Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier enfin libres : un immense soulagement !

29 juin 2011

30 décembre 2009, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier sont enlevés par les talibans en Afghanistan. 29 juin 2011, 18 mois plus tard, les deux journalistes de France 3 et leur accompagnateur sont enfin libérés. C’est un bonheur immense et je m’associe sincèrement à la joie des familles !

Toutefois, si je me réjouis de cette excellente nouvelle, j’espère que la démocratie n’a pas eu à trop se compromettre pour cette libération (rançon, échange, intervention militaire ?). Ne perdons pas de vue non plus les centaines d’otages toujours prisonniers en Afghanistan, en Somalie, au Sahel, au Yémen…

Parce que au-delà des hommes, la parole ne peut être prise en otage, il va falloir beaucoup travailler encore pour veiller au respect des Droits de l’Homme partout dans le monde, et pouvoir compter un jour sur l’intégration du plus grand nombre de pays dans le débat démocratique.

600 personnes en Palestine en juillet

23 juin 2011

A l’heure où une nouvelle Flottille se prépare à mettre le cap sur Gaza, une autre initiative internationale se met en place pour rejoindre les palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Alors que la flottille défiera par voie maritime l’abus illégal d’autorité dont fait preuve Israël, l’initiative du 8 juillet fera de même, mais par voie aérienne…(suite article en ligne).

…Rejoignez la mission !

Avec le boycott BDS contre la politique d’Israël et la Flotille qui prend le large pour Gaza, la mission du 8 juillet 2011 de centaines de personnes, rendant visite en Cisjordanie aux associations et mouvements palestiniens, illustre l’enjeu de la solidarité internationale des peuples envers la Palestine et notre devoir d’y être impliqué. C’est ce qu’on compris plus de 100 personnalités belges, dont les passagers sur la Flottille qui s’est rendu vers Gaza l’année passée et celle qui part maintenant. Professeurs d’universités, responsables d’associations, avocats, médecins, syndicalistes, artistes théoligiens, journalistes, femmes et hommes politiques se rangent derrière le même message : « Laissez passer les militants de la paix ». Parmi celles et ceux qui ont signé une motion de soutien, il y a Jacques Michiels, ancien secretaire de la Centrale Générale, Anne Morelli, professeur d’université, Dirk Tuypens, acteur, Eric David, juriste renommé, Eva Brems, députée Groen !, Pierre Galand, président de l’Association belgo-palestinienne, Véronique De Keyser, europarlementaire, Henri Goldman, Union des Juifs Progressistes, Serge Hustache, député provincial du Hainaut, Jan Renders, ancien président ACW, Muriel Gerkens, député fédéral ECOLO, Ludo De Brabander, porte-parole de « Vrede »…

Plus de 600 personnes ont déjà pris leur ticket d’avion. Faites de même. Rejoignez-nous pour cette importante mission de solidarité internationale. Plus d’info sur bienvenuepalestine.com ou au numéro 0473 28 63 75.

Pour l’intégralité de l’article cliquer ici.

Un changement de paradigme dans l’aide aux démocraties en puissance

10 juin 2011

Relations extérieures − 08-06-2011 – 17:26
Commission: Affaires étrangères

L’UE doit opérer un véritable changement dans les fondements de sa politique extérieure de soutien aux démocraties en puissance, si elle veut être crédible et cohérente, indépendamment des éléments de sécurité et de stabilité (comme l’a montré le soutien mitigé au Printemps arabe), en mettant en avant les droits de l’homme et la consolidation démocratique, indique le rapport adopté à une large majorité par les membres de la commission des affaires étrangères lundi soir.

« Nous pouvons et nous devons, d’une part, soutenir pleinement la transition dans les pays voisons et, d’autre part, jeter un regard nouveau sur nos politiques et sur nos instruments à la lumière des dynamiques nouvelles et des problématiques anciennes. Souvent, nous surestimons ce que nous pouvons réaliser à court terme, mais nous sous-estimons, dans un même temps, ce dont nous sommes capables à plus long terme », a déclaré la rapporteure Véronique De Keyser (S&D, BE).

Donner plus, recevoir plus

La transition vers la démocratie doit être soutenue par une Union européenne forte, qui prône plus d’aide et d’intégration, pour plus de démocratie. Cette condition doit notamment se traduire par « une formulation plus précise des clauses sur les droits de l’homme » dans les accords passés avec les pays tiers.

En outre, la politique commerciale commune de l’Union devrait, par conséquent, être parfaitement coordonnée avec les orientations générales. Elle doit contribuer au développement durable, à l’éradication de la pauvreté et la protection des droits de l’homme. À cette fin, des clauses juridiquement contraignantes liées aux aspects sociaux et environnementaux ainsi qu’au respect des droits de l’homme doivent être incluses dans tous les accords commerciaux.

Instruments politiques

Afin de renforcer la dimension politique des relations avec les pays partenaires, les députés soulignent la nécessité de soutenir les groupes qui œuvrent pour la démocratie, tels que les défenseurs des droits de l’homme, les médias indépendants, les partis politiques et les parlements nouvellement élus.

Dans cette optique, le rapport s’efforce de soutenir l’idée de la création d’un Fonds européen pour la démocratie semblable à celui des Etats-Unis. Les députés soulignent, à cet égard, que le futur fonds ne doit ni remplacer, ni chevaucher, les travaux de l’Instrument européen pour la démocratie et les droits de l’homme (IEDDH) ou d’autres outils démocratiques et instruments financiers externes déjà en place. Ce fonds doit avoir des objectifs différents, ainsi que ses propres modalités financières et de gestion.

De plus, le partage des responsabilités doit être clair entre le Fonds et les autres instruments, et le Parlement européen doit pouvoir contrôler la mise en place du futur Fonds, ajoutent les députés.

Les missions d’observation électorale de l’UE constituent un autre instrument de démocratie qui doit être mieux exploité. Les députés demandent de suivre une approche très sélective pour le choix des pays dans lesquels sont envoyées les missions, fondée sur leur impact potentiel effectif pour la démocratisation à long terme des pays concernés.

Le Parlement européen appelle à un changement de paradigme dans le soutien de l’UE en faveur de la démocratie

10 juin 2011

Un véritable changement de paradigme s’impose si nous tenons à rendre crédible et cohérent le soutien accordé par l’UE aux démocraties en devenir. Nous devons arrêter de nous focaliser sur la sécurité et la stabilité pour privilégier les droits de l’homme et la consolidation de la démocratie, lit-on dans un rapport adopté à une très large majorité lundi soir par les députés européens à l’occasion d’une réunion de la commission des affaires étrangères du Parlement européen.

« Ce que nous pouvons et devons faire est, d’une part, soutenir pleinement les transitions en cours dans notre voisinage et, d’autre part, considérer avec un autre regard nos politiques et instruments à la lumière des nouvelles dynamiques et des vieux dilemmes. Souvent, nous surestimons nos réalisations possibles dans le court terme mais, en même temps, nous sous-estimons ce que nous pouvons réussir dans le long terme », a déclaré la rapporteure et eurodéputée Véronique De Keyser.

La transition vers la démocratie devrait être appuyée par une aide progressive de l’UE, basée sur le principe selon lequel on accorde plus (d’aide et d’intégration) pour obtenir plus (de réforme démocratique). Cette conditionnalité devrait se traduire, par exemple, par l’insertion de « clauses relatives aux droits de l’homme plus explicites » dans les accords conclus avec les pays tiers, précise le rapport.

De plus, la politique commerciale de l’UE devrait être entièrement coordonnée avec les objectifs généraux de celle-ci. Elle doit contribuer au développement durable, à l’éradication de la pauvreté et à la protection des droits de l’homme, toujours selon le rapport. À cette fin, il importe d’inclure, dans tous les accords de libre-échange, des clauses juridiquement contraignantes traitant des aspects sociaux et environnementaux et du respect des droits de l’homme.

Dans le but de renforcer la dimension politique des relations avec les pays partenaires de l’UE, les députés européens soulignent la nécessité de soutenir les groupes qui travaillent pour la démocratie, notamment les défenseurs des droits de l’homme, les médias indépendants, les partis politiques et les parlements nouvellement élus.

À cette fin, le rapport envisage de soutenir l’idée de la création d’un Fonds européen pour la démocratie (FED), comme proposée dans la politique européenne de voisinage révisée – « Une stratégie nouvelle à l’égard d’un voisinage en mutation » – qui a été présentée le mois passé. Toutefois, les députés européens soulignent que « le futur FED ne doit ni remplacer, ni reproduire le travail de l’Instrument européen pour la démocratie et les droits de l’homme (IEDDH) et des autres outils de démocratisation et instruments financiers externes déjà en place ; il doit s’en distinguer de par ses objectifs ainsi que ses modalités financières et opérationnelles. »

En réponse au Printemps arabe, l’UE a adopté, le 8 mars, la communication « Partenariat pour la démocratie et une prospérité partagée », qu’elle a complétée, le 25 mai, par sa politique européenne de voisinage révisée. Cette proposition établit entre l’UE et ses voisins une nouvelle relation basée sur la responsabilité mutuelle et appuyée par le principe du « plus pour plus ». Entres autres choses, elle promet de « soutenir la création d’un Fonds européen pour la démocratie dans le but d’aider les partis politiques, les ONG non enregistrées, les syndicats et d’autres partenaires sociaux. » (ENPI Info Centre).

« Je m’indigne et je refuse l’horreur de vos propos monsieur De Clerck ! NON à l’amnistie ! »‏

19 mai 2011

L’amnistie pour ceux qui ont collaboré avec l’occupant allemand durant la deuxième guerre mondiale ! Des crimes face auxquels il faudrait se comporter « en adultes » et considérer que c’est « du passé » ! Vous niez la culpabilité des collaborateurs, monsieur De Clerck ! Le débat que vous proposez d’ouvrir ne serait rien d’autre qu’un débat sur cette idéologie nationale-socialiste dont les collaborateurs se sont très bien accommodés et qu’ils n’ont pas contestée . Vos propos sont insultants pour les millions de victimes de la folie nazie et me donnent la nausée !

Le devoir de mémoire est essentiel pour que l’histoire ne se répète pas et pour laisser une chance à la démocratie, la vraie, celle de la liberté et de l’égalité de tous et non pas celle du marché et de l’égocentrisme identitaire qui semble être l’horizon idéologique d’une partie grandissante de la classe politique flamande. C’est pourquoi, au titre de membre de la Commission “Droits de l’Homme”, entre autres, je n’ai de cesse de multiplier les actions pour éviter toute dérive comme la proposition de loi révisionniste sur l’amnistie de vos collègues du Vlaams Belang, et tout retour dans un passé nauséabond dont l’extrême-droite semble, hélas, ne plus être la seule à avoir la nostalgie. « Le circuit des Libertés » que j’ai proposé aux citoyens en 2009, en des lieux symboliques comme Bande où les camarades résistants de mon père furent massacrés en 1944, invitait à renforcer les valeurs de démocratie et de solidarité qui doivent rester les fondements du monde à venir. J’ai récemment convié au Parlement européen Stéphane Hessel, juif résistant déporté à Buchenwald pendant la guerre, à parler librement de ses combats et à encourager toutes les générations à s’indigner et à s’engager ! Le 6 juin je présente un rapport sur la démocratie au Parlement européen. Chaque jour je me fais un devoir avec de nombreux autres démocrates, de me battre ici, en Afrique, au Moyen-Orient… là où les droits de l’homme sont violés et bafoués.

Face à la banalisation de l’antisémitisme, de la xénophobie, de l’intolérance et des hypocrisies nationalistes… le progrès de l’Humanité consiste plus que jamais à élever sa conscience. Le temps de l’indignation et de la résistance est sans fin monsieur De Clerck ! En mémoire de ces « vingt et cent, de ces milliers nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés », vous aurez toujours face à vous de vrais citoyens, responsables et déterminés à ne jamais oublier, à refuser toute censure opportuniste de l’histoire.

Véronique De Keyser
Députée européenne
Membre de la commission Droits de l’Homme

« Et bien, moi, Monsieur Lars Von Trier, je ne vous comprends pas ! Je ne veux même pas essayer. Et je ne suis fort heureusement pas la seule. Vous devez quitter Cannes. Votre présence est une insulte à la Démocratie.‏ »

19 mai 2011

Si en 2005 vous aviez déclaré que votre « devoir, c’est de provoquer parce que c’est ainsi qu’on fait de bons films… », je vous dis aujourd’hui si c’est à ce prix, je préfère que vous cessiez de faire des films.

Ainsi, vous avez déclaré mercredi à Cannes que : « vous comprendriez Hitler… »…  » vous avez un goût pour l’esthétique nazie… »  » vous comprenez l’homme ( Hitler), il n’est pas vraiment un brave type, mais (vous) comprenez beaucoup de lui (vous) sympathisez avec lui… »  » vous seriez un nazi »…

J’appelle cela, Monsieur Lars Von Trier, ni de la provocation, ni de la polémique, mais du négationisme. De la collaboration avec effet rétroactif. C’est une insulte à la Démocratie. C’est une insulte aux millions de morts, assassinés par la folie nazie. C’est une insulte aux millions de soldats morts pour la Liberté. C’est une insulte à la Résistance. Et à Nuremberg. C’est une injure à l’HNuremberg.

Vous n’avez plus votre place au Festival de Cannes. Vous devez le quitter de votre plein gré. Assumez votre acte, vos déclarations jusqu’au bout. Ayez du courage ! Quittez Cannes tout de suite. Et prenez du recul afin de réfléchir à vos déclarations. Profitez- en pour lire des livres sur cette période que vous dites apprécier. Et faites ensuite le point. Et voyez si vous pouvez continuer à faire des films.

Ce que vous avez fait mercredi, Monsieur Von Trier, n’est même pas du mauvais cinéma…
Par contre, vos excuses sont du cinéma.

Véronique De Keyser
Députée européenne
Membre de la commission « Droits de l’Homme »

De la Syrie et des responsabilités de l’Union européenne

28 avril 2011

Il y a peu, les socialistes et démocrates appelaient l’Union européenne et ses États membres à suspendre la poursuite des négociations sur la signature de l’Accord d’Association alors en suspens entre l’UE et la Syrie. Cet accord devait dépendre de la volonté des autorités syriennes de cesser immédiatement la répression violente contre ses citoyens et sa capacité à mener à bien des réformes démocratiques.

Pourquoi un tel accord était-il plus que souhaitable ? Bien sûr, pour soutenir les aspirations démocratiques et pacifiques du peuple syrien depuis trop longtemps opprimé. Mais aussi, parce tout changement en Syrie peut bouleverser le paysage politique dans une région des plus instables. La politique internationale s’est appuyée jusqu’ici sur la Syrie, considérée comme une partie de la solution au Liban, mais aussi en Irak et en Palestine, et comme un allié pour combattre le terrorisme et tendre à la paix au Proche-Orient.

Soutenu par l’armée et les services de sécurité du parti Baas, Bachar al Assad a choisi la voie de la répression violente. Les ponts sont coupés. L’heure est aux sanctions, certes. Il faudra toutefois encore beaucoup de temps pour que le calme revienne en Syrie. Un changement de régime aurait des répercussions sur le monde arabe et l’Iran. Mais il ne faut pas non plus oublier que le pays à des frontières communes avec le Liban, la Turquie, l’Irak et la Jordanie…

Par ailleurs, Israël est dans une situation délicate vis-à-vis de la Syrie. Si Assad a armé le Hezbollah au Liban et a pu notamment soutenir le Hamas, il a aussi aidé à garder le calme sur la frontière israélo-syrienne. Tel-Aviv pourrait donc préférer le maintien du parti Baas au renversement d’Assad par des islamistes ou des nationalistes.

D’un autre point de vue, les Etats-Unis auraient avantage à l’avènement à Damas d’un régime sunnite qui mettrait fin à 30 ans d’alliance avec l’Iran chiite et de soutien au Hezbollah. Cela diminuerait certainement l’influence de Téhéran sur le Proche et le Moyen-Orient. Enfin, l’Irak, ex-rival baasiste de la Syrie, et dont le rôle est ambigu depuis l’invasion américaine en subirait aussi les conséquences.

On le voit, la situation actuelle de la Syrie est au centre de la problématique complexe du Proche-Orient. Pour l’Union européenne, c’est incontestablement une tension à résoudre, et cela pour deux raisons essentielles. La première est que les équilibres difficilement préservés depuis des décennies risquent à tout moment de se rompre et d’entraîner les populations de la région dans un chaos incontrôlable. La seconde est que pour des raisons de pure stratégie, on n’en vienne à accepter deux poids deux mesures en matière de démocratie et à justifier des situations totalement indignes de celle-ci. L’urgence de sanctions fermes est donc d’autant plus grande.