Véronique De Keyser

Conseillère communale à Liège

L’étau se resserre autour du docteur Mukwege

10 February 2015

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Dans une RDC traversée par la violence, le Sud Kivu ne fait pas exception. Région outrageusement riche en minéraux, dont le coltan et la cassitérite, favorisée par un climat exceptionnellement clément et une nature luxuriante, ce pourrait être un paradis. C’est un paradis pour les trafiquants de ressources minières, pour les rebelles réfugiés dans les collines, pour les bandes armées et les enfants soldats démobilisés qui pillent, violent et tuent. C’est un cloaque, c’est un enfer pour la population. On dit et on répète aujourd’hui que le viol est une arme de guerre. Celui qui n’a pas vu un ventre de femme traversé de part en part- vagin, utérus, vessie , colon -par un pieu, ou un ventre de femme à qui on a tiré une balle dans l’anus ou le vagin, ne sait pas ce qu’est la barbarie au Kivu. Celui qui n’a pas vu un bébé de dix huit mois, violée et complètement ouverte, laissée pour morte dans un champ, et que Mukwege essaie, comme on ferait de la dentelle, de reconstruire malgré tout, ne ne sait pas vraiment de quoi sont capables les hommes. Et c’est le quotidien à Panzi, où plus de deux cents nouvelles victimes entrent chaque mois, et où l’admission d’enfants violées a spectaculairement grimpé au cours du mois dernier.

En bâtissant l’hôpital de Panzi et ses nombreuses annexes ( Dorcas, la Cité de la Joie, le projet Victimes de violences Sexuelles), Denis Mukwege a voulu construire un espèce de phalanstère, comme les utopistes du XIX siècle. Un endroit protégé, où on soigne les corps et les âmes, où on réinvente la bonté, l’amour, les règles morales. Un univers complètement improbable, mais où les femmes victimes de viol ou d’agressions sexuelles, retrouvent la force de vivre. Et parmi ces femmes, les enfants violés. Et parmi eux aussi, les enfants nés d’un viol, parfois gardés par leur mère, parfois abandonnés à Panzi à cause de l’exclusion et de l’ostracisme qui les attend dans leur propre communauté..

Ces dernières semaines, l’étau se referme sur le Docteur Mukwege. Les menaces d’attentat se précisent. L’un a été déjoué pendant mon séjour la semaine dernière. Les suspects ont pris la fuite mais un tueur à gage bien connu est toujours réfugié à Bukavu. Denis Mukwege ne sort plus de l’enceinte de l’hôpital où il vit avec sa famille. En plus de sa garde personnelle, assurée depuis l’attentat dont il a réchappé il y a deux ans, la Monusco assure maintenant, dans l’hôpital même, sa garde rapprochée. Le gouvernement le soupçonne de vouloir jouer un rôle politique dans son pays, voire de se préparer pour les présidentielles de 2017 ; il l’accuse de fraude fiscale, pour n’avoir pas payé de taxes alors qu’il gère un hôpital privé, et gèle ses comptes bancaires. La route qui mène de Bukavu à l’hôpital n’est plus entretenue depuis longtemps, alors que c’est une route nationale. Durant la semaine qui vient de s’écouler, trois personnes y sont mortes et un car, contenant des enfants, a versé dans un ravin. Mais surtout la terreur s’installe et nombreux sont ceux qui conseillent à Denis Mukwege de s’expatrier- comme il avait du le faire après l’attentat qui avait coûté la vie en 2012 à son garde de corps. Le problème de l’exil, n’est pas celui d’un aveu d’échec. Mais c’est abandonner Panzi, ses femmes et ses enfants. Mukwege l’a déjà fait une fois, et ‘ses’ femmes se sont cotisées pour lui envoyer un billet d’avion. Pour le faire revenir. Et il est revenu avec des larmes dans les yeux. C’est ça aussi le miracle Panzi.

Aujourd’hui, Denis Mukwege alerte toute la communauté internationale non pas sur sa propre personne, mais sur ces femmes, ces enfants violés en toute impunité. Qui organise ces atrocités ? Qui les couvre ? Comment les stopper ? Quelle enquête indépendante mettre en place si le gouvernement se déclare impuissant ? Pendant mon séjour d’une semaine, trois bébés violés ont été opérés par Denis Mukwege, avec l’équipe du professeur Cadière de l’Université Libre de Bruxelles. J’ai assisté à la troisième de ces interventions : une petite fille de 18 mois. Avant de commencer l’opération, assis entre les jambes ouvertes du bébé, Denis Mukwege a croisé les mains et s’est recueilli pendant quelques minutes. Après, quand nous sortions de la salle d’opération, il me disait bouleversé – Mais comment tu expliques cela ? Comment peut-on faire cela à un enfant ? Mais dans quel monde vivons-nous ? Il faut que cela s’arrête !
Il faut que cela s’arrête avant qu’on arrête Mukwege.

L’utilisation des pires formes de travail des enfants dans la culture et la récolte des grains de cacao est inacceptable

15 March 2012

Le Parlement européen se prononcera ce mercredi sur la ratification de l’accord international sur le cacao de 2010. Si les socialistes et démocrates voteront en faveur de cette ratification, ils ont toutefois insisté pour y adjoindre une résolution ciblant la question du travail des enfants dans les plantations de cacao.

Cette résolution sera également soumise au vote ce mercredi. Elle condamne fermement l’utilisation du travail des enfants dans les plantations de cacao et appelle les gouvernements des pays producteurs de cacao, les industries du cacao et du chocolat, les organisations syndicales, les ONG et les consommateurs à prendre leurs responsabilités et à combattre toute forme de travail forcé des enfants et de trafics.

« Des études effectuées par l’Organisation internationale du travail indiquent qu’un nombre inouï d’enfants effectuent des activités dangereuses sur les plantations de cacao, particulièrement en Afrique occidentale d’où provient près de 70% de la production mondiale de cacao », a indiqué l’eurodéputé S&D Vital Moreira, auteur du rapport parlementaire en la matière.

« L’utilisation des pires formes de travail des enfants dans la culture et la récolte des grains de cacao est inacceptable. Par conséquent, l’éradication du travail des enfants de la production de cacao constitue un impératif moral. L’UE est un des plus grands importateurs mondiaux de grains de cacao et porte donc une responsabilité particulière dans ce combat. Nous demandons une traçabilité de bout en bout, depuis la récolte des grains jusqu’aux boutiques de chocolat à Bruxelles ou Genève. Pour réaliser cet objectif, nous demandons à la Commission européenne et à l’ensemble des partenaires de l’accord international sur le cacao d’étudier la création d’un mécanisme de traçabilité efficace pour la chaîne d’approvisionnement du cacao », a précisé M. Moreira.

« Dix ans après la promesse faite par les producteurs de chocolat de mettre fin à l’esclavage et au travail des enfants dans les plantations de cacao, très peu de progrès ont été réalisés », indique Bernd Lange, eurodéputé et porte-parole S&D chargé du commerce international.

« Le travail des enfants est illégal depuis l’entrée en vigueur en 2001 du premier protocole international sur le cacao. Cet accord appelait déjà à la mise en place d’un système de certification public permettant aux consommateurs de reconnaître à l’étiquette les produits « sans travail des enfants ». Toutefois, la majorité des efforts s’est concentrée jusqu’à présent sur l’analyse des conditions de travail. A présent, il est impératif d’avancer. Nous autres socialistes et démocrates, nous nous sommes battus pour l’intégration à l’accord de dispositions conformes aux principes de l’Organisation internationale du travail. Nous voulons être sûrs de leur application », a ajouté M. Lange.

« L’UE importe 80% de son cacao d’Afrique occidentale où 7,5 millions de personnes travaillent dans la production de cacao. Nous devons donc veiller à l’utilisation des ressources en faveur du développement des sociétés rurales, souvent dépourvues d’électricité, de services de santé ou d’accès à l’enseignement » a-t-il conclu.

Les trois principaux exportateurs de cacao (la Côte d’Ivoire, leGhana et l’Indonésie) ainsi que la Suisse ont déjà signé l’accord international sur le cacao de 2010. Pour son entrée en vigueur, l’UE a besoin du consentement du Parlement européen

L’eurodéputée Véronique De Keyser parle aux patients dans un hôpital à Lomé

29 November 2011

Véronique De Keyser (vice-présidente du groupe Socialistes & Démocrates, Belgique) parle aux patients dans un hôpital de Lomé (Togo, 20 novembre 2011). Les députés européens étaient là dans le cadre de la 22ème session de l’Assemblée paritaire parlementaire ACP prévue du 21 au 23 novembre. Le Bureau et les trois comités permanents (Comité sur les affaires politiques, commission du développement économique, des finances et du commerce et des affaires sociales et de l’Environnement) se sont réunis du 4 au 6 Octobre à Bruxelles. 2011. Elle était précédée par les réunions des trois commissions permanentes le 14 mai et du Bureau le 15 mai. La Session a adopté les trois résolutions des commissions permanentes ainsi que deux résolutions d’urgence sur le Côte d’Ivoire et sur l’impact des soulèvements en Afrique du Nord et au Moyen-Orient sur les pays ACP. Elle a également adopté deux déclarations sur le SIDA et sur l’efficacité de l’aide, ainsi que 42 amendements au règlement de l’APP.

Pour découvrir l’ensemble du programme, cliquer ici.

© European Union 2011 PE-EP / JOHANNA LEGUERRE

Le carnet de Colette Braeckman : “Les enfants accusés de sorcellerie mettent aussi la société en accusation”

23 June 2011

Les enfants accusés de sorcellerie mettent aussi la société en accusation

Durant une journée, à l’initiative de la députée Véronique De Keyser le parlement européen s’est penché sur la situation des enfants accusés de sorcellerie. Dans toutes les grandes villes du Congo et d’ailleurs, des milliers d’enfants sont aisni chassés de leur famille, désignés comme “sorciers” c’est à dire responsables des malheurs de leur famille sur laquelle ils auraient jeté un sort. Certains sont alors confiés à des sectes religieuses qui se chargent de les “guérir” le plus souvent en les maltraitant, d’autres rejoignent des bandes d’enfants des rues…De nombreuses interventions, livrées par , des praticiens de terrain comme Mithe Osumbu, présidente d’”Oser la Vie”, Roger Katembwe travailleur de rue à Kinshasa, Edwin de Boeve, président de “Dynamo International” ont expliqué la stigmatisation dont ces enfants sont victimes, leur imaginaire où se côtoient les mondes visibles et invisibles, tandis qu’un reportage présenté par Elisabeth Burdot a plongé l’assistance dans cet enfer quotidien. Bon nombre d’intervenants ont également mis en évidence le rôle des sectes religieuses, qui font oublier le quotidien au nom d’un au delà imaginaire, et certains ont rappelé que le manque d’éducation, la pauvreté étaient des facteurs aggravants. Mais surtout, il est apparu qu’entre l’Afrique noire et l’Europe, la frontière est bien ténue: ” ces enfants viennent ici, ils se trouvent déjà à Bruxelles” asséna Mithé “et il est urgent d’agir…

…Pour lire l’intégralité de l’article, cliquer ici.


Un colloque à l’intiative de Véronique De Keyser en présence, entre autres, de Marie Arena, Collette Braeckman…

Soutien à la démocratie : les actions concrètes de l’UE

28 April 2011


Véronique De Keyser lors de la mission d’observation électorale au Soudan. Le Sud du pays a tenu un référendum sur son indépendance en janvier dernier. ©European Union/Ezequiel Scagnetti

Pour soutenir la démocratie dans le monde, l’Union européenne ne se limite pas aux grands discours. Elle envoie des missions d’observation électorale, aide à la mise en place des institutions, défend les militants des droits de l’homme… Pour plus d’efficacité, la socialiste belge Véronique De Keyser veut dépasser les incohérences et les doubles standards qui fragilisent ces actions. Tour d’horizon des instruments européens en faveur de la démocratie.

« [L’Europe n’a pas fait] le choix de la promotion de la démocratie à ce jour », accuse Véronique De Keyser dans le document préparatoire à un rapport sur les politiques européennes de soutien à la démocratie. Elle a par exemple conclu des alliances avec des régimes dictatoriaux comme celui du colonel Kadhafi en Libye. « La stabilité que nous, Européens, avions privilégiée, ce n’est pas la démocratie », critique la socialiste. Elle milite pour un changement de paradigme dans les relations extérieures de l’Union.

Les élections, pivot de toute démocratie

L’Union européenne (UE) envoie des missions d’observation électorale dans les démocraties émergentes. Elles sont chargées de vérifier le bon déroulement du scrutin et d’avaliser – ou non – le caractère démocratique des résultats issus des urnes. En Côte d’Ivoire, 120 fonctionnaires et députés européens issus de 23 pays ont été déployés en novembre pour l’élection présidentielle. Ils ont supervisé 1 000 bureaux de vote, noté quelques irrégularités mais affirmé que l’élection s’était déroulée correctement du point de vue du pluralisme, de l’accès aux bureaux de vote, des risques d’intimidation…

Cependant, contrairement au cas ivoirien, « les fraudes électorales dénoncées par les observateurs n’ont pas toujours entraîné de réactions », déplore Véronique De Keyser. Pour renforcer la crédibilité de l’Union, il convient donc de mettre en accord analyse et action.

Renforcer la capacité des parlements

La démocratie se joue également dans l’arène parlementaire. Le Parlement européen aide ses homologues à trouver leur place dans le processus politique. Les assemblées parlementaires conjointes rassemblent députés européens et députés de pays tiers pour débattre des enjeux du moment. Il existe, par exemple, une de ces assemblées avec les pays du pourtour méditerranéen (Union pour la Méditerranée) et une autre avec les pays de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Néanmoins, leurs avis ne sont pas légalement contraignants et Véronique De Keyser appelle à ce qu’ils « percolent davantage dans les parlements respectifs ».

Par ailleurs, le Bureau pour la promotion de la démocratie parlementaire est une structure chargée, au sein du Parlement européen, de partager des bonnes pratiques et participer à la formation du personnel des parlements des démocraties émergentes. En avril, une délégation de hauts fonctionnaires de l’assemblée nationale mauritanienne a ainsi été invitée quatre jours à Bruxelles pour découvrir le fonctionnement de l’institution, rencontrer et échanger avec fonctionnaires et députés.

Cultiver un terreau fertile

La démocratie ne se limite pas aux institutions. Elle doit être portée par les populations pour perdurer. Les politiques de développement en faveur de l’éducation doivent être mises à l’actif de l’Union.

Le respect des droits de l’homme est aussi une composante essentielle. L’UE peut faire pression en cas de signature d’accords d’association ou d’accords commerciaux en introduisant une clause spéciale sur les droits de l’homme. Un instrument qui devrait être plus souvent mis en pratique, demande la socialiste belge qui regrette que sa violation ne soit qu’exceptionnellement sanctionnée. Elle demande que le pouvoir de contrôle du Parlement européen en la matière soit renforcé.

Enfin, l’UE fait pression de manière symbolique sur les régimes répressifs en soutenant la lutte des opposants politiques. Le Prix Sakharov en est un exemple : chaque année depuis 1988, le Parlement le remet à un dissident qui s’est illustré dans sa lutte pour la liberté de l’esprit.

Le rapport de Véronique De Keyser devrait être voté en commission des affaires étrangères le 6 juin.

Pas moins de 129 résolutions initiées et co-écrites par Véronique De Keyser depuis le début de cette 7ème législature !

7 April 2011

Durant cette nouvelle session plénière au Parlement européen à Srtasbourg, qui a lieu du 4 au 7 avril, l’eurodéputée Véronique De Keyser est toujours aussi active. Pour entendre les positions de l’eurodéputée sur la Côte d’Ivoire, la Syrie, le Bahreïn et le Yemen, cliquer sur l’onglet vidéos en haut de la barre de navigation.

Véronique De Keyser présente aussi six résolutions qu’elle a co-écrites:
– Résolution sur les violences sexuelles faites aux femmes dans les conflits de l’Afrique du Nord et du Proche-Orient,
– Résolution Syrie, Bahreïn et Yemen,
– Résolution Côte d’Ivoire,
– Résolution Zimbabwé,
– Résolution Tibet et élections du gouvernement Tibétain en exil au Népal,
– Résolution sur le cas d’un opposant chinois Ai Weiwei…

Pour avoir accès à leur contenu, comme aux nombreuses autres résolutions – pas moins de 129 à ce jour ! – initiées et co-écrites par Véronique De Keyser, depuis le début de cette 7ème législature, cliquer ici.

15 juin 2011, une date à bloquer !

15 February 2011

Dans la continuité de sa conférence publique sur « Les soins de santé en Afrique sub-saharienne » du 9 décembre dernier, et à la veille de la «Journée internationale de l’Enfance africaine», Véronique De Keyser en collaboration avec Unicef, Amnesty International, I Day, des acteurs et des ONG de terrain, organise le 15 juin prochain un important hearing au Parlement européen.

Un colloque en deux temps :

1 . La matinée sera fondée sur l’inquiétante problématique de ce que l’on appelle « les enfants (dits) sorciers » qui subissent un véritable calvaire. Ce fléau, apparu il y a deux ou trois décennies, prend de l’ampleur dans certains pays de l’Afrique sub-saharienne. Parfois orphelins, handicapés, prématurés, albinos… mais aussi surdoués, ces jeunes enfants sont mutilés, brûlés, voire même tués pour toutes ces « raisons » qui bien souvent reposent sur une situation familiale et économique précaires, des conditions de naissance difficiles, un comportement (supposé) dérangeant de l’enfant qui « attire » le malheur. Quand ils ne sont pas mis à mort ou torturés, ces jeunes sont jetés à la rue. Ils deviennent alors « enfants de la rue », « enfants soldats », ou sont livrés à la prostitution. Le rôle joué par certaines églises dites « universelles » comme les évangélistes, pentecôtistes, celles du Réveil, de l’Esprit et quelques autres encore, semble être ambigu. Il devra être éclairci. Des représentants de ces églises seront invités à s’expliquer. Leur présence n’est cependant pas garantie. Seront également conviés des acteurs de terrain qui recueillent ces enfants, tentent de les sauver et de les réinsérer dans la société.

2 . L’après-midi, en collaboration avec l’association I Day, le hearing abordera le problème de la lutte contre la malaria et l’apparition de nouveaux moyens (abordables financièrement par tous) de combattre cette calamité.

Soudan : la chef de la mission d’observation du référendum pour l’UE, Véronique De Keyser, intervient en plénière le 2/2/2011

3 February 2011

Une nouvelle page dans l’histoire du plus vaste pays d’Afrique s’ouvre : le Sud Soudan. Tout le monde s’accorde à dire que, pour poser durablement les conditions de son développement, le Sud Soudan doit pouvoir constituer un État fort, disposé à mettre en place un projet courageux, et non des actions exclusivement de soutien. Cela passe, entre autres, par l’établissement d’une infrastructure juridique qui jette les bases d’un état de droit.

Nommée chef de la mission d’observation par l’UE, pour le référendum qui s’est tenu en janvier, Véronique De Keyser retournera achever sa mission au Soudan en mars. Elle s’est exprimé sur le référendum, et le futur statut du sud Soudan, en plénière le 2/2/2011. Pour voir cette intervention en images cliquer ici.

Le référendum du Sud-Soudan a été crédible et bien organisé

18 January 2011

“La mission de l’UE évalue le processus de vote du référendum du Sud-Soudan comme crédible et bien organisé, et dans un environnement essentiellement pacifique, avec une participation écrasante de la part des électeurs du Sud-Soudan” déclare l’eurodéputée et chef de la mission d’observation Véronique De Keyser.

Pour avoir une vue densemble sur le déroulement du référendum, voici quelques liens (à copier sur votre navigateur) qui vous renvoient vers des articles de presse :
. http://english.aljazeera.net/news/africa/2011/01/201111791938988874.html
. http://www.eueom.eu/files/pressreleases/english/preliminary-statement-17012011_en.pdf
. http://info.france2.fr/monde/les-observateurs-du-referendum-satisfaits-66891186.html
. http://www.romandie.com/infos/news2/110117093246.zlzt5oie.asp
. http://french.cri.cn/621/2011/01/17/402s236542.htm
. http://www.24heures.ch/sud-soudan-secession-pratiquement-certaine-2011-01-17
. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/01/17/008-soudan-referendum-observateurs.shtml
. http://levif.rnews.be/fr/news/actualite/international/soudan-secession-presque-certaine/article-1194925215765.htm#
. http://www.lalibre.be/actu/international/article/636634/un-referendum-credible.html
. http://www.eueom.eu/sudan2011/reports
. http://www.sudantribune.com/Foreign-observers-attest-to,37662
. http://www.aljazeera.net/NR/EXERES/5781A0EE-F1BD-403E-93CA-03C15E114B9A.htm
. http://www.sudanvisiondaily.com/modules.php?name=News&file=article&sid=67019


Véronique De Keyser en compagnie du Président Mbeki, ex-président d’Afrique du Sud, qui dirige un panel axé sur les défis post référendaires du Soudan.

Trois questions à… Véronique de Keyser Eurodéputée belge (PSE), directrice de la mission européenne d’observation du référendum au Soudan

16 January 2011

Comment se déroule le scrutin ?
VDK : On fera le bilan quand il sera terminé, mais jusqu’à présent, on ne pouvait rêver mieux. On s’attendait à rencontrer beaucoup de difficultés, or l’organisation est quasiment parfaite. On peut déjà le dire: les Sud-Soudanais y sont arrivés. Et l’attitude de la population est exemplaire: nous avons vu des gens attendre jusqu’à 10h d’affilée en plein soleil sans se plaindre !

Il y a tout de même des dizaines de tués dans la région d’Abyei…
VDK : Effectivement, mais cette région fait figure d’exception, ces violences ne sont pas directement liées au référendum. Un autre référendum devait s’y tenir pour déterminer si elle resterait au Nord ou rejoindrait le Sud-Soudan, mais Karthoum et Juba ne sont pas parvenus à se mettre d’accord pour l’organiser. J’ai rencontré Salva Kiir, le président du Sud-Soudan, ce matin, il estime que la question d’Abyei doit être résolue avant même de discuter du pétrole. Résoudre Abyei consisterait à créer une forme de porosité à la frontière, une bonne manière d’enterrer la hache de guerre.

L’issue du scrutin semble pliée, le Sud demande-t-il l’aide de l’Europe pour fonder son État ?
VDK : Le Sud-Soudan n’a quasiment pas d’infrastructures, d’hôpitaux, d’écoles, et il aura besoin de l’aide étrangère pour créer des compétences administratives, notamment. Mais l’idée même de l’Union européenne, née après deux guerres mondiales, séduit le président Kiir: sans calquer ce modèle, le Sud et le Nord pourraient décider de travailler ensemble. C’est essentiel: il faut à tout prix empêcher une séparation totale entre le Nord et le Sud, ne pas isoler Karthoum. l F.R.

Source : le journal L’Echo – 06:01 – 14 janvier 2011