Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Voyages à l’étranger – mois d’avril

25 mars 2013

Le mois d’avril est particulièrement chargé cette année, comptant 3 voyages à l’étranger ainsi que la session à Strasbourg habituelle. Voici un récapitulatif de ses déplacements:

FORUM SOCIAL MONDIAL (à Tunis du 26 au 30 Mars 2013)
Départ de Véronique De Keyser le 26 mars 2013 de Bruxelles et retour le vendredi 29 mars de Tunis.
Mme De Keyser ouvrira le Forum Parlementaire le mercredi 27 mars, avec comme premier débat « What Can Parliaments Do for Women Rights? » – Qu’est ce que le parlement peut faire pour les droits des femmes. Elle sera intervenante lors du second débat du Parliamentary Forum le jeudi 28 mars: « Promoting peace in the Southern Mediterranean and Sahel region » – promouvoir la paix dans les régions du Sahel et de la Méditerranée du Sud.

MISSION en ALGERIE (à Alger du 10 au 12 Avril 2013)
Départ de Véronique De Keyser le mercredi 10 avril 2013, et retour le vendredi 12 avril.
Mercredi 10 Avril: rencontres avec l’Ambassadeur de l’UE en Algérie, et avec les parlementaires algériens Mr BENSALAH, Président du Conseil national (Sénat) et Mr OULD KHELIFA, Président de l’Assemblée nationale
Jeudi 11 Avril : 13h -14h30: Déjeuner avec la société civile sur la situation actuelle (liberté de presse, droits syndicaux et associatifs, droits des femmes, droits de l’homme).
15h -18h: Global Progressive Forum (GPF) et FFS : Table ronde sur « Jeunesse, emploi et justice sociale ».

Session plénière à STRASBOURG (du 15 au 18 Avril 2013)
Programme à définir

MISSION en RUSSIE (à Volgograde et à Moscou du 20 au 24 Avril 2013)
Programme à venir

MISSION en PALESTINE (notamment à Ramallah du 26 au 28 Avril 2013)
Programme à venir

L’UE doit revoir ses politiques pour soutenir la transition démocratique arabe

26 octobre 2011

20/10/11

Lors d’une conférence organisée par les socialistes et démocrates au Parlement européen, les représentants du printemps arabe ont critiqué les décennies de soutien et de coopération accordées par l’UE aux régimes répressifs. Ils ont encouragé les Européens à développer un partenariat Nord-Sud « entre égaux ».

Organisée par le Forum progressiste mondial (GPF), cette conférence de deux jours faisait partie du programme à long terme « A l’écoute de la Méditerranée progressiste » et visait à développer un réseau durable entre groupes progressistes des deux rives de la Méditerranée.

« Nous avons été surpris par cette explosion de liberté dans le monde arabe », a déclaré la vice-présidente S&D, Véronique De Keyser. « En Europe, nous nous sentions impuissants à faire avancer la démocratie mais vous, vous l’avez réalisée. C’était extraordinaire. Les mutations mises en œuvre par les peuples arabes nous ont obligés à revoir nos politiques et à admettre nos lacunes. A présent, nous devons trouver le moyen de mieux soutenir les transitions démocratiques – y compris par l’usage souple et effectif de fonds européens. Une partie de ces efforts devrait servir à aider les partis politiques à s’organiser », a conclu Mme De Keyser.

« C’est un privilège d’accueillir toutes ces personnes qui ont œuvré pour la démocratie dans la région », a déclaré aux participants Poul Nyrup Rasmussen, président du parti socialiste européen (PSE) et coprésident du GPF. « Nous devons vous écouter et nous inspirer de votre bravoure. L’UE s’est trompée par le passé dans ses alliances. Il est temps d’emprunter une nouvelle voie progressiste. La démocratie est une affaire de principes. Vous nous avez montré que vous êtes conséquents avec les vôtres. Mais la démocratie est aussi une question d’emplois de qualité, de sécurité dans les soins de santé et l’éducation. Voilà le combat que vous devez à présent mener » a lancé M. Rasmussen.

Des représentants d’Algérie, du Bahreïn, d’Égypte, d’Irak, de Libye, du Maroc, de Palestine, de Syrie, de Tunisie et du Yémen ainsi que de la diaspora arabe en Europe ont débattu avec des eurodéputés S&D, dont Hannes Swoboda, Maria Badia, Edit Herczog, Pervenche Berès, Proinsias de Rossa et Saïd El Khadraoui.

Yasmina Khadra reçu au Parlement européen par Véronique De Keyser

7 novembre 2008

Dans le cadre de la semaine arabe qui se tenait au Parlement européen ce 5 novembre 2008, la Députée Véronique De Keyser a reçu devant une salle comble et comblée, l’écrivain algérien Yasmina Khadra.

C’est avec les romans noirs -Morituri, Double Blanc et L’Automne des chimères- du commissaire Brahim Llob, un incorruptible dans un Alger dévoré par le fanatisme et les luttes de pouvoir, qu’il acquiert sa renommée internationale. Morituri est adapté au cinéma en 2007 par Okacha Touita. Mais c’est surtout « le dialogue de sourds qui oppose l’Orient et l’Occident » qu’il illustre dans ses trois romans Les Hirondelles de Kaboul, L’Attentat, Les Sirènes de Bagdad. Trois romans dont le caractère politique n’est plus à démontrer puisqu’il les situe dans des pays en guerre où les femmes sont souvent sacrifiées. Dans sa dernière oeuvre « Ce que le jour doit à la nuit », Yasmina Khadra retourne dans son Algérie et éclaire d’un nouveau jour ce conflit ayant opposé deux peuples amoureux d’un même pays.

Parmi les nombreux sujets abordés lors de cette rencontre littéraire, l’élection du président des Etats Unis a beaucoup ému Yasmina Khadra : « Un miracle est encore possible ? » Plus qu’une victoire politique, l’écrivain évoque une victoire culturelle et s’interroge sur la réalité des Etats Unis qu’il voit comme une doctrine et non comme un pays.

D’un pays, l’autre, le sien. Lorsqu’il parle de l’Algérie, Yasmina Khadra affirme que s’il est en colère contre le pouvoir en place, il préfère l’amour à la haine et choisit de lutter avec les mots. Et les mots le lui rendent bien, lui le petit-fils de poète, lui dont la patrie intime est la littérature. Le plus grand danger pour une nation affirme-t-il, c’est l’ignorance et plus encore la méconnaissance. Pour la population, la culture est un repère incontournable, indispensable. Lorsqu’on lui demande pourquoi il n’écrit pas en arabe, il remonte le cours du temps jusqu’à ses neuf ans où, alors qu’il rêve d’écrire de la poésie en arabe, c’est le choc : il entre dans l’armée selon la volonté de son père et devient le matricule 129. Mais pour son professeur de français, fasciné par son imaginaire, il est Mohammed. C’est ainsi que Yasmina Khadra apprend à s’exprimer dans cette langue et à l’aimer. Traduit en trente trois langues depuis, il ne cesse à travers ses oeuvres de faire la lumière sur l’Orient trop souvent victime du regard réducteur des occidentaux, de la manipulation politique et de la désinformation.

Quand son roman « L’attentat » met la femme au centre du débat, Yasmina Khadra n’hésite pas à dire qu’elle est disqualifiée dans ces pays en guerre qu’il décrit dans ses livres, mais aussi partout ailleurs dans la réalité, là où les hommes ne la méritent pas. « Si l’homme prenait conscience de la chance qu’il a d’être aimé, il n’y aurait plus de malheur ». Pour lui, la femme n’est pas l’avenir de l’homme, comme le disait Aragon, mais bien la vie même. La femme doit investir l’univers politique, c’est elle qui changera et fera progresser les mentalités.

Yasmina Khadra, également directeur du CCA (Centre Culturel Algérien) à Paris, assoie la culture comme territoire de partage. Beaucoup ont crié au scandale lors de sa nomination à ce poste, où pourtant, sa seule ambition est de provoquer l’engagement des artistes pour « faire de ce lieu une place d’armes pour reconquérir nos rêves ». Toujours selon l’écrivain, « en France, les intellos sont des victimes expiatoires qui n’arrivent pas à dissocier l’Algérie du régime » alors que c’est le croisement des civilisations qui permet de se comprendre.

Véronique De Keyser conclut que si Yasmina Khadra a toujours écrit malgré des circonstances difficiles tout au long de sa vie (devoir concilier écriture et armée, prendre un pseudonyme pendant qu’il était dans le maquis, abandonner sa langue natale…), comment peut-il ne pas continuer ? Pourquoi la direction du CCA serait-elle plus contraignante que l’habit militaire ? « Foutez le camp du CCA ! » lui lance-t-elle ! Si la gestion de celui-ci ne cohabite pas toujours avec les élans créatifs de l’auteur, qui avoue ne pas avoir composé une ligne depuis un an et en souffrir, il préfère penser que son pays va s’en sortir et sacrifier son écriture tant que la culture fera avancer l’humanité. Loin de croire à ce sacrifice des mots… Véronique De Keyser souhaite et espère que Yasmina Khadra reprendra vite la plume car c’est un immense écrivain.