Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Lettre de Véronique De Keyser à Catherine Ashton, Haute représentante pour l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité‎, à propos de la Libye

4 novembre 2011

Cliquer sur les images pour les agrandir

rfi le débat: Palestine, l’embarras des Européens

6 octobre 2011

Carrefour de l’Europe
dimanche 02 octobre 2011
Par Daniel Desesquelle

La demande de reconnaissance d’un Etat palestinien à l’ONU divise les Européens. Catherine Ashton qui dirige la diplomatie européenne est muette paralysée par les divergences des Etats membres de l’Union. Si l’Espagne ou l’Irlande soutiennent la démarche palestinienne, l’Allemagne et les Pays-Bas s’y opposent tandis que la France par la voix de Nicolas Sarkozy prône une solution intermédiaire. Les Européens sont les premiers bailleurs de fonds de l’Autorité palestinienne, mais aujourd’hui les Palestiniens attendent davantage de l’Union Européenne qui risque de perdre un crédit fraîchement retrouvé auprès du monde arabe.

Avec :
- Nabli Béligh, enseignant à Sciences-Po Paris et chercheur associé à l’IRIS.
Plus d’infos ici.
- Hassan Balawi, conseiller et médiateur de l’unité médiatique du ministère des Affaires étrangères. Votre dernier livre : Gaza, dans les coulisses du mouvement national palestinien. Plus d’infos ici.
En ligne de Ramallah.
- Véronique de Keyser, eurodéputée belge socialiste, membre suppléante de la Délégation pour les Relations avec le Conseil législatif palestinien. En duplex du Parlement européen.

Pour écouter l’émission cliquer ci-dessous:

Un Etat palestinien à terme

30 septembre 2011

Mise en ligne sur La Libre.be le 29/09/2011.

Une résolution prônant la reconnaissance d’un Etat palestinien sera votée. Mais sans se prononcer sur la demande déposée à l’Onu.

Difficile pour le Parlement européen de répondre par un silence radio à la demande de reconnaissance d’un Etat palestinien déposée par Mahmoud Abbas, le 23 septembre dernier à l’Organisation des Nations unies. Les eurodéputés ne pouvaient pas ne pas réagir, ils vont le faire par une « résolution sur la situation en Palestine » qui sera votée ce jeudi. Fruit de négociations entre les groupes politiques, ce texte ne se prononcera pas sur l’opportunité d’accéder à la requête du président de l’Autorité palestinienne mais reconnaîtra comme un objectif ultime le droit du peuple palestinien à disposer d’un Etat à part entière. « Je comprends la démarche d’Abbas, commentait le Français Alain Lamassoure (PPE, conservateurs). Coincé par l’impasse totale des négociations de paix, la poursuite de la politique de colonisation par Israël et l’impossibilité d’organiser des élections puisque le Hamas s’y oppose en ce qui concerne Gaza, Abbas a choisi d’aller à l’Onu pour obliger tout le monde à bouger. »

Reste qu’un aval franc et massif n’est pas envisageable pour cet élu UMP qui met en avant la solution préconisée par la diplomatie française, à savoir le statut d’Etat observateur (comme celui du Vatican) donnant à la Palestine tous les droits à l’Onu sauf celui de voter.

Dans l’hémicycle, la libérale belge Frédérique Ries a eu une position assez proche lors d’un débat avec Catherine Ashton, haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères. L’eurodéputée a soutenu « le droit du peuple palestinien à avoir enfin un Etat en bonne et due forme ». « Nous sommes à peu près tous d’accord dans l’hémicycle », souligna-t-elle avant d’affirmer « comprendre le jusqu’au-boutisme de Mahmoud Abbas dans sa demande maximaliste mais inéluctable face à l’enlisement des négociations et à la frilosité du gouvernement israélien actuel. » Elle reste cependant convaincue « qu’il n’y a pas de raccourci à la paix » et que celle-ci « doit être négociée » avant toute reconnaissance officielle.

C’est là que le bât blesse entre la droite et la gauche du Parlement, comme le confirme une autre Belge, la socialiste Véronique De Keyser. « Sur la question des négociations de paix en se basant sur les frontières de 1967 et l’arrêt des colonies, il n’y a pas de clivages entre les groupes, déclare-t-elle, mais c’est la demande d’Abbas à l’Onu qui pose des difficultés. Pour mon groupe, il faut la soutenir même si on sait qu’un veto américain est très probable. Abbas s’est engagé sur la voie des négociations de paix et sur la non-violence tout en créant des institutions politiques dont tout le monde se réjouit, l’Europe la première. Soutenir sa demande serait une manière de le conforter par rapport aux extrémistes de son camp dans un contexte de printemps arabe où le risque de déflagration est réel dans un contexte géopolitique complexe. Mon groupe et celui des Verts ont en tout cas pris une position claire pour soutenir le statut de membre à part entière de la Palestine à l’Onu. Elle y a droit depuis 1999, date de la fin de la période transitoire suivant les accords d’Oslo. Clinton avait à l’époque convaincu Arafat de revenir d’abord à la table des négociations et la communauté internationale avait promis de reconnaître l’Etat palestinien « au moment opportun ». Le moment est venu, il est minuit moins cinq ! »

Pas encore tout à fait, sous-entend la résolution commune, même s’il est temps de se réveiller.

« Balayer devant notre porte »

23 juin 2010

Par Véronique Leblanc, correspondante à Strasbourg
Union européenne
Mis en ligne sur LaLibre.be le 18/06/2010

La Belgique épinglée pour la présence sur son territoire d’entreprises vendant des instruments de torture

C’est un exercice imposé. Tous les ans, la Commission tire les conclusions de l’action de l’Europe en faveur des droits de l’homme dans le monde et pour 2009, un grand oral a eu lieu cette semaine en plénière à Strasbourg. Un débat a ainsi réuni mercredi les eurodéputés et la haute représentante de l’Union pour la politique étrangère, Catherine Ashton.

Des chiffres tout d’abord. De juillet 2008 à fin 2009, l’Union a alloué 238 millions d’euros à des ONG opérant dans une centaine de pays. Elle a envoyé des délégations dans une quarantaine de pays pour discuter des droits fondamentaux avec les autorités et des missions d’observation électorale dans 16 autres pays.

« C’est bien mais encore « , ont dit en substance certains eurodéputés qui aspirent à plus de résultats concrets. Ainsi, pour la socialiste belge Véronique De Keyser, partie prenante de plusieurs missions d’observation électorale, l’Union s’est dotée par ce biais d’un « instrument merveilleux » qui permet de constater « des élections défaillantes ou frauduleuses » mais n’entraîne pas « une réaction coordonnée et audible ». « Ça finit par passer, dit-elle, les gouvernements corrompus font le gros dos et l’Europe légitime par lassitude. » « Ne pourrait-on envisager une stratégie de réponse un peu plus audible ? », a-t-elle demandé à Catherine Ashton. Pour le libéral luxembourgeois Charles Goerens, un autre paradoxe européen est le manque d’empressement à répondre aux arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme manifesté par certains Etats membres.

Une remarque approuvée par la verte finlandaise Heidi Hautala. « Pour que nous puissions parler haut et fort dans le monde, il faut d’abord balayer devant notre porte », a-t-elle souligné dans sa conclusion avant d’en revenir à un autre point évoqué durant le débat et qui n’est ni plus ni moins que l’interdiction du commerce d’instruments de torture sur le territoire de l’Union.

Difficile de penser que la question puisse encore se poser en terre européenne, mais c’est bien le cas. Et la Belgique -concernée- n’a rien d’exemplaire puisqu’un rapport d’Amnesty International et Omega Research Foundation atteste que des entreprises y proposent des articles concernés par le règlement. « Il faut prévoir des sanctions pour les pays contrevenants et actualiser la liste des produits concernés en y incluant des équipements tels que les bâtons à pointes et les poucettes murales servant à administrer des décharges électriques », ont réclamé les eurodéputés Gabriele Albertini (conservateur-Italie) et Vital Moreira (socialiste-Portugal), auteurs de questions écrites sur ce sujet.

Autre point important du rapport, la protection des défenseurs des droits de l’homme dans le monde avec la possibilité d’un réseau de « villes refuges » déjà évoquée lors de la présidence tchèque de l’Union et la demande de création -par les ministères des Affaires étrangères- d’une procédure de visa accélérée. Catherine Ashton s’est dite prête à collaborer étroitement avec le Parlement. « Il faut profiter de la nouvelle architecture du traité de Lisbonne », a-t-elle conclu.

« Je m’adresse aujourd’hui aux militants de la flottille du Marmara qui sont dans l’hémicycle : nous vous avons déçus, nous vous avons trahis… »

16 juin 2010

Intervention de Véronique De Keyser mercredi 16 juin au Parlement à Strasbourg

Ce n’est pas à vous que je m’adresse aujourd’hui Monsieur le Président, ni à vous Madame Ashton, pardonnez-moi. Je m’adresse aujourd’hui à ceux qui nous écoutent : aux militants de la flottille du Marmara qui sont dans l’hémicycle. Nous vous avons déçus, nous vous avons trahis. Jusqu’au dernier moment, jusque dans la nuit de l’attaque et j’en garde les traces sur mon GSM, vous avez espéré que les medias, les gouvernements, l’Europe vous protègeraient. En vain. Vous êtes resté seuls, sans arme face à des soldats ayant l’ordre de tirer, au vu et au su de la communauté internationale toute entière. Et vous demandez aujourd’hui justice. Mais une justice internationale, indépendante. Vous n’avez pas confiance en une justice israélienne même encadrée par des observateurs étrangers.

Israël a tué vos amis. Israël a fait disparaître immédiatement tous les indices de l’attaque, a détruit les films, les photos, confisqué les ordinateurs, les cameras, les appareils de photos, évacué toute traces pour produire trois jours plus tard, sa propre version de l’assaut, montage photographique à l’appui. Israël vous a traités de terroristes, traités comme des terroristes, emprisonnés et parfois battus. Et vous n’avez rien compris à ce scénario d’horreur. Vous voulez une justice dans laquelle vous pourrez croire. Et vous voulez aujourd’hui, parce que c’est pour cela que certains d’entre vous sont morts, que le siège de Gaza soit levé, immédiatement et sans condition. Je vous en fais la promesse solennelle : nous ne vous décevrons plus. Madame Ashton, ne me répondez-pas, répondez leur. Ils vous regardent. Comme nous regarderons toujours, avec leurs yeux stupéfaits et incrédules, ceux qui ont payé de leur vie leur engagement humanitaire. La résolution du Parlement condamne l’attaque, exige une enquête internationale et la levée du blocus. Mais le Parlement exigera demain que justice soit rendue : si nous l’oublions, des centaines de survivants de la flottille du Marmara viendront nous le rappeler.

Conflit à Gaza : les députés européens soutiennent les conclusions du rapport Goldstone

11 mars 2010

Les députés invitent les Etats membres de l’Union européenne (UE) et la Haute Représentante pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, à demander publiquement «l’établissement des responsabilités pour toutes les violations du droit international, y compris les cas allégués de crimes de guerre» commises durant le conflit à Gaza et au sud d’Israël. Les élus européens attendent une position commune ferme de l’UE sur le rapport de la mission d’enquête de l’ONU, le rapport Goldstone.

Toutes les parties doivent respecter les droits de l’homme

«Le respect du droit international humanitaire et des droits de l’homme par toutes les parties en présence et en toutes circonstances est un préalable indispensable à l’établissement d’une paix juste et durable au Proche-Orient» soutient la résolution. Elle se réfère au conflit à Gaza en janvier 2009 et aux accusations de crime de guerre qui y ont fait suite.

Le Parlement européen «invite instamment [Israéliens et Palestiniens] à mener dans les cinq mois des enquêtes qui satisfassent aux normes internationales d’indépendance, d’impartialité, de transparence, de rapidité et d’efficacité». L’ONU a déjà ordonné une enquête, menée par le Sud-africain Richard Goldstone.

Mise en œuvre et suivi des recommandations du rapport Goldstone

La Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, ainsi que les Etats membres de l’UE, doivent «œuvrer en faveur de l’établissement d’une position commune ferme de l’Union européenne» concernant la suite à donner au rapport Goldstone, demandent les députés.

Par ailleurs, Mme Ashton et les gouvernements des Etats membres sont invités à demander publiquement la mise en œuvre des recommandations du rapport Goldstone.

Ouverture des points de passage

Le Parlement «salue l’appel lancé par le Conseil des ministres de l’Union européenne en faveur de l’ouverture immédiate, durable et sans condition des points de passage» vers la bande de Gaza, afin de réduire les souffrances que le blocus fait endurer aux habitants.

Enfin, les députés soulignent l’importance de la coopération entre les autorités officielles et les ONG travaillant sur le terrain. Ils se disent préoccupés par les «pressions exercées sur les ONG associées à l’élaboration du rapport Goldstone et aux enquêtes de suivi».