Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

La fermeture de l’espace Schengen signe la fin de l’espoir européen !‏

12 mai 2011

Communiqué de presse de Véronique De Keyser
Députée européenne

La nouvelle d’une fermeture de l’espace Schengen par le gouvernement danois a fait l’effet d’une bombe ce mercredi 11 mai au Parlement européen. Le Danemark va rétablir des contrôles permanents à ses frontières avec la Suède et l’Allemagne, décision inspirée par le parti d’extrême-droite du peuple Danois opposé à l’immigration. Décision symbolique alors que la Commission européenne veut proposer la réintroduction de contrôles temporaires aux frontières nationales au sein de la zone Schengen.

La députée européenne socialiste Véronique De Keyser déclare:

« Une telle décision signe la fin de l’espoir européen. L’Europe n’a pas bâti des espaces de liberté, de libre circulation, de valeurs partagées, de solidarité surtout, pour se refermer et se replier sur elle-même. C’est un symbole de l’Europe qui est touché. L’Europe, c’était pour ses fondateurs, la liberté retrouvée après la guerre, la liberté de circuler sans entrave. L’ouverture et la solidarité. Le gouvernement de droite danois a sûrement mesuré son geste, mais il appartient à la Commission, gardienne des Traités, de vérifier si le contrôle des frontières que se propose d’instaurer le Danemark est conforme aux Traités.

Nous traversons un moment difficile. C’est un double langage de soutenir les révolutions arabes, de remarquer que les tunisiens accueillent des réfugiés chez eux en permanence, et de ne pas être capables d’accueillir 20 000 réfugiés avec le niveau de vie que nous avons. Ce n’est certes pas le discours dominant, mais il faut le rappeler ! »

Un Pôle Nord propre et démilitarisé

2 avril 2009

Un rappel rapide sur l’Arctique, afin que chacun comprenne les enjeux du débat. Au pôle Nord, le réchauffement climatique aiguise les appétits pour le contrôle des richesses de la zone. Le dégel va faciliter l’exploitation d’énormes réserves en pétrole et en gaz et permettre le passage d’une voie maritime entre l’Est et l’Ouest, faisant gagner des milliers de kilomètres aux navires de fret désastreuse pour l’environnement. La revendication à la souveraineté sur la zone des cinq pays frontaliers, le Canada, le Danemark, la Russie, les Etats-Unis, la Norvège entraîne une tension perceptible. Le ministre canadien des Affaires Etrangères annonçait cette semaine : « La souveraineté du Canada sur les terres et les eaux de l’Arctique remonte à loin; elle est bien établie et fondée sur un titre historique » et encore « le gouvernement du Canada a aussi promis une surveillance politique et une présence militaire accrue dans les eaux arctiques canadiennes ». Ces paroles font écho à la déclaration du Kremlin de « déployer des forces militaires dans l’Arctique pour défendre ses intérêts. »

A ce jour la régulation de cette zone stratégique ressort de la convention de l’ONU sur le droit de la mer signée par 150 pays le 10 décembre 82. Elle prévoit que les états côtiers exercent le contrôle sur une zone allant jusqu’à 200 miles de leurs côtes et disposent des droits d’exploitation des ressources des fonds sous-marins, mais cette zone peut être étendue si les Etats peuvent prouver que leurs plateaux continentaux s’étendent au-delà des 200 miles. Et ils ont jusqu’à mai 2009 pour déposer une requête en ce sens auprès de l’ONU. La Russie a pris les devant dès 2001. D’où l’agitation actuelle.

Pour mon groupe, vu les enjeux énergétiques, environnementaux et militaires, la convention du droit de la mer n’est pas suffisante pour l’Arctique. Le pôle Nord est un patrimoine mondial qui doit être préservé par une charte contraignante et dans laquelle l’Union européenne doit jouer un rôle moteur. Nous voulons un pôle Nord propre et démilitarisé.