Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

« Attaque israélienne contre la flottille d’aide humanitaire pour Gaza : au-delà des déclarations » – Conférence de presse et déclaration commune du 3 juin 2010

11 juin 2010

La population palestinienne de Gaza survit malgré un embargo qui dure depuis des années. Nous condamnons fermement le nouvel acte de terrorisme d’Etat perpétré par Israël à l’encontre des civils qui ont pacifiquement pris le chemin pour Gaza à des fins d’entraide et de solidarité et pour attirer l’attention de l’opinion publique sur les conditions de vie insoutenables des habitants de Gaza. L’opération militaire a été menée alors que les bateaux chargés notamment de vivres et de médicaments se trouvaient en eaux internationales, ce qui aggrave cette violation du droit international humanitaire.

Les personnes à bord de cette flottille proviennent de nombreux pays différents, sont bénévoles, journalistes, militants de la liberté et de la paix et il s’agit exclusivement de civils. Les chargements à bord ont pour objectif de répondre aux besoins de la population gazaouie. La réalité du crime commis par les soldats israéliens contre ces civils est incontestable et la responsabilité d’Israël est pleinement engagée.

Comme à chaque fois, l’opération militaire israélienne a été condamnée par la majorité des acteurs de la communauté internationale. Elle a donné lieu à un concert de prises de position politiques de désapprobation. Nous en prenons acte avec satisfaction.

Pour autant, nous affirmons que l’attitude que le politique doit adopter ne doit pas se confondre avec celle de la société civile. Le rôle du politique n’est pas seulement de condamner une violation du droit, ici international ; au-delà des déclarations de principe, son rôle est d’adopter des mesures concrètes pour faire cesser la violation du droit.

Nous en appelons donc à toutes les institutions internationales, en particulier l’Union européenne et les Nation unies, ainsi qu’à tous les gouvernements nationaux pour qu’ils prennent ces mesures concrètes.

1. Israël doit être contraint d’assumer sa responsabilité en vertu du droit international pour cette attaque meurtrière, de rendre des comptes et de réparer les préjudices causés.
2. Le rapatriement de l’ensemble des civils qui ont pris part à l’expédition, pour la plupart retenus actuellement dans les geôles israéliennes, doit s’effectuer dans le respect de leur dignité et avec la garantie de leur sécurité.
3. La fin des entraves apportées par Israël à l’aide humanitaire envoyée à Gaza, entraves qui s’apparentent à une forme de châtiment collectif interdit par la 4e Convention de Genève (art. 33), doit être exigée et des mesures de coercition doivent être prises.
4. La levée du blocus de Gaza par les autorités israéliennes en vertu de l’obligation de cesser l’occupation des territoires palestiniens occupés doit être obtenue.
5. Une commission d’enquête internationale et indépendante sur cet assaut meurtrier commis ce 30 mai doit être constituée, et ce dans les plus brefs délais.
6. L’adhésion d’Israël à l’OCDE, qui s’est concrétisée quelques jours seulement avant cet événement, doit être reconsidérée.
7. La suspension de l’accord d’association Union européenne/Israël doit être appliquée immédiatement, conformément aux dispositions contenues dans cet accord.
8. L’Union européenne et le Conseil de Sécurité des Nations unies doivent mettre en œuvre les recommandations du rapport Goldstone.

Sans une prise de responsabilité ferme se traduisant par ces mesures concrètes, les gouvernements nationaux et les institutions internationales renforceront durablement le sentiment d’impunité d’Israël.

C’est le sort du droit international qui est en jeu et il y a urgence.

Bruxelles, 3 juin 2010

Signataires :
Association Belgo-Palestinienne
Coordination Nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie
Diyanet de Belgique
European Muslim Network
Fédération Islamique de Belgique
Forum of European Muslim Youth and Student Organizations
Génération Palestine
Justice and Democracy
UETD (Union of European Turkish Democrats) Brussels
Union des Mosquées de la Province de Liège
Vereniging voor Ontwikkeling en Emancipatie van Moslims

Pour voir la retransmission de la conférence, cliquer sur l’onglet vidéos

Je veux mobiliser l’Union européenne pour qu’elle force le blocus de Gaza

3 juin 2010

Interview de Véronique De Keyer dans « L’avenir » – 2 juin 2010

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« Levez le siège maintenant » demandent les députés, dont Véronique De Keyser, en visite à Gaza

29 mai 2010

Une délégation conjointe composée de neuf députés des commissions des affaires économiques, des budgets et du développement a quitté la bande de Gaza ce vendredi, après avoir participé à une mission d’enquête organisée par l’UNRWA. La délégation a procédé à l’évaluation de la situation humanitaire à Gaza et des résultats de l’assistance financière de l’UE.

La visite a été rendue possible grâce au soutien des autorités égyptiennes dont l’aide précieuse a été vivement appréciée par la délégation.

« La situation humanitaire alarmante, et de plus en plus catastrophique, requiert une levée immédiate, totale et durable du blocus imposé par Israël » indique la délégation. Cet appel est lancé alors que la violence à Gaza a fortement diminué. La délégation fait observer que le siège a complètement isolé les habitants, condamnés à vivre dans une pauvreté extrême. Environ 80 % de la population dépend aujourd’hui de l’aide alimentaire. Le siège affecte profondément la population et crée un marché noir, mais il fait également le jeu des factions les plus radicales qui renforcent leur pouvoir en gagnant de plus en plus d’argent: « Le siège doit être levé afin de donner libre accès à l’aide humanitaire, de permettre la reconstruction et d’offrir une nouvelle chance à l’activité économique légale et un espoir à la population » ont indiqué les députés.

« L’UNRWA fait un travail fantastique, mais il manque de fonds. Il est urgent que l’Union européenne et les autres bailleurs de fonds dégagent davantage de moyens pour financer l’action de l’UNRWA, notamment dans le domaine de l’éducation, qui représente 80 % de son budget. Chaque année, il nous arrive plusieurs milliers d’enfants en âge scolaire en plus, mais il n’y a pas d’argent pour construire de nouvelles écoles et payer les enseignants ». Les députés déclarent qu’ils ne ménageront aucun effort pour que le Parlement augmente le soutien financier à l’UNRWA.

« L’UE doit lancer, sans délai, une action politique afin que le siège de Gaza soit levé et que la reconstruction des infrastructures de base puisse commencer. Lorsqu’on se rend sur place, on comprend la situation de Gaza. À ce jour, seuls deux ministres des affaires étrangères ont visité Gaza. Nous invitons les 25 autres à s’y rendre pour se rendre compte de la situation sur le terrain. L’UE doit s’employer activement à devenir un véritable acteur de paix ».

Information sur les activités de la délégation

La délégation s’est rendue sur le site du projet de logements de l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient ) à Khan Younis, qui a été interrompu en raison du blocus de Gaza, même s’il est intégralement financé, et elle a procédé à un échange de vues avec le comité directeur de la « Banque de Palestine », chargée de verser les aides financières accordées aux familles en difficulté de Gaza, dans le cadre du programme humanitaire PEGASE. Le directeur opérationnel de l’UNRWA à Gaza, John Ging, s’est entretenu avec les députés des défis de son organisation et de la situation désespérée de la population gazéenne. La délégation a également rencontré des défenseurs des droits de l’homme et des chefs d’entreprise; elle a visité le tunnel de Rafah et a pu observer les activités de marché noir.

Députés faisant partie de la délégation à Gaza :

- Eva JOLY (présidente de la commission du développement, Verts/ALE, FR),
- Michèle STRIFFLER (vice-présidente de la commission du développement, PPE, FR),
- Ivailo KALFIN (vice-président de la commission des budgets, S&D, BG),
- Lajos BOKROS (commission des budgets, ECR, HU),
- Véronique DE KEYSER (commission des affaires économiques, S&D, BE),
- Marielle DE SARNEZ (commission des affaires économiques, ADLE, FR),
- Göran FÄRM (commission des budgets, S&D, SE),
- Nicole KIIL-NIELSEN (commission des affaires étrangères, Verts/ALE, FR),
- Ivo VAJGL (commission du développement, ADLE, SL).

L’ambassadeur d’Israël refuse l’entrée à Gaza au Parlement européen : Véronique De Keyser, eurodéputée, n’accepte pas cette décision !‏

12 mai 2010

Une importante délégation parlementaire comprenant les commissions des Affaires étrangères, du Développement et du Budget, doit se rendre en Israël et dans les territoires palestiniens occupés du 24 au 27 mai.

L’Ambassadeur d’Israël vient de faire savoir que la visite de Gaza n’aurait pas lieu, la politique de son pays ayant changé par rapport aux délégations politiques. Israël s’y oppose donc.  » Une décision inacceptable ! Le Parlement européen ne se laissera ni humilier, ni dicter sa conduite. » a déclaré Véronique De Keyser.

Une décision israélienne qui semble cependant ciblée car une délégation parlementaire allemande a pu rentrer à Gaza le 15 avril dernier. L’ambassade a été plus loin dans ses dictats. C’est non seulement la visite à Gaza qui est refusée, mais le programme de la délégation de parlementaires européens qui est critiqué. Et notamment certaines rencontres avec des ONG israéliennes qui défendent les droits de l’homme et surtout la rencontre avec Saeb Erakat, négociateur des accords de paix à Jérusalem-Est. Une rencontre qui, aux dernières nouvelles, serait refusée.

Les députés européens refusent ces interférences et n’abandonneront pas pour autant la mission projetée. Le groupe des parlementaires concernés par la visite à Gaza où les responsables de l’UNRWA devaient faire le point de leurs besoins humanitaires vont tenter d’entrer par Rafah en demandant, d’ores et déjà, l’aide et la collaboration des autorités égyptiennes.

Ce durcissement de l’attitude du gouvernement israélien actuel, au moment où débutent de timides négociations de paix, est un signal contradictoire et regrettable. Il démontre, une fois de plus, la volonté d’Israël de poursuivre son blocus qui, outre son caractère contraire au Droit international, a prouvé son inefficacité politique et son caractère inhumain.

Conflit à Gaza : les députés européens soutiennent les conclusions du rapport Goldstone

11 mars 2010

Les députés invitent les Etats membres de l’Union européenne (UE) et la Haute Représentante pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, à demander publiquement «l’établissement des responsabilités pour toutes les violations du droit international, y compris les cas allégués de crimes de guerre» commises durant le conflit à Gaza et au sud d’Israël. Les élus européens attendent une position commune ferme de l’UE sur le rapport de la mission d’enquête de l’ONU, le rapport Goldstone.

Toutes les parties doivent respecter les droits de l’homme

«Le respect du droit international humanitaire et des droits de l’homme par toutes les parties en présence et en toutes circonstances est un préalable indispensable à l’établissement d’une paix juste et durable au Proche-Orient» soutient la résolution. Elle se réfère au conflit à Gaza en janvier 2009 et aux accusations de crime de guerre qui y ont fait suite.

Le Parlement européen «invite instamment [Israéliens et Palestiniens] à mener dans les cinq mois des enquêtes qui satisfassent aux normes internationales d’indépendance, d’impartialité, de transparence, de rapidité et d’efficacité». L’ONU a déjà ordonné une enquête, menée par le Sud-africain Richard Goldstone.

Mise en œuvre et suivi des recommandations du rapport Goldstone

La Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, ainsi que les Etats membres de l’UE, doivent «œuvrer en faveur de l’établissement d’une position commune ferme de l’Union européenne» concernant la suite à donner au rapport Goldstone, demandent les députés.

Par ailleurs, Mme Ashton et les gouvernements des Etats membres sont invités à demander publiquement la mise en œuvre des recommandations du rapport Goldstone.

Ouverture des points de passage

Le Parlement «salue l’appel lancé par le Conseil des ministres de l’Union européenne en faveur de l’ouverture immédiate, durable et sans condition des points de passage» vers la bande de Gaza, afin de réduire les souffrances que le blocus fait endurer aux habitants.

Enfin, les députés soulignent l’importance de la coopération entre les autorités officielles et les ONG travaillant sur le terrain. Ils se disent préoccupés par les «pressions exercées sur les ONG associées à l’élaboration du rapport Goldstone et aux enquêtes de suivi».

Revue de presse événements à Gaza

31 décembre 2008

Communiqué de presse

28 décembre 2008

Je marque ma plus vive indignation face à la riposte disproportionnée des forces israëliennes qui a conduit aujourd’hui à un véritable bain de sang dans la bande de Gaza depuis trop longtemps victime des violences et des blocus.

Je m’interroge sur les motivations de l’Europe qui, connaissant tous les tenants et aboutissants du conflit israëlo-palestinien, ne réagit qu’à posteriori et laisse perdurer des situations d’injustices.

Tant que les voies des négociations seront méprisées, aucune solution digne ne sera trouvée pour permettre la coexistence des peuples.