Véronique De Keyser

Conseillère communale à Liège

Un coup de dé jamais n’abolira etc.

24 March 2015

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J’aime le hasard.  Sans doute parce que je vis avec une discipline quasi monastique qui trouve son apogée en vacances – où l’heure de réveil, le temps passé à écrire, l’apéro du midi, le moment et le rythme de la promenade, jusqu’à l’apéro du soir, scandent une vie digne d’une novice.  Vous remplacer apéro par angelus et on y est. Et le soir, quartier libre.  Dans la vie de tous les jours, je ne réussis évidemment pas ce cycle parfait.  Il y a mille interférences, mille interruptions qui gâchent mes automatismes et m’obligent à  travailler à un rythme qui ne m’est pas naturel : trop vite, ou de manière hachée.  Mon GPS personnel se plante.

Mais quand pour une raison ou l’autre, le hasard- je dis bien le hasard, pas une interférence maligne – fait une entrée fracassante dans ma vie, je lui en suis reconnaissante. Le fil  que j’avais tendu à l’extrême se casse, mais c’est aussi un soulagement.  Ce fut le cas samedi matin. Je devais donner une conférence à Paris au Droit humain et je souhaitais le faire correctement.  Cela veut dire pour moi, l’écrire de bout en bout- écrire tout, voire trop, références comprises.  C’est un peu ridicule, car je parle facilement et que n’ayant à tenir qu’une demi-heure à Paris, quelques notes griffonnées m’auraient suffi.  En règle générale, j’écris une page par jour (je vous avais dit que j’étais lente !). Je travaille cette fois durant quinze jours, à raison d’au moins cinq heures d’écriture quotidienne, pour produire dix huit pages.  Mais ce vendredi 20 en fin d’après-midi, le résultat ne me satisfait pas.  Or j’avais prévu depuis longtemps d’assister ce soir-là  à une rencontre littéraire au Musée Curtius de Liège avec In Koli Jean Bofane, l’auteur des fabuleuses Mathématiques congolaises et de Congo Inc. Le testament de Bismarck.  Vous n’avez pas encore lu ? Ce n’est pas vrai ! Vite, c’est chez Actes Sud : au moins ce blog aura servi à quelque chose.  Mais quand je relis mes notes, mon sur-moi tyrannique m’empêche de les laisser en l’état.  Sortir quand il me reste tant à faire, c’est irresponsable (tout aussi irresponsable que prévoir 18 pages en Cambria 11, simple interligne, pour une intervention  d’une demi heure).  Donc, la mort dans l’âme, je renonce au débat littéraire.  Et je passe toute ma soirée à corriger les références et à tenter de synthétiser le texte dans ma tête.

 

Je prends le train pour Paris à la première heure le samedi matin.  Le wagon est à moitié vide, car de nombreux voyageurs ne monteront qu’à Bruxelles.  Je commence à étaler mon ordinateur, mes livres, quand un grand Noir dégingandé vient s’asseoir à mes côtés.  Lui aussi a des papiers, un ordinateur.  Lui aussi va avoir besoin d’espace.  Je saisis mes affaires, m’excuse pour éviter tout malentendu, et lui annonce que s’il y a du monde je reprendrai ma place à Bruxelles.  Une heure de travail tranquille chacun dans son coin.  A la gare du midi à Bruxelles, c’est la cohue.  Vite, je rejoins ma place initiale.  Et côte à côte, nous reprenons chacun nos travaux.  Mon voisin finit par me dire- Vous écrivez de la fiction ?-  Non, de la réalité.  C’est de la fiction, chez vous ?-  Oui.  Je vais à la foire du livre. J’ai écrit Congo Inc. Le testament de Bismarck.

–     J’ai lu. Et Mathématiques congolaises aussi.

Je dis ça de mon ton le plus neutre, comme si je précisais que je prends du café le matin et pas du thé.  En fait j’ai horreur d’apparaître comme une groupie, et si je tombe régulièrement amoureuse d’un livre et donc d’un auteur, c’est son œuvre qui m’attire.  Ca peut prêter à confusion.

J’ajoute pourtant

–       mais vous étiez à un débat hier soir à Liège ?  J’avais décidé d’y aller mais j’ai eu trop de travail : je n’avais pas fini mon texte.

Et puis, la glace étant rompue et on s’est mis à parler de Tram 83, de Fiston Mawanza Mujila, de son style – et puis aussi de l’Afrique puisque j’étais il y a quelques semaines à Panzi auprès du Docteur Mukwege.  Avec l’équipe du Professeur Cadière, qui opère là depuis des années.  C’est alors  que Bofane sursaute

–       Mais Cadière est un ami d’enfance. Un inséparable de mon frère.  On a été à la même école ensemble. Nous ne nous sommes jamais quittés depuis !

 

Et du coup, la discussion est repartie sur un plan amical.  Finalement, nous découvrons que lors de l’avant première du film de Thierry Michel sur le Docteur Mukwege le 25 mars à Flagey, nous serons tous les quatre présents : Bonfane, Cadière, Mukwege et moi. Les fils de la vie se croisent.  En gare du Nord à Paris, Bonfane a foncé vers la Foire du livre et moi vers le siège du DH dans le XIIIème, mais pendant une petite heure, j’ai revécu la RDC, l’atmosphère étonnante de Mathématiques  congolaises, l’amitié, je dirais presque la fraternité avec Cadière – bref, j’ai revécu la vie chaleureuse que je parviens à intercaler entre mes retraites monastiques.  Par hasard.  Mais un hasard aussi étonnant qu’un signe du destin.

 

Déclaration de Véronique De Keyser et Mo-Mamo KARERWA, Co-Présidentes du Forum des Femmes sur “Les Femmes et le SIDA” à l’occasion de la Journée Mondiale de Lutte contre le SIDA

25 November 2010

“Arrêter le sida. Tenir la promesse”.

L’infection par le VIH n’a cessé d’augmenter chez les femmes depuis le début des années 1990. La moitié des personnes contaminées par le SIDA sont des femmes et le SIDA constitue la première cause de mortalité chez les jeunes femmes. Ces faits ne permettent pas la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Plus les femmes sont économiquement et socialement dépendantes, lorsqu’elles vivent dans des zones de conflit, lorsqu’elles sont exposées à la discrimination, aux stéréotypes et aux violences sexuelles, plus le risque d’infection est grand. Ce contexte défavorable rend plus difficile la prévention et l’accès aux soins, tout comme la possibilité d’une vie digne et autonome.

Le SIDA peut être prévenu et arrêté. C’est une question de solidarité et de respect des droits fondamentaux. L’avènement d’une génération sans sida reste possible d’ici à 2015 ! Pour cela, il faut un financement adéquat – sans ressources, les interventions et les engagements des pays resteront lettre morte.

Les politiques, stratégies et plans d’action relatifs au VIH/SIDA doivent intégrer les femmes et les associer au contenu et à la mise en œuvre de ces programmes. Il est fondamental de faciliter leur accès aux informations sur le VIH/SIDA, de mettre en œuvre des programmes de prévention, basés sur les droits sexuels et reproductifs des femmes, et d’investir sur les vaccins et les microbicides. Pouvoir se protéger est un droit humain. Les soins doivent aussi être adaptés aux conditions de vie des femmes et contribuer à éviter la transmission du virus de la mère à l’enfant. Des services de soutien pour les femmes doivent être développés, pour qu’elles puissent vivre avec la maladie et continuer d’exercer leur rôle dans la société.

Des femmes épanouies et en bonne santé c’est assurer une société plus juste.

En tant que Co-Présidentes du Forum des Femmes de l’assemblée parlementaire paritaire ACP-UE, nous appelons les pays de l’UE et ACP à respecter leurs engagements et à stopper le sida.

MEP Véronique De Keyser et Hon. Mo-Mamo KARERWA