Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Intervention en session plénière à Strasbourg de ce mercredi 13 mars 2013

13 mars 2013

« S’engager dans un budget d’austérité de 7 ans est une pure folie. Je ne participerai pas à cette folie-là. »

Parmi les membres du Conseil, beaucoup ont cru que le compromis à 27 sur le cadre pluriannuel financier était suffisant. C’est faux. Le Parlement a son mot à dire.
Parmi les rares qui ont compris que le budget est aussi une prérogative du Parlement, certains se moquent: « le Parlement veut rouler des mécaniques, il s’impose pour le plaisir de s’opposer ».

C’est faux!

Le Conseil n’a pas encore compris que la crise de confiance des citoyens à l’égard du Parlement était encore plus risquée que la crise financière. Si l’Europe ne donne pas, par une formidable impulsion à l’emploi, une réponse aux 26 millions de chômeurs, si elle ne protège pas ses industries et ses jeunes, si elle trahit ses engagements envers le Tiers monde, si elle coupe dans l’aide humanitaire, elle signe la condamnation à mort du rêve européen. S’engager dans un budget d’austérité de 7 ans, c’est une pure folie. Je ne participerai pas à cette folie-là.

Veronique DE KEYSER

Les eurodéputés PS disent non au two pack !

14 juin 2012

Mis en ligne le 14/06/2012

Déjà opposés au six pack, les eurodéputés PS Frédéric Daerden, Marc Tarabella et Véronique De Keyser ont voté contre les rapports, pourtant soutenus par le groupe S&D. « Il y a incontestablement des avancées intéressantes mais la philosophie reste la même que celle du six pack. Ce two pack ne fera que renforcer l’austérité, les coupes dans les dépenses sociales et pour la croissance. Tout cela conduit à la récession, à la détresse et à la méfiance envers le projet européen », justifie M. Daerden, qui a suivi ce dossier pour la commission Emploi du PE.

Les socialistes belges au Parlement européen disent non au renforcement de l’austérité !

13 juin 2012

Ce midi en séance plénière du Parlement Européen, la Délégation Socialiste belge francophone s’est opposée au vote des deux nouveaux textes sur la gouvernance économique.

Après avoir combattu le « 6 pack » en son temps, les députés socialistes Véronique De Keyser, Marc Tarabella et Frédéric Daerden ont exprimé leur opposition au « 2 pack », qui ne fera, selon eux, que renforcer l’austérité européenne, avec les conséquences que l’on connaît : récession, détresse et perte totale de confiance dans le projet européen.

Malgré les avancées significatives obtenues par les socialistes suite au travail parlementaire en commissions de l’Emploi et des Affaires économiques (une place plus importante à la réalisation des objectifs de la stratégie UE 2020, une feuille de route pour la mise en œuvre des eurobounds, ou encore le nécessaire respect du dialogue social et des conventions collectives), « ce texte reste contraire à notre souhait d’une Europe de solidarité », ont souligné les députés européens socialistes, qui voulaient envoyer un signal fort au Conseil européen en refusant de voter le « 2 Pack ».

Le député PS Frédéric Daerden, rapporteur sur le thème en commission de l’Emploi, regrette de ne pas avoir été soutenu par les autres formations : « Un vote de rejet du 2 pack aurait mis le Conseil devant ses responsabilités. L’Europe a besoin d’un changement de cap ».

Ce changement de cap, c’est notamment :

une rigueur budgétaire intégrant les situations macro économiques de chaque Etat membre
une véritable règle d’or qui soutient les dépenses pour la croissance et l’emploi
une solidarité renforcée entre Etats, par une mutualisation des dettes souveraines et la concrétisation des euro bounds
un budget européen d’investissement ambitieux dopé par de nouvelles ressources propres
une Banque Centrale Européenne disposant d’un champ d’intervention étendu au service des Etats membres
une Union bancaire qui régule et assainit le secteur de la finance.

Comment contrer l’Europe de l’austérité: dix propositions des socialistes européens

21 février 2012

Point de vue | LEMONDE.FR | 21.02.12 | 13h02

Les citoyens européens peuvent aujourd’hui juger par eux-mêmes les conséquences de la domination de la droite au pouvoir dans pratiquement tous les Etats membres de l’Union européenne (UE) en même temps qu’elle fait la loi à Bruxelles. La gestion de la crise des dettes souveraines par les conservateurs, au cours des deux dernières années, a été une désolante saga de gabegie politique et d’incompétence économique. Les citoyens vont maintenant payer le prix d’illusoires remèdes miracles datant des années 1920, imposées par les conservateurs – un prix qui prendra la forme de taux de chômage similaires à ceux que l’Europe a connus dans les années 1930. Le modèle qu’ils mettent en avant est celui d’une Union européenne de l’austérité qui réduira le niveau de vie de presque tous, aggravera les inégalités, sapera les fondations de l’Etat social – qui est une contribution spécifique de l’Europe au développement de l’humanité – et cédera progressivement le pouvoir d’arbitrage politique à des autorités non élues, dans l’espoir, vain, d’apaiser le marché.

Nous, signataires, membres de partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes, sommes convaincus que les citoyens européens méritent mieux que les perspectives inquiétantes promises par les conservateurs au pouvoir et les résultats catastrophiques qu’ils ont obtenus. Mais le renouveau de la gauche démocratique européenne ne peut avoir lieu sans un débat de grande ampleur engageant non seulement les élus de nos partis mais aussi tous nos militants et tous les citoyens européens. A cette fin nous proposons quelques idées fondamentales pour une réforme socialiste qui pourrait constituer la base d’un nouvel appel aux citoyens européens.

L’histoire s’est accélérée ces dernières années, et les socialistes européens sont restés en retrait. Souvent incapables de fédérer la colère publique contre la haute finance, réticents à coopérer avec les autres socialistes au pouvoir dans les Etats membres de l’UE, souvent timides dans les forums internationaux sur le commerce ou le changement climatique, les partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes, ont vu, à quelques exceptions notables près, leur cote de popularité s’effondrer au plus bas dans de nombreux pays.

De plus, le mécontentement engendré par les politiques actuelles de l’UE et de ses gouvernements a été exploité politiquement non par la gauche, mais par des populistes xénophobes, des nationalistes et l’extrême droite.

Cette crise devrait donner à la gauche toutes les armes pour dénoncer avec force l’incapacité de la droite à faire face à la crise et à offrir à l’Europe la moindre direction. Mais cela ne sera crédible que si la gauche est en mesure d’offrir un ensemble cohérent de propositions alternatives pour répondre à la crise.

Pour être crédible, la gauche a besoin d’une explication et d’un récit clairs de la crise actuelle, d’une série de principes simples et communs pour l’action future, et d’un programme qui s’attaque au cœur de la crise.

Le diagnostic est clair. Les économies européennes, comme toutes les autres, ont été confisquées par l’irresponsabilité quasi-criminelle du secteur financier mondial. Mais l’Europe était déjà confrontée à une tendance de long terme au déclin. Celui-ci est en partie dû au profond mouvement de bascule dans le partage de la richesse mondiale entre l’Ouest et les économies émergentes de l’Est et du Sud. Mais dans ce processus même, nous avons laissé la mondialisation aggraver les écarts de richesses à l’intérieur de tous les pays. Sans jamais remettre en question les règles du jeu, nous avons permis qu’il pénalise tous les pays à système de protection sociale élevée. Dans ce qui était censé être des économies sociales de marché, nous avons permis que diminuent les niveaux de vie, qu’augmentent les inégalités, et que s’accroisse la part du revenu national revenant aux profits des entreprises, et d’abord des très grandes, au détriment des salaires. La pauvreté augmente de nouveau. Ce phénomène qui était déjà en cours en Europe, s’accélère maintenant. La voix de l’Europe dans les forums internationaux comme le G20, les conférences sur le commerce et sur le changement climatiques est souvent faible au point de devenir inaudible, du fait de divisions internes et d’absence de stratégie alternative claire.

Les principes de l’action socialiste en Europe devraient également être simples. L’action collective en Europe est tout simplement indispensable. Prétendre que l’on peut protéger le niveau de vie et maintenir les services publics en retournant au modèle politique des Etats nations du XVIIIe siècle, en redonnant aux capitales nationales les compétences devenues depuis européennes, en portant atteinte aux institutions communautaires, c’est, qu’on le veuille ou non, se soumettre aux superpuissances, anciennes et futures, et à la dictature du marché. La réponse de l’Europe à la crise a été vacillante et insuffisante, mais les solutions nationales n’ont pas de pertinence dans le monde globalisé dans lequel nous vivons désormais.

Une réponse socialiste à la crise doit donc être européenne. Il ne s’agit pas d’appeler de façon incantatoire à « plus d’Europe », mais précisément de donner à l’Europe les moyens nécessaires à la protection des intérêts et du bien-être des citoyens européens. Cette réponse doit être suffisamment ferme pour permettre que la voix indépendante de l’Europe soit unie, forte et claire au G20, dans les négociations commerciales du cycle de Doha, dans celles sur le changement climatique et aux Nations unies. L’Union européenne a aujourd’hui sa propre voix dans le système des Nations unies : elle doit avoir le courage et la volonté de l’utiliser pour servir nos intérêts objectifs et nos valeurs, en faisant cause commune avec tous les gouvernements et organisations régionales qui les partagent.

Son approche économique devrait être cohérente et basée sur trois éléments : responsabilité partagée, croissance et égalité. Il n’y a rien de socialiste dans le gaspillage des ressources publiques et le creusement de la dette. Parce que nous croyons à l’utilité des dépenses publiques, nous avons le devoir de nous assurer que leur utilisation est efficace. Les projets extravagants, le train de vie excessif de certaines institutions publiques, la redondance inhérente à la multiplicité des programmes nationaux et européens lancés sans contrôle sur leur efficacité, doivent être réduits ou éliminés. Mais la gestion budgétaire rigoureuse doit être atteinte par un équilibre entre la modération les dépenses publiques et un système fiscal équitable, basé sur le principe de la « capacité à contribuer », le secteur privé contribuant et supportant sa part du fardeau, avec une lutte totale contre l’évasion et la fraude fiscales si répandues dans toute l’Union, en abandonnant les réductions d’impôts pour les plus riches, en ponctionnant la manne des bonus dans le secteur financier par des taxes punitives spécifiques, et en s’attaquant vigoureusement aux paradis fiscaux. La rigueur sans croissance condamnera les européens à une décennie perdue de déclin et de récession. La croissance implique une action nationale et européenne avec pour moteur le budget de l’UE et ses instruments financiers.

La gauche, quand elle a été au pouvoir au niveau européen, a permis des progrès dans la lutte contre de nombreuses formes de discriminations. La défense et l’extension de l’égalité – comme l’éradication de toute forme de discrimination, partout dans l’Union – doivent être au cœur d’un programme socialiste européen. Le concept d’égalité économique a pratiquement disparu du vocabulaire socialiste ces dernières décennies, alors même qu’il est central à la notion de justice sociale. Il est maintenant indispensable à la relance de l’Europe. Si les citoyens pensent que le fardeau de la crise pèse sur eux de façon inéquitable, si leur salaire réel s’effondre et que les niveaux de pauvreté atteignent des records inégalés depuis les années 1980, que la protection sociale et le financement des politiques publiques sont attaqués, alors que dans le même temps les scandales de la culture du bonus se multiplient, que les plus hauts salaires s’envolent et que les plus riches continuent à étaler leurs dépenses extravagantes sans vergogne, tout effort collectif pour redresser notre déclin économique sera miné, l’efficacité économique sera mise en péril et la foi dans la démocratie sera sapée.

Sur la base de cette approche commune, et de la réaffirmation de nos convictions socialistes historiques, la gauche devrait maintenant développer une plate-forme commune pour l’avenir. Celle ci devrait comprendre les dix composants suivants :

1 – Une politique économique pour l’Union qui place les objectifs économiques et sociaux inscrits dans le traité (croissance, plein emploi, inclusion sociale) au cœur du processus de décision politique, avec autant de vigueur et de force organisationnelle que celles qui sont consacrées à l’objectif de discipline budgétaire ; en complément, une actualisation des objectifs sociaux de l’Union est urgente pour intensifier la lutte contre la pauvreté et renforcer le dialogue social ; à cette fin, un ensemble de droits et d’objectifs sociaux fondamentaux devraient être inclus dans le traité avec les mêmes instruments de surveillance et de mise en oeuvre que ceux qui existent pour garantir les libertés économiques.

2 – La viabilité de la monnaie unique : le mandat de la Banque centrale européenne (BCE) doit évoluer en reconnaissant son droit à acheter des obligations d’Etat quand la monnaie est attaquée, avec une responsabilité effectivement partagée pour la gouvernance économique ; si la BCE n’est pas autorisée à agir pour sauver la monnaie qu’elle est censée gérer, à quoi sert-elle ?

3 – Une réforme budgétaire : les augmentations du budget européen doivent être consacrées en priorité à promouvoir les technologies innovantes, à financer des investissements sociaux, d’infrastructure et de développement durable ; le budget doit être géré en lien, et en utilisant les capacités de la Banque européenne d’investissement (BEI).

4 – Une réforme des recettes : les ressources propres de l’UE doivent être renforcées par des taxes sur l’énergie ; les Etats membres devraient se voir accorder plus de marge de manœuvre pour réduire la TVA pour stimuler la consommation intérieure et supprimer les fiscalités régressives.

5 – Une taxe sur les transactions financières qui soutienne les incitations à l’emploi pour les PME dans l’industrie et les services, qui encourage la recherche et le développement et qui finance des biens communs mondiaux, tels la lutte contre le changement climatique et l’aide au développement.

6 – Des investissements européens soutenus par des project bonds émis par l’Union et garantis par la BCE, se concentrant sur la réalisation de l’immense potentiel de la nouvelle économie verte ; l’accélération des nouveaux projets d’infrastructures avec des règles plus flexibles de programmation pour pouvoir créer des emplois plus rapidement et réduire la dépendance excessive aux énergies fossiles et au nucléaire, en lien avec le lancement d’une Communauté de l’énergie comprenant une clause de soutien mutuel garanti en cas de menaces sur l’approvisionnement énergétique de la part de pays tiers.

7 – Une base plus juste pour le commerce international : les négociateurs de l’UE doivent obtenir un nouveau mandat pour lutter contre le dumping social et environnemental ; des taxes doivent être prélevées sur les importations de pays tiers qui ne respectent pas les normes environnementales européennes.

8 – Un soutien plus fort à nos pays voisins, pour s’attaquer à l’inégalité inacceptable et insoutenable entre l’UE et ses voisins de l’Est et du Sud, se traduisant par de vraies concessions en matière de commerce et de mobilité, et la reconnaissance de ceux qui se sont battus si courageusement pour la liberté démocratique dans le monde arabe. L’Europe ne doit plus jamais fermer les yeux face à des dictatures à vie, autoritaires, népotistes, au nom d’une realpolitik de mauvais conseil.

9 – Une présence plus ferme et unie sur la scène internationale, mettant à profit notre pouvoir collectif politique et économique pour promouvoir nos valeurs et nos intérêts au-delà de nos frontières, et en prenant notre part à la résolution du conflit du Moyen-Orient.

10 – Le renforcement de la démocratie européenne ; quelles que soient les nouvelles règles de gouvernance économique mises en place, la responsabilité parlementaire doit primer ; les Etats membres doivent pleinement respecter le traité de l’Union en nommant le président de la Commission selon les résultats des élections européennes ; les Commissaires doivent être responsables devant le Parlement, qui non seulement devrait les confirmer à leur poste, mais aurait aussi le pouvoir de les révoquer ; les partis socialistes doivent associer leurs militants et sympathisants dans tous les aspects de leur politique européenne, de leur programme à la nomination de candidats pour les postes les plus importants de l’UE ; une action européenne pour renforcer la liberté de la presse doit être engagée, à commencer par le démantèlement des monopoles médiatiques et la limitation de la propriété de média par des ressortissants d’Etats tiers.

Bien plus que le seul soutien de la monnaie unique, c’est la viabilité à long terme de l’intégration européenne qui est en train de se jouer. Seule une nouvelle approche des socialistes, qui réaffirme fortement nos valeurs et a le courage de proposer des solutions européennes, peut insuffler assez d’énergie pour que le projet européen conserve ce qui devrait constituer son sceau – la solidarité, l’efficacité économique et la vitalité démocratique.

Panagiotis Beglitis, ancien ministre de la défense, député, porte-parole du Pasok (Pasok, Grèce) ; Josep Borrell Fontelles, président de l’Institut universitaire européen, ancien président du Parlement européen (PSC/PSOE, Espagne) ; Victor Bostinaru, député européen (PSD, Roumanie) ; Udo Bullmann, député européen (SPD, Allemagne) ; Sergio Cofferati, député européen (PD, Italie) ; Véronique de Keyser, députée européenne (PS, Belgique) ; Proinsias de Rossa, ancien ministre des affaires sociales (Labour, Irlande) ; Harlem Désir, député européen, secrétaire national du Parti socialiste (PS, France) ; Leonardo Domenici, député européen (PD, Italie) ; Glyn Ford, ancien député européen (Labour, Royaume-Uni) ; Evelyne Gebhardt, députée européenne (SPD, Allemagne) ; Ana Gomes, députée européenne (PS, Portugal) ; Enrique Guerrero Salom, député européen (PSOE, Espagne) ; Elisabeth Guigou, députée (PS, France) ; Zita Gurmai, députée européenne, présidente du PSE Femmes (MSZP, Hongrie) ; Jo Leinen, député européen (SPD, Allemagne) ; David Martin, député européen (Labour, Royaume-Uni) ; Marianne Mikko, députée au Parlement d’Estonie (SDE, Estonie) ; John Monks, député à la Chambre des Lords, ancien secrétaire général de la CES (Labour, Royaume-Uni) ; Leire Pajin Iraola, députée au Congrès espagnol (PSOE, Espagne) ; Gianni Pittella, vice-président du Parlement européen (PD, Italie) ; Sir Julian Priestley, ancien secrétaire général du Parlement européen (Labour, Royaume-Uni) ; Libor Roucek, député européen (CSSD, République Tchèque) ; Hannes Swoboda, député européen, président du Groupe S&D au Parlement européen (SPÖ, Autriche) ; Kathleen Van Brempt, députée européenne (SPA, Belgique) ; Kristian Vigenin, député européen (BSP, Bulgarie) ; Henri Weber, député européen (PS, France).

Mercredi 7 décembre 2011 tous les liégeois derrière leur sidérurgie, votre avenir c’est vous

6 décembre 2011

Un gouvernement, mais pas à n’importe quel prix !

7 novembre 2011

BRUXELLES 07/11 (BELGA) = Dans une démarche peu commune, les 94 parlementaires du PS actifs dans les différentes assemblées législatives du pays ont co-signé une carte blanche diffusée lundi, par le quotidien Le Soir, pour expliquer leur choix de participer aux difficiles négociations visant la formation d’un gouvernement fédéral.

« Mais que diable irait faire le PS dans cette galère? « , demandent-ils notamment avant d’expliquer pourquoi les principaux ténors du parti consacrent tant de temps à négocier pour entrer dans un gouvernement qui serait « amené à prendre des mesures difficiles, parfois issues de compromis avec des partis de droite », mais pas à n’importe quel prix.

Le cœur des socialistes reste dans la rue aux côtés des victimes d’Arcelor et de tous les travailleurs qui se battent pour leur emploi, mais le sens des responsabilités et les 36% des voix confiées au parti lors des dernières élections, leur dictent de ne pas baisser les bras ni devant les ukases de la N-VA, ni devant les vieilles recettes (ndlr: économiques) à la Tatcher-Reagan, lit-on encore dans la carte blanche. JDD/

Carte blanche parue dans Le Soir

Un gouvernement, mais pas à n’importe quel prix !

Les socialistes le répètent : leur cœur est « dans la rue » mais continuer à négocier pour former un gouvernement est aujourd’hui un devoir moral.
« Pas question de sacrifier les citoyens ».

Les parlementaires PS, à la Chambre, au Sénat, aux parlements wallon, bruxellois, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de la Communauté germanophone et du Parlement européen

On parle déjà d’un gouvernement fédéral qui n’annoncerait que des mesures difficiles, rigueur et assainissement des finances publiques. Mais que diable irait faire le PS dans cette galère ? Pourquoi Elio Di Rupo, Laurette Onkelinx, Paul Magnette et tous les parlementaires qui participent aux groupes de travail, consacrent-ils tant de temps et d’énergie à négocier pour entrer dans un futur gouvernement qui serait amené à prendre des mesures difficiles, parfois issues de compromis avec des partis de droite ?

La place du PS n’est-elle pas, au contraire, « parmi les siens », aux côtés des militants, des syndiqués, des manifestants, des « indignés », à crier sa colère contre les dérives du capitalisme débridé ? Oui, c’est là, dans la rue, avec les citoyens, que bat notre cœur de socialistes. C’est aux côtés des victimes d’Arcelor et de tous les travailleurs qui se battent pour leur emploi que nous nous sentons à notre place. Parce que nous partageons leurs idéaux et leur combat contre les inégalités. Mais opter aujourd’hui, en tant que responsables politiques, pour le bitume des manifestations plutôt que l’action au sein d’un gouvernement, cela reviendrait à nier nos responsabilités.

Environ 36 % des Wallons, des Bruxellois et des Germanophones nous ont confié leur voix lors des dernières élections. C’est une responsabilité énorme. Celle de se battre depuis des mois pour défendre les intérêts des citoyens ; celle de ne jamais baisser les bras, ni devant les ukases de la N-VA, ni devant les vieilles recettes à la Thatcher-Reagan ; celle de revendiquer un impôt spécial pour les plus fortunés, une taxation des spéculateurs et l’allègement de la fiscalité sur le travail. Ces centaines de milliers de voix nous imposent de rester debout. Après 500 jours de combat. Après un accord institutionnel historique qui permet de pacifier le pays (saluons à cet égard les 8 partis qui l’ont conclu). Continuer à négocier, discuter, travailler pour former, enfin, un nouveau gouvernement est un devoir moral. Pour rester les garants des droits des travailleurs, des pensionnés, des jeunes, des personnes souffrantes, de tous ceux qui ont du mal à mener une vie décente et digne. Nous le faisons parce que nous devons le faire. Mais aussi parce que nous le voulons. Le PS est le seul parti qui, après 125 ans de progrès sociaux, a la force de dire NON à l’austérité, mais aussi le courage de dire OUI à ses responsabilités.

Si vous devez rénover votre maison, vous le faites vous-même ou vous faites appel aux meilleurs ouvriers. Aujourd’hui, c’est notre modèle économique et social qui doit, de toute urgence, être réformé. C’est une question de survie, face à l’allongement de l’espérance de vie et c’est une question d’équité pour redistribuer la richesse. Le PS veut assumer cette réforme de manière juste, sérieuse et responsable.

La situation est exceptionnelle et les défis, gigantesques. Le chemin sera loin d’être facile. Il n’est pas question de sacrifier les citoyens pour rémunérer de façon indécente les dirigeants des banques mais bien d’éviter que notre dette tue les services publics et la sécurité sociale ; et sacrifie la génération suivante, nos enfants et petits-enfants. Dans un monde de plus en plus incertain, il est indispensable d’assumer la rigueur ensemble, aujourd’hui, si l’on veut éviter l’austérité demain. Nous devons agir parce qu’il faut aussi redonner l’espoir aux citoyens et en particulier aux plus jeunes.

Cette responsabilité énorme nous confère également la capacité de dire haut et fort : ce ne sera pas à n’importe quel prix ! Le PS se battra avec acharnement pour être le bouclier contre la crise. Au nom des centaines de milliers de femmes et d’hommes qui nous ont fait confiance, nous continuerons à nous battre pour que ce gouvernement prenne des mesures justes, qui tiennent compte de la capacité contributive de chacun ; pour qu’il soutienne les travailleurs et renforce le pouvoir d’achat, pour qu’il remette la finance sous contrôle, qu’il encourage les jeunes, qu’il défende la sécu, qu’il tire chacun vers le haut. Sans laisser personne au bord du chemin.

Changeons l’Europe !

22 juillet 2011

Aux prises avec une crise qui menace l’existence même de l’euro, l’Union européenne s’apprête à prendre des décisions qui seront lourdes de conséquences pour l’avenir de l’Europe et de son économie. Les propositions actuellement sur la table pour le « paquet gouvernance économique » représentent, selon nous, une remise en cause sans précédent des valeurs et des principes fondamentaux de notre destin commun: la solidarité, la justice sociale, l’égalité des chances et le développement durable. Au nom de la nécessaire responsabilité budgétaire face à la crise, ces choix idéologiques mettent en péril la cohésion sociale entre européens et notre capacité commune à assurer la transition écologique de nos économies. En particulier, ces choix risquent de sacrifier toute une génération de jeunes à travers bon nombre d’Etats membres, touchés très durement par le chômage et se sentant de plus en plus exclus et rejetés au lieu de pouvoir participer pleinement à la construction de leur avenir.

Il est évident pour nous qu’assurer la soutenabilité des finances publiques est un objectif politique essentiel : celles-ci sont un instrument clé au service de biens communs tel que la cohésion sociale ou la préservation de l’environnement. Et il est vrai que la crise que nous vivons aujourd’hui a détérioré très significativement les finances publiques en Europe. Même si le secteur public a sa part de responsabilité, les causes de cette crise sont avant tout à trouver dans le secteur privé: accroissement des inégalités salariales, endettement privé excessif, et bulles spéculatives générées par une industrie financière irresponsable.

Les mesures annoncées ne répondent pas à ces difficultés. Au contraire, elles sont injustes, inefficaces et inappropriées. En nous coupant de notre avenir commun, il nous renverrait à des temps que nous pensions révolus à jamais – celui des égoïsmes nationaux exacerbés, celui des injustices sociales criantes, et celui des extrémismes en tous genres. Il ne réussirait qu’à transformer la crise économique actuelle en crise politique.

Les Européens doivent se réveiller tant qu’il est encore temps, en renouvelant leur adhésion aux valeurs fondatrices dans une perspective d’avenir volontariste et commune. Nos sociétés ne survivront pas à des années de déclin économique et social, suscité par des politiques d’austérité aveugles. Dans cette logique, il reviendrait principalement aux salariés de supporter le poids de la crise en subissant des réductions de salaires. Au contraire, collectivement, tirons enfin les vraies leçons de la crise qui nous a frappés. Les spéculateurs de tous bords se sont nourris d’une absence de règles et de mécanismes de surveillance forts. Imposer aux gouvernements européens une cure d’austérité brutale et s’attaquer aux salaires ne ferait que renforcer cette fragilité, au lieu d’y remédier. De surcroit, renforcer un système de sanctions financières sur ces bases ne ferait qu’alimenter l’hostilité entre pays. La zone euro doit défendre sa monnaie commune et soutenir impérativement ses membres en difficulté, ce qui constitue un
enjeu vital pour l’Europe toute entière.

Que les majorités conservatrices au Conseil des ministres et au Parlement européen qui veulent imposer une telle fausse solution prennent enfin conscience de leur erreur. Nous devons dans ces moments difficiles pour les Européens faire preuve d’audace et d’imagination, en formulant une réponse politique nouvelle et différente. Il est possible de retrouver la maitrise des finances publiques sans tuer notre développement économique et les investissements dans des domaines tels que l’éducation, la recherche ou les énergies renouvelables, et sans alimenter l’injustice sociale et l’exclusion. Il est possible de retrouver des marges budgétaires nécessaires en étant innovant et courageux. Pour cela, il faut tout d’abord que tous les Etats membres contribuent à cet effort en commun – tant les pays en surplus que ceux en déficit commercial. Dans tous les pays, il faut ensuite protéger les investissements publics productifs de l’austérité budgétaire, rassembler sous forme d’Euro-obligations une partie de la dette des Etats membres pour en réduire le coût global, et mettre en place les bases d’une politique fiscale européenne commune, garante de recettes justes, efficaces et durables. Il s’agit d’alléger la charge fiscale sur les revenus du travail et de renforcer celle sur les revenus du capital, de combattre efficacement la fraude fiscale, de créer une véritable fiscalité écologique, et d’instaurer enfin une taxe sur les transactions financières. Les gouvernements européens doivent veiller à ce que les salaires élevés et les revenus du capital contribuent justement à l’effort général de consolidation budgétaire, pour éviter que les salariés à revenu faible ou moyen ne subissent l’essentiel de cet effort.

Il ne s’agit pas de plaider pour des solutions simplistes ou irresponsables, mais de mettre en place un projet de modernisation économique grâce à des politiques responsables, équilibrées, intelligentes et pleinement respectueuses des valeurs sur lesquelles repose le projet européen. Nous en appelons à tous ceux qui partagent ces convictions de se mobiliser avec nous, en signant cet appel, pour donner à l’Europe une autre politique de sortie de crise qui la renforcera, au lieu de l’affaiblir davantage.

Pour signer la pétition, c’est ici !