bruxelles ensuite.

Il y a des personnes qui ont des consciences, des anges gardiens et tout le reste. Moi, j’ai ces instants graves où j’interroge mon bol de café au lait. N’importe qui vous dirait que je suis dans les vaps. Mais non, j’étudie l’agenda de ma journée. Finalement j’ai eu raison. Le cours était merveilleux. Les étudiants savent tout sur la stratégie de Lisbonne, le cas Laval, la directive sur le temps de travail et la cadre de qualification européen. Que vouloir de plus ?

Blog de campagne (10)

13 mai 2009

Mardi 12 mai. Le soir, invitée par New (Namur-Europe-Wallonie) je suis confrontée aux autres partis. Miracle, un ange passe : tout le monde veut une Europe plus sociale. Comme pour tout texte législatif en Europe, dès la seconde lecture au Parlement il faut une majorité qualifiée (environ 2/3 des députés), mieux vaut être ensemble que contre ! J’enregistre donc que pour tous les partis démocratiques il faut réguler le marché financier, éliminer les paradis fiscaux, contrôler les agences de notation et supprimer les parachutes dorés. La bouche en cœur ! On a oublié de mentionner les rémunérations des dirigeants et personne ne s’est indigné des augmentations salariales que viennent de s’octroyer les dirigeants de Dexia : Jean Luc D. est donc passé entre les gouttes- qui l’eut cru ! Mais c’est vrai que je pouvais difficilement m’indigner contre le MR représenté par Gérard Deprez, sachant que sur toutes les questions de liberté et d’immigration, il a pris des distances abyssales avec son parti. Et qu’il a voté contre la directive sur le refoulement des immigrés qui permet une détention allant jusqu’à 18 mois et, dans des circonstances exceptionnelles, celle de mineurs. Avec certains autres candidats du MR l’affrontement aurait tourné au pugilat. Avec Gérard, c’est compliqué : attaqué sur l’environnement par le parti européen auquel il appartient, il me répond : – même pour l’Arctique, j’ai voté comme toi ! – Dis Gérard, le PS, cela ne te tente pas ? Quoique nous différons tout de même sur la Turquie (il est contre l’adhésion), sur les libéralisations etc. Mais manifestement, les organisateurs n’avaient pas voulu agiter le chiffon rouge et l’ambiance était bon enfant.

Mercredi 13 mai. Ce matin, le casse tête de l’agenda. Pendant trois heures, dans une ambiance bien plus tendue que celle d’hier soir à Namur, MC et moi discutons de l’agenda. Ca, c’est le grand trou noir de la campagne, qui aspire toutes les énergies. Les choix à faire sont fatalement cornéliens. Et j’avoue ma faiblesse : 1) je veux avoir le dernier mot sur les parcours 2) je refuse une stratégie strictement marketing politique. Du style : – Comment, tu vas là ? Mais il y aura tout au plus une vingtaine de personnes. Alors qu’à 100 km de là, on présente sur une estrade, en rang d’oignons, tous les candidats, muets mais souriants, comme dans une distribution des prix – mais cela devant 300 personnes. Alors c’est vrai que l’on n’a pas le don d’ubiquité, c’est vrai que les militants qui ont réussi à mobiliser 300 personnes sont héroïques et que nous élus, nous leur devons notre mandat. Mais les vingt autres, dans des petits villages sont souvent aussi héroïques et cela vaut le coup, non seulement d’y passer mais de s’asseoir, de discuter, de rigoler. L’agenda est donc un moment de tension intense où des logiques différentes s’affrontent. Je sais que le jour où je verrai dans chaque visage un électeur potentiel et non un être humain, il vaudra mieux que je plie bagage. Enfin, de discussions en compromis, on finit par définir un agenda « provisionnel ».

Et puis à 13h00, je me précipite devant la TV. Intéressant la TV. J’ai droit au voyage du Pape, à la grève des TEC, à l’affaire politique D.F. Mais de tout cela qu’est-ce que je retiens : l’élaboration des repas des malades à l’hôpital de la Citadelle. Et sans doute, cette explication de la « gastronomie » hospitalière est-elle celle qui a touché le plus de monde. C’est vrai que pour un malade, l’heure des repas constitue -surtout pour ceux qui n’ont pas de visite- un événement. Les repas scandent la journée. Pendant des décennies ils ont été franchement dégueulasses, du style : le soir deux tranches de pain blanc rassis, avec un bol de café au lait et un peu de fromage blanc. Depuis très jeune, j’ai passé beaucoup de temps dans les hôpitaux. D’abord l’hôpital St Pierre à Bruxelles, puis le centre des tumeurs de Bordet, puis le CHU et bien d’autres. Je crois qu’avant l’âge de trente ans j’ai passé plus de temps allongée que debout. Et on m’avait dit : – à vingt cinq ans vous serez en dialyse, surtout pas d’enfants, ne vous fatiguez pas etc. Heureusement la médecine (comme la psychologie !!) ne sont pas des sciences exactes, et grâce à de bons gynécologues, de bons urologues et près de 15 opérations (non, non Michel pas les yeux quoique que tu aies raison et que j’y songe sérieusement !!!) j’ai deux filles superbes, je vis toujours (et oui !) et je travaille près de 17 heures par jour. Mais toutes mes pensées allaient ce midi à ces amis et ces amis dans les hôpitaux, à ceux qui ont réchappé et ceux que j’ai perdus. Je me souviens encore, et nous avions toutes les deux 28 ans, d’une amie à Bordet qui luttait contre un cancer du colon. Chaque matin, alors que moi je ne parvenais pas à déjeuner, elle disait : – Je veux vivre, je me force. Et devant moi, médusée, elle mettait 17 morceaux de sucre dans son café noir – Je veux tenir, ajoutait-elle. Elle n’a pas tenu hélas, mais d’autres si. Je me souviens aussi d’une autre amie qui se plaignait comme moi, dix ans plus tard à Liège, de souffrances inexpliquées. Nous attendions dans le couloir, en petites chemisettes d’hôpital, attachées dans le dos, à moitié nues devant les box de consultation. Je sors la première du box, elle m’interroge : – Et alors ??? Qu’est-ce qu’ils disent ? – Ne savent pas. Le stress ? Elle ressort un peu plus tard : – Et toi ? – Hystérie ! Tu te rends compte ? Ils me traitent d’hystérique. On a découvert à l’hystérique un cancer de l’ovaire et à moi un cancer du rein et nous en sommes sorties toutes les deux, fort heureusement. Mais le monde de l’hôpital a été pour moi une extraordinaire école de vie. Et de mort. Car c’est là que je me suis affrontée à la mort. D’où mon combat pour l’euthanasie. C’est là aussi, dans ces salles communes pour femmes telles qu’elles existaient encore dans ma jeunesse, que j’ai plongé, la tête la première, dans une solidarité féminine qui ne m’a jamais quittée. Toutes les sociétés humaines se ressemblent. En temps de guerre comme en temps de paix. En politique, comme à l’hôpital. On trouve le meilleur et le pire. Mais je garde de ces longues années un rejet viscéral contre toute idéologie de la souffrance. Non, la souffrance ne grandit personne. Pas plus dans l’accouchement que dans la mort. Oui, les soins palliatifs et l’euthanasie ont été une des plus grandes victoires de notre civilisation. Et oui enfin, les coiffeurs, les manucures, et des repas soignés dans les hôpitaux sont une avancée majeure, à condition que ce soit pour tous. La mort fait partie de la vie. Voilà à quoi me faisait penser le JT de ce midi. Ce soir, présentation des candidats à Grivegnée…

Blog de campagne (9)

12 mai 2009

Dimanche 10 mai. Aywaille et ma tête de grenouille. Comme d’habitude j’arrive à la rencontre avec des pieds de plomb tant je suis fatiguée et comme d’habitude, il ne me faut pas dix minutes pour retrouver le moral : j’ai l’impression d’être un papier buvard. Je vis en absorbant la sympathie et l’espoir des autres. Ils me donnent un courage fou et ils sont ma boussole. En les écoutant je sais pourquoi, un beau matin je me suis dis : je reviens à la politique. C’est maintenant ou jamais. J’ai le plaisir de croiser là une candidate dite d’ouverture, remarquable : le docteur El Kayat. Son mari, un de mes anciens collègues à l’Université, vient de partir en Palestine. C’est étonnant de la retrouver sur nos listes, mais ce n’est pas un hasard : quand les chemins se croisent sur le tard en politique, c’est la trace d’engagements profonds et parfois très anciens qui remontent à la surface et deviennent irrépressibles. Je trouve à Aywaille un GB ouvert et, honte à moi qui me suis toujours opposée à l’ouverture des grands magasins le dimanche, j’avoue que je m’y précipite et entasse dans le caddy des boîtes de chat, de chien, des salades, des crevettes, des cocas light et des petites crasses en tout genre. Puis je redescends place St Lambert d’où s’ébranle, en début d’après-midi, une marche vers le centre fermé de Vottem dont on « fête » les 10 ans d’existence. Une honte. Et dire que l’Europe a accepté la directive retour qui autorise des détentions allant jusqu’à 18 mois et aussi des détentions de mineurs. Comment pouvons-nous encore accepter une Europe forteresse, refermée sur ses acquis, alors que les candidats à l’immigration se noient au large des côtes de Lampedusa ? Des tas d’amis et de connaissances gravissent avec moi, sous un soleil de plomb, la côte qui mène à Vottem. Et notamment un collègue universitaire qui a rejoint une liste d’extrême gauche. – Pourquoi, finalement ? Tu t’es fait enrôler ? – Non, mais je me disais qu’il était temps. Quand on voit l’évolution du monde, on ne peut plus se contenter de faire de la politique dans un bureau. C’est marrant parce que je partage son sentiment d’urgence : il y a un contrat social à remplir. A chacun de voir comment l’assurer au mieux.

Le soir, je décide de rentrer à la maison. C’est trop. Il faut souffler un peu, défaire les valises toujours dans le couloir depuis le retour de Strasbourg, trier les papiers, faire les factures. Je mourrais pour un vrai bol de soupe où nagent les légumes ! Je prends quelques notes et consulte ma montre : il est déjà minuit.

Lundi 11 mai. Vite, je rejoins Bruxelles… et Robert ! Robert c’est le coiffeur du Parlement européen. C’est lui qui officie au rez-de-chaussée ; et c’est son équipe qui ne met que trente minutes, montre en main, pour un brushing. J’aime beaucoup Robert. Quand il ne travaillait pas encore dans l’institution, il organisait de temps à autre des coupes gratuites pour les SDF. Quand M.C a sorti son livre sur les sectes et les lobbies à l’assaut de l’Europe, il en a donné un exemplaire à Robert qui a passé ses vacances à le lire. – J’ai eu dur au début à cause des mots, disait-il, mais c’est intéressant. A mon tour, je lui ai dédicacé mon livre sur la flexibilité au travail. Je soupçonne d’ailleurs tous les députés de faire de même et il doit avoir une bibliothèque impressionnante. Mais son rêve, c’est de rencontrer un jour Elio. Notre Président le fascine. Robert prétend qu’il lui donnera des conseils pour reconquérir les indépendants, qu’il sait ce qu’il faut faire. A quand une coupe pour Elio ? L’après-midi, « chat » d’une heure organisé par la Fondation Roi Baudouin, avec des jeunes, puis le soir, réunion dans le Limbourg, près de Verviers. Les gens de Dison avec lesquels j’étais allée à Audincourt sont là aussi. C’est très gai et bien organisé par les MJS : la relève a l’air assurée !

« Tous des enfants d’immigrés ! »

12 mai 2009

Pour lire la suite de l’article paru dans Le Soir cliquer sur le texte : Liège. Manifestation pour les dix ans du centre fermé de Vottem… On les a connus plus nombreux : mille personnes environ ont répondu ce dimanche à l’appel du Collectif de résistance aux centres fermés pour étrangers (Cracpe) pour marcher vers le centre fermé de Vottem et célébrer ses dix années d’existence…