Véronique De Keyser

Conseillère communale à Liège

66 ans après la libération d’Auschwitz…« indignons-nous ! »

28 janvier 2011

27 janvier 1945. L’armée Rouge libère Auschwitz et Birkenau, les deux plus grands camps de concentration. Les nazis se sont enfuis. Restent près de 10.000 détenus. Durant cinq années, les prisonniers -10.000 à 15.000 par semaine- étaient brûlés dans cinq crématoriums. Quand ils n’étaient pas pendus ou qu’ils ne mourraient pas de faim et de soif, ces malheureux devaient encore offrir le spectacle de leur souffrance aux nazis qui les observaient au travers de fenêtres qui donnaient sur les chambres à gaz. Il n’y a pas de mots pour qualifier l’horreur.

18 décembre 2009. La célèbre inscription en allemand « Arbeit macht frei » (Le travail rend libre), à l’entrée de l’ancien camp d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau, est dérobée. J’ai immédiatement condamné fermement cet acte de haine et de violence et adressé à l’ensemble de la communauté juive de par le monde, ainsi qu’à tous les autres survivants et descendants des survivants des autres victimes de ce camp -Polonais non juifs, Tziganes, prisonniers soviétiques- ma plus profonde marque de respect.

27 janvier 2011. Alors que nous commémorons le 66ème anniversaire de la libération d’Auschwitz, la résistance à l’arbitraire et à l’injustice est plus que jamais d’actualité. Le temps de l’indignation est sans fin. Sommes-nous prêts à résister pour restaurer dans notre société les valeurs humanistes et l’espoir d’un monde plus équitable et durable ? Face aux trop nombreux débordements antisémitismes, nationalistes, xénophobes… à la dictature du libéralisme, aux écarts toujours plus grands entre riches et pauvres, au détricotement des systèmes sociaux et de solidarité, l’Humanité a besoin d’élever sa conscience. Pourquoi ne pas emboîter le pas à mon ami Stéphane Hessel lorsqu’il appelle à une « insurrection pacifique » ? D’un même élan, « indignons-nous ! »

M. Le Pen ne présidera pas la séance inaugurale du parlement européen

6 mai 2009

À l’initiative de Martin Schulz, le chef de file des socialistes, le Parlement européen a modifié aujourd’hui son règlement intérieur pour éviter que le leader du Front national Jean-Marie Le Pen ne préside l’assemblée constitutive à l’issue des élections européennes de juin. « Vu la règle du doyen d‘âge qui attribue au député élu le plus âgé le rôle de présider la séance inaugurale, il y avait un risque réel que cette tâche revienne à M. Le Pen dans l’hypothèse de sa réélection. Pour moi, c’est tout à fait inacceptable. Un homme politique qui continue de clamer que « les chambres à gaz sont un détail de l’histoire » ne peut pas avoir l’honneur de présider cette assemblée, symbole de la réconciliation des peuples européens » a-t-il déclaré à l’issue du vote.

Avec les nouvelles dispositions, la séance inaugurale de l’Assemblée prévue le 14 juillet sera présidée soit par le président sortant du Parlement s’il est réélu soit par l’un des 14 vice-présidents par ordre de préséance en cas de réélection.

Scandaleux ! Le Pen persiste et signe !

25 mars 2009

Pour lancer sa future campagne européenne, Jean Marie Le Pen n’a pas hésité à racler ses fonds de tiroirs antisémites et négationnistes. Il s’est fait huer ce matin au Parlement européen pour avoir, une fois de plus, franchi la ligne rouge. En tant que Doyen de l’assemblée, il pourrait, selon le règlement actuellement en vigueur, siéger comme Président du Parlement européen en juin prochain, au lendemain des élections européennes, et ce jusqu’à l’élection d’un nouveau Président.

Les socialistes européens ont déposé une proposition de modification du règlement pour empêcher qu’il ne puisse, ne fut-ce que quelques instants, incarner le Parlement. Hors de lui, Jean-Marie Le Pen a fustigé le manque de démocratie des socialistes en rappelant que si effectivement il avait été condamné, c’était pour avoir jugé les chambres à gaz comme un « détail » de la seconde guerre mondiale, ce qui était évident ! Et pour justifier ses propos, Jean Marie Le Pen a évoqué les mémoires de Winston Churchill, où pas une ligne dans ce qui est consacré à la seconde guerre mondiale ne se rapporte aux camps d’exterminations.

Qu’encourt Jean-Marie Le Pen pour ces propos négationnistes ? Trop peu, certes, mais des sanctions sont cependant prévues à l’article 147 du nouveau règlement produit en 2007. C’est à dire, soit un blâme, soit une perte du droit à l’indemnité de séjour pouvant aller jusqu’à dix jours, soit une suspension temporaire de la participation à des commissions ou délégations soit, au pire, la suspension ou le retrait de mandats électifs occupés au Parlement. Mais pas le retrait du mandat de député. En fait, Jean-Marie Le Pen est habile. Il sait que finalement cette provocation odieuse ne lui coûtera pas très cher, et que s’il peut se faire quelques électeurs sur la négation de la Shoah, c’est autant de pris !!!