Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

« Il faut aider ces pays à construire leur propre système »

20 décembre 2010

Une intitiative de la CGSP wallonne sur la question des retraites, largement soutenue par Véronique De Keyser

14 décembre 2010

Lettre ouverte de la CGSP wallonne

à Monsieur Barroso, Président de la Commission européenne et à messieurs Laszlo Andor, Olli Rehn et Michel Barnier, Commissaires européens.

Monsieur le Président,
Messieurs les Commissaires européens,

L’Interrégionale wallonne de la Centrale Générale des Services Publics a pris connaissance du livre vert « Vers des systèmes de retraite adéquats, viables et sûrs en Europe ». A la suite de quoi elle a décidé, pour au moins deux raisons, de ne pas participer à cette « consultation » qui se terminait le 15 novembre dernier.

Premièrement, la CGSP wallonne entend rappeler que l’UE n’est pas compétente en matière de pensions. Répondre au questionnaire serait reconnaitre que la Commission européenne est un acteur légitime dans ce débat. Nous ne voulons pas, dès lors, apporter notre caution à la tentative de la Commission d’exister, tant bien que mal, dans ce dossier en usant de ses compétences « marché intérieur ».

Deuxièmement, ce Livre vert n’est rien d’autre qu’une nouvelle manœuvre de déstabilisation des pensions par répartition. Il cache, de ce fait, bien mal son parti-pris idéologique ! La CGSP wallonne s’oppose aux discours alarmistes et mensongers jouant, à l’instar des menaces terroristes, sur la crainte et l’irrationnel pour nous forcer à croire que le « vieillissement » de la population rendrait les pensions par répartition impayables et que le développement de systèmes par capitalisation serait nécessaire. La fable des trois piliers participe de cette désinformation.

La CGSP wallonne entend rappeler que les pensions légales par répartition sont le moyen le plus sûr d’assurer les retraites. Il suffit juste d’avoir le courage politique d’oser renforcer une institution qui, de par son activité solidaire, contribue à détourner une part de plus en plus importante de la richesse produite des circuits banquiers privés où se réalise l’essentiel du travail capitaliste de captation de la rente.

L’entêtement de la Commission à promouvoir la capitalisation s’apparente à une véritable provocation à l’encontre de tous les travailleurs et citoyens qui, partout dans le monde, paient le prix d’une crise financière provoquée par l’égoïsme d’une élite économique et financière. Notre réaction est également un témoignage de notre Solidarité à celles et ceux qui aujourd’hui se battent pour sauver leurs systèmes de retraites !

Il suffit juste d’oser mettre l’intérêt de l’immense majorité de la population avant celui de quelques profiteurs. C’est le choix que nous faisons, celui d’une autre répartition des richesses produites.

Monsieur le Président, Messieurs les Commissaires européens, il n’y a pas de fatalité économique, il n’y a que des choix politiques. Si d’aventure les responsables politiques, parmi lesquels vous êtes, souhaitaient, un jour, lancer le débat sur l’avenir des retraites de manière impartiale, ils pourront compter sur l’appui constructif de la CGSP wallonne. Mais s’ils persistent à vouloir détricoter les outils de Solidarité conquis par le monde du travail et qui ont fait la preuve de leur efficacité (services publics, sécurité sociale…), ils nous trouveront à chaque fois sur leur chemin et devront faire face à notre plus vigoureuse opposition.

Francis Wégimont
Secrétaire général IRW-CGSP

VIH/SIDA : proposition de résolution de Véronique De Keyser, Michael Cashman, Thijs Berman et Linda McAvan au nom du groupe S&D

16 juillet 2010

PROPOSITION DE RÉSOLUTION
déposée à la suite d’une déclaration de la Commission
conformément à l’article 110, paragraphe 2, du règlement
sur une approche fondée sur les droits de la réponse de l’Union européenne au VIH/SIDA

Véronique De Keyser, Michael Cashman, Thijs Berman, Linda McAvan
au nom du groupe S&D

B7 0412/2010
Résolution du Parlement européen sur une approche fondée sur les droits dans la réponse de l’UE face au VIH/sida
Le Parlement européen,
– vu la 18e Conférence internationale sur le sida, intitulée « Rights Here » (« Les droits, ici et maintenant ») –, qui se tiendra à Vienne du 18 au 23 juillet 2010,
– vu la déclaration d’engagement des Nations unies sur le VIH/SIDA, intitulée « À crise mondiale, action mondiale », adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 27 juin 2001, lors de sa 26e session extraordinaire,
– vu la rencontre de haut niveau sur le sida du 2 juin 2006 de la session spéciale de l’Assemblée générale des Nations unies (UNGASS) et la déclaration politique adoptée lors de cette rencontre,
– vu la déclaration d’Abuja du 27 avril 2001 sur le sida, la tuberculose et les autres maladies infectieuses ainsi que la position commune de l’Afrique lors de la rencontre de haut niveau de 2006 de l’UNGASS et l’appel à une action accélérée pour l’accès universel au services de lutte contre le VIH et le sida, la tuberculose et le paludisme en Afrique, signé à Abuja le 4 mai 2006 par l’Union africaine,
– vu sa résolution du 6 juillet 2006 sur le VIH/sida: « Passons aux actes », sa résolution du 24 avril 2007 sur la lutte contre le VIH/sida au sein de l’Union européenne et dans les pays voisins, 2006-2009, et sa résolution du 20 novembre 2008 sur le VIH/sida: diagnostic et traitement précoces,
– vu les conclusions du Conseil sur l’état d’avancement du programme d’action européen pour lutter contre le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose par les actions extérieures (2007 2011), novembre 2009,
– vu la communication de la Commission sur la lutte contre le VIH/sida dans l’Union européenne et les pays voisins, ainsi que sa stratégie 2009-2013 de lutte contre le VIH/sida dans l’Union européenne et les pays voisins,
– vu le rapport 2009 de l’ONUSIDA sur l’épidémie mondiale de sida,
– vu le cadre de résultats pour la période 2009-2011 de l’ONUSIDA,
– vu le rapport 2010 des Nations unies sur les objectifs du millénaire pour le développement,
– vu sa résolution du 15 juin 2010 sur les progrès en vue de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement: évaluation à mi-parcours pour préparer la réunion de haut niveau des Nations unies (septembre 2010),
– vu l’article 110, paragraphe 2, de son règlement,

A. considérant que le nombre de personnes atteintes du VIH/sida ne cesse d’augmenter, avec 33,4 millions de personnes atteintes par le VIH/sida dans le monde et, fait particulièrement inquiétant, 2,7 millions de personnes nouvellement infectées en 2008,
B. considérant que le VIH/sida demeure l’une des principales causes de décès à l’échelle mondiale, puisqu’il est à l’origine de deux millions de décès en 2008 et devrait représenter une cause significative de mortalité prématurée dans le monde au cours des décennies à venir,
C. considérant qu’on estime à cinq millions le nombre de personnes qui bénéficiaient d’une thérapie antirétrovirale dans les pays à revenu intermédiaire ou faible à la fin de l’année 2009, soit une multiplication par dix en cinq ans et une augmentation sans précédent dans l’histoire de la santé publique,
D. considérant que le nombre des nouveaux cas d’infection continue d’excéder la diffusion des traitements et que les deux tiers des personnes nécessitant un traitement en 2009 n’en ont pas reçu, ce qui signifie que 10 millions de personnes dans le besoin n’ont pas eu accès au traitement efficace qui leur est nécessaire,
E. considérant que l’Afrique subsaharienne demeure la région la plus durement touchée, avec 22,4 millions de personnes atteintes du VIH/sida et 71 % de l’ensemble des nouveaux cas d’infection par le VIH/sida en 2008,
F. considérant qu’il existe des preuves solides selon lesquelles la prévention du VIH/sida constitue un moyen efficace pour réduire les cas de nouvelles infections,
G. considérant que l’implication des personnes vivant avec le VIH/sida dans les efforts de prévention est très insuffisamment planifiée,
H. considérant que les femmes et les jeunes filles continuent à être touchées de manière disproportionnée par le VIH/sida, les femmes représentant approximativement 60 % des cas d’infection en Afrique subsaharienne et le VIH/sida demeurant la première cause de décès et de maladie pour les femmes en âge de procréer,
I. considérant que les solutions offertes en matière de prévention contre le VIH ne suffisent pas pour protéger les femmes et que les méthodes de prévention comme les préservatifs et l’abstinence ne constituent pas des solutions réalistes pour de nombreuses femmes, en particulier les femmes mariées, celles qui souhaitent avoir des enfants ou celles qui risquent d’être victimes de violences sexuelles; qu’un vaccin ou un microbicide sûr et efficace pourrait offrir aux femmes de nouveaux moyens de se protéger contre le VIH sans limiter leurs possibilités de devenir mères,
J. considérant qu’il existe des preuves croissantes de niveaux élevés d’infection et de risque parmi des populations-clés notamment les travailleurs sexuels, les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, les prisonniers, les utilisateurs de drogues par injection, les populations migrantes, les réfugiés et les travailleurs mobiles dans la quasi totalité des régions, ainsi que dans les pays souffrant d’épidémie généralisée, et qu’il existe également une insuffisance générale au niveau de la priorité à accorder à des programmes de prévention contre le VIH/sida destinés à ces populations ainsi qu’à leur financement,
K. considérant que, en raison de la stigmatisation associée au VIH/sida, quelque 30 % des personnes infectées dans l’Union européenne n’ont pas conscience de l’être et que des études suggèrent que les infections non diagnostiquées facilitent la propagation du VIH/sida et augmentent les risques de décès parmi les personnes atteintes par le VIH/sida,
L. considérant que les pratiques homosexuelles restent lourdement stigmatisées, surtout en Afrique subsaharienne, où trente et un pays criminalisent ces pratiques entre adultes consentants et où quatre pays les punissent de la peine capitale tandis que d’autres prévoient des peines supérieures à dix années d’emprisonnement; que toutes ces formes de stigmatisation font obstacle au travail de prévention contre le VIH/sida,
M. considérant que la criminalisation des usagers de drogues illicites dans de nombreux pays empêche ces derniers d’accéder aux mesures de prévention contre le VIH/sida, aux traitements, aux soins et à l’aide, et qu’elle alimente la transmission du VIH/sida liée à l’utilisation de drogues par injection,
N. considérant que cent six pays indiquent aujourd’hui encore que leurs lois et leur police font lourdement obstacle à des réponses efficaces au problème du VIH/sida,
O. considérant qu’en 2008, selon les estimations, 17,5 millions d’enfants ont perdu leur père et/ou leur mère à cause du VIH/sida – la grande majorité d’entre eux vivant en Afrique subsaharienne –, sont fréquemment victimes de stigmatisation et de discrimination et peuvent se voir refuser l’accès à des services aussi essentiels que l’éducation et le logement, ce qui accroît encore leur vulnérabilité à l’infection par le VIH/sida;
P. considérant que le rapport entre VIH/sida et handicap n’a pas fait l’objet de l’attention qu’il mérite et ce, bien que les personnes handicapées figurent parmi toutes les populations clés dont le risque d’exposition au VIH/sida est plus élevé,
Q. considérant qu’une approche fondée sur les droits pour lutter contre le VIH/sida est capitale pour contribuer à faire cesser l’épidémie,
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1 Les « populations-clés » sont des groupes qui risquent davantage d’être infectés ou affectés par le VIH, qui joue un rôle-clé dans la manière dont le VIH se répand et dont l’implication est vitale pour parvenir à réagir de manière efficace et durable au VIH. Les populations-clé diffèrent selon le contexte local, mais elles incluent des groupes qui sont vulnérables et marginalisés, tels que les personnes vivant avec le VIH, leurs partenaires et leur famille, les personnes qui achètent ou vendent des services sexuels, les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, les personnes faisant usage de drogues, les orphelins et autres enfants vulnérables, les migrants et les personnes déplacées, ainsi que les prisonniers.

1. demande à la Commission et au Conseil de tenir leurs engagements et d’intensifier leurs efforts pour traiter le problème du VIH/sida comme une priorité de santé publique mondiale, en plaçant les droits de l’homme au cœur de la prévention, du traitement, des soins et de l’aide en matière de VIH/sida, y compris dans le cadre de la coopération au développement de l’Union européenne;
2. invite la Commission et le Conseil à favoriser la dépénalisation de la transmission du VIH/sida et de l’exposition au virus , notamment en encourageant la reconnaissance du VIH/sida comme un handicap aux fins de la législation anti–discrimination actuelle et future;
3. invite la Commission et le Conseil à favoriser les meilleures politiques et pratiques dans le cadre du dialogue politique aux niveaux international et national des réponses au VIH/sida fondées sur les droits:
– en assurant la promotion, la protection et le respect des droits de l’homme des personnes vivant avec le VIH/sida et des autres populations clés,
– en soutenant la révision et la modification des législations qui constituent un obstacle à des programmes et services en matière de VIH/sida fondés sur les faits, en particulier pour les populations clés,
– en plaçant les droits de l’homme au centre des décisions relatives à l’affectation des financements pour la lutte contre le VIH/sida à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union européenne,
– en faisant en sorte que la programmation en matière de VIH/sida soit centrée sur les personnes atteintes par le VIH/sida et sur les autres populations clés, qu’elle permette aux individus et aux associations de réagir au VIH/sida, et qu’elle vise à réduire les risques et la vulnérabilité à l’infection au VIH/sida ainsi qu’à alléger les effets négatifs du VIH/sida,
– en facilitant et en favorisant la participation significative des populations clés à l’élaboration, à la mise en œuvre, à la surveillance et à l’évaluation de la planification de la prévention, du traitement, des soins et de l’aide en matière de VIH/sida,
– en facilitant l’accès universel aux soins de santé, qu’il s’agisse de la prévention, des traitements, des soins ou de l’aide relatifs au VIH/sida ou bien d’autres dispositions médicales liées à d’autres pathologies,
– en facilitant l’accès des personnes atteintes par le VIH/sida et des autres populations clés à l’éducation et à l’emploi,
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1 Selon le dossier politique de l’ONUSIDA sur la pénalisation de la transmission du VIH, les gouvernements devraient limiter la pénalisation aux cas de transmission intentionnelle, c’est-à-dire aux cas où une personne connaissant sa séropositivité agit avec l’intention de transmettre le VIH et le transmet en fait.

– en veillant à ce que le futur suivi des progrès dans la lutte contre le VIH/sida intègre des indicateurs qui prennent directement en compte et évaluent les problèmes des droits de l’homme en rapport avec le VIH/sida,
– en respectant les « 3 C » (consentement conscient, confidentialité et conseil) dans les services de détection du VIH/sida et les autres services liés à cette pathologie,
– en combattant la stigmatisation et la discrimination à l’encontre des personnes vivant avec le VIH/sida et des autres populations clés et en protégeant leurs droits à la sécurité et à la protection contre les abus et la violence,
– en favorisant et en facilitant une plus grande participation des personnes vivant avec le VIH/sida et des autres populations clés aux actions de lutte contre le VIH/sida,
– en fournissant des informations objectives et exemptes de jugements moraux sur la maladie,
– en donnant aux personnes la force, les capacités, les connaissances et les ressources nécessaires pour se protéger d’une infection par le VIH/sida,
4. invite la Commission et les États membres à traiter la question des besoins des femmes en matière de prévention, de traitement et de soins liés au VIH/sida en la considérant comme une mesure essentielle pour faire régresser l’épidémie, notamment en élargissant l’accès à des programmes en matière de santé sexuelle et génésique qui intègrent pleinement des services de détection, de conseil et de prévention en matière de VIH/sida et en inversant les facteurs socioéconomiques sous-jacents contribuant à l’exposition des femmes au risque de contamination par le VIH/sida, telles que l’inégalité entre les hommes et les femmes, la pauvreté, l’absence de possibilités sur les plans économique et de l’enseignement, ainsi que l’absence de protections du point de vue juridique et des droits de l’homme;
5. invite l’Union européenne et les États membres à accorder un financement équitable et souple à la recherche de nouvelles technologies de prévention, y compris des vaccins et des microbicides;
6. invite la Commission et les États membres à répondre aux besoins des enfants et des jeunes gens en matière de prévention contre le VIH/sida, de traitement, de soins et de soutien et à veiller à ce qu’ils aient accès aux services relatifs au VIH/sida et, en particulier, au dépistage précoce des nourrissons, à des formulations ARV appropriées et abordables, à un soutien médico-social et à une protection sociale et juridique;
7. demande à la Commission et aux États membres de soutenir la participation des personnes handicapées à la lutte contre le VIH/sida et à l’intégration de leurs droits de l’homme aux plans et politiques stratégiques nationaux en matière de VIH/sida, de veiller à ce que ces personnes aient accès à des services liés au VIH/sida qui soient à la fois adaptés à leurs besoins et de niveau égal aux services dont disposent les autres communautés;
8. invite la Commission et les États membres à soutenir des programmes de réduction des dommages pour les prisonniers et les usagers de drogue par injection;
9. demande à la Commission de soutenir les gouvernements nationaux et d’encourager la participation de la société civile afin de remédier aux piètres résultats des programmes visant à diminuer la stigmatisation et la discrimination et à améliorer l’accès à la justice dans les réponses nationales au VIH/sida;
10. invite la Commission et le Conseil à coopérer avec l’ONUSIDA et avec d’autres partenaires pour améliorer les indicateurs permettant de mesurer les progrès réalisés à l’échelon mondial, national et programmatique pour réduire la stigmatisation et la discrimination liées au VIH/sida, y compris des indicateurs spécifiques à des populations clés;
11. demande à la Commission et au Conseil de soutenir les travaux de la commission mondiale sur le VIH et le droit, récemment créée, afin de veiller à ce que la législation permette d’apporter une réponse efficace au problème du VIH/sida;
12. invite la Commission et le Conseil à exhorter l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne à rassembler davantage d’éléments concernant la situation des personnes atteintes par le VIH/sida et celle des autres populations clés vivant en Europe sur le plan des droits de l’homme, en tenant tout particulièrement compte de leur vulnérabilité à des discriminations multiples et intersectorielles;
13. invite tous les États membres et la Commission à allouer au moins 20 % de toutes les dépenses de développement à la santé et à l’éducation de base, à augmenter leurs contributions au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, ainsi que le financement qu’ils apportent à d’autres programmes visant à renforcer les systèmes de santé et les systèmes communautaires;
14. invite tous les États membres et la Commission à inverser l’inquiétante tendance à la baisse du financement de la santé et des droits sexuels et génésiques dans les pays en développement, et à soutenir les politiques en matière de traitement des infections sexuellement transmissibles et la fourniture de moyens en matière de santé reproductive sous forme de médicaments permettant de sauver des vies et de contraceptifs, notamment des préservatifs;
15. invite l’Union européenne à continuer d’œuvrer non seulement par son soutien budgétaire, mais également au moyen d’un ensemble d’instruments financiers aux niveaux tant mondial que national et ce, au travers des organisations et des mécanismes appropriés ayant permis de traiter la dimension liée aux droits de l’homme du VIH/sida, en particulier des organisations de la société civile et des organisations opérant au niveau des collectivités;
16. demande au groupe de travail sur les droits de l’homme du Conseil d’adopter la Toolkit to Promote and Protect the Enjoyment of all Human Rights by Lesbian, Gay, Bisexual and Transgender People (« boîte à outils visant à promouvoir et à défendre l’exercice des droits de l’homme des personnes homosexuelles, bisexuelles et transsexuelles ») et invite le Conseil et la Commission à mettre en œuvre les recommandations qu’elle contient;
17. invite la Commission et les États membres à réaffirmer leur appui au paragraphe 16 des conclusions du Conseil sur le programme d’action de novembre 2009 et à entamer un vaste processus de consultation avec les États membres et les autres parties intéressées en vue de la préparation d’un programme d’action européen pour lutter contre le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose par les actions extérieures pour 2012 et au-delà, ainsi qu’à appuyer la mise en place d’équipes européennes d’action qui permettent à la Commission et aux États membres de participer à l’action dans des domaines définis comme prioritaires;
18. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission, aux parlements des États membres, au Secrétaire général des Nations unies, au programme commun des Nations unies sur le VIH/sida, à l’Organisation mondiale de la santé et aux organisateurs de la 18e conférence internationale sur le sida.

Si tous les commissaires ont réussi leur audition, l’écrasante majorité penche à droite : la faute à qui ?

9 février 2010

Blog du 9 février 2010. Accrochez-vous, je suis à Strasbourg. Sans conviction, mais aussi sans surprise, nous avons voté ce matin la mise en place de la nouvelle Commission européenne. Vingt sept nouveaux commissaires sous la houlette de José Manuel Barroso déjà bien connu dans la maison. Pourquoi sans conviction ? Parce que si tous les commissaires ont réussi leur audition (avec une belle courbe de Gauss, certains de justesse, d’autres avec brio, au milieu beaucoup avec des résultats honnêtes), l’écrasante majorité penche à droite. La faute à qui ? La faute aux élections nationales qui dans les 27 pays de l’Union ont porté la droite au pouvoir. D’où seulement 7 commissaires socialistes, aucun vert, et le reste, centre ou droite. Donc, un rejet de la Commission actuelle n’aurait en rien changé la donne politique : les pays concernés nous auraient produit une copie conforme en cas de rejet de leur poulain; les noms auraient changé, pas le pays ni l’appartenance politique. Mais il faut savoir parfois changer de poulain : la Bulgare Jeleva en a été l’éclatante démonstration. Son audition avait été navrante et la candidate avait fait preuve d’une ignorance sidérale. Elle fut vite remplacée par une autre commissaire désignée, bulgare elle aussi, de droite elle aussi, mais époustouflante et ce qui ne gâte rien, pleine d’humour. Accessoirement vice-présidente de la Banque mondiale, ce qui pour une future commissaire à l’aide humanitaire, était un bon tremplin. Avec ce léger toilettage, la commission était prête.

Donc le vote favorable a rencontré une écrasante majorité. Cohn Bendit, éternel opposant, s’est opposé. Rien d’inattendu. Mais il s’est lancé dans une casuistique subtile. Avec de splendides effets de manche, il a voté non à la Commission, tout en se déclarant prêt à la soutenir si elle œuvrait dans la bonne direction : en déployant une politique fiscale, en renforçant les efforts de lutte contre le changement climatique (à propos, un petit réchauffement ces jours-ci ne me déplairait pas !), en créant de l’emploi etc. Nous, les socialistes, avons dit oui mais en exigeant, en contre partie, du social, de l’emploi et l’étude a priori, avant toute décision législative, de l’impact social qu’elle risque d’avoir. La crise a plané sur toutes les interventions des groupes politiques. Il n’y a pas que Reynders qui joue au caméléon : Daul, le président du grand groupe du parti populaire européen y est allé de son couplet social et Verhofstadt, président du groupe libéral au Parlement européen, n’était pas mal du tout. C’est assez drôle d’ailleurs de se retrouver entre Belges au Parlement européen, avec Jean-Luc Dehaene (très distant), Guy Verhofstadt (drôle et bourré d’intelligence), Louis Michel (avec un potentiel d’indignation intact), Marianne Thyssen (effacée mais gentille), l’extrême droite flamande (bien propres sur eux, BCBG, ignobles), Frida Brepoels du NVA (chaleureuse et « humanitaire »), et puis beaucoup d’autres, Kathleen, Saïd, Isabelle, Marc, Fred etc.. Nous vivons ensemble dans un microcosme où les jeux politiques ne sont pas la transposition des jeux nationaux. Ce sont donc surtout les individualités et les caractères qui priment.

On vote aussi durant cette session sur l’accord SWIFT. C’est-à-dire un accord intérimaire de transmission des données bancaires aux Etats-Unis, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Initialement le réseau SWIFT est une coopérative d’origine belge qui sert de messagerie bancaire reliant près de 8.000 établissements financiers dans le monde. Les Etats-Unis ont utilisé ces données bancaires en réquisitionnant la copie des messages stockée aux Etats-Unis comme back-up de l’original stocké en Europe. L’affaire avait suscité un certain émoi, à cause de son manque de transparence (des messages étaient utilisés sans que leurs auteurs en aient connaissance et sans leur consentement) mais un accord intérimaire avait été consenti aux Etats-Unis les autorisant à continuer la consultation des données durant 9 mois, le temps de boucler un accord final plus soucieux du respect des libertés individuelles. Mais ne soyons pas naïfs, SWIFT ne fait pas que miner les libertés individuelles; il peut aussi être une arme d’espionnage économique. Etonnamment durant ces 9 mois, les inquiétudes du Parlement européen n’ont pas été prises en compte. Il a compté pour du beurre. Or aujourd’hui avec le Traité de Lisbonne le Parlement a un pouvoir de co-décision sur la négociation. Il faut son approbation sur un accord final. Les socialistes, les verts, la gauche unie, et les libéraux risquent de s’opposer. Les Etats-Unis sont furieux, Hillary Clinton téléphone à tous les numéros qu’elle a, dont celui de lady Ashton, nous sommes mis sous pression par les ambassadeurs américains dans différents pays. C’était le gros thème de discussion au Groupe ce soir : c’est clair, les socialistes continueront à dire non. C’est un peu de notre rêve américain qui se brise. La lune de miel avec Obama est terminée.

Et puis, de nombreuses réunions ont préparé le départ de la semaine prochaine en Colombie. Je n’ai déjà que trop parlé du problème colombien mais cette fois, c’est fait : on part. En groupe de «haut niveau» (et oui, c’est ainsi qu’on s’appelle quand le chef du Groupe part avec nous). Vous aurez au retour le détail de cette aventure. D’ici là, beaucoup d’eau coulera encore sous le pont.

Véronique De Keyser préside les « Silver Rose Awards » 2010

2 février 2010

Des syndicalistes colombiens récompensés par Véronique De Keyser qui salue leur courage face aux attaques dont ils sont victimes et le risque dans lequel ils travaillent

SOLIDAR est un réseau européen regroupant 53 organisations qui oeuvrent partout pour la justice sociale. SOLIDAR a créé les «Silver Rose Awards» en 2000 dans le but de valoriser et de faire connaitre au public le travail d’associations, organisations ou personnes individuelles qui promeuvent l’égalité en Europe et dans le monde. Les Récompenses attribuées aux gagnants aident à augmenter la visibilité de leurs actions qui peuvent être à l’origine d’autres initiatives.

Les gagnants de l’édition 2010, présidée par Véronique De Keyser – Députée européenne, membre de la Commission des Droits de l’Homme – sont :
- les syndicats Colombiens CUT-CTC-CGT représentés par M. Alfonso Morantes Président de la Confédération des Travailleurs (CT) et Mme Percy Oyola Paloma deuxième secrétaire Général Adjoint de la CGT,

- Le Centre Européen des Droits des Roms (ERRC) qui vise à protéger ceux-ci de la réticence et de la méfiance opposée à leur «intégration», du fait de leur culture de vie nomade,

- Deux personnalités politiques de tout premier plan : l’ancien premier ministre Gyula Horn (Hongrie) l’un des protagonistes de la chute du « Rideau de Fer », et Pierre Mauroy (France) ancien premier ministre du gouvernement François Mitterrand de 1981 à 1984, Maire de Lille de 1973 à 2001, dont le cabinet a présenté de nombreuses réformes sociales : réduction du temps de travail à 39 heures, retraite à 60 ans, hausse d’allocations.

« Les candidats au « Silver Rose Awards » de cette année ont tous fait un remarquable travail pour défendre la démocratie et donner une voix aux plus démunis. Pourquoi le prix « international » a-t-il été décerné aux syndicats colombiens ? Chaque année en Colombie des centaines de syndicalistes sont assassinés. La Commission européenne a constaté que le gouvernement colombien a fait certains efforts : protection accrue des syndicalistes, crimes plus souvent qu’autrefois traduits en justice mais le pourcentage de cas où l’action a conduit a une condamnation des responsables est infime. Le pays manque encore cruellement d’un plan national d’action sur les Droits de l’Homme. L’exercice des droits sociaux et politiques des travailleurs ne doit pas avoir pour conséquence de les voir brimés en permanence, menacés, court-circuités par des législations liberticides. Si l’U.E signe un accord commercial avec un système de préférence généralisé pour la Colombie, il ne faut pas que ce soit un bon point sur le bulletin du Président Uribe, valable pour un 3ème mandat, ou un sérieux coup de pouce aux multinationales colombiennes : les droits des travailleurs doivent y trouver réellement leur compte. Dans ce contexte, il est plus important que jamais que nous montrions notre solidarité avec nos frères et soeurs en Colombie. Je vous attends nombreux ce 3 février au Parlement européen. » déclare Véronique De Keyser.

Un accord-cadre avec la Lybie ? Ce serait une honte !

30 septembre 2009

« Un accord-cadre avec la Lybie ? Ce serait une honte ! » déclare l’euro-députée PS belge Véronique De Keyser, Vice-Présidente du groupe Socialistes et Démocrates.

La Commission européenne prépare aujourd’hui un accord-cadre avec la Lybie. Cet accord prévoit entre autre le refoulement possible vers ce pays de tout ressortissant lybien tentant de pénétrer illégalement en Europe, mais aussi de tout autre immigrant illégal ayant transité par la Lybie. L’Union européenne « aiderait » la Lybie à mieux contrôler ses frontières et à mettre sur pied des centres de détention. Et tout ceci en reconnaissant l’état déplorable des droits de l’homme dans le pays et les risques que les conditions de détention soient pénibles, voire dangereuses pour les détenus.

A Monsieur Mingarelli, directeur général-adjoint à Relex, venu expliquer à huit-clos ce projet d’accord-cadre aux députés de la Commission des Affaires étrangères, Véronique De Keyser, scandalisée, s’est esclamée: « Êtes-vous conscient que vous renverrez ainsi dans des centres de détention lybiens des immigrants qui vont y risquer leur vie ? Mais, c’est dans ce cas, plutôt le droit d’asile en Europe qu’il faudrait leur offrir en Europe ! »

Ce projet d’accord-cadre n’a pas encore de base juridique définie. En clair, on ne sait pas encore aujourd’hui si le Parlement aura à l’approuver par un avis-conforme. Si le Parlement ne doit pas l’enteriner comme il le ferait pour tout autre accord de coopération, l’entourloupe serait alors de taille ! Non seulement il s’agirait d’un cadeau à Sylvio Berlusconi qui a, de son côté, conclu des accords bilatéraux avec la Lybie (accords qui ont été largement contestés), mais ce serait sans doute un véritable backchiche, sans le moindre contrôle démocratique. Le prix de son soutien sans faille à José Manuel Barroso, et à sa réélection à la présidence de la Commission !

« C’est une honte! » a déclaré l’euro-députée Véronique de Keyser. « Faut-il alors encore mettre dans les accords que le pays doit souscrire aux droits de l’homme, alors que nous allons créer de véritables camps aux frontières de l’Europe, en toute connaissance de cause ? »

Monsieur Mingarelli a, de plus, annoncé que des ONG seraient chargées (!) de veiller à ce que les détentions se fassent de façon décente, mais sans grande illusion « le régime étant ce qu’il est »…
« Depuis quand les ONG sont-elles chargées de faire la politique des Droits de l’Homme, au coeur des valeurs européennes, alors que les politiques répressives de l’immigration, mises en place par l’Union, les foulent aux pieds ? C’est totalement inacceptable » a déclaré Véronique De Keyser.

Véronique De Keyser
Députée européenne
Vice-Présidente du groupe parlementaire « Socialistes et Démocrates »

Véronique De Keyser a bien évidement voté « NON » à la présidence de Monsieur Barroso

16 septembre 2009

Véronique De Keyser a dit « non » à la réélection de Monsieur Barroso à la présidence de la Commission. De la part d’une femme politique de Gauche, aucun autre vote n’était envisageable malgré toutes les promesses faites par le candidat Barroso. Des promesses qui, pour la plupart, étaient les mêmes que celles déjà avancées en 2004.

Monsieur Barroso reste et restera le président faible voulu par la plupart des chefs de gouvernements européens. Une présidence serviable et corvéable… Guerre d’Irak, suivi de la politique bushienne, détricotage des services publics, prédominance du marché libéral, Europe de la finance, dérives du capitalisme financier, influence des lobbies religieux sont les résultats de sa présidence passée. Véronique de Keyser ne pouvait donc que voter  » NON ». Elle estime que les gouvernements dits de gauche ou les quelques députés socialistes qui ont soutenu pour diverses raisons le candidat Barroso, n’ont manifestement rien retenu des leçons du très récent passé.

Monsieur Barroso restera malheureusement le président caméléon qu’il a été jusqu’à ce jour. Religieux devant les églises, laïque devant les laïques, de gauche devant la gauche et enfin et surtout, sous son vrai visage, de droite devant ses alliés et maîtres du PPE.