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	<title>Véronique de Keyser &#187; Copenhague</title>
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		<title>Est-ce qu’un pays a le droit d’autoriser des crucifix dans des lieux publics sans contrevenir aux droits fondamentaux de ses citoyens&#160;?</title>
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		<pubDate>Sun, 24 Jan 2010 11:01:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Véronique De Keyser</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Blog du 23 janvier 2010. Quand je me tais, il y a deux possibilités : ou je suis en période réfractaire, ou je suis submergée de travail. Période réfractaire ??? Vous voulez répéter la question ? Eh bien de mon temps, en première candidature de psychologie, on disséquait encore des grenouilles avec un vieux professeur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Blog du 23 janvier 2010.</strong> Quand je me tais, il y a deux possibilités : ou je suis en période réfractaire, ou je suis submergée de travail. Période réfractaire ??? Vous voulez répéter la question ? Eh bien de mon temps, en première candidature de psychologie, on disséquait encore des grenouilles avec un vieux professeur de physiologie nerveuse, une gloire scientifique. On sectionnait le nerf spinal de la grenouille pour qu’elle ne sente rien, et puis on lui envoyait dans les pattes des influx nerveux en contrôlant ensuite l’activité du muscle. Mais si après une stimulation électrique, une autre stimulation survenait dans un temps rapproché, le muscle ne réagissait plus : il était en «période réfractaire», en hibernation en somme. Quand je suis rentrée de Copenhague, j’étais comme une grenouille «déspinalisée». Totalement KO, avec des sentiments très mélangés, de frustration, de colère, d’ébauche de stratégie pour l’avenir etc. Pas de place ici pour vous faire tout un bilan de Copenhague, mais cela vaudrait le coup un jour. Donc j’ai fermé la porte, la fenêtre, bloqué les issues et j’ai passé les vacances «dans la plus stricte intimité». Pas mis les pieds dans un restaurant ni dans un hôtel et, à part lire, envoyer une carte blanche au Soir à propos de Gaza, je me suis trainée une fois au cinéma voir le dernier Chéreau et c’est tout ! Moyennant quoi, au retour, la petite grenouille avait retrouvé son nerf spinal, et puis, j’ai été reprise dans la folle ronde des auditions des commissaires, agitation, TV radios et tutti quanti pour la mise en place de la nouvelle Commission Barroso. Plus une minute pour bavarder.</p>
<p>Je me suis assez exprimée sur ces auditions pour ne pas vous infliger un remake, mais je suis rentrée hier de Strasbourg et il y a un problème autour duquel le débat fait rage et dont j’ai envie de dire quelques mots. C’est la question dite «des crucifix». Est-ce qu’un pays, l’Italie -pour ne pas le nommer mais ce pourrait être Malte, ou l’Irlande- a le droit d’autoriser des crucifix dans des lieux publics sans contrevenir aux droits fondamentaux de ses citoyens ? En principe l’Europe ne doit pas se poser ce type de question : les affaires de culte ne regardent que les pays. Mais le droit de chacun à avoir ses propres convictions -croire ou ne pas croire- est un droit essentiel, et un arrêt récent de la Cour européenne des droits de l’homme a donné raison à une citoyenne qui se plaignait d’être forcée de subir des crucifix, alors qu’elle n’était pas catholique. D’où une levée de… crucifix au Parlement, avec des députés chrétiens qui voulaient à tout prix une résolution centrée sur le droit des Etats à imposer ce symbole religieux au nom d’un principe sacro-saint (c’est le cas de le dire), celui de la «subsidiarité». Ce principe, important en droit européen, signifie que l’Europe ne peut pas se mêler de ce qu’un Etat fait mieux à son propre niveau. Donc, guerre des religions pendant que j’étais à Copenhague. En communication avec mon service, j’ai bataillé ferme à distance, notamment avec les parlementaires français très soucieux de la laïcité de l’Etat, pour empêcher cette résolution de voir le jour. Et on obtient gain de cause. La sagesse l’emporte et on ne la vote pas. Mais rebeloteau cours de cette session de janvier : qu’est-ce que j’aperçois lundi en arrivant à Strasbourg ?? La résolution sur les crucifix est remise sur la table. Nouvelle partie de bras de fer. En début de session on vote…de ne pas voter ! Et une fois encore on gagne. Mais par contre, il y a une résolution sur les attaques contre les minorités religieuses, que j’accepte volontiers de co-signer avec le Parti populaire européen. C’est à propos de l’Egypte (assassinat de six coptes et d’un policier) et des pillages d’églises en Malaisie où les communautés chrétiennes et musulmanes se disputent l’usage du nom Allah. Mais hier matin, jeudi au moment de voter cette résolution, je découvre quatre amendements, déposés par les conservateurs chrétiens, qui concernent… devinez quoi ???- : les crucifix ! On les chasse par la porte ils reviennent par la fenêtre. Et l’interdiction des crucifix est considérée dans ces amendements comme une persécution religieuse ! Fort heureusement, le député italien Mauro qui est généralement le porte-étendard de ces questions au Parlement tient parole : il avait promis que la résolution «ne déborderait pas». Et il a donc donné ordre à son groupe de voter contre ces amendements. Ce qui était contre-nature pour certains membres de son groupe, mais son ordre a été suivi dans l’immense majorité. Voici les coulisses de l’intervention que j’ai fait ensuite en plénière et que j’ai mise sur le site. Mais les esprits sont tellement échauffés et radicalisés que je crains les prolongations. Demain, on parle ensemble de tout autre chose : des syndicalistes colombiens persécutés eux aussi et assassinés. En tant que Présidente du Jury Solidar, je leur attribuerai un prix le 3 février et j’irai quinze jours après en Colombie.</p>
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		<title>Blog n°2, 18 décembre, aéroport de&#160;Copenhague</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Dec 2009 15:55:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Véronique De Keyser</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.vdekeyser.be/wp-content/uploads/2009/12/cop-ticket-vdk.jpg"><img src="http://www.vdekeyser.be/wp-content/uploads/2009/12/cop-ticket-vdk-300x201.jpg" alt="" title="cop-ticket-vdk" width="300" height="201" class="alignleft size-medium wp-image-2180" /></a>
<p>La longue attente commence à l’aéroport. C’est vraiment un bordel. Et je ne sais pas s’il provient de la vague de froid, d’Obama, ou de la faible capacité de Copenhague qui est une petite ville adorable – mais peu faite pour les conférences mondiales. Beaucoup d’avions sont retardés, la plupart ont changé de terminal et comme ma compagnie, Brussels Airlines (non je n’ai pas de billet gratuit!) n’a pas en permanence un check-in ouvert, on attend l’ouverture des heures durant dans le hall sans savoir si on est au bon endroit.</p>
<p>Mais revenons à la conférence. Dans le blog de 10h10, j’ai parlé des fou-rire (le pluriel existe? J’appelle au secours Bernard Pivot?!). C’était juste une petite touche pour dire que si même on est tous braqué sur la politique – Qu’est-ce que Hilary a dit? Qu’est-ce qu’elle a voulu dire. Et Chavez? Et Brown? Quel tour de prestidigitation nous prépare ce clown de Sarkozy (en zo voort comme le dirait Leterme)? Et bien, au-delà de tout ça il y a autre chose. Dieu? J’hallucine. Non pas Dieu bien sûr, ni son jumeau, mais tout simplement des émotions. Et ça fait du bien. Hier soir par exemple, après la conférence, notre merveilleuse députée suédoise Marita nous invitait à l’Agence Européenne de l’Environnement tout près de l’hôtel. Un arrêt de métro plus loin (remarquez le progrès: je calcule désormais en arrêt de métro et non en prix de taxi). Randonnée à pied, dans la neige. Et là, j’eu eu droit à deux discours bouleversants. Qui hélas n’ont même pas été enregistrés. Poul Rasmussen, ex-premier ministre danois (et président du PSE) et Prescott, ex-ministre britannique, négociateur du protocole de Kyoto. De quoi parlaient ces discours. Tout bêtement de solidarité, d’emplois décents, d’humanité. Mais ce qu’il y avait de bouleversant c’est que ces deux hommes, unis dans une même passion de justice sociale, étaient tout sauf des has been. Ils étaient exactement ce que la jeunesse veut entendre. Il y avait longtemps que je n’avais eu les larmes aux yeux devant un discours politique. C’est vrai que hier soir, en écoutant Prescott, en voyant son visage se transformer, devenir soudain celui d’un très jeune homme visonnaire , avec l’avenir devant lui, je pensais: la jeunesse n’a pas de frontière. Certainement pas celle de l’âge. Des hommes comme ça ont l’espoir au ventre. J’ai parfois la même impression en écoutant Gisèle Halimi me parler des femmes. Ou Leila évoquer la Palestine. Ca c’est plus que de la politique. Ou bien, c’est peut être justement ça la Politique: un espoir fou qui brûle les frontières. En style facebook je dirais &#8220;Véronique aime ça&#8221;.</p>
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		<title>Copenhague, 18 décembre,&#160;10h10.</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Dec 2009 10:05:55 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.vdekeyser.be/wp-content/uploads/2009/12/cop2.jpg"><img src="http://www.vdekeyser.be/wp-content/uploads/2009/12/cop2-300x225.jpg" alt="" title="cop2" width="300" height="225" class="alignleft size-medium wp-image-2170" /></a>
<p>Je suis coincée à l’hôtel car je pars dans la journée et que l’aller retour au Bella Center où se déroule la conférence est devenu impossible. Tout est bouclé, la vie à Copenhague s’est momentanément figée dans la glace: Obama arrive. Hélicoptères, sirènes, stupeur et tremblement… Et pourtant, sans doute, il ne va pas bouleverser le paysage. Ce sommet est une déception. Ce n’est pas la peine de laisser tomber les bras et il faut maintenir la pression entre Copenhague et la prochaine conférence à Mexico- il fera plus chaud qu’ici! La seule avancée, c’est celle d’Hilary Clinton hier, mais elle ne fait que rejoindre ce qui avait déjà été voté au Parlement européen: une promesse de 100 milliards (mais attention, chez Hilary c’est 100 milliards de dollars et chez nous c’était 100 milliards d’euros!) pour les pays en développement frappés à la fois par la crise climatique et par la crise financière. Pour le G77 dont j’ai déjà parlé c’est une bonne nouvelle. Pour le reste il y aura sans doute deux textes: l’un qui serait un prolongement de Kyoto (que réclamait le G77), l’autre, une déclaration dans l’orbite de la Convention cadre des nations Unies sur le changement climatique. Et c’est cette dernière devrait être retravaillée pour aboutir finalement, si la volonté politique est là, à quelque chose de contraignant à Mexico à la fin de l’année prochaine. L’échec prévisible ne laisserait pas un vide, puisqu’on continuerait Kyoto entretemps. Mais je rappelle que Kyoto ne vise que 30% des émissions et que ni la Chine ni les USA n’en font partie. Cela ne veut pas dire qu’entre temps l’Europe ne peut pas miser encore davantage sur des législations fortes à l’échelle européenne, comme elle l’a fait jusqu’ici, mais elle n’aura pas réussi à entrainer ses redoutables partenaires. C’est ce qui est le plus probable à l’instant où j’écris ces lignes, à 10h10 exactement.</p>
<p>Pour le reste l’organisation de la Conférence à été effroyable. Hier, des centaines de participants assistaient aux débats et rencontres avec manteaux et moufles, car il soufflait un vent glacial à l’intérieur de ce vaste campement. Dehors, des ONG courageuses continuaient à manifester contre leur éviction. Une de nos assistantes s’est présentée pendant trois jours, des heures durant et sans succès pour obtenir une accréditation. Elle ne l’a eue que hier, jeudi, et grâce à un subterfuge. Mais attention, c’est l’ONU et non pas le Danemark qui était responsable de cette organisation interne. En revanche, la répression musclée des manifestations externes, là c’est bien le Danemark. Bref, dur politiquement, dur climatiquement et chaotique sur le plan organisationnel. Mais comme d’habitude, dans l’équipe des députés les fou-rire continuaient, on avait le moral, l’agenda chargé des rencontres roulait à la perfection, et les fonctionnaires qui nous accompagnaient -qu’on appelle affectueusement nos baby-sitters tant nous sommes des incapables- ont été merveilleux. Un peu de tendresse dans un monde de brutes !</p>
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		<title>Billet de&#160;Copenhague</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Dec 2009 08:57:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Véronique De Keyser</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.vdekeyser.be/wp-content/uploads/2009/12/cop.jpg"><img src="http://www.vdekeyser.be/wp-content/uploads/2009/12/cop-300x225.jpg" alt="" title="cop" width="300" height="225" class="alignleft size-medium wp-image-2155" /></a></p>
<p>Mercredi 16 décembre 2009. Un mot pour décrire l’atmosphère des débats aujourd’hui à Copenhague : la folie ! Le tournis. Les ONG manifestent devant un centre de conférence blindé comme un coffre fort, faute de pouvoir y pénétrer et les heurts avec la police sont musclés &#8211; bonjour l’image de marque de la rencontre conviviale ! Connie Hedegaarde, la ministre danoise qui présidait la conférence, rend son tablier et passe la main des négociations à son Premier Ministre, laissant derrière elle les pays en développement frustrés et mécontents. A six heures ce soir aucun texte ne pouvait servir de référence à des négociations à venir alors que bien des versions différentes avaient circulé. Et pourtant ! Et pourtant elle tourne, aurait dit Galilée. Et pourtant elle se réchauffe nous disent les scientifiques preuves à l’appui ! Il est difficile, vu les innombrables cris d’alarmes qui ont alerté le monde, qu’un dirigeant ose rentrer chez lui les mains vides en disant : «Pas de conclusion. Pas d’accord ambitieux. Pas d’accord contraignant. Les eaux vont sans doute monter. Votre lopin de terre peut disparaître. Mais je n’ai rien pu faire.» Difficile à imaginer car un échec à Copenhague mettrait la planète en danger.</p>
<p>L’accouchement se révèle donc difficile mais le travail a commencé. De nombreux témoignages poignants en séance plénière, comme ceux des chefs de gouvernement d’iles en voie de disparition. Cri d’alarme du Président des Maldives et de celui de la Micronésie dont les terres risquent d’être englouties. Ensemble. Combien de fois n’ai-je pas entendu ce mot aujourd’hui : ensemble. <em>Together</em>. C’est ensemble qu’il faut sauver la planète. Personne ne comprendrait aujourd’hui qu’un état, si puissant soit-il, joue cavalier seul. Ni la Chine, ni les Etats-Unis qui n’ont pas signé le protocole de Kyoto. Certes le G77, c’est-à-dire le groupe des pays en développement, accorde difficilement sa position à celle de l’Union européenne. La distance politique prise par le G77 s’explique en partie pour des questions de procédure. Connie Hedegaarde, présidente de la Conférence jusqu’à cet après-midi, aurait consulté précocement, pour accélérer les négociations, certains pays industrialisés lors de réunions informelles. D’où un sentiment d’exclusion des pays en développement. Mais plus profondément ces pays ne voient pas toujours pourquoi ils devraient participer à l’effort commun, alors qu’ils sont victimes d’un mode de production et de consommation qui leur est étranger. Quand Chavez lance du haut de la tribune cet après-midi «7% des pays les plus riches de la planète sont responsables de 50% des émissions de CO2», il se fait applaudir frénétiquement par les pays les plus pauvres. Surtout quand il ajoute : «Le fantôme qui hante ces lieux, c’est le capitalisme».</p>
<p>C’est pourquoi, même avec un accord financier favorable aux pays les plus pauvres du G77 pour permettre une adaptation des pays en développement aux défis du changement climatique, nous ne les mettrons pas dans notre camp sans introduire, dans nos relations diplomatiques, un sentiment de confiance et d’égalité. Sans quoi, ils se contenteront de nous présenter l’ardoise, sans participer à l’effort commun. Pour moi, le plus grand enjeu de Copenhague c’est sans doute celui là. L’avenir va-t-il voir le fossé entre le Nord et le Sud s’agrandir, ou allons-nous ensemble lutter contre le changement climatique ? Avec bien entendu, nos différences et nos moyens respectifs. Le G77 est loin d’être un groupe homogène puisqu’il regroupe des pays aussi différents que la Chine ou les Maldives. Aujourd’hui ce groupe se raccroche au protocole de Kyoto, contraignant certes, mais qui ne concerne que 30% des émissions de CO2 et est boudé par de grands acteurs comme la Chine et les Etats-Unis. Kyoto est totalement insuffisant aujourd’hui. Il nous faut donc un accord ambitieux, contraignant et partagé par tous. L’accouchement va être difficile, le bébé se présente mal, mais le monde entier retient son souffle. C’est bientôt Noël à Copenhague et il neige déjà : on croise les doigts en espérant un petit miracle.</p>
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		<title>Blog du 6&#160;décembre</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Dec 2009 15:43:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Véronique De Keyser</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C’est la St Nicolas aujourd’hui. Je ne vais pas retomber en enfance mais je ne peux m’empêcher d’avoir un peu de nostalgie pour cette journée magique. Nous étions huit frères et sœurs à la maison et rien qu’à cause du nombre, même si chacun n’avait qu’un cadeau, la salle à manger paraissait inondée de jouets. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.vdekeyser.be/wp-content/uploads/2009/12/chorale.jpg"><img src="http://www.vdekeyser.be/wp-content/uploads/2009/12/chorale-211x300.jpg" alt="" title="chorale" width="211" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-2041" /></a></p>
<p>C’est la St Nicolas aujourd’hui. Je ne vais pas retomber en enfance mais je ne peux m’empêcher d’avoir un peu de nostalgie pour cette journée magique. Nous étions huit frères et sœurs à la maison et rien qu’à cause du nombre, même si chacun n’avait qu’un cadeau, la salle à manger paraissait inondée de jouets. Tout semblait possible alors. Est-ce qu’aujourd’hui ce l’est moins ? Bonne question ! J’ai définitivement cessé de croire en St Nicolas ou en Dieu  lorsqu’à l’âge de six ans, ayant demandé pour tout présent de devenir un garçon, je me suis aperçue le 6 décembre que ce vœu n’avait pas été exaucé. Mon désespoir était total. Et ma détermination de ne plus jamais rien demander à St Nicolas -ni poupées, ni dînette, ni arc, ni flèche- a été décisive dans mon parcours de laïque. Je n’ai pas versé une larme mais je n’ai plus cru à rien, sinon que je me passerais désormais de toute intervention divine pour réaliser mes désirs. J’ai rangé au placard toute magie, qu’elle soit blanche ou noire. J’imagine que dans le monde aujourd’hui, des millions d’enfants demandent à devenir princes ou princesses, à être nourris s’ils sont affamés, à être aimés s’ils sont battus, à trouver une famille s’ils sont orphelins, à guérir s’ils sont malades et que St Nicolas hélas ne leur apportera rien de tout cela, même pas un jouet ou un chocolat. Et que sur ces questions essentielles -lutter contre les discriminations, aimer, nourrir, protéger et offrir un futur meilleur- les hommes sont supérieurs aux Dieux. Nous pouvons leur assurer cela, St Nicolas pas. Nul blasphème ni parjure dans ces lignes mais une lourde responsabilité des politiques. Hier un train est parti pour Copenhague, bourré d’ONG, de citoyens, de politiques. Et si Copenhague était la meilleure promesse d’un futur différent ? J’y serai très bientôt. C’est sans doute le rendez-vous le plus important de ce troisième millénaire. Niveau 9 sur l’échelle de Richter !</p>
<p>Je suis revenue de Madrid très fatiguée mais assez rassurée sur la qualité de la nouvelle présidence espagnole. Car il y aura au 1er janvier 2010 une présidence espagnole durant six mois, suivie immédiatement d’une présidence belge et ensuite d’une présidence hongroise. Et Van Rompuy dans tout çà ? Et Lady Ashton ? Et Barroso ? J’imagine qu’entre tous ces présidents et hauts représentants vous avez le tournis ? Vite un mot d’explication. Herman Van Rompuy a été désigné par ses pairs, c&#8217;est-à-dire les chefs de gouvernements, Président du Conseil européen. C’est comme dans le conseil d’administration d’une a.s.b.l : l’assemblée générale vote sur les membres, désigne un conseil d’administration et celui-ci se choisit un Président. Notre Herman  à nous. Pas mal pour des petits Belges, non ? Et puis le Conseil s’est choisi un porte parole pour les relations extérieures : c’est Cathy Ashton, dite aussi Lady Ashton. Cette députée britannique était déjà Commissaire aux Relations Internationales dans l’actuelle Commission. Peu de ladies sont aussi «nature» que Lady Ashton. Elle est très, très British, très, très simple. Et très chouette. Certains ont dit qu’elle était incompétente. D’autres qu’elle avait des dents de cheval. D’autres encore qu’elle n’allait pas tous les jours chez le coiffeur. C’est odieux mais on reconnaît là la finesse de l’analyse politique dont font preuve certains confrères machos, notamment les députés conservateurs britanniques. La vérité est que Cathy Ashton, qui a repris il y a un peu plus d’un an la succession du commissaire Mandelson au commerce international, s’est vite adaptée à la Commission et qu’elle sera sans doute tout aussi efficace et tout aussi rapide en succédant à Javier Solana. Car le Traité de Lisbonne a introduit une innovation importante. Le Haut représentant n’est pas seulement le porte parole du Conseil, il est aussi le Vice-Président de la Commission. Lady Ashton est donc un trait d’union obligé entre le Conseil et la Commission. Entre Van Rompuy et Barroso. Toute tension entre ces deux grandes institutions la déchirerait en deux comme dans le jugement de Salomon.</p>
<p>Et les présidences espagnole, belge et hongroise ? Et bien tout ça continue comme avant. Le Traité de Lisbonne n’a pas supprimé cette implication particulière des pays dans la politique européenne. C&#8217;est-à-dire que les pays différents continueront à animer une présidence tournante tous les six mois, en imprimant chacun leur marque. La Présidence espagnole va se centrer sur l’économique et le social : socialisme oblige. Le taux de chômage que subit actuellement l’Espagne est là pour rappeler à ses dirigeants que si la crise financière tend à se résorber, l’emploi continue à faire défaut : des mesures à l’échelle européenne s’imposent. L’Espagne a aussi pris des mesures exceptionnelles pour lutter contre la violence à l’égard des femmes, en particulier la violence conjugale. Cette violence tue plusieurs femmes chaque jour en Europe. L’Espagne tentera donc de produire une directive contre la violence à l’égard des femmes en s’inspirant de sa propre législation, exemplaire. L’agenda de la Belgique n’est pas encore bouclé mais on sait qu’elle aussi misera sur le social. L’idée de lutte contre la pauvreté et d’un revenu minimum à l’échelle européenne est à l’ordre du jour. Quant à la hongroise on attend. Ce pays vit de plein fouet la montée de mouvements d’extrême droite très durs, et cette présidence est très attendue dans sa lutte contre ce fléau.</p>
<p>Demain au Parlement je reçois une centaine de musiciens et de choristes venant d’Antioche et appartenant à diverses confessions. C’est ma manière de protester contre le référendum suisse et son relent d’islamophobie. Quoi une laïque qui joue dans cette partition œcuménique ? Pourquoi pas quand il s’agit de lutter contre les discriminations ? Après tout, Mozart n’a-t-il pas écrit un Requiem ? Oui, décidément aujourd’hui, jour de St Nicolas, comme autrefois, tout me paraît possible.</p>
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		<title>Rapport de mission délégation S-D à Washington du 27 au 31 octobre 2009. Notes personnelles de Véronique De&#160;Keyser.</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Nov 2009 11:25:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Véronique De Keyser</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>OBJECTIF DE LA MISSION</strong></p>
<p>Composée exclusivement de membres du Groupe S-D, la délégation était de haut-niveau et comprenait, outre le staff, plusieurs Vice-présidents du Groupe, un président de commission et des coordonnateurs. L’objectif: établir des relations transatlantiques plus suivies avec des membres démocrates du Congrès américain et différents think tanks. La première partie du voyage s’est déroulée à New-York, à l’ONU, la seconde partie à Washington. Je n’ai pu, à cause d’engagements politiques pris antérieurement, participer aux rencontres de New-York : j’ai rejoint directement la mission à Washington. Ces notes personnelles se borneront donc aux rencontres de Washington.</p>
<p>Trois thèmes ont été abordés de façon récurrente :<br /> <br />
- le changement climatique et le futur sommet de Copenhague,<br /> <br />
- les questions de sécurité et défense, l’Afghanistan, les relations avec la Russie et la sécurité énergétique,<br /> <br />
- la crise financière.</p>
<p>Ces thèmes ont été abordés avec en toile de fond l’analyse des marges de liberté dont dispose à l’heure actuellement le Président Obama.</p>
<p><strong>COPENHAGUE ET LES MARGES DE LIBERTE DONT DISPOSE BARAK OBAMA</strong></p>
<p>a) <em>Les marges de liberté.</em> Elles sont faibles. Si plus de la moitié de la population soutient son Président, ce dernier est conspué en permanence par une droite et une extrême très dure qui contestent sa légitimité élective. Les rumeurs de falsification de son acte de naissance -il ne serait pas né aux Etats-Unis mais aurait falsifié le document- loin de se dissiper continuent à être agitées par des extrémistes et troublent de nombreux citoyens. L’opposition qu’il affronte est prête à tous les coups bas et la bataille est rude. A côté de cela, la Health Care Bill actuellement en discussion au Congrès menace directement les intérêts des assurances privées(1). Ces dernières font un lobby agressif pour empêcher son adoption et prédisent un désastre si les soins de santé tombent dans le secteur public. Dans le même temps, face à la crise financière, Barak Obama tente d’assainir le système sans oser réellement s’attaquer à Wall Street : il sait que s’il va trop loin, la riposte du système financier pourrait lui être fatale.</p>
<p>C’est dans ce climat tendu que se discute aujourd’hui la Bill sur le changement climatique. Cette Bill n’est pas prioritaire par rapport à d’autres thèmes chauds (Health Care, crise financière, Afghanistan). Elle a de l’importance aux yeux des Congressistes, certes, mais sans urgence réelle. Pour être adoptée, elle doit encore franchir le cap du Sénat. Le 26 juin dernier, non sans compromis et affaiblissements de son contenu initial, elle a réussi à passer à la Chambre où les Démocrates ont une très courte avance sur les Républicains (219/212) mais au Sénat les deux grands partis sont à égalité (49/49). Deux indépendants feront la balance : les sénateurs Billie Sanders et Joseph Lieberman. Ils votent en principe avec les démocrates et leur assurent ainsi une très courte majorité simple mais il faut 60 votes pour la Bill sur le changement climatique et nul ne sait donc comment le Sénat se comportera. De plus, les contraintes institutionnelles  rendent peu probables un vote au Sénat avant le printemps prochain.</p>
<p>Obama risque donc bien de se rendre à Copenhague les mains vides -s’il y va ! Il ne pourra pas non plus signer un nouveau Traité, car là, il lui faudrait une majorité qualifiée de 67 sénateurs au Sénat, ce qui semble hors d’atteinte pour l’instant. Le joker qu’il a dans la manche est d’obtenir des avancées substantielles sur le climat avec la Chine et l’Inde : il y travaille ferme. Pour le reste, il faudra sans doute se contenter à Copenhague d’un agrément commun sur des objectifs généraux. Cet agrément ne serait pas un discours creux vu que  le débat législatif est bien lancé aux Etats-Unis, mais ce n’est pas encore un nouveau Kyoto. Si l’Europe place la barre trop haut, elle risque bien d’être déçue et un déchaînement médiatique parlant d’échec affaiblirait encore la position d&#8217;Obama. Si au printemps la Bill ne passe pas au Sénat, il reste au Président la possibilité d’atteindre des objectifs de réduction des émissions de CO2 en utilisant la EPA, l’Agence pour la Protection de l’Environnement. C’est une option nettement moins ambitieuse mais sûre.</p>
<p>b) <em>Le contenu de ce qui a été adopté à la Chambre.</em> Le contenu de la Bill, l’American Clean Energy and Security Act (H.R. 2454) passé le 26 juin dernier à la Chambre, peut se résumer comme suit :<br /> <br />
- d’ici 2020, 20% de la demande en électricité doit pouvoir être assurée par un mélange d’énergie renouvelable et d’augmentation de l’efficacité énergétique,<br /> <br />
- l’investissement dans les énergies propres et l’efficacité énergétique sera de 90 billions dans de nouveaux investissements d’ici 2025; l’investissement dans la capture du carbone sera de 60 billions; dans la voiture électrique ou d’autres formes de techniques avancées pour véhicule de 20 billions; plus 20 billions encore en recherche et développement,<br /> <br />
- de nouveaux standards pour préserver l’énergie seront appliqués aux nouveaux buildings,<br />
les réductions de carbone des sources principales d’émission aux Etats-Unis seront de 17% d’ici 2020 et de 80% en 2050, par rapport à l’indice de 2005,<br /> <br />
- des mesures de protection des consommateurs contre l’accroissement du prix de l’énergie seront prises. Des estimations tant de l’Agence de Protection de l’Environnement que de l’Office du Budget du Congrès considèrent que la nouvelle législation ne coûterait pas plus aux ménages qu’un timbre par jour- ou cinquante cents. Néanmoins, il y aura une protection pour les industries les plus vulnérables.</p>
<p>On le voit cette législation est prudente et peu visionnaire. Elle mise sur l’accroissement de l’efficacité énergétique, plutôt que sur la baisse des émissions. De plus, le marché des «permis de polluer» explose littéralement en bourse et pourrait bien, selon certains de nos interlocuteurs, devenir une bulle spéculative à haut risque. Ce sont en effet les banques qui achètent les permis d’émissions plus que les industries ; elles font grimper les prix, se saisissent de ce nouveau marché financier très rentable et la spéculation sur le changement climatique bat déjà son plein.</p>
<p><strong>L’AFGHANISTAN, LA RUSSIE, LA SECURITE ENERGETIQUE</strong></p>
<p>a) <em>L’Afghanistan.</em> Continuellement attaqué sur ce front, Obama tarde à prendre position. Le renfort de 45.000 hommes que lui demandent ses chefs militaires est particulièrement impopulaire et a peu de chances de passer au Congrès. Le livre qui se vend le mieux à Washington pour l’instant est un livre de Goldstein qui retrace l’engrenage fatal qui a conduit à l’échec du Vietnam. Il est déjà épuisé en librairie. En fait deux stratégies s’offrent au Président, l’une entièrement tournée vers la guerre à Al Qaida, l’autre vers la population afghane. La première reviendrait à masser les troupes à certains endroits stratégiques du pays pour déclencher des raids de grande envergure sur les Talibans supposés abriter Al Qaida, la seconde consisterait à déployer les troupes dans le pays en travaillant sur des objectifs à la fois civils et militaires, tournés vers la population. Le paradoxe, révélé par des députés démocrates au cours de notre visite, c’est que cette dernière option, traditionnellement celle des Démocrates, est devenue celle des Républicains. Ce sont les Républicains qui aujourd’hui accusent Obama de ne pas faire assez pour les droits de l’homme, la pauvreté etc. en Afghanistan et les Démocrates qui tentent tant bien que mal de défendre l’option militaire. Tous nos interlocuteurs ont décrit leur impuissance à trouver une solution à cet imbroglio. Beaucoup, mais pas tous, accusent l’Europe de laisser toute la charge de cette guerre aux Etats-Unis sans prendre leur juste part.</p>
<p>b) <em>La Russie.</em> Sur la question de la Russie, manifestement les relations diplomatiques US sont plus satisfaisantes aujourd’hui qu’elles ne l’étaient sous G.W. Bush : le RESET d’Hillary Clinton a l’air de fonctionner. La question de désarmement et de la non prolifération du nucléaire sont grandement facilitées par le fait que l’armement des Russes -et notamment les missiles- arrive en fin de vie et que le renouvellement total serait prohibitif. Mais nos interlocuteurs lient une sorte de confiance retrouvée avec la Russie à une plus grande latitude pour faire entrer de nouveaux partenaires dans l’Otan, ou dans l’Union Européenne, comme par exemple l’Ukraine, voire même la Géorgie sans que cela ne suscite l’ire russe. Ce qui n’est certainement pas l’opinion de la majorité des Européens. De nombreuses discussions ont porté sur l’Ukraine, ses problèmes internes et le transit énergétique qu’elle assure dans la plus grande opacité. La question de Nabucco, versus les gazoducs de North Stream et South Stream a également fait l’objet de discussions contradictoires. Nos interlocuteurs poussaient très fort pour l’option Nabucco pour éviter toute dépendance par rapport à la Russie, la délégation socialiste et démocrate étant beaucoup plus circonspecte et ne voyant dans Nabucco qu’une option parmi d’autres, la première interrogation portant d’ailleurs sur les sources d’approvisionnement de Nabucco.</p>
<p>Pour rappel, quelques explications techniques sur le projet Nabucco. Après la crise russo-ukrainienne de 2006, l’Union européenne a placé Nabucco sur la liste de ses projets prioritaires. Avec une longueur de 3 300 km et un coût estimé autour de 7,9 billions, la construction du pipeline devrait commencer en 2010 et finir en 2014 avec une capacité de 30bcm. Ce gazoduc a pour objectif de fournir l’Europe de l’Ouest en gaz venant d’Asie centrale, de la Caspienne et du Moyen Orient, en évitant complètement le territoire russe. Le gazoduc irait de Erzurum en Turquie, à travers la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie  jusqu’à Baumgarten en Autriche. Près de Erzerum, il devrait être connecté avec le gazoduc Tabriz -Erzerum et avec le gazoduc du Sud Caucase, connectant Nabucco avec le gazoduc Trans-Caspienne. La principale source d’approvisionnement de Nabucco serait  la nappe de gaz de Shah Deniz en Azerbaïdjan. L’accord devrait porter sur 8 bcm de gaz naturel par an.  Un projet d’accord non concrétisé existe également avec le Turkménistan : il serait de 10bcm par an. A long terme, le Kazakhstan pourrait également participer à l’approvisionnement. L’ambition de Nabucco est de devenir la quatrième source d’approvisionnement en importance au niveau européen, avec une capacité de 30 bcm. C’est le dessin d’un projet emmené par le groupe autrichien OMW, projet qui inclut à part égale les Hongrois (MOL) les Roumains (Transgaz) les Bulgares (Bulgargaz) les Turcs (Botas) ainsi que les Allemands (RWE). La France avait tenté d’y entrer avec Gaz de France, mais fut rejetée par la Turquie en 2007. C’est un Néerlandais, l’ex-ministre des Affaires Etrangères Jozias van Aartsen, qui coordonne le projet pour la Commission.</p>
<p>Mais il reste un large débat sur les sources d’approvisionnement de Nabucco. A ce jour, il pourrait n’y avoir en 2015 que seulement 3bcm venant d’Azerbaïdjan, mais aucun accord n’est encore signé avec Baku. Le gaz du Turkménistan comme celui du Kazakhstan requièrent la construction d’une infrastructure -la Trans-Caspienne- sous la  mer Caspienne, ce qui pour l’instant n’est pas réaliste. Il y a des doutes sur la capacité du Turkménistan à remplir son engagement de 10 bcm, vu les engagements pris par ce pays envers la Russie et la Chine. L’Irak et l’Iran sont également pressentis, mais les incertitudes politiques restent grandes dans ces pays. Il pourrait y avoir de nouvelles découvertes en Egypte mais c’est aléatoire. Et finalement on en arrive à une conclusion paradoxale : les sources d’approvisionnement les plus sûres du pays que Nabucco veut très expressément contourner à savoir la Russie !! C’est pourquoi, sans s’attarder sur l’analyse technique ci-dessus, nous avons plaidé avec nos interlocuteurs pour un réseau inter-connecté de gazoducs en Europe, qui inclurait aussi Nabucco mais n’en ferait pas un instrument privilégié symbolisant la défiance vis-à-vis de la Russie.</p>
<p><strong>LA CRISE FINANCIERE</strong></p>
<p>Les titres des journaux américains sont plutôt optimistes : la crise financière prendrait fin. Avec 18 mois de récession (de décembre 2007 à juin 2009) ce serait la plus longue connue par les Etats-Unis depuis les années trente. Mais si l’activité financière se relève, le chômage persiste et des dommages structuraux affectent durablement l’économie. Le secteur du logement et de la construction commence très, très lentement à se redresser. Les ventes automobiles ont repris en 2009 grâce aux incitants gouvernementaux, mais attention, beaucoup de mesures temporaires prises pour relancer l’économie viennent à expiration. Ces timides progressions pourraient donc bien faire long feu. Les pertes d’emplois -licenciements, fermetures d’entreprises, faillites etc.- diminuent, mais le taux de chômage grimpe toujours d’où une très grande anxiété chez les Américains. On parle d’un taux officiel de chômage de près de 10% (9,8) ce qui compte tenu de la segmentation du marché du travail (beaucoup de temps partiels, d’emplois précaires de quelques heures par semaine) pourrait cacher un taux réel de 17%. Le pouvoir d’achat est donc globalement faible, ce qui entraîne, en un cercle vicieux, le ralentissement de la reprise économique. Les banques reprennent du «poil de la bête», mais n’entendent pas financer facilement le crédit à la consommation pas plus qu’elles ne semblent prête à investir dans l’économie réelle : la reprise de l’économie ne peut donc pas se faire, ni par des investissements, ni par une relance de la consommation. Les profits purement spéculatifs engendrés par les transactions financières sont bien plus attractifs pour les banques et les bonus indécents accordés aux agents de change (traders) sont là pour en témoigner. Le risque, vu l’urgence de l’emploi à court terme et la pression d’une population aux abois, serait de faire l’impasse sur une profonde réforme financière et de retourner au business as usual. Nous avons demandé à nos interlocuteurs, et notamment au sénateur Sanders (un des deux Indépendants au Sénat qui n’hésite pas à se dire socialiste, ce qui dans la bouche d’un citoyen américain est généralement péjoratif), pourquoi Barak Obama ne se montrait pas plus ferme sur ce chapitre ? Sa réponse était sans ambiguïté. Obama a pu compter largement sur Wall Street pour sa campagne électorale et le secteur financier est un de ses alliés naturels. Ce secteur n’hésite d’ailleurs pas à rappeler au Président qu’en cas de contrainte trop grande sur son fonctionnement, il n’hésitera pas à délocaliser dans le Sud Est asiatique. Une taxe sur les transactions financière est possible; cette option a spontanément été avancée par différents interlocuteurs mais dans un contexte particulier : comme source de financement à l’adresse des pays en développement, touchés à la fois par la crise financière et par le changement climatique.</p>
<p>Trois jours après notre départ se tenait à Washington le Sommet EU-US (15352/09-Press 316) voir http://consilium.europa.eu/Newsroom. La plupart des thèmes évoqués durant nos entretiens a été reprise. La disponibilité de nos interlocuteurs durant ce séjour a été étonnante, de même que leur sincère intérêt pour le Traité de Lisbonne, alors même que tous étaient sous pression. Faut-il rappeler que la Chambre discutait âprement le système de santé et que le Sénat traitait du changement climatique ? L’accueil réservé au socialistes et démocrates européens était chaleureux mais avec un message qui sonnait comme un avertissement : Barak Obama se tourne vers l’Europe parce qu’il espère qu’après le Traité de Lisbonne elle parlera davantage d’une seule voix et saura prendre les décisions qui s’imposent (Afghanistan ??). Si tel n’est pas le cas, il se passera de l’Europe !</p>
<p>(1) La Health care Bill a passé avec succès le cap de la Chambre des Représentants  samedi 7 novembre 2009, après notre voyage. C’est un second succès non négligeable de Barak Obama, le premier étant incontestablement celui de la législation sur le changement climatique fin juin 2009.</p>
<p><em>Liège, le 8 novembre 2009. Notes personnelles de VDK. Le rapport officiel et complet de la mission interviendra ultérieurement.</em></p>
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		<title>Intervention en plénière du 20/10/09 : le changement climatique, à l&#8217;origine de plus de 300.000 décès par&#160;an&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Oct 2009 09:51:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Véronique De Keyser</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Le changement climatique est à l&#8217;origine de plus de 300.000 décès par an et affecte 325 millions de personnes. Plus de 90% des touchées et plus de 90% des décès sont dans les pays en voie de développement. Les pertes économiques dues à ce changement s&#8217;élèvent à plus de 125 milliards de dollars par an, et une fois de plus, 90 % sont supportés par les pays en voie de développement. Ces derniers sont frappés à la fois par la crise financière, par le changement climatique et par les mécanismes profondément inégalitaires d&#8217;un capitalisme débridé qui les pille à l&#8217;échelle mondiale. Pillage dont la déforestation n&#8217;est qu&#8217;un exemple. Que demandons-nous ?</p>
<p>1. Une action large et durable en faveur du changement climatique, un nouveau Kyoto plus ambitieux et c&#8217;est pourquoi le sommet de Copenhague en décembre est si important.</p>
<p>2. Une aide financière additionnelle qui s&#8217;ajouterait aux engagements déjà pris. Engagements qui devraient atteindre 0,7% du PIB à l&#8217;horizon de 2015.</p>
<p>3. La protection juridique de ces nouveaux réfugiés environnementaux qui commencent à affluer. Qu&#8217;allons-nous en faire ? Les refouler vers des centres de détention en Lybie, comme le projette un accord commercial avec ce pays en préparation actuellement à la Commission ? J&#8217;invite Monsieur le Commissaire De Gucht à se pencher sur cet accord. Il faut établir une planification et une gestion décente des flux migratoires environnementaux, et combler les déficits juridiques qui affectent la protection de ces réfugiés.</p>
<p>Notre responsabilité est immense. Il ne s&#8217;agit pas ici de charité ou même de solidarité mais bien du devenir de cette planète.</p>
<p>Strasbourg le 20 octobre 2009.</p>
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