26 mars 2012

Femmes et hommes venus en nombre, Centre d’Action Laïque, Centre du Libre Examen, Conseil des Femmes Francophone de Belgique, Fédération des Centres de Planning…plus de 2200 personnes ont participé ce samedi à Bruxelles, à la manifestation en faveur du droit à l’avortement en Europe. Le 22e anniversaire de la loi belge dépénalisant l’avortement, nous rappelle que les femmes doivent rester libres d’avoir ou non un enfant. Car 22 ans après le vote de cette loi, le combat est toujours d’actualité face aux groupes d’action contre l’avortement qui n’ont jamais été aussi présents. Même si à ce jour, aucune initiative parlementaire ne vise à modifier la Loi Lallemand-Michielsen, l’avortement ne doit jamais constituer une infraction, ni une entrave pour chaque femme, au droit de disposer librement de son corps.
Depuis de longues années, Véronique De Keyser est de tous les combats en faveur des femmes en Belgique, en Europe, partout dans le monde. Pour elle « les européennes veulent et doivent partager leurs libertés. Il n’est pas normal qu’aujourd’hui, dans certains pays européens, les femmes les plus pauvres continuent à mourir dans des avortements clandestins, alors que les plus riches franchissent leurs frontières pour interrompre ailleurs leur grossesse. Gisèle Halimi, la célèbre avocate française continue à se battre pour que toutes les Européennes aient accès aux mêmes droits, et pas seulement pour interrompre une grossesse : droit au divorce, à l’égalité de traitement, à la pension de garde des enfants etc. » Véronique De Keyser, qui soutient totalement la démarche de Gisèle Halimi et l’a invitée plusieurs fois à s’exprimer au Parlement européen pour y présenter « la Clause de l’Européenne la plus favorisée », multiplie les actions en faveur des femmes. Faut-il rappeler les affrontements qui ont éclaté, dès sa deuxième législature, avec des députés d’extrême-droite polonais opposés à l’interruption volontaire de grossesse ? S’indignant de telles positions au sein du parlement, au 21eme siècle, Véronique De Keyser avait décidé avec quelques collègues, de la mise en place d’une exposition de posters à Strasbourg comparant l’avortement à la Shoah. Après quelques échauffourées violentes opposant les parlementaires démocrates et progressistes, dont elle était, à la Ligue des Familles polonaises, l’exposition fut finalement interdite.
Cela n’a pas empêché l’eurodéputée de toujours être sur le terrain, de manifester, de donner des conférences et de participer à des débats télévisés pour dire aux femmes « Ne vous résignez jamais ! » Son engagement permanent dans la lutte pour les droits des femmes, pour la laïcité comme rempart des femmes contre l’intégrisme religieux, pour l’égalité des genres, lui a d’ailleurs récemment valu d’être nommée femme d’exception de Wallonie en recevant le prix Théroigne de Méricourt. Véronique De Keyser pense qu’elle n’a rien d’exceptionnel et que toute la force, tout le courage qu’elle a pu avoir dans sa vie, c’est à d’autres qu’elle les doit. A toutes les femmes d’ici ou d’ailleurs qui, comme elle le souligne « ne peuvent ni parler, ni décider, ni rire ou danser parfois, qui ne savent ni lire ni écrire mais qui résistent », à toutes ces anonymes tellement exceptionnelles…

Photos de gauche à droite : deux débats parmis ceux organisés au Parlement européen par Véronique De Keyser auxquels elle a invité Gisèle Halimi, Véronique De Keyser au dernier Festival des Libertés participe au débat “Héritières et pionnières” dont l’objectif est de situer les luttes des femmes sur un continuum, dans le cadre du 30ème anniversaire du Centre Louise Michel à Liège, Véronique De Keyser reçoit le prix Théroigne de Méricourt
Quelques émissions avec Véronique De Keyser, sur la question de l’avortement, à revoir en copiant les liens sur votre navigateur :
- « Ce jour là » sur La Une, il était question de l’impossibilité de régner pour 36 heures, le temps que puisse être signée la loi Lallemand-Herman-Michielsens de dépénalisation partielle de l’avortement:
http://www.rtbf.be/laune/programme-tv/detail_ce-jour-la?uid=55577268668&idshedule=3a3dd 23ad39eb56c9a1d9878841733d4
- « L’offensive des anti-avortement » sur France 24 :
. http://www.france24.com/fr/20091020-le-debat-de-france-24-avortement-europe-loi-espagne-manifestation
. http://www.france24.com/fr/20091020-le-debat-de-france-24-avortement-europe-loi-espagne-manifestation-partie2
Mots-clefs: avortement, CAL, ce jour-là, Centre Louise Michel Liège, dépénalisation, députée européenne, Europe, femmes, France 24, Gisèle Halimi, groupe Socialistes et Démocrates, IVG, la clause de l'européenne la plus favorisée, la deux, la Une, laïque, liberté, Liège, loi, loi Lallemand-Michielsens, manifestation, prix Théroigne de Méricourt, roi Baudouin, RTBF, société belge, Véronique De Keyser
Publié par Véronique De Keyser dans Divers, Politique |
12 octobre 2009
La vie passe trop vite au Parlement : dès que je reprends la plume, les nouvelles se bousculent et j’essaie leur donner une cohérence. Mais si moi je n’y réussis pas, que penser de ceux qui sont éloignés de l’œil du cyclone ?
Il y a d’abord eu le OUI irlandais. On peut en penser ce que l’on veut du Traité de Lisbonne, mais il assurera davantage de transparence et de démocratie au fonctionnement européen. Plus de pouvoir pour le Parlement, plus de transparence dans les discussions du Conseil jusqu’ici tenues secrètes. Mais à quel prix ce OUI ? On le doit sans doute d’abord à la crise financière, qui a fait trembler l’Irlande : son économie ultra-libérale en a subit les conséquences de plein fouet. Mais on le doit aussi à l’assurance donnée aux Irlandais que jamais, au grand jamais, l’Europe ne les obligerait à légaliser le droit à l’avortement. Il est clair que jusqu’à ce jour, la légalisation de l’avortement a été un processus national. Ceux ou celles qui ont eu le temps de visionner vendredi dernier l’émission d’Elodie de Selys sur «l’incapacité temporaire» de régner du roi Baudouin (le roi refusait de signer la loi belge qui dépénalisait l’avortement) en sont bien persuadés. Mais les femmes européennes veulent partager leurs libertés. Il n’est pas normal qu’aujourd’hui, dans certains pays européens, dont l’Irlande fait partie mais aussi la Pologne et Malte, les femmes les plus pauvres continuent à mourir dans des avortements clandestins, alors que les plus riches franchissent leurs frontières pour interrompre ailleurs leur grossesse. Gisèle Halimi, la célèbre avocate française continue à se battre pour que toutes les Européennes aient accès aux mêmes droits, et pas seulement pour interrompre une grossesse : droit au divorce, à l’égalité de traitement, à la pension de garde des enfants etc. Les disparités nationales sont effarantes. Et c’est pour garder ces inégalités, au nom de sa souveraineté nationale, que l’Irlande a conditionné son OUI au maintien du refus de l’avortement. C’est cher payer son accord. Et l’on est en droit de se demander ce que la Pologne ou la République Tchèque vont exiger de leur côté.
A côté du OUI irlandais il y a eu des victoires moins amères. Les élections portugaises maintiennent au pouvoir les socialistes qui perdent cependant la majorité absolue. Mais surtout, il y a la formidable victoire des socialistes grecs, qui ont repris la main de façon éclatante. Deux anciens collègues du Parlement sont devenus ministres, ça fait toujours plaisir. Et on en oublie un peu l’évincement politique du SPD en Allemagne, qui a perdu le pouvoir. Bref sur les bancs du Parlement, on s’est beaucoup congratulé ces derniers jours mais on a aussi sorti les mouchoirs. Et si les grands débats sont autour de la crise financière et du changement climatique, les soubresauts politiques de chaque pays alimentent toujours les discussions de couloir.
J’ai pourtant trouvé le temps de satisfaire un de mes vices : le théâtre. Formidable festival de l’Emulation à Liège au Théâtre de la Place. Nous n’avons vraiment rien à envier à d’autres voisins…que je ne nommerai pas. Je m’étais d’abord précipitée pour voir «Le Barbier de Séville» qui ouvrait la saison à Liège, monté par Jacques Delcuvellerie : du pur bonheur, un jeu d’acteurs éblouissant, sans exception. Mais que dire de «Voyage», avec les artistes de la Fabrique Imaginaire (Eve Bonfanti et Yves Hunstad) : ça c’est magique. Je les avais déjà vus dans «Au bord de l’eau» au festival off d’Avignon ; et la manière dont ils transforment les mots, font s’enchevêtrer les temps, cette manière unique crée un univers poétique si subtil et si drôle qu’on oscille constamment entre rire et larmes. Je suis sortie de la représentation d’Avignon toute barbouillée de rimmel, tant j’avais pleuré. J’avais donc très peur de «Voyage», très peur que ce soit un peu raté, un peu «en deçà». Et bien non. Du coup, j’ai mis dans mon agenda de cette semaine «Du Vent…des fantômes» de la même compagnie. Il faut que je trouve une soirée de libre, c’est vital. Après ça, je parviens presque à supporter les dessous du OUI irlandais, ou du moins à trouver des forces nouvelles pour le combattre. Mais ce n’est pas tout car samedi dernier j’ai foncé à la Cartoucherie de Vincennes en France, pour voir les «Mères Veilleuses» au Théâtre de l’Epée de Bois. Presque un chuchotement, avec deux actrices sur scène qui interprètent huit monologues. Un seul thème : leur enfant est sorti du droit chemin et c’est tout à la fois leur amour et leur déchirement qu’elles expriment. Un texte intimiste mais très beau de Sylvie Chastain. Et puis, rentrée dare-dare pour le Congrès du PS dimanche à Charleroi, dans une ambiance à la fois grave car la situation politique est sérieuse, mais festive néanmoins car on était heureux de ces retrouvailles après les élections.
C’est vrai que lorsque je me relis, je me dis : «ça fait un peu désordre tout ça». Mais si je veux me faire l’écho de ces heures que je parviens à voler de temps à autre pour filer au théâtre, c’est parce que je trouve qu’on parle trop peu de cet art «à mains nues», non polycopié, où les artistes, qui ont souvent de la peine à nouer les deux bouts, donnent tout et payent de leur personne. Et nous fabriquent de purs joyaux, avec trois fois rien. Et c’est vrai aussi que j’ai un faible pour le théâtre de rues, pour les petits moyens plutôt que pour les grandes productions, car là, aucun subterfuge ne permet de masquer les faiblesses. C’est du très grand art, de la très belle poésie. Alors, on me pardonnera de mêler tout ça à la victoire de socialistes grecs. Après tout, n’avaient-ils pas eux aussi une tradition théâtrale décente ???
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Publié par Véronique De Keyser dans Divers, Politique |
4 octobre 2009
«Ce jour-là» ? C’est la toute nouvelle émission de la RTBF qui explore notre passé à travers ses archives en apportant une relecture actuelle. Ces événements, même s’ils paraissent relativement insignifiants dans l’histoire contemporaine, ont modifié d’une façon où d’une autre notre manière de penser, ont fait évoluer les mentalités ou les habitudes, ont marqué un point de rupture.
Pour la première de cette nouvelle émission, vendredi 9 octobre sur ladeux, juste après le 12 minutes (vers 22h50), Elodie de Selys a convié Véronique De Keyser à participer, sur le thème de l’impossibilité de régner du Roi Baudouin lors du vote de la loi Lallemand-Michielsens de dépénalisation partielle de l’avortement en 1990. Soyez au rendez-vous… ce jour-là !
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Publié par Véronique De Keyser dans Divers |