Véronique De Keyser

Conseillère communale à Liège

Journée de la femme 2015. Clin d’oeil à Susan Sontag

9 March 2015

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Clin d’œil à Susan S. pour ceux qui l’aiment
(Ou la fascination morbide du djihad)

Hommage à Susan Sontag
. Nous sommes le 8 mars, journée internationale de la femme, et je voudrais rendre un hommage à Susan Sontag. La littérature joue une place très spéciale dans ma vie. Je lis tout le temps et n’importe quoi. Du pire et du meilleur. Je dors entourée de livres que j’écrase dans mon sommeil et que je macule de tâches de café au réveil. Et mes coups de foudre, ce sont les auteurs. Lobo Antunes est mon plus grand amour. J’adore me perdre dans sa prose incompréhensible durant les cinquante premières pages (même avec la grille de lecture de la guerre d’Angola) et puis, doucement, me laisser prendre dans sa toile d’araignée, m’abandonner au sens qui monte doucement, comble les questionnements et enfin me submerge de son évidence qui explose à la fin du livre. Grandiose. Lobo Antunes, c’est le sommet de la littérature. Du moins pour moi. Susan Sontag c’est très différent. Elle, c’est la femme, c’est la vie. C’est une sœur. Et le dernier ouvrage d’elle qui vient de paraître chez Climats , un entretien avec Jonathan Cott en édition posthume, ressuscite en moi des sentiments aussi fort qu’il y a trente ans, quand je découvrais la Maladie comme métaphore ou Sur la photographie.

La conversation comme catalyseur de la pensée. Le livre est un entretien que Susan Sontag donne à Jonathan Scott en 1978, publié dans en version succincte dans la revue Rolling Stone à l’époque. Susan Sontag meurt en 2004, et Jonathan Cott publie en 2013, la version complète de cet interview sous la forme : The complete Rolling Stone interview by Jonathan Cott, aux Presses Universitaires de Yale. La traduction française paraît aujourd’hui chez Climats sous le titre Tout et rien d’autre. On notera que de l’original anglais à la traduction française, il n’y a pas que le titre qui a changé : l’auteur aussi. C’est Susan Sontag qui signe chez Climats. Ce n’est que justice, même si la finesse et la pertinence des questions de Cott emmènent littéralement la parole de Susan Sontag dans des chemins inédits. Celle-ci a d’ailleurs et d’emblée fait des remarques étonnantes sur la manière dont elle pense à travers le débat, comme si celui-ci tirait d’elle-même des ressources insoupçonnées qui exigeaient, pour faire surface, le catalyseur de la conversation et la présence d’un autre.
Ainsi p.16-17 , dans la préface française signée de Jonathan Cott:
J’aime les entretiens me confia-t-elle parce que j’aime la conversation. J’aime le dialogue et je sais que beaucoup de mes pensées sont le produit de la conversation (…) J’aime parler aux gens – c’est ce qui ne fait pas de moi une recluse- et la conversation me donne l’occasion de savoir ce que je pense.

Le livre comme modèle de la transcendance de soi
. Jonathan Cott termine sa préface à l’édition française par un magnifique texte 1996 de Susan S., Lettre à Borgès, que je reproduis ici :
Vous avez dit que nous devions à la littérature presque tout ce que nous sommes et presque tout ce que nous avons été. Si les livres disparaissent, l’histoire disparaitra, ainsi que les êtres humains. Je suis certaine que vous avez raison. Les livres ne sont pas seulement la somme arbitraire de nos rêves et de notre mémoire. Ils nous donnent aussi un modèle de transcendance de soi. Certains envisagent la lecture comme une forme d’évasion : fuir la réalité de tous les jours et se réfugier dans un monde imaginaire, le monde des livre. Les livres sont bien plus que cela. Ils sont une manière d’être pleinement humain.
Ce n’est sans doute pas que le livre mais l’écriture aussi qui nous transcende. Dès lors, le livre, les livres, la bibliothèque de Borges deviennent des modèles infinis de la transcendance de soi. Il est curieux de voir à quel point chaque parole, je dirais chaque sentence de Susan S. – car il y a quelque chose d’assertif dans la manière dont elle parle et se jette toute entière dans cette parole, comme pour se porter physiquement garante de son authenticité – fait mouche chez moi. Au fond ce n’est pas si curieux. Même si elle avait une douzaine d’années de plus que moi et habitait outre Atlantique, je m’identifiais sans peine à son parcours. Elle évitait de choisir entre New York ou la Californie, elle aimait Paris et la France et les connaissait parfaitement. Mes recherches scientifiques et mes racines familiales m’avaient très tôt conduite aux Etats-Unis. J’avais fait mon post-doctorat au Westinghouse Research Center de Pittsburgh, je travaillais avec l’Université de Colombus. Ma cousine, dont l’époux était professeur de mathématiques à Berkeley, possédait une propriété superbe à Los Angeles où elle m’invitait régulièrement. Très tôt les Etats-Unis ont exercé sur moi, à la fois une attraction puissante à cause de la dynamique scientifique et intellectuelle qui agitait les cercles que je fréquentais, et un champ de contestation pour la politique impérialiste et la société que consommation que les Etats-Unis représentaient. Susan était mon ainée d’une douzaine d’années, mais avons suivi toutes deux, les mêmes séismes politiques (soixante huit, la guerre au Vietnam, la guerre de Yougoslavie), fréquenté les mêmes lieux et surtout traversé ( ou plutôt été traversées par) la maladie. Le livre de Susan S., La maladie comme métaphore a été un de mes livres de chevet au moment où a débuté mon cancer du rein. Je me reconnaissais dans le pacifisme de Susan Sontag, qui en 1968 se rend à Hanoï, indifférente à l’opprobre que suscite cette visite au Vietnam du Nord. Vous vous souvenez du tollé à la suite de ma visite en Syrie à Bachar al Assad en 2013 ? Susan Sontag en 1990, à 9 reprises, visite Sarajevo assiégée. J’étais à Gaza sous les bombes pendant l’opération Plomb durci en janvier 2009. Et je fais mienne sa maxime Il n’y a pas de vraie culture sans altruisme. Je suis comme elle une boulimique de la lecture- au moins un livre par jour. Bref, même s’il n’y a aucun lien de causalité entre certaines similitudes de parcours (que je recherche assidûment !), le fait d’avoir vécu des expériences proches, mais décalée de quelques années, fait que quand Susan S. parle, quelque chose en moi répond. Elle est une femme célèbre et moi je suis inconnue. Mais cela ne compte avec les grands auteurs : ils abolissent les différences. Je peux donc dire que Susan S. est ma sœur.

Ce n’est pas pour autant que j’adhère à tout ce qu’elle dit. Non, mais elle me pousse à lui répondre. Elle produit, sans doute à cause de son engagement total dans l’écriture et de la proximité qu’elle a créée avec son lecteur, un entrainement. Qu’on le veuille ou non, on sort du bois. C’est le pouvoir de son écriture. Elle a besoin de l’autre pour s’extraire d’elle-même mais elle provoque chez lui un déplacement. Un effet boule de neige. Ou plutôt, pour elle qui était amoureuse du rock, un effet de pierre qui roule. Rolling stone. Elle produit de la pensée, mais une pensée holistique, ancrée dans le corps et dans le monde- où la notion de plaisir se mêle à la politique, à l’art, à la maladie, à la peur, à la littérature. Et elle vous accule dans vos jardins secrets et livre tout. A vous de jouer. Une telle position littéraire pourrait conduire à un épouvantable déballage émotionnel. Il n’en est rien. Susan S. tient la distance. Le jeu subtil d’une triangulation- l’objet qu’elle traite, la distance qu’elle prend vis-à-vis d’elle même et l’interpellation de l’autre- la préserve de ce risque. Et ce dans tous ses écrits.


Susan S et le corps
. Susan S. est fille de son temps. Elle a connu l’ébullition sociale, culturelle et politique des campus universitaires américains à la fin des années soixante, ébullition qu’elle vit comme une intensification de la vie. La libération sexuelle des années soixante a été suivie, deux décennies plus tard, par l’épidémie de Sida. Et après 68, le plaisir libéré a immédiatement été capturé dans un faisceau d’interdits, d’interprétations, de culpabilisations. Susan S. s’est moins battue contre des institutions, ou des systèmes politiques précis que contre les représentations que manipulent ces derniers.

Sa percée littéraire en Europe, coïncide avec ses écrits sur la maladie. Elle vient d’être atteinte d’un cancer en 1974 quand elle entame l’écriture de La maladie comme métaphore, qui sera suivie du Sida comme métaphore. Susan S. décrypte les représentations que chaque époque fait des maladies dont on n’a pas encore trouvé le remède. La tuberculose a suscité bien des fantasmes, tout comme le cancer et le sida en leur temps. Et la réponse sociale à cette angoisse a été la culpabilisation du malade, son exclusion, l’invocation d’un châtiment divin pour conduite immorale (la pauvreté, la débauche et l’alcool pour la tuberculose par exemple ou l’homosexualité pour le sida). Dans cette peur s’engouffre toute la cruauté d’une société, de celle qui enfermait les lépreux au Moyen âge, comme de celles qui obsédées par la pureté de leur race, empêchent les mariages mixtes ou pratiquent le nettoyage ethnique

La métaphore comme point de départ de la connaissance. Pour Susan S. la connaissance part de la métaphore, qu’elle définit comme une comparaison condensée. Mais celle –ci, comme une pierre brute à travailler, doit se dégager de sa gangue. Depuis que j’ai commencé à penser, je me suis rendue compte que ma compréhension théorique des choses reposait sur leurs paradigmes et leurs métaphores sous-jacentes. C’est une forme de compréhension naturelle pour moi. A l’âge de 14 ou 15 ans, je me souviens avoir été marquée par l’usage des métaphores : avec une autre métaphore me disais-je, la conclusion aurait été différente. J’’ai toujours éprouvé une sorte agnosticisme à l’égard des métaphores. Bien avant que j’en forme une idée précise, je sais que dès que j’ai trouvé une métaphore je peux me dire « voilà une des sources de cette pensée » mais je réalise aussi que l’on pourrait tout aussi bien partir d’une autre métaphore. En fait, Susan S. applique à la métaphore la critique et le doute cartésien, ou mieux encore la falsification que Karl Popper suggère d’opposer à toute théorie . Mais par l’analyse des différentes métaphores pouvant s’appliquer à une même réalité, c’est cette dernière que Susan S. cherche à atteindre, qui se cache en creux derrière elles. Le cancer tue en dehors de toute métaphore. La maladie existe donc bien derrière la métaphore. L’exercice de pensée est de saisir pleinement cette vérité. Le but de l’écriture est de l’y aider en purifiant la métaphore de ses scories, pour arriver, dit Susan S. en paraphrasant Barthes au degré zéro de l’écriture. C’est de la phénoménologie, mais Susan S. ne prononce pas ce gros mot. La phénoménologie est hermétique et ennuyeuse : Susan S a une écriture à la fois nette, limpide et se laisse dévorer quasi au propre et au figuré.


Rilke disait « ne m’enlevez pas mes démons vous emporteriez aussi mes anges »
. Il est habituel chez Susan S. de traiter d’un thème de façon dialectique, en opposant les pôles. C’est comme cela qu’elle crée son mouvement. La révolte contre la pensée unidimensionnelle, révolte lancée par Marcuse, enrichit sa réflexion de contrastes, de dualités, de paradoxes inattendus et non des moindres. Il faut prendre le tout en bloc.

Je voudrais m’étendre un peu sur sa façon de traiter la sexualité dans son entretien avec Jonathan Cott, parce que c’est dans ce type d’écrit que j’ai le plus de peine à la suivre. Elle aborde la sexualité dans une dualité plaisir / souffrance, bien /mal, les deux pôles devant être explorés, selon elle, si on veut aller jusqu’au bout de soi. Voire jusqu’à la mort. De la même manière le fascisme est analysé en termes fascination/ répulsion- fascination à cause de son esthétique et de ses pratiques sadomasochistes qui répondent à la pulsion de mort que chacun porte en soi, répulsion à cause des effets dévastateurs qu’il a produit. Le traitement que Susan S. fait du fascisme n’est pas si différent de celui qu’elle applique au Sida ou au cancer. C’est presque le fascisme comme métaphore d’une sexualité transgressive qui va jusqu’à la mort. Viva la muerte. Mais qui semble être considérée par S. Sontag comme la sexualité complète, faite tout à la fois de plaisir et de souffrance, les autres formes, en mode mineur, qui privilégient seulement le plaisir, ne le font que parce qu’ils se sont placés des gardes –fous pour ne pas en mourir. Et Susan S. de rappeler la fin du célèbre film de Nagisa Oshima, l’Empire des sens. L’amante finit par étrangler son amant alors qu’ils font l’amour, lui tranche le pénis et écrit sur son torse « Nous deux pour toujours » avec son sang. Le point ultime, c’est la mort par l’amour, que beaucoup de gens ne veulent pas franchir, fort heureusement déclare Susan S. Je connais des gens qui ont des vies sensuelles et agréables, dénuées de violence ou de sadomasochisme. Je ne prétend pas une minute que cela soit impossible dit encore Susan S . Mais c’est presqu’une concession à celle qui décrit la vie de l’esprit en termes d’avidité, appétit, désir, volupté, extase, inclination, insatiabilité , c’est-à-dire avec son corps. En s’attachant au mal comme transgression de l’interdit et en particulier de l’interdit sexuel, en le liant étroitement à l’érotisme et donc en l’universalisant – une autre façon de décrire le mal ordinaire- Susan Sontag ne trace pas une nouvelle voie. Elle est dans la droite ligne des écrivains qui de Sade à Bataille, Genet, Klossowski, Foucault ou même Blanchot, se sont penchés, non sans fascination, sur la part maudite de l’homme et son esthétique, en liant la mort à la « petite mort ». Et l’esthétique sadomasochiste à la séduction fantasmatique du nazisme, même encore aujourd’hui. Mais cette fascination imaginaire des régimes totalitaires aide-t-elle à comprendre le passage à l’acte et le meurtre de masse qu’ils pratiquent ? J’en doute. Au mal ordinaire d’une sexualité libertine qui veut briser les interdits et aller jusqu’au bout de sa violence- un soap opéra dans lequel DSK pourrait jouer le premier rôle- et le mal ordinaire que démonte Hannah Arendt, qui décrit comment un système politique organisé et cohérent peut amener un peuple entier – ou presque- à commettre le mal absolu en ne faisant que son devoir, il y a un fossé immense. Dans le sadomasochisme il faut un partenaire. Dans les régimes totalitaires et génocidaires, il n’y a plus de partenaire : la déshumanisation de l’autre est totale.

Quand je suis revenue de Syrie, en novembre 2013, j’en suis rentrée bouleversée. Non pas parce que j’avais rencontré Bachar Al Assad et parce que cette rencontre allait avoir des conséquences importantes sur ma carrière politique, mais parce que pour la première fois de ma vie j’avais été confrontée à la barbarie. Pas seulement à la guerre avec son cortège d’atrocités. Mais à une barbarie génocidaire que la mission de l’ONU à Bagdad avait scrupuleusement analysée. Et qui ne pouvait donc être ignorée des chancelleries européennes : celle de l’Etat islamique de l’Irak et du Levant et d’une nébuleuse de groupes terroristes plus ou moins bien organisés et financés présents en Syrie. La personnalité du président syrien était connue. Nul n’ignorait le caractère sécuritaire et impitoyable de son régime ; on savait qu’il n’hésitait pas à bombarder sa population civile, voire à utiliser des armes chimiques- comme vraisemblablement l’opposition aussi. Mais ce que les médias occidentaux occultaient encore à l’époque c’est la montée d’un terrorisme génocidaire qui gangrénait l’opposition. C’était un sujet tabou et si un journaliste l’abordait, c’était pour en rejeter l’entière responsabilité sur le président syrien qui n’avait pas hésité, au début de la révolution de 2011, à ouvrir largement les portes de ses prisons. Il est évident que Bachar Al Assad a joué là un jeu des plus ambigus. Mais croire qu’il a crée Daesh est une naïveté ou une plutôt un calcul politique qui s’est révélé une erreur. Ce calcul implicitement partagé par le camp occidental et leurs alliés sunnites était de laisser discrètement les terroristes opérer en Syrie, pour affaiblir le président syrien. Mais de les maintenir à l’intérieur de la Syrie. C’était un pari risqué, et perdu. Depuis 2013, Daesh a prouvé son organisation, ses ressources et sa volonté de conquête idéologique, territoriale et politique. Aujourd’hui, l’horreur des crimes de Daesh a éclaté au grand jour- égorgements, décapitations, exactions multiples. Et des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour dire que le président syrien pourrait faire partie de la solution, dans une coalition contre le terrorisme dans la région. Mais les plus courageux ne sont pas ces politiciens qui se réveillent tardivement, mais bien les Kurdes et les femmes kurdes en particulier. Organisés démocratiquement dans une région où la démocratie est rare, les Kurdes luttent contre la barbarie avec la légitimité de ceux qui sont sur le terrain et défendent leur vie, leurs familles, leur pays.

Daesh exerce-t-il sur les jeunes qu’il recrute comme djihadistes, la fascination morbide que le nazisme exerce sur certains groupes marginaux d’extrême-droite–sexualité sadomasochiste, uniformes, cuir? Susan S. décrit très bien cette attraction érotique, y compris chez des personnes qui ne sont pas proches, idéologiquement, du nazisme mais qui prennent leur pied devant des panoplies SS. Mais l’analyse esthétisante de Susan S. nous aide-t-elle à comprendre un terrorisme dont la séduction intrigue ? Les cassettes de décapitation et d’égorgement diffusées par Daesh sur le Net ont certes pour objectif explicite de persuader le monde de la puissance de ce groupe- mais comme objectif implicite de faire du recrutement de nouveaux djihadistes. Que l’horreur de ces images soit, pour certains, un irrépressible appel à rejoindre ce groupe criminel, porte à réfléchir. Une lecture politique et sociale du terrorisme ne suffit peut-être pas à expliquer l’ensemble du phénomène. Il est possible qu’il faille aussi pêcher dans les eaux troubles de la psychologie et de la sexualité morbide . Mais la distance entre l’approche esthétique du fascisme de Susan S., et celle d’auteurs comme Arendt, qui a critiqué les systèmes totalitaires du point de vue politique, reste abyssale. Et la question de savoir s’il est légitime d’appliquer une analyse psychologique à des phénomènes politiques et sociaux reste entière. Même si on ne se propose que de n’étudier qu’un fragment de ce phénomène et pas son entièreté.
En cette journée de la femme 2015, Susan S., une fois de plus, m’entraîne dans sa pensée et c’est prodigieux. Même si je mesure parfaitement la faiblesse de certains de ses arguments et des miens. A suivre donc.