Véronique De Keyser

Conseillère communale à Liège

Un coup de dé jamais n’abolira etc.

24 March 2015

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J’aime le hasard.  Sans doute parce que je vis avec une discipline quasi monastique qui trouve son apogée en vacances – où l’heure de réveil, le temps passé à écrire, l’apéro du midi, le moment et le rythme de la promenade, jusqu’à l’apéro du soir, scandent une vie digne d’une novice.  Vous remplacer apéro par angelus et on y est. Et le soir, quartier libre.  Dans la vie de tous les jours, je ne réussis évidemment pas ce cycle parfait.  Il y a mille interférences, mille interruptions qui gâchent mes automatismes et m’obligent à  travailler à un rythme qui ne m’est pas naturel : trop vite, ou de manière hachée.  Mon GPS personnel se plante.

Mais quand pour une raison ou l’autre, le hasard- je dis bien le hasard, pas une interférence maligne – fait une entrée fracassante dans ma vie, je lui en suis reconnaissante. Le fil  que j’avais tendu à l’extrême se casse, mais c’est aussi un soulagement.  Ce fut le cas samedi matin. Je devais donner une conférence à Paris au Droit humain et je souhaitais le faire correctement.  Cela veut dire pour moi, l’écrire de bout en bout- écrire tout, voire trop, références comprises.  C’est un peu ridicule, car je parle facilement et que n’ayant à tenir qu’une demi-heure à Paris, quelques notes griffonnées m’auraient suffi.  En règle générale, j’écris une page par jour (je vous avais dit que j’étais lente !). Je travaille cette fois durant quinze jours, à raison d’au moins cinq heures d’écriture quotidienne, pour produire dix huit pages.  Mais ce vendredi 20 en fin d’après-midi, le résultat ne me satisfait pas.  Or j’avais prévu depuis longtemps d’assister ce soir-là  à une rencontre littéraire au Musée Curtius de Liège avec In Koli Jean Bofane, l’auteur des fabuleuses Mathématiques congolaises et de Congo Inc. Le testament de Bismarck.  Vous n’avez pas encore lu ? Ce n’est pas vrai ! Vite, c’est chez Actes Sud : au moins ce blog aura servi à quelque chose.  Mais quand je relis mes notes, mon sur-moi tyrannique m’empêche de les laisser en l’état.  Sortir quand il me reste tant à faire, c’est irresponsable (tout aussi irresponsable que prévoir 18 pages en Cambria 11, simple interligne, pour une intervention  d’une demi heure).  Donc, la mort dans l’âme, je renonce au débat littéraire.  Et je passe toute ma soirée à corriger les références et à tenter de synthétiser le texte dans ma tête.

 

Je prends le train pour Paris à la première heure le samedi matin.  Le wagon est à moitié vide, car de nombreux voyageurs ne monteront qu’à Bruxelles.  Je commence à étaler mon ordinateur, mes livres, quand un grand Noir dégingandé vient s’asseoir à mes côtés.  Lui aussi a des papiers, un ordinateur.  Lui aussi va avoir besoin d’espace.  Je saisis mes affaires, m’excuse pour éviter tout malentendu, et lui annonce que s’il y a du monde je reprendrai ma place à Bruxelles.  Une heure de travail tranquille chacun dans son coin.  A la gare du midi à Bruxelles, c’est la cohue.  Vite, je rejoins ma place initiale.  Et côte à côte, nous reprenons chacun nos travaux.  Mon voisin finit par me dire- Vous écrivez de la fiction ?-  Non, de la réalité.  C’est de la fiction, chez vous ?-  Oui.  Je vais à la foire du livre. J’ai écrit Congo Inc. Le testament de Bismarck.

–     J’ai lu. Et Mathématiques congolaises aussi.

Je dis ça de mon ton le plus neutre, comme si je précisais que je prends du café le matin et pas du thé.  En fait j’ai horreur d’apparaître comme une groupie, et si je tombe régulièrement amoureuse d’un livre et donc d’un auteur, c’est son œuvre qui m’attire.  Ca peut prêter à confusion.

J’ajoute pourtant

–       mais vous étiez à un débat hier soir à Liège ?  J’avais décidé d’y aller mais j’ai eu trop de travail : je n’avais pas fini mon texte.

Et puis, la glace étant rompue et on s’est mis à parler de Tram 83, de Fiston Mawanza Mujila, de son style – et puis aussi de l’Afrique puisque j’étais il y a quelques semaines à Panzi auprès du Docteur Mukwege.  Avec l’équipe du Professeur Cadière, qui opère là depuis des années.  C’est alors  que Bofane sursaute

–       Mais Cadière est un ami d’enfance. Un inséparable de mon frère.  On a été à la même école ensemble. Nous ne nous sommes jamais quittés depuis !

 

Et du coup, la discussion est repartie sur un plan amical.  Finalement, nous découvrons que lors de l’avant première du film de Thierry Michel sur le Docteur Mukwege le 25 mars à Flagey, nous serons tous les quatre présents : Bonfane, Cadière, Mukwege et moi. Les fils de la vie se croisent.  En gare du Nord à Paris, Bonfane a foncé vers la Foire du livre et moi vers le siège du DH dans le XIIIème, mais pendant une petite heure, j’ai revécu la RDC, l’atmosphère étonnante de Mathématiques  congolaises, l’amitié, je dirais presque la fraternité avec Cadière – bref, j’ai revécu la vie chaleureuse que je parviens à intercaler entre mes retraites monastiques.  Par hasard.  Mais un hasard aussi étonnant qu’un signe du destin.

 

RDC : Conférence à Bruxelles sur les conditions pour des élections apaisées, avec l’intervention de Véronique De Keyser

21 October 2011

Vendredi 21 octobre 2011
La rédaction d’Afriqu’Échos Magazine (AEM)

Bruxelles, la capitale européenne, accueille, ce samedi 22 novembre 2011, une conférence sur les élections en République Démocratique du Congo avec comme intervenants des personnalités politiques et expert belges d’un côté et, de l’autre, des intellectuels de la diaspora congolaise qui vont croiser leurs points de vue sur les conditions pour des consultations apaisées. Organisateur de cette conférence, le Cercle Laïque et Humaniste Congolais rappelle : « Les élections constituent une étape essentielle dans un processus de démocratisation. Elles sont un outil primordial dans le renforcement des institutions et dans la légitimation des autorités élues. Cependant, il est important d’admettre que l’élection démocratique n’est pas, à elle seule, la solution magique pour éradiquer la pauvreté et assurer le développement économique et social. » Et se projette dans l’avenir : « Quelles sont les interactions entre la nature du nouveau cycle électoral congolais, sa stabilité et le développement économique ? ».

Connu pour sa pondération et son obstination à faire dialoguer différentes strates de la société congolaise ainsi que son intelligentsia et sa classe politique depuis la relance du processus démocratique en RDC, le professeur François Mambi explicite l’esprit de cette conférence : « Une conférence pendant une demi-journée n’a pas vocation à tout régler, en amont, nous avons interpellé, sensibilisé et responsabilisé de nombreux acteurs nationaux et étrangers. L’intervention d’André Flahaut, président de la chambre des représentants et ministre d’État est, à ce titre, très illustrative car elle évoque un nouveau partenariat stratégique préférentiel entre la Belgique et la République Démocratique du Congo ». Pour l’association organisatrice, les préconisations de cette conférence constitueront une sorte de cahier de charges qui sera soumis aux différents acteurs politiques, sociaux et médiatiques de la RDC.

Outre le responsable du parlement belge, le Belge Thierry Coosmans s’appuiera sur sa « Radioscopie des élections de 2006 » pour baliser les débats alors que la journaliste Colette Braeckman évoquera « les enjeux et défis de ce cycle électoral » juste avant le professeur Arthur Yenga Maombe Neko qui posera la question de savoir si « un pacte républicain serait le gage d’une élection apaisée. » Pourra-t-on alors compter sur une couverture équitable de la presse ? Notre rédacteur en chef Botowamungu Kalome tentera d’y répondre en analysant notamment les missions et rôles du nouvellement installé Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication. À noter également l’intervention d’Alphonse Ndjate sur « les fondamentaux d’une réforme sécuritaire efficiente au Congo » et celle de la députée européenne belge Véronique De Keyser sur la place que devrait occuper la question très préoccupante des enfants dits sorciers dans la campagne électorale à venir.

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Violences sexuelles en RDC : 2,5 M d’euros de l’UE en faveur des victimes, mais la lutte contre l’impunité des tortionnaires doit se poursuivre

12 July 2011

En 2006 déjà, Véronique De Keyser fait adopter au Parlement européen un rapport sur les femmes dans les conflits armés. Suite à la proposition de résolution commune sur la République démocratique du Congo et les viols massifs dans la province du Sud Kivu adoptée le 7 juillet dernier à Strasbourg, elle se réjouit de la ratification ce lundi par l’Union Européenne et le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) d’une convention de financement d’un projet de soins de santé en faveur des victimes des violences sexuelles dans l’est du pays, déstabilisé par divers groupes armés.

Ce projet, d’un montant de 2,5 millions d’euros, non remboursable, vise à “améliorer durablement la capacité de prise en charge des victimes en mettant à leur disposition des soins de santé appropriés, dans les meilleurs délais et à des coûts dérisoires”, souligne l’UE dans un communiqué. Il vise les centres médicaux et hôpitaux de référence dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu, situés à proximité des zones les plus exposées au risque de violences sexuelles. Le service humanitaire de la Commission européenne (Echo) mène déjà des actions dans les domaines de la prise en charge des victimes, de leur réinsertion sociale, du plaidoyer et de la sensibilisation communautaire. L’UE soutient également la lutte contre l’impunité des violeurs et des tortionnaires à travers ses programmes d’appui à la justice et à la police.

En 2010, l’Agence américaine pour le développement international (USAID) avait accordé un total de 42M USD pour lutter contre les violences sexuelles dans l’est du pays, où des groupes armés sont toujours actifs et régulièrement accusés, tout comme certains militaires, de commettre des exactions contre les populations. Près de 250 femmes ont déclaré avoir été victimes mi-juin de violences sexuelles qui auraient été commises par des soldats en fuite emmenés par un colonel, dans trois villages du Sud-Kivu, selon des sources médicales congolaises. Selon l’ONU, début août 2010, au moins 387 civils, dont 300 femmes, ont été violés notamment par des rebelles hutus rwandais et des miliciens Maï-Maï dans 13 villages du Nord-Kivu.

Si Véronique De Keyser se félicite de l’avancée que représente ce soutien financier en faveur des victimes, elle reste très attentive à ce que tout soit mis en oeuvre pour mettre fin à l’impunité des violeurs.

Véronique De Keyser
Députée européenne
Vice Présidente du Groupe Socialistes & Démocrates au Parlement européen
Commission Droits de l’Homme

Le carnet de Colette Braeckman : “Les enfants accusés de sorcellerie mettent aussi la société en accusation”

23 June 2011

Les enfants accusés de sorcellerie mettent aussi la société en accusation

Durant une journée, à l’initiative de la députée Véronique De Keyser le parlement européen s’est penché sur la situation des enfants accusés de sorcellerie. Dans toutes les grandes villes du Congo et d’ailleurs, des milliers d’enfants sont aisni chassés de leur famille, désignés comme “sorciers” c’est à dire responsables des malheurs de leur famille sur laquelle ils auraient jeté un sort. Certains sont alors confiés à des sectes religieuses qui se chargent de les “guérir” le plus souvent en les maltraitant, d’autres rejoignent des bandes d’enfants des rues…De nombreuses interventions, livrées par , des praticiens de terrain comme Mithe Osumbu, présidente d’”Oser la Vie”, Roger Katembwe travailleur de rue à Kinshasa, Edwin de Boeve, président de “Dynamo International” ont expliqué la stigmatisation dont ces enfants sont victimes, leur imaginaire où se côtoient les mondes visibles et invisibles, tandis qu’un reportage présenté par Elisabeth Burdot a plongé l’assistance dans cet enfer quotidien. Bon nombre d’intervenants ont également mis en évidence le rôle des sectes religieuses, qui font oublier le quotidien au nom d’un au delà imaginaire, et certains ont rappelé que le manque d’éducation, la pauvreté étaient des facteurs aggravants. Mais surtout, il est apparu qu’entre l’Afrique noire et l’Europe, la frontière est bien ténue: ” ces enfants viennent ici, ils se trouvent déjà à Bruxelles” asséna Mithé “et il est urgent d’agir…

…Pour lire l’intégralité de l’article, cliquer ici.


Un colloque à l’intiative de Véronique De Keyser en présence, entre autres, de Marie Arena, Collette Braeckman…

Evitons que l’histoire ne se répète…

14 January 2011

“Non à l’austérité !” Non, à l’augmentation des impôts, à la réduction des allocations de chômage, au bloquage des salaires des agents communaux, à la diminution des pensions de la fonction publique, à la réduction des prestations de l’Assurance maladie… Euromanifestation du 29 septembre 2010 ?

Souvenez-vous…c’était il y a 50 ans… Mêmes revendications déjà… Pour pallier les difficultés dues à la perte du Congo et à la compétition économique en Europe, l’état belge constitue alors “La loi unique” un programme destiné à faire supporter à la classe ouvrière la reconversion du capitalisme.

Près d’un million de travailleurs belges mènent un vaste mouvement de grève contre la “loi unique”. Cette grève générale, dont le Secrétaire-Général adjoint de la FGTB André Renard fut l’âme, déclenchée contre le programme d’austérité du gouvernement dura six semaines (20 décembre 1960-20 janvier 1961). Intervention de la gendarmerie, de l’armée. Quatre morts. Face à la coalition gouvernementale catholique-libérale de Gaston Eyskens, les socialistes fédèrent le parti, le syndicat et les mutuelles dans l’Action Commune Socialiste.

Ce conflit social entre des syndicats et le pouvoir politique prétendant vouloir redresser les finances publiques par des restrictions sur le plan social, reste malheureusement d’une grande actualité ! Droit de grève en perte de vitesse, retraites menacées, impôts toujours plus lourds alors que les grands profits ne sont toujours pas remis en cause…luttes ouvrières détruites, systèmes de protection sociale détricotés… Vous voyez une différence ? On nous annonce en Belgique, quand le gouvernement sera formé, un plan d’austérité de 25 milliards d’euros. La loi unique c’était cinq milliards de francs belges. 25 milliards d’euros, ça correspond à mille milliards de francs belges, c’est à dire 200 fois plus ! Bien sûr, le pouvoir d’achat a changé, dans un rapport de 1 à 10, mais l’austérité que l’on nous annonce correspond à 20 lois uniques !

Il faut se remémorer les leçons du passé, repartir dans la bataille, ne pas se laisser davantage démunir. Agissons ensemble dans une perspective d’unification. Réinventons la solidarité pour défendre les droits et les acquis de tous les travailleurs. Créons d’autres horizons que ceux que nous offre la société actuelle qui ne profite qu’aux riches à qui l’on prête… ce que l’on vole aux pauvres ! 2011 permettra-t-il de remplacer enfin l’austérité par la solidarité ?

“Il faut aider ces pays à construire leur propre système”

20 December 2010

“C’est un privilège que d’être nommée chef de la mission de l’Union européenne dans ce contexte politiquement et militairement sensible”

11 December 2010

Les images de Kinshasa ne s’estompent pas et cette année aura vraiment été pour moi, une année africaine. De multiples séjours au Soudan où je dirigeais la mission d’observation électorale : de mars à juillet jusqu’à la remise du rapport final et puis, après les vacances, mon rapport sur les mutuelles de santé en Afrique, la visite parlementaire à Kinshasa. La semaine prochaine, session parlementaire à Strasbourg importante pour les Belges : on termine sans fanfare mais avec dignité la Présidence belge. Et samedi à 6h du matin, départ pour le Soudan. J’y dirige à nouveau une mission de 120 observateurs pour le référendum sur l’autodétermination du Sud qui doit se tenir le 9 janvier. Une semaine entière de vote, plus un lent décompte des voix dans une atmosphère électrique pour savoir si le Soudan reste uni ou se sépare en deux. J’ai pu constater à Kinshasa à quel point le dossier était sensible pour toute l’Afrique sub-saharienne. Si la guerre civile qui a duré jusqu’en 2005 a fait 2.000.000 de morts et 4.000.000 de déplacés, est encore dans tous les esprits – un Accord de paix en 2005 y a mis fin – les risques d’une nouvelle guerre si ce referendum n’avait pas lieu est bien présent. Donc, il faut y aller, garantir la légitimité du processus et persuader le Nord qu’il a tout à gagner à accepter le résultat des urnes. Je vous passe les négociations préalables, les intermédiaires qui se mettent en place comme le panel de haut niveau de l’ancien Président Sud-Africain Mbeki, l’œil vigilant des Américains, des Chinois, le soutien de l’Union européenne au référendum, et l’aide importante de l’ONU. Mais si l’impact d’une scission du Soudan sur les pays voisins serait grand et risquerait d’entraîner une instabilité dans la Corne de l’Afrique, celui d’une guerre serait bien pire et les pays riverains prennent déjà des mesures aux frontières pour contrôler un afflux potentiel de réfugiés. C’est un privilège que d’être nommée chef de la mission de l’Union européenne dans ce contexte politiquement et militairement sensible. J’en prendrai la mesure dès samedi.

Dans un tout autre registre, quelques mots encore de Kinshasa. Je voudrais revenir sur l’incroyable dynamisme social de la société civile. J’ai en tête deux moments forts : le Forum des Femmes que je co-présidais qui a commencé par une chanson contre la violence sexuelle à l’égard des femmes, qu’on a écoutée debout, avec la gorge nouée, et le Carrefour Paysan un peu à l’écart de Kinshasa, où des pays venus de toutes les provinces du Congo, structuraient leur mouvement. Il parait qu’aux Etats Unis quand un politicien parle de solidarité, c’est comme s’il disait un gros mot : il est immédiatement taxé de communiste. En Afrique, la solidarité, c’est le sang qui coule dans les veines, c’est la vie.

Reste à trouver le moyen d’irriguer par ce sang neuf, par cette créativité, des décideurs politiques, trop souvent corrompus. Certes, ils doivent dépasser les contingences du quotidien et de ses misères et avoir une vision politique plus large. Mais une vision politique qui ne s’appuie pas sur ses forces vives, qui ne part pas des besoins réels de la population, risque de se fourvoyer. C’est pour cela que les mutuelles de santé en Afrique sont intéressantes : à nouveau, c’est une dynamique sociale qui s’installe et qui peut guider des politiques gouvernementales en matière de santé. Il y a des centaines de mutuelles qui se créent en Afrique et nous pouvons dans ce domaine partager notre expérience belge, sans chercher à plaquer notre modèle sur le leur. La conférence que j’ai organisée à Bruxelles jeudi était éclairante sur ce point. Très contente de voir que le Commissaire européen Piebalgs, Laurette Onkelinx et André Flahaut soient venus l’inaugurer. Fait révélateur : Laurette et André ont parlé en militants socialistes, en passionnés, davantage qu’en ministres. Les participants m’ont dit après la conférence que les Belges avaient bien de la chance – Mais comment faites-vous avec des gens de cette qualité pour ne pas avoir de gouvernement ? Je n’ai pas osé répondre qu’on était aussi des spécialistes pour se tirer une balle dans le pied.

Un génocide sexuel : intervention de Véronique De Keyser en Plénière ce 22/09/2010 DH en RD‏

22 September 2010

Il est impossible de parler au nom des femmes violées qui n’ont plus de regard. Des bébés mutilés, des femmes enceintes au ventre ouvert, des vieilles violées à coup de baïonnettes dans le vagin, de toutes celles dont le corps est devenu, à leur honte, mais surtout à la nôtre un champ de bataille dévasté. Impossible de parler au nom de ces enfants, enrôlés dans des milices et forcés de tuer, à coup de gourdin, des adultes et des enfants comme eux, devenus aussi de véritables esclaves sexuels. L’horreur au Congo, le génocide sexuel qui continue à bas bruit avec des dizaines de milliers de victimes chaque année dépasse aujourd’hui les mots. Nous sommes au-delà de la parole. Mais ce qui est clair c’est tous les instruments- textes législatifs, projet de réforme des forces armées, missions internationales, soutien financier- tout est là. Mais l’impunité subsiste. Impunité effroyable puisqu’un criminel, comme Bosco Ntaganda, loin d’être sanctionné retrouve un poste important dans l’administration congolaise. Nous exigeons que justice soit rendue. On ne peut, au nom de l’apaisement continuer cette culture de l’impunité. Juger ces crimes veut dire : faire des enquêtes, réformer la justice, payer correctement les soldats, poursuivre les coupables, y compris ceux qui ont inspiré les massacres, si haut placés soient-ils. Cela signifie aussi, pour nos propres Etats, ne pas alimenter en armes, les rebelles et leurs mercenaires et ne pas faire avec eux de transactions douteuses sur des minerais illégaux. Nous demandons à la Commission d’étudier la possibilité d’une législation européenne s’inspirant de la nouvelle loi américaine ‘Conflict Minerals Law’. Nos relations avec le gouvernement congolais dépendront de la manière dont sera appliquée la tolérance zéro à l’égard de la violence aux femmes, mesure qu’il a lui-même décidée.

Grâce au courage de Kenza, de Fatima et de tant d’autres, les politiques se réveillent enfin…

26 June 2010

Grâce au courage de Kenza, de Fatima et de tant d’autres, les politiques se réveillent enfin. Jamais auparavant on n’aurait pu voter, à une très large majorité au Parlement européen, une résolution condamnant l’attaque de la flottille mais surtout exigeant enfin une levée total du blocus de Gaza. C’est une victoire politique mais elle doit se traduire dans les faits. Une levée totale du blocus, une enquête internationale et pas de demi-mesures. Mais la semaine politique a été marquée par des événements heureusement moins dramatiques: les premiers pas de la présidence belge. Que n’ai-je entendu d’absurdité à ce propos. La Belgique se tire une balle dans le pied ! Cette Présidence va être catastrophique ! La scission c’est pour quand ? C’est pour cela que le Roi part au Congo ??? (pour rappel dans le fameux faux journal TV de la RTBF qui annonçait la fin de la Belgique, le Roi….fuyait au Congo !). Mais non, mais non, ça n’a rien à voir: il va aux célébrations de l’indépendance du Congo, si, si, je vous assure cela ne cache rien ! Et les premières rencontres des ministres avec le Parement européen au Palais d’Egmont ont été plus que rassurantes: Yves, Laurette, Paul, Didier, Joëlle et tous les autres – ah, mais il vous en reste beaucoup de ministres ? Vous en avez encore d’autres ??? Tous ont été excellents. Devant une telle richesse politique, mes collègues étaient évidemment étonnés. Aucun ne m’a demandé – ce que je craignais ! – vous êtes sûre qu’il n’y en a pas trop ??? Non, cette présidence sera très bien, j’en suis convaincue. La seule gaffe vient de Bart, mais il n’est pas encore ministre. Il a rencontré immédiatement les autorités européennes. À savoir, José manuel Barroso, Herman Van Rompuy… et puis c’est tout. Dites Monsieur De Wever, n’auriez-vous pas oublié une institution européenne ?? Et un brave Président polonais ? Jerzyk Buzek s’est senti exclu de la cour des grands, ce qui est d’autant moins mérité que depuis le traité de Lisbonne le Parlement européen s’est senti pousser des ailes.

Mais les couloirs du Parlement ont entendu des hurlements pour bien d’autres raisons que les oublis de Bart De Wever: Ô rage, Ô désespoir, que dire de la France à la coupe du monde ! Et si les joueurs ont du se faire savonner les oreilles par Sarkozy au retour, quel scandale que le refus de Domenech de serrer la main de l’entraineur de l’équipe d’Afrique du Sud ! Je me fous complètement de leurs rapports passés: à ce moment-là, c’était indécent. Mais quel délire que ce match Slovaquie Italie ! Quel antidote par rapport au précédent. L’activité du service hier en fin d’après-midi a été un peu réduite. Les mails ont crépités «congratulations» pour nos collègues slovaques et des «condoléances» pour les collègues italiens dont les joueurs nous ont tout de même donné un beau spectacle. À part cela, on épingle Jeannie Longo, inusable, et Justine qui tient bon sur le gazon. Quant à moi, aujourd’hui je m’envole vers le Soudan pour remettre aux autorités le rapport de la mission d’observation électorale.
Vous croisez les doigts ?

Pour Véronique De Keyser, Karel De Gucht est fidèle à lui-même

13 January 2010

Tenue ce mardi 12 janvier au Parlement Européen, l’audition du candidat au poste de Commissaire au Commerce, Karel De Gucht, était l’un des moments importants de cette semaine. Si sa confirmation en plénière ne fait pas de doute, l’ex Commissaire belge au développement était attendu au tournant sur des questions sensibles telles que les droits de l’homme et les relations avec le Congo. Selon Véronique De Keyser, le bilan est sans surprise, mais pas décevant pour autant… Pour voir l’interview de Véronique De Keyser, cliquez sur l’onglet vidéo.