Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

« Tous des enfants d’immigrés ! »

12 mai 2009

Pour lire la suite de l’article paru dans Le Soir cliquer sur le texte : Liège. Manifestation pour les dix ans du centre fermé de Vottem… On les a connus plus nombreux : mille personnes environ ont répondu ce dimanche à l’appel du Collectif de résistance aux centres fermés pour étrangers (Cracpe) pour marcher vers le centre fermé de Vottem et célébrer ses dix années d’existence…

Blog de campagne (8)

11 mai 2009

Vendredi 8 mai. Le soir à Liège, la fête de l’Europe a été un succès. Un succès un peu assourdissant, vu la sono qui freinait les échanges politiques, mais un vrai succès festif. Tous mes interlocuteurs un peu gênés me faisaient répéter : – Quoi, excusez-moi, j’ai une mauvaise oreille ? – Mais non, c’est la sono, c’est normal ! – Quoi ? Qu’est-ce que vous dites ? – Je dis que c’est normal ! Benoît Hamon, venu représenter le parti frère français me demande, assez ahuri : – c’est toujours comme ça chez vous ? Oui c’est toujours comme ça quand c’est la fête. Et on a besoin, au début d’une campagne, de recharger les accus. Moi, je les ai rechargés immédiatement lorsque j’ai été abordée par trois jolies jeunes filles : – Vous ne nous reconnaissez pas ? – Attendez…des étudiantes ? – Mais oui, vous nous avez donné cours cet après-midi ! Vous ne sous souvenez pas ?? Là, c’est vrai, je tombe des nues. Je les ai quittées il y a à peine deux heures mais l’enseignement et la politique sont des compartiments tellement étanches pour moi que j’ai peine à faire la connexion ! Je leur demande : – Ca va le cours, ça vous intéresse (la stratégie de l’emploi au niveau européen) ? Elles répondent : – Oui. Parce qu’on découvre. On ne connaissait vraiment rien, rien de tout cela. Et elles ont raison, avant d’être députée européenne, bien que dans des circuits de recherche européens depuis 69, je ne connaissais quasi rien du fonctionnement de l’Europe.

Après la fête, avec Hamida, Sophie, Jean-François et Marcel, on va manger un couscous chez Rabah. Depuis qu’ils ont hébergé et aidé le doctorant palestinien Khaled, venu passer sa thèse à l’ULg pendant l’intervention militaire à Gaza, les patrons du restaurant sont devenus de vrais amis.

Samedi 9 mai. Le matin, réunion de campagne et constat très sévère : on a les affiches, la pêche et les tee-shirts, mais l’organisation est encore un peu artisanale. On va améliorer, mais il faut plus de troupes et ici, on se compte sur les doigts de la main. Pas encore au point sur la question du transport et la décentralisation. Mais le moral est d’acier.

J’ai un coup de cœur dans l’après-midi en « défilant » au Sauvenière dans des vêtements de récupération. L’événement était organisé par les Femmes prévoyantes socialistes. Tous les politiques étaient invités à monter sur scène, dans une parodie de défilé. Mais les costumes étaient superbes et colorés. Jean-Claude M. ouvrait la marche, dans un pourpoint grandiose avec un chapeau citrouille sur la tête : on aurait dit le roi Ubu. Véronique C. écolo et mince comme un fil, aurait été irrésistible dans n’importe quoi. Mais elle avait en plus le plus joli vêtement : une salopette XXL rayée, avec des bretelles et un tout petit buste ajusté. Je reçois quelque chose d’assez digne mais sobre : pantalon large, blouse à pois et deux grands tabliers superposés. J’ai l’air d’une Bécassine ! Sur scène, je me paie le luxe d’un petit striptease en laissant tomber, un à un… les tabliers. Visiblement, le striptease n’est pas très pro, mais on rit de bon cœur !

En fait, depuis toujours je suis amoureuse des tissus. Jeune et fauchée, j’ai habité dans un quartier d’Ixelles à côté des « Petits Riens ». Ou, pour être plus exacte, c’est en allant « Aux Petits Riens » que j’ai découvert un logement à louer. Presque tous les jours, j’attendais avec les femmes du quartier l’ouverture des battants des grandes portes à 13h30. A ce moment précis, sous la poussée de la foule, nous courrions dans la salle aux vêtements. Ceux-ci étaient jetés en vrac dans des cageots en bois, par catégorie : jupes, vestes, vêtements d’enfants, chaussures etc. Nous avions des paniers pour les enfourner. Les prix étaient dérisoires. Mes filles ont toujours été habillées comme des petites princesses. Quant à moi, je recoupais, recousais et assemblais des vêtements divers sur une vieille Singer à pédale que j’ai toujours gardée et dont je me sers encore aujourd’hui. Jusqu’à l’âge de 35 ans, j’ai fait mes vêtements moi-même. Après, plus le temps ! Je n’arrivais pas à la cheville des artistes des FPS mais j’avais sans doute plus d’originalité dans l’habillement qu’aujourd’hui. Je suis devenue un peu OGM : biodiversité en danger. Donc, gros coup de cœur pour les FPS et leur sensationnel défilé !

Le soir, je remonte à Bruxelles où je donne, avec deux candidates à la Région à Bruxelles, Sfia Bouarfa et Catherine Moureau, une fête. Beaucoup de femmes marocaines, une atmosphère très gaie. Là encore la sono va trop fort. Philippe M. le père de Catherine vient nous soutenir. Il rappelle qu’il a été mon professeur d’histoire, tout au début de sa carrière : c’est vrai, je lui dois beaucoup. Sfia est fabuleuse. Nous étions parties ensemble en Irak juste avant la guerre et Jean Cornil était de la partie. Mais la guerre était proche et aucun avion ne décollait de Bagdad : il fallait rentrer par jeep, en regagnant Aman à travers le désert. On avait trouve un véhicule mais le conducteur roulait comme un fou. Jean interloqué s’informe – Qui vous a appris à conduire ? L’autre – Mon père ! On continue en silence, en pleine nuit, terrorisés. Puis, petit choc, embardée, Sfia crie – C’est quoi ? Imperturbable, le chauffeur annonce – C’est un chat ! Sfia hurle, exige qu’on s’arrête, dit qu’elle est malade. Elle bondit hors de la voiture, vomit sur le bas côté de la piste et jusqu’à Aman, pour calmer son angoisse, explique à Jean des recettes de cuisine. De Bagdad à Aman, j’ai avalé mentalement toutes les recettes de Sfia qui meublait le silence en me soufflant de temps en temps – ce type est une vraie brute, il va nous tuer. Il ne nous a pas tués, mais roulés oui, puisqu’il nous a laissés au bord de la route, à l’entrée d’Aman, à quatre heures du matin, en refusant d’aller plus loin. C’était en 2002 j’en garde un souvenir impérissable et une amitié sans faille pour Sfia. Catherine, je la découvre. Médecin généraliste, généreuse, très chouette. Pendant la soirée, un camarade m’aborde : vous ne me reconnaissez pas ? Non, excusez-moi. – Caterpillar. La délégation syndicale de Caterpillar. Quand vous êtes venue chez nous faire une étude sur le stress !? Si je me rappelle ? Bien sûr que je me rappelle. Mais voilà deux fois en deux jours que mon passé professionnel rejoint soudainement le politique. Je me souviens tout à fait de lui et de sa délégation, mais le retrouver dans cette soirée, à Bruxelles, c’est une vraie surprise. Retour à Liège vers deux heures du matin.

Dimanche 10 mai. Lever six heures trente. Je suis verte, gonflée, avec des poches sous les yeux : j’ai une tête de grenouille, mais heureusement il ne pleut pas ! Le soleil pointe même son nez ce matin où je suis invitée à faire une intervention pendant le petit déjeuner à l’USC d’Aywaille… à suivre.

Blog de campagne (7)

8 mai 2009

Vendredi 7 mai. Les élections sont dans un mois. Et j’émerge. Pas un blog depuis quelques jours : je n’ai pas pu ! À Strasbourg, on a toujours la tête sous l’eau. Il faut savoir garder son souffle, tenir. Et quand on refait surface, c’est avec les poumons prêts à éclater. Pourquoi ?

. D’abord parce que physiquement l’atmosphère est irrespirable. Je ne sais vraiment pas ce qu’ils mettent dans l’air conditionné, mais dans cette immense bulle de verre qui accueille des milliers de personnes, les trois quarts font des allergies. En moins d’une demi-heure j’ai les yeux qui me sortent de la tête, j’éternue par rafales et je me sens asphyxiée avec un début de crise d’asthme. Je ne suis pas la seule, tout le monde se plaint. C’est un moindre mal car Strasbourg, heureusement, c’est aussi autre chose.

. Parce que le volume de travail est considérable ! Quatre jours sans respiration, de huit heures à minuit. On court de réunion en réunion, on peaufine les compromis et quand on vote, c’est parfois des milliers d’amendements trois heures durant. Il m’est arrivé (chut !!!) de tomber endormie quelques minutes au milieu d’un vote -les antihistaminiques ont des effets ravageurs- et d’être réveillée brusquement par les coups de coude de mes deux voisins : à gauche, Alain Hutchinson, à droite, un Hongrois très paternel, Fasakas, qui tous deux veillent sur moi.

Cette session cependant était particulière. Sur le plan politique, elle était tendue. Plus question de compromis et la droite a marqué sa supériorité numérique :

- le rapport de la socialiste Edith Estrella, sur le congé parental (maternité/paternité) après accouchement a été renvoyé à la prochaine législature. C’est un échec pour nous,
- plusieurs rapports sur l’immigration ont été adoptés : ils ne sont pas franchement mauvais, mais les socialistes perdent presque tous leurs amendements, notamment sur les soins de santé aux clandestins,
- le rapport sur les droits de l’homme du socialiste espagnol Obiols passe haut la main,
- la condamnation des propos du pape sur le préservatif en Afrique est malheureusement balayée. Etc.

Pas de cadeau. Et on imagine un Parlement encore plus à droite à la prochaine législature ? Mes chers amis, de grâce, un sursaut !

Pour le reste, des petits miracles comme à chaque session. D’abord la longue visite d’un groupe de MJS de Verviers, mené par Malik. Ils ont vécu au même rythme que nous, c’est-à-dire au galop. Très gais tous et très intéressés. Autre petit miracle, le dernier «petit déjeuner de la Libre Pensée» de cette législature: on dresse ensemble les lignes de force d’une Europe laïque.

Le soir, dîner de célébration des parlementaires du groupe socialiste qui nous quittent. Beaucoup, et parmi les meilleurs, s’en vont. Parfois volontairement, mais ce n’est pas toujours le cas…

Au milieu du rush… mercredi en fin d’après-midi je suis revenue à Bruxelles pour le match Palestine-FC de Molenbeek, organisé pour le 60ème anniversaire de l’UNRWA. Course contre la montre pour arriver à temps : je rejoins les organisateurs sur la pelouse quelques minutes avant le coup d’envoi. Rencontre sportive émouvante. Oui, les Palestiniens ont perdu le match, mais ils ont gagné dans les cœurs. Comment s’entraîner ensemble, avoir une stratégie d’équipe, quand d’un village à l’autre des voisins peuvent à peine se parler ? Coup de chapeau à Philippe M. pour cette organisation. Je dors avec mon petit balluchon chez L. et réussis à me retrouver le lendemain à Strasbourg à 11h, bien avant les votes. Dure journée, à peine les votes terminés je reprends le train pour une émission sur France Inter «Le téléphone sonne». Gare du Nord, 22h00, plus de train pour Liège, seulement pour Bruxelles où M. m’attendra en voiture pour regagner la maison. Dodo à 1h30.

Debout ce matin à 6h30. Coiffeur. Oui. Crevée d’accord, moche non ! Avant la grande fête de l’Europe ce soir, trois heures de cours à l’ULG. Au programme : la directive service, la directive temps de travail, le cas Laval, la directive sur le détachement des travailleurs et la clause sociale horizontale.

Ça ne vous dit rien ? Attention, l’examen est… le 7 juin !!!

Je plaisante bien sûr. Pour les étudiants, l’examen a bien lieu, mais une semaine après les élections.

Congés de maternité : « L’attitude de la droite est indigne » disent les socialistes !

6 mai 2009

Les eurodéputés socialistes ont dénoncé aujourd’hui « l’archaïsme » et le « conservatisme » de la droite qui s’est opposée au vote d’une proposition de loi européenne visant à allonger les congés de maternité en Europe.

« La droite a montré aujourd’hui son vrai visage en trahissant le bien-être de millions de femmes qui aspirent à concilier leur vie familiale et professionnelle. Nous ne partageons visiblement pas la même conception de la société » a déclaré Martin Schulz, le chef de file des eurodéputés socialistes.

« L’Union européenne cherche à moderniser une réglementation vieille de 17 ans et largement dépassée », explique Edite Estrella, eurodéputée socialiste et rapporteure du Parlement européen. « Mais quand vous avez une majorité de droite au Conseil des ministres, à la Commission européenne et au Parlement européen, il est visiblement très difficile de faire évoluer les mentalités et de faire avancer la cause des femmes », a-t-elle ajouté. « Pour les socialistes, l’intérêt et le bien-être des citoyens priment », a souligné la socialiste portugaise. Les eurodéputés socialistes promettent de faire de ce dossier l’une de leurs priorités pour la prochaine législature.

Blog de campagne (6)

4 mai 2009

Dimanche 3 mai. Barbecue géant à la FGTB à Namur. La veille, on avait eu à Namur un débat intéressant avec Joël et des jeunes socialistes européens venus de l’étranger. Mais aujourd’hui, c’était la toute grande fête, 600 personnes, syndicalistes et socialistes confondus. L’action commune, quoi ! José D. fait un discours décapant. Il exécute avec humour mais aussi à travers une analyse politique impitoyable, les trois grandes familles «partenaires», libéraux, écolo et cdh. Non pas que les socialistes soient parfaits -loin de là- mais sur le plan de la crise, les bonnes réponses sont de notre côté. Quant à nos crises… on les a, espérons-le, surmontées. En tout cas, Namur est chauffée au rouge ! Les femmes sont à l’honneur : Eliane introduit les candidats régionaux avec un discours musclé et Valérie présente l’Europe et Jean-Claude M. Quant à Jean Charles L., 1er à la région, il ne cause pas mais José le décrit comme sérieux, avisé, plein d’avenir et… espiègle !! Les espiègleries de Jean Charles elles aussi font partie du passé, la page est tournée et il en rit le premier. Pendant toutes ces présentations, des seniors jouent les pom pom girls et déchaînent la salle. Les jeunes socialistes européens médusés regardent le spectacle des tribunes à l’étage. Une jeune roumaine me confie après : «c’est drôle, chez nous les réunions politiques c’est beaucoup plus figé : on est très sérieux!» Et bien nous, manifestement, on ne l’est pas. En tout cas pas dans la forme. J’entraîne Eliane, Valérie et les autres candidates à une danse endiablée et oh malheur, M. fait une vidéo avec son mobile. Je crains le pire… avec un peu de chance, si j’arrive à la mettre sur mon site, vous comprendrez ! ;-)

J’explique aussi à Valérie la bévue de la liste des cartes. Très grande dame, elle me dit de ne pas m’en faire. Mais la solution est déjà partiellement trouvée. Pour jeudi, j’aurai un nouveau jeu et on collera des étiquettes sur les anciennes. Toutes les petites mains sont les bienvenues car c’est un travail de bénédictin !

Vendredi c’est la fête de l’Europe à Liège et tout doit être rentré dans l’ordre. Avec Valérie, on projette une tournée des marchés avec les femmes de la liste européenne : j’écris aux candidates demain matin, avant le départ pour Strasbourg. La dernière session de Strasbourg va être lourde puisqu’il faut gérer de front le travail parlementaire et la session : je ferai un saut jusqu’à Bruxelles mercredi soir pour assister au match Palestine-FC de Molenbeek, avant de revenir jeudi matin à Strasbourg pour voter et repartir l’après-midi à Paris pour une émission sur France Inter. Retour prévu le même jour à Bruxelles, puis Liège. Il y aura très peu de temps pour souffler ! C’est pourquoi aujourd’hui à Namur, c’était vraiment une bouffée d’air frais. Déconner cela fait beaucoup de bien parfois. Demain, dès qu’il verra les valises, le chien comprendra et sera insupportable jusqu’au départ : il sait qu’il va être «placé» et a peur d’être abandonné. Quant au chat, le voisin s’en occupe. Les bêtes aussi détestent quand je parts…

Blog de campagne (5)

3 mai 2009

Dans toutes les campagnes, il y a des tuiles. La tuile d’hier c’est à Namur qu’elle m’est tombée sur la tête, à la manifestation organisée par les Jeunes PSE et les Femmes Prévoyantes Socialistes. Hamida, de mon équipe, ne connaît pas encore la candidate namuroise Valérie Déom 6ème effective sur la liste européenne. Elle cherche donc son nom sur la liste de nos cartes postales. Et ne le découvre pas! Le nom de Valérie a tout simplement été escamoté à l’impression. Sueurs froides. L’ordinateur est dans la voiture au parking. On se précipite pour voir sur les mails envoyés à l’imprimeur quelle est la liste que j’ai transmise… ouf, c’est celle qui apparait bien sur le site du PS, avec le nom de Valérie. C’est déjà une bonne nouvelle. Et heureusement, seul un jeu de quelques cartes postales a été distribué, uniquement à Liège, et uniquement dans la journée du 1er mai. Pour le reste, il va falloir corriger le tir. En attendant, pour le barbecue de la FGTB à Namur demain, ce sera une correction manuelle : pas moyen de faire autre chose. Et j’irai présenter mes excuses à Valérie. Donc j’insiste : Valerie Dom est 6ème effective sur la liste européenne et on peut voter pour tous les candidat(e)s !!!

Heureusement, il n’y a pas que des tuiles. La rencontre de Rocourt était une grande réussite. Rocourt est toujours très chaleureux. Roland a présenté les candidats avec sa gentillesse habituelle, mais j’étais contente de retrouver enfin Monique H. Après un an et demi de maladie et une opération très délicate aux cervicales, elle revenait enfin à la vie politique et avait repris le travail. Sa fille M est devenue une superbe jeune fille. C’est là que l’on voit le temps filer! J’ai dans mes archives, une photo de M. devant une de mes affiches qu’elle avait collée à Rocourt. Je commençais en politique, je n’avais aucune aide, aucun «système» derrière moi et M. était ma première fan: elle ne collait disait-elle à six ans, que pour les femmes! En terme de «système» je n’ai pas fait de bond spectaculaire, mon cercle s’est un peu agrandi, je ne suis plus toute seule. Ce qui n’est pas le cas de tous les candidats. Ce qui n’est pas le cas d’Irène Hody, 8ème suppléante à la région. Irène me racontait qu’elle était rentrée épuisée de sa journée du 1er mai, les pieds terriblement enflés (tiens, tiens! Elle aussi!) et que personne ne l’attendait à la maison: elle est veuve. Elle était passée au GB pour s’acheter de la colle et une brosse et coller elle-même ses affiches. «Je ne suis que 8ème suppléante, mais je suis socialiste depuis toujours et je tiens à faire un score honorable». Elle est pleine de courage, une vraie militante, mais c’est très dur. «Quand ce sera fini, je te ferai un coq au vin» me dit-elle. Mes chers amis, vous ne pourrez sans doute pas tous goûter le coq d’Irène, mais elle m’en a donné hier la recette :

Le coq au vin d’Irène :
- d’abord choisir un bon, un vrai coq
- rissoler les lardons (fumés de préférence) avec des oignons, réserver
- rissoler le coq découpé en morceaux avec moitié beurre, moitié margarine et flamber au cognac
- dans une grande marmite, remettre lardons, oignons et coq découpé, poivrer, saler
- ajouter un bouquet garni et «inonder» d’un bon vin rouge. Rouge surtout !
- laisser mijoter au moins deux heures (feu très doux)
- en fin de cuisson, sortir coq et assortiments et tenir au chaud
- lier la sauce avec un beurre mariné
- ajouter des champignons préalablement cuits
- rectifier assaisonnement
Le vin idéal= vin du Beaujolais, Morgon ou Fleurie.

Voilà ce qui se griffonnait sur un bout de table hier à Rocourt, et en la voyant écrire sans hésiter, j’ai eu l’impression qu’Irène savait très bien cuisiner : à vous de tester !

Blog de campagne (4)

2 mai 2009

Le 1er mai. Pour ceux qui fantasmeraient encore sur des politiciens -il y en a peu mais ça existe- désolée de vous décevoir. La réalité est cruelle. J’avais mis le réveil à 6 heures du matin pour quitter la maison à 7 heures et prendre le petit déjeuner à Ougrée chez Alain O. Les petits déjeuners du 1er mai sont une grande tradition socialiste : on fait le tour des fricassées, d’une commune à l’autre, avant d’aller défiler. Mais la veille, le retour avait été tardif : aux environs de deux heures du matin. Car une autre tradition veut qu’il y ait des veillées du 1er mai : les candidats en campagne sautent ainsi d’une soirée à l’autre pour se présenter et serrer des mains. En rentrant, comme aurait dit ma grand-mère paternelle, la flamande, « je n’aurais plus dire pap ! ». En fait, j’étais lessivée. Je crois mettre le réveil sur alarme et, acte manqué, j’oublie d’activer la sonnerie. À 7 heures moins le quart, réveil spontané et grognement. «  Il fait clair. Quel jour on est ? Le premier mai ? » Et tout à coup le franc tombe « Au secours, on démarre dans un ¼ heure ! » Un quart d’heure pour se lever ? Mais c’est fou : il me faut au moins une heure et demie. Je me rue sur les vêtements de la veille, les enfile à la hâte, tire mes cheveux en queue de cheval et nauséeuse, m’installe dans la voiture : je me maquillerai en roulant. Le retour, tout aussi folklorique. Il n’est que dix heures du soir mais je suis debout depuis 7 heures. J’ai si mal aux pieds, juchée sur mes hauts talons, que je ne parviens plus à avancer. À peine à la maison, je prends un bain de pieds, un verre de vin à la main, en lisant « Un européen à travers le siècle », d’un auteur néerlandais que je découvre. Et c’est alors seulement, les pieds dans l’eau, que défilent à nouveau les images de la journée. La prise de parole de Juju sur le kiosque. Ça, ça mérite le détour. Il faut savoir que depuis des années, le scénario du 1er mai est le même : mes collègues de l’exécutif nous concoctent des prises de parole…strictement masculines. Bien sûr la parole n’a pas de sexe, et pourtant… Donc, chaque année ils tombent littéralement des nues quand on leur fait remarquer notre absence. Oui mais, répondent-ils sur la défensive, la logique n’est pas celle-là : c’est l’action commune, c’est nos ministres, c’est nos têtes de liste etc… Et là ? Pas ou presque pas de femmes, comme c’est curieux ? Finalement, c’est Juju qui a été retenue, ce qu’elle a très bien fait. Elle n’est pas tombée dans le piège qui aurait consisté à ne parler que des femmes -comme si les femmes ne pouvaient parler que de ça- et en plus, elle a eu des mots très gentils pour les muettes sagement alignées au premier rang du kiosque. Suite du prochain épisode au kiosque ? Le 1er mai prochain !

La tournée des barbecues et fêtes de quartier a été, là aussi comme d’habitude, la partie la plus chaleureuse. À Bressoux, ma section, on a réussi un barbecue de près de 200 couverts : un succès. Jean-Pierre fait un discours choc à gauche, gauche, gauche : que c’est bon à entendre ! Je retrouve tous les amis, mais aussi des artistes : le réalisateur du film « Aller retour » (dernière projection le 3 mai au Churchill : courrez y ! ), « Marcelle M. » (ah ses collages, ses lectures de poème, ses filles et tout et tout). Bref, je me sens chez moi. Hassan et Hamida m’accompagnent partout, tout comme Marcel, Sophie et Jean François. Quand je croise les autres équipes, bardées de tee-shirts au nom du candidat, ou les parapluies de Maggy, je me dis que je devrais faire quelque chose, pas eu le temps. Et puis je trouve que mon matériel est bien. On l’a fait tous ensemble. D’abord le numéro spécial « Euro-Véro-News ». J’ai fait les textes, Sophie a rajouté des notes culturelles, Marcel a recherché des photos dans ses innombrables archives et ma fille m’a envoyé sa contribution : un Euroscope génial ! Là aussi il doit y avoir une différence de genre : Marcel a regardé cela d’un air inquiet « mais ça n’a rien de politique ? » Nous les filles on était mortes de rire. Allez, on va gagner. La trouvaille, c’est Marcel. En épluchant la montagne de photos qu’il a prises au cours de cette mandature, il a eu cette idée : 32 photos en « situation » transformées en cartes postales à distribuer : je suis au Liban, à Gaza, en train de planter des arbres fruitiers avec Charles Janssens, Elio me donne à la becquée des fraises de Wépion, je fais la cuisine etc. Mais de la distribution que j’ai faite aujourd’hui, je retiens que la photo sérieuse, voire sévère, où chaussée de lunettes je travaille à l’ordinateur, n’est pas très demandée. Heureusement que Marcel ne me mitraille pas ce soir, les pieds dans l’eau. Pourtant, la palme de l’originalité revient à Christie, avec ses fans aux ventres ronds (comme enceintes) et aux tee-shirts révélateurs : « nous portons l’avenir ». J’aurais bien aimé pour mon équipe… mais ça n’aurait pas été très crédible ! Bon 2 mai à toutes et à tous et à demain.