Véronique De Keyser

Conseillère communale à Liège

La laïcité, un combat fondamental pour Véronique De Keyser

5 décembre 2011

Militante convaincue de la laïcité, Véronique De Keyser multiplie les actions et cherche à combattre au sein-même du Parlement, l’explosion d’un fait religieux qui ne trouve guère de contre-partie philosophique. Dès 2007, elle obtient du Président européen d’organiser à chaque session de Strasbourg « Les petits déjeuners de la Libre Pensée » qui font pendant à la messe célébrée en ces lieux… En 2009, elle organise, entre autres, le colloque “La laïcité et l’Europe” avec les représentants des associations philosophiques et non-confessionnelles et les différentes églises. En 2011, en partenariat avec le CAL, elle préside la grande conférence « Sciences et croyances ». En octobre dernier, son combat pour la laïcité s’illustre une fois encore avec le nouveau colloque qu’elle initie « Quel dialogue la laïcité veut-elle mettre en place avec l’Union européenne ? »

Au cours de ce colloque, elle souligne les points suivant : L’article 17 du Traité de Lisbonne est, depuis le 1er décembre 2009, une réalité.
1. L’Union respecte et ne préjuge pas du statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les églises et les associations ou communautés religieuses dans les États membres.
2. L’Union respecte également le statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les organisations philosophiques et non confessionnelles.
3. Reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec ces églises et organisations.

De très nombreuses questions se posent. Comment mettre en oeuvre démocratiquement l’article 17 du Traité de Lisbonne? Quelles formes lui donner, quels contenus, quelles limites, quels objectifs? Quels thèmes abordés? Dialogue séparé des organisations non-confessionnelles avec l’Union ou en commun avec les églises? Qui établit la liste des associations invitées au dialogue? Pouvons-nous laisser ce choix à l’Union, au Bepa? Sur base de quelle(s) liste(s)?

Le 30 mai dernier, les hauts responsables des religions sont reçus successivement par le Président du Conseil, par le Président de la Commission et ensuite par le Président du Parlement européen : les Anglican Church, Churches of the reformation, Conférences des Eglises européennes, Communautés islamiques, Communautés boudhistes, les Grands rabbins, Eglises orthodoxes, Eglise catholique romaine et Comece. Et la responsabilité du dialogue entre le Parlement et les églises mais aussi avec les organisations non-confessionnelles est confiée au Député roumain/hongrois, Laszlo Tökés, Vice-Président du Parlement, qui fut, avant d’être Député européen, Évêque-Éparchie (diocèse) réformée de Piatra Craiului (depuis 1990). Pasteur – Timişoara (1986 – 1990). Pasteur – Braşov (1975 – 1977) et Dej (1977 – 1984).

Monsieur Buzek, Président du Parlement, à la question de Véronique De Keyser lui faisant par de son étonnement devant cette désignation, lui répond: « The Vice President of the Parliament with responsibility for article 17 dialogue, Mr Tökès, presented a report to the Parliament’s Bureau on the first consultation. He will do likewise following the second consultation. Obviously, I do not wholly your view about my decision to designate Mr Tökès as the Vice President in this field. It is , of course, a decision of the President as to which duties to assign to each Vice President in the bureau. I cannot agree that Mr Tökès’ previous function as a Bishop in the Reform Church in Romania should preclude him from being my designee for this responsibility (…) ».

Pour l’eurodéputée, il est important que les organisations non-confessionnelles se positionnent et définissent au plus tôt comment elles voient l’organisation pratique de ce dialogue avec l’Union européenne. Définir ensemble les objectifs, les formes, les limites à donner à ce dialogue, est le ciment de cette réunion du 20 octobre à laquelle les Présidents Barroso, Van Rompuy et Buzeck sont invités à participer, mais ils signalent que leur emploi du temps ne leur permet pas d’être présents. Monsieur Van Rompuy sera néanmoins représenté par un de ses collaborateurs, Monsieur Praet. Monsieur Buzeck, en sa qualité de Président du Parlement, confirme que le Parlement ne souhaite pas imposer sa vision de la façon de structurer le dialogue, mais que ce soit les parties concernées (églises, organisations philosophiques et non-confessionnelles) qui définissent comment elles souhaitent voir le dialogue évoluer. Il précise cependant : « As I stated clearly my opening remarks, this meeting was the first phase of the Parliament’s formal consultation of organizations covered by article 17 » Monsieur Barroso, Président de la Commission, quant à lui, déclare que la réunion « du 30 mai avec des dignitaires de diverses confessions religieuses n’était pas l’ouverture officielle du dialogue avec les églises et organisations religieuses. Cette réunion reprenait plutôt la formule déjà utilisée dans la série de rencontres (…) organisées depuis le début de mon premier mandat, en 2005. » Monsieur Barroso signale dans le même courrier qu’il organisera une rencontre (similaire à celle organisée le 30 mai) avec les organisations philosophiques et non-confessionnelles le 30 novembre prochain.

Il importe qu’avant cette rencontre annoncée par Monsieur le Président de la Commission, les organisations non-confessionnelles se rencontrent afin de débattre ensemble, le plus largement possible, comment elles souhaitent que ce dialogue (contraignant depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne) soit organisé. C’est pourquoi, le 20 octobre 2011 Véronique De Keyser organise cette conférence afin de réfléchir sur la façon dont les organisations philosophiques et non-confessionnelles veulent que ce dialogue (ouvert, régulier et transparent) soit organisé avec la Commission, le Conseil et le Parlement comme le prévoit l’article 17 du Traité de Lisbonne. Le Traité prévoit en effet que ce dialogue qui n’avait lieu jusqu’à présent qu’avec la seule Commission, ait lieu avec non seulement la Commission, mais aussi avec le Conseil et le Parlement. Monsieur Van Rompuy, Président du Conseil, précise alors à Madame De Keyser « (…) je ne peux qu’encourager les représentants des Eglises et des organisations philosophiques et non confessionnelles à réfléchir, ensemble ou séparément, à comment rendre ce nécessaire dialogue plus effectif. Je pense donc que, si la rencontre du 20 octobre (que vous programmez) va dans ce sens, elle ne peut être que constructive et utile. » Madame Nadia Geerts (Rappel) et Messieurs Jean-Michel Quillardet (Président de l’Observatoire international de la Laïcité), Pierre Galand (Président du Centre d’Action laïque, et Vice-Président de la Fédération Humaniste européenne) acceptent d’intervenir dans le débat du 20 octobre et de donner leur vision du problème, suivie d’un très large débat avec la salle.

Comme annoncé, le 30 novembre 2011 Monsieur Buzek, Président du Parlement, et Laszlo Tökés, Vice-Président du Parlement, organisent lun colloque « European Parliament implemantation of Article 17, Lisbon Treaty ». Le 1er décembre 2011, suite à cet événement, Le Soir publie un article (voir ci-dessous) tendant à montrer que le dialogue européen avec les organisations philosophiques et non-confessionnelles semble s’améliorer…

Cliquer sur l’article publié dans Le Soir pour l’agrandir

Pour Véronique De Keyser le combat continue. Si la liberté de religion et de conviction est un principe fondamental de la laïcité, garante du respect des opinions de toutes et de tous, à l’heure où les religions tiennent une place importante et entraînent parfois des divisions et des dérives, la députée européenne défend plus que jamais une éthique laïque qui peut intégrer les différences, rassembler, constituer et défendre un espace public de pluralisme, de discussion d’idées, et de tolérance.

Retour de colloque organisé par Véronique De Keyser: « Quel dialogue voulons-nous construire, nous organisations philosophiques et non confessionnelles, avec l’Union européenne ? »

7 novembre 2011

Tel était le thème de la Conférence publique dont Véronique DE KEYSER, députée européenne socialiste de Belgique, avait pris l’initiative ce jeudi 20 octobre, au Parlement européen de Bruxelles.

Dans son invitation, Mme DE KEYSER présentait ainsi cette Conférence. Il s’agissait de définir une stratégie des organisations laïques européennes, tout en s’interrogeant sur le sens que recouvre le terme de « non confessionnelles », pour répondre aux dispositions de l’article 17 du traité de Lisbonne, et plus spécialement de son alinéa 3, qui établit, depuis le 1° décembre 2009, cette réalité :

1. L’Union respecte et ne préjuge pas du statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les églises et les associations ou communautés religieuses dans les Etats membres.
2. L’Union respecte également le statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les organisations philosophiques et non confessionnelles.
3. Reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec ces églises et organisations.

Certaines organisations, invitées à prendre la parole, ont décliné l’invitation :
- la Fédération Nationale de la Libre Pensée pour qui les institutions européennes ne sont pas démocratiques, et qui a considéré qu’elle n’avait pas à participer à cette conférence,
- le Grand Orient de France qui, bien que le Conseiller de l’Ordre chargé de l’Europe ait été présent, ne prendra pas la parole !!!

Véronique DE KEYSER, en introduction, soulignera le paradoxe qui consiste pour les laïques, et malgré les oppositions qu’ils ont pu manifester au Traité de Lisbonne, de se saisir de cette nouvelle disposition pour faire entendre la voix laïque au niveau des trois instances de l’Union européenne que sont la Commission (présidée par José Manuel Barroso), le Parlement (présidé par Jerzy Buzek) et le Conseil (présidé par Herman Van Rompuy). Invités, les trois présidents avaient déclinés l’invitation, préférant ne pas intervenir dans notre réflexion. Seul le Président Van Rompuy est représenté par M. Michel PRAET, membre de son cabinet. En fait, ils semblent diverger sur la manière de traiter les représentants des organisations laïques par rapport à ceux des religions, en substance, les recevoir dans le même temps ou après. Même divergence sur la nature du dialogue, ouvert ou non. Elle conçoit cette situation comme une phase dynamique d’ouverture du dialogue prévu par l’article 17, comme une opportunité à saisir.

S’agissant du Parlement, le vice président chargé de ce dialogue, M. Laszlo Tökes, est un ancien évêque de l’église réformée de Roumanie ! Pour mieux le connaître, il n’est pas inutile de lire son premier communiqué après son élection, et notamment le point 5 de ses priorités : « l’Europe chrétienne ! ses valeurs spirituelles, religieuses et morales ».

Et, cerise sur le gâteau, dans ce contexte, la question du contenu de la Laïcité est souvent posée aux parlementaires. Lors d’une précédente conférence que Véronique DE KEYSER avait organisée sur le thème de « Science et croyance », elle avait abordé quelques éléments de réponse. Aujourd’hui, c’est l’application de l’article 17 qui est à l’ordre du jour. Participer à ce dialogue, oui mais Comment ?

Les intervenants :


Denise OBERLIN, Sophia In’t VELD, Véronique DE KEYSER, Pierre GALAND, Nadia GEERTS, Jean-Michel QUILLARDET, Michel PRAET

Sophia In’t VELD, députée européenne de Hollande, coordinatrice d’une plateforme qui regroupe des organisations qui revendiquent la Laïcité en politique. Pour l’organisation du dialogue de l’article 17, elle aborde deux aspects :

1/ la charge de l’organisation repose sur les institutions européennes. Or ce travail n’est pas fait convenablement. Le Président Barroso (Commission) l’a présenté comme la conférence annuelle des dignitaires religieux. Ce qui pose plusieurs questions : Sur quelle liste ? Pourquoi sous la forme d’un sommet ? Quid des non-croyants ? Quid des minoritaires dans les religions ? De plus, cette approche est conservatrice, presque exclusivement masculine, mais surtout elle méconnaît complètement la représentation des 500 millions de citoyennes et de citoyens européens… Cela commençait mal. Sur pression des parlementaires, il a changé son fusil d’épaule mais avec beaucoup moins d’enthousiasme ! Le président Buzek (Parlement) s’est attaqué au problème. Mais pourquoi seulement le président ? C’est l’affaire de tous les parlementaires. Elle propose : de faire nommer un 2° Vice Président chargée de la Laïcité européenne, de sortir du cadre habituel des discussions du Parlement, de se doter de moyens techniques pour informer bien au delà des habitués du Parlement, c’est à dire les réseaux sociaux…

2/ Beaucoup de laïques ne sont pas organisés. Et elle l’explique par le fait que cette catégorie des « non religieux » n’est pas judicieuse. En effet, on n’organise pas les « non religieux » comme on le ferait avec les philatélistes… Et dans le même temps, les laïques sont sous organisés. La voix laïque n’est pas audible et il faut mettre nos forces en commun. On ne peut pas se permettre de ne pas le faire. Les Laïques, même s’ils n’ont pas l’habitude de travailler ensemble, doivent faire front commun.

Sophia In’t VELD fait remarquer que la Commission ne respecte pas l’article 17 qui indique que l’on ne « préjuge pas »… Or, elle fait sa propre sélection en jouant sur le statut particulier de l’église catholique. Elle exploite son statut d’Etat pour lui accorder une position privilégiée. De plus, ces relations manquent également de transparence et se concentrent sur une liste très restreinte de sujets: famille, femme, homosexualité, liberté d’expression et rien sur les autres sujets ! Or il y a aussi des problèmes à évoquer, par exemple sur les droits fondamentaux.

Nadia GEERTS, présidente de RAPPEL (Réseau d’Action pour la Promotion d’un Etat Laïque), évoque 3 questions, d’une façon très claire et très synthétique :

1/ Quelques principes : l’Etat n’a pas à s’occuper des consciences. On peut être non religieux sans être pour autant laïque.
2/ Quelques problèmes de fonctionnement : la définition du périmètre des organisations « non confessionnelles ».
3/ Une ligne de conduite : pragmatisme et Laïcité.

On pourra retrouver la philosophie des propositions de Nadia GEERTS sur le site de son association « RAPPEL: http://www.le-rappel.be/FR/

Pierre GALAND, président du Centre d’Action Laïque et vice-président de la Fédération Humaniste Européenne rappellera qu’il ne comprend pas le refus de la Libre Pensée d’être présente et de profiter de la tribune qui lui est proposée. Il précisera en quoi les laïques se distinguent des religieux: ni dogme, ni pouvoir central, mais partagent des valeurs citoyennes (libre examen, libre pensée), se reconnaissent citoyens libres et égaux entre eux et non prosélytes. Il recommandera d’avoir présent à l’esprit le panorama des relations Eglises Etats dans les autres pays européens et observera néanmoins que 40% des citoyens européens se déclarent non rattachés à une religion. Ils ne seraient donc pas concernés par l’article 17 qui utilise le concept de « non-confessionnel ». Citant H. Pena Ruiz « la foi tente de modifier la loi », il considérera qu’il faut faire évoluer la charte des droits fondamentaux puisque, au nom du principe de précaution, des médecins italiens aujourd’hui refusent de pratiquer des avortements, ou encore, elle permet la promotion du créationnisme ou la condamnation du blasphème. Il faut faire comprendre comment et pourquoi le discours des laïques est différent de celui des religieux, pourquoi nous avons un autre projet de société. C’est une éthique que nous avons à partager.

Il se résumera ainsi en forme de questions : nous avons des sujets à investir par rapport à la Charte, comment les défendre, avec qui, qui rencontrer, quelle structuration par rapport à celles des religieux qui sont de véritables machines de guerre ? 80% des subventions publiques vont aux ONG catholiques ou protestantes… Dans les domaines de la Santé, de l’Education, de l’Europe sociale, nous avons à nous positionner sur l’obligation de servir, à égalité, des services publics de qualité dans tous les pays de la Communauté européenne. Il terminera en insistant sur la question de la Communication qui doit nous permettre de nous mettre en ordre de marche pour nous faire entendre.

Michel PRAET, membre du cabinet du Président Van Rompuy, interviendra pour exprimer la différence qu’il fait entre la Laïcité « politique » et la Laïcité « philosophique ». Il évoquera une spiritualité laïque et agnostique et parlera d’un « monde de la non matérialité ». Ses propos seront accueillis avec une courtoise bienveillance toute diplomatique…

Au cours d’un premier débat, Pierre GALAND reviendra sur la nécessité de prendre en compte l’histoire des pays membres. Il rappellera que la Belgique n’a pas de « loi de 1905″, non pas qu’elle n’ait jamais été proposée mais elle n’a jamais été votée ! C’est ainsi qu’il existe des syndicats chrétiens et des syndicats catholiques. Il appellera à la vigilance quant à la demande des présidents qui souhaitent l’expression d’une « spiritualité européenne » ! Il faut refuser cela. Pour nous, seule existe la Démocratie. On peut débattre de l’Ethique, des questions sociales, démocratiquement !

Nadia GEERTS explicitera cette idée par l’existence de courants de pensée qui élisent leurs représentants. Pas besoin donc de faire double emploi en créant des « groupes séparés », à coté des parlementaires.

Denise OBERLIN, Grande Maîtresse de la GLFF, présidente de l’Institut Maçonnique Européen, commencera par dire sa préférence pour l’expression « organisations civiles et laïques » plutôt que « non confessionnelles ».

Elle fera des propositions d’organisations comme la « consultation » des organisations, quelques thèmes à aborder et soulignera les handicaps à ce dialogue : la primauté accordée aux dogmes qui ne permet pas d’avoir une réflexion complète, les droits des femmes alors que les inégalités sont accentuées par la crise, la nécessaire amélioration de la Charte des droits fondamentaux dans un sens contraignant et notamment le droit à l’éducation.

Elle soulignera l’intérêt de la plateforme évoquée par Sophia In’t VELD. Elle conclura par le souhait de voir mise en place une nouvelle cellule de veille.

Jean-Michel QUILLARDET, président de l’Observatoire International de la Laïcité et des dérives communautaires, rappellera qu’il préfère lui aussi, à la différence de la Libre Pensée, occuper le siège qui lui est proposé. Il rappellera les principes juridiques de la Laïcité en ces termes: c’est l’incompétence de l’Etat vis à vis des religions et l’incompétence des religions vis à vis de l’Etat. Il ne s’agit donc pas de réserver la Laïcité à ceux qui ne croient pas, elle concerne tous les citoyens. Dans l’espace public, on oublie ses spécificités pour faire cause commune, ce qui est fondamentalement différent des communautarismes qui revendiquent des droits particuliers. Evoquer les « racines chrétiennes » revient à figer, à enfermer, alors qu’il existe des sources multiples en Europe. Il ne faut pas entendre par religion la seule cléricature religieuse mais il faut surtout voir le rôle de la Foi qui, dans l’histoire, cherche à s’imposer par la force, cf. l’Inquisition. A ce titre, elle est intentatoire à la liberté de conscience. Il reviendra sur le statut particulier de l’église catholique, à la fois religion et Etat, qui lui permet d’intervenir aussi sur le plan diplomatique ! Cette confusion est lourde de conséquences dans l’Union européenne.

Il pointera une autre confusion, celle qui consiste à amalgamer la place de l’Homme et la démarche transcendentale. Mais il existe d’autres démarches: l’athéisme, l’agnosticisme, le positivisme. Or, on ne prend jamais en compte ces concepts philosophiques. Au contraire, certains politiques, dans tous les camps, ont remis la question du religieux à l’ordre du jour. On se souvient du discours du Latran et la comparaison entre l’instituteur et le curé. Il évoquera aussi la montée de l’Islam, qu’il explique non seulement par un développement des populations, mais surtout par l’abandon d’une partie de la population aux conséquences de la crise, par le fait de résider dans des espaces déshumanisés alors qu’on leur avait présenté leur présence en France comme un eldorado. Ces populations se sont tournées vers d’autres « chimères ». Il ne faut pas confondre, toutefois, Islam et islamisme, le spirituel et le temporel.

Alors, quel dialogue ? Si on accepte une conception laïque de l’Europe, on n’a pas besoin de rédiger un article 17 ! Mais il existe, alors il faut y aller ! Dans ce dialogue, les partenaires des institutions européennes sont de trois types: les associations religieuses et non confessionnelles, les associations ayant une conception du monde non religieuse et les associations de défense du principe de Laïcité. Certains sujets montrent leurs « différences »: la question du genre, la recherche sur les embryons, etc. Il fera deux propositions: un dialogue portant sur l’ensemble de la Société et un dialogue de type rencontre sur le principe de Laïcité entre les organisations religieuses et les organisations de défense de la Laïcité, c’est-à-dire des débats-confrontations sur les questions saillantes.

Catherine PICARD, présidente de l’UNADFI, souhaitera au cours d’un second débat, élargir le champs de l’action laïque aux sectes en faisant remarquer que le terme « organisations » du 3° alinéa leur permet d’être membres du BEPA, ce qu’elles sont depuis le début. Elle évoquera les dérives sectaires qui constituent de réelles menaces qui pèsent sur les personnes et sur les états membres du fait des différences dans les législations nationales, dans les structures de lutte contre les sectes et du lobbying que celles-ci exercent. Elle signalera l’intérêt de la FECRIS dans la coordination de cette lutte et proposera la coopération de l’UNADFI et de son centre de documentation.

Conclusion de Véronique DE KEYSER en deux points :

1 – Les laïques s’adressent à tous les citoyens, pas seulement à ceux qui partagent une croyance. Le socle de la citoyenneté c’est l’universalité. Dans le contexte de l’article 17 qui ouvre la possibilité d’un dialogue, il y a des thèmes sur lesquels ce que nous avons à dire ne peut l’être que par nous !
2 – Deux types d’organisation sont possibles :
a/ S’appuyer sur la représentativité de nos organisations pour installer les relations avec les présidents.
b/ Tenir compte de la nécessité de répondre dans l’urgence pour les élus. La Plateforme évoquée par Sophia In’t VELD pourrait être un cadre propice qu’il faudrait compléter par des systèmes d’alertes, par exemple l’Institut Maçonnique Européen.

Véronique DE KEYSER donnera une dernière information préoccupante, sur LE sujet d’actualité, le Fonds Européen, et pour lequel circule actuellement un projet. Il s’agirait de le réserver aux pays qui réussissent le mieux sur le plan économique !!! Les pays riches n’aideraient donc que les pays qui le sont déjà mais juste un peu moins !

Cette conférence publique a réuni plus d’une centaine de participants, principalement français, belges, hollandais, espagnols. Nous connaissons les difficultés du mouvement laïque à unir ses forces. Tout l’intérêt de cette initiative de Véronique DE KEYSER, militante infatigable de la laïcité en Europe, aura été de vérifier le niveau d’engagement des défenseurs de la Laïcité dans sa dimension européenne. Lorsque l’on prend conscience de l’état du rapport de force auquel nous sommes confrontés, lorsque l’on prend conscience des moyens (humains, financiers) et des complicités objectives dont les religions bénéficient au niveau de l’Union, on conçoit que la force qu’il faut opposer n’a plus rien à voir avec une atmosphère de fin de banquet, même républicain ! C’est une vraie mobilisation laïque qu’il faut organiser, ce sont de vrais moyens humains et financiers qu’il faut réunir, ce sont des méthodes et des spécificités qu’il faut mobiliser. Tout l’enjeu de l’initiative de Véronique DE KEYSER est de réussir à rassembler, autour d’une stratégie offensive européenne, les partenaires laïques.

Une phrase qui résume cette conférence : « Pour faire entendre la voie de la Laïcité en Europe, structurons-nous ! »
A suivre…

Gérard Contremoulin

Union européenne, les laïques furieux contre Barroso

19 octobre 2011

Pour agrandir l’article cliquer sur le lien suivant: Europe_LeSoir_19.10.11-1

« Quel dialogue la laïcité veut-elle mettre en place avec L’Union européenne? » Une conférence publique à l’intiative de Véronique De Keyser

6 octobre 2011

L’Europe vaut-elle une messe ?

16 juin 2011

L’Europe vaut-elle une messe ?
LABAKI,MAROUN; MARTIN,PASCAL

Vendredi 10 juin 2011

Union européenne : La Hongrie fait donner son « Te Deum » à Sainte-Gudule

Une messe pour l’Europe sera célébrée le 14 juin à la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule, à Bruxelles. Officiellement, l’invitation en a été lancée par Mgr Léonard aux membres des institutions européennes, qu’ils soient fonctionnaires, députés ou commissaires. Mais qui veut prier pour l’Europe est le bienvenu, précise-t-on.

Une messe comme une autre ? Le contexte actuel n’est pas anodin. La célébration s’inscrit en effet dans la dernière ligne droite de la présidence hongroise de l’Union européenne, qui s’achèvera le 30 juin. Plus exactement, l’initiative émane de la communauté hongroise de Belgique. Elle a été relayée auprès de Budapest par la Comece, la Commission des épiscopats de la communauté européenne.

S’agissant de la Hongrie, cet office religieux interpelle. Parmi les associations de défense de la laïcité, mais pas seulement. En avril, le gouvernement conservateur de Viktor Orban a en effet fait voter une nouvelle Constitution qui se réfère à Dieu et au christianisme comme rassembleurs de la nation hongroise. Selon les défenseurs des droits de l’homme, le nouveau texte contiendrait en outre les ferments de lois susceptibles de brimer le droit à l’avortement, la différence sexuelle ou l’indépendance de la justice. Pas plus tard que mercredi, la Commission a pointé une campagne d’affichage anti-avortement lancée en Hongrie par le gouvernement Orban avec de l’argent européen. Au-dessus du logo de l’UE, un fœtus et ce slogan : « Laissez-moi vivre ».

Mais revenons à la messe. Ce n’est pas la première fois qu’une telle célébration est organisée : en septembre, la présidence belge de l’UE avait fait donner une « messe de rentrée européenne ». L’Eglise de Belgique souhaitait ainsi répondre au souhait exprimé par le pape Benoît XVI et apporter sa contribution à l’Europe comme « maison spirituelle ». La Pologne, qui assurera la présidence tournante dès juillet, pourrait en faire de même.

Les défenseurs de la laïcité ne critiquent pas la célébration de cette messe. « Pourvu que cela se passe dans la cathédrale, peu m’importe, lâche Pierre Galand, le président du Centre d’action laïque (CAL). Mais qu’un tel événement déborde sur l’espace politique, brouille la séparation de l’Eglise et de l’Etat, ce serait inacceptable. »

On n’en est pas là. Reste qu’au cours des dernières années, de telles ingérences ont été dénoncées. Le débat sur les racines chrétiennes de l’Europe et le lobbying religieux exercé lors de la préparation de certaines lois – bioéthiques notamment – sont perçus par le bord non confessionnel comme des étapes de la reconquête du temporel par le spirituel. Fin mai encore, une rencontre a mis en présence les représentants des Eglises et les présidents des trois principales institutions : Barroso, Van Rompuy, Buzeck, tous trois issus du PPE, le Parti populaire européen qui réunit surtout des chrétiens démocrates. Cette réunion avait pour but la mise en application de l’article 17 du traité de Lisbonne qui organise le dialogue entre l’UE et les Eglises. Concernées elles aussi, les organisations philosophiques et non confessionnelles n’avaient pas été invitées.

« Quid des autres ? la laïcité ? nous quoi ? », s’interroge Marcel Conradt, franc-maçon déclaré et attaché de l’eurodéputée socialiste Véronique De Keyser. Il réclame la tenue d’une rencontre semblable et propose qu’un des vice-présidents du Parlement, l’Espagnol Miguel Angel Martinez Martinez, serve de relais. Question d’égalité de traitement : un autre vice-président, Laszlo Tokes, magyarophone et évêque de l’Eglise réformée de Roumanie, a été en effet chargé du dialogue avec les Eglises.

Lors de cette rencontre, Herman Van Rompuy avait au passage réitéré sa foi : « Les valeurs ne peuvent survivre sans religion. » De quoi échauder les laïques qui n’en finissent plus de ronger leur frein. Il a fallu attendre la présidence belge de 2010 pour que la Fédération humaniste européenne soit reçue à ce niveau. Depuis, Budapest en a fait autant. Mais la frustration reste évidente.

La messe pour l’Europe a ses modérateurs. « Une eucharistie n’avalise pas tout ce qui se passe à l’intérieur des institutions européennes », commente le père Tommy Scholtès, le directeur de rédaction des médias catholiques. Pour Rik Torfs, sénateur CD&V et professeur de droit canonique (KUL), cette messe est un peu le « Te Deum européen ». « Une tradition de politesse mutuelle entre religion et Etat. » L’essentiel étant que « les Eglises n’entrent pas sur le terrain politique ».

Six mois hongrois. Une présidence qui sent la naphtaline

Jamais présidence tournante européenne n’aura véhiculé une si mauvaise image ! Il est vrai que le Premier ministre hongrois Viktor Orban et ses amis politiques incarnent le retour d’un monde ancien, traditionaliste, ultracatholique, nationaliste – tout droit sorti de la naphtaline communiste. On l’a vu dès le début de la présidence, en janvier, avec la nouvelle loi sur les médias : liberticide. Puis avec la nouvelle Constitution, qui a encore été débattue ce mercredi au Parlement européen : liberticide.

La Commission européenne s’est mollement élevée contre la loi sur les médias, et prétend attendre l’entrée en vigueur de la Constitution pour se prononcer. Et les valeurs européennes dans tout ça ? Ne sont-elles pas gravées dans la Charte des droits fondamentaux ? « Les institutions européennes ne doivent pas avoir honte par les temps qui courent, s’est écriée cette semaine, au nom du groupe libéral, l’eurodéputée roumaine Renate Weber. Nous devons nous battre pour rassurer tous les citoyens européens : nos valeurs sont au cœur de notre législation et elles sont là pour le rester ».

Le Fidesz de Viktor Orban a certes démocratiquement obtenu son écrasante majorité aux dernières élections, voici un an. Mais le silence embarrassé des dirigeants des principales institutions européennes – José Manuel Barroso, Herman Van Rompuy ou Jerzy Buzek, le président du Parlement européen – tient aussi au fait qu’ils appartiennent tous, comme Viktor Orban, au PPE, la grande famille politique conservatrice du continent.

Le PPE a bien un petit problème de conscience. De l’ordre du léger remords…

Interpellation suite aux propos tenus le 30 mai 2011 par Mr José Manuel Barroso, président de la Commission européenne

8 juin 2011

15 juin 2011, une date à bloquer !

15 février 2011

Dans la continuité de sa conférence publique sur « Les soins de santé en Afrique sub-saharienne » du 9 décembre dernier, et à la veille de la «Journée internationale de l’Enfance africaine», Véronique De Keyser en collaboration avec Unicef, Amnesty International, I Day, des acteurs et des ONG de terrain, organise le 15 juin prochain un important hearing au Parlement européen.

Un colloque en deux temps :

1 . La matinée sera fondée sur l’inquiétante problématique de ce que l’on appelle « les enfants (dits) sorciers » qui subissent un véritable calvaire. Ce fléau, apparu il y a deux ou trois décennies, prend de l’ampleur dans certains pays de l’Afrique sub-saharienne. Parfois orphelins, handicapés, prématurés, albinos… mais aussi surdoués, ces jeunes enfants sont mutilés, brûlés, voire même tués pour toutes ces « raisons » qui bien souvent reposent sur une situation familiale et économique précaires, des conditions de naissance difficiles, un comportement (supposé) dérangeant de l’enfant qui « attire » le malheur. Quand ils ne sont pas mis à mort ou torturés, ces jeunes sont jetés à la rue. Ils deviennent alors « enfants de la rue », « enfants soldats », ou sont livrés à la prostitution. Le rôle joué par certaines églises dites « universelles » comme les évangélistes, pentecôtistes, celles du Réveil, de l’Esprit et quelques autres encore, semble être ambigu. Il devra être éclairci. Des représentants de ces églises seront invités à s’expliquer. Leur présence n’est cependant pas garantie. Seront également conviés des acteurs de terrain qui recueillent ces enfants, tentent de les sauver et de les réinsérer dans la société.

2 . L’après-midi, en collaboration avec l’association I Day, le hearing abordera le problème de la lutte contre la malaria et l’apparition de nouveaux moyens (abordables financièrement par tous) de combattre cette calamité.

Véronique De Keyser bouleversée par l’assassinat du militant gay David Kato

28 janvier 2011

David Kato, militant du mouvement « Lesbien-Gay- Bisexuel- Transexuel » (LGTB) en Ouganda a été assassiné le 26 janvier dernier. Il était venu, il y a peu, défendre la cause du mouvement qu’il soutenait au sous-comité des Droits de l’homme du Parlement européen. A l’origine du crime, l’extrémisme religieux prôné par des évangélistes radicaux en Ouganda.

La députée européenne Véronique De Keyser déclare : « Je suis bouleversée par cette mort. Grâce à notre action politique, nous étions parvenus à faire renoncer l’Ouganda à promulguer une loi profondément homophobe, portée par les évangélistes de ce pays. Mais comment bloquer l’incitation à la haine et au meurtre de ces sectes et mouvements religieux qui vient, une fois encore de faire une victime ? Les socialistes, mais tous les autres groupes politiques aujourd’hui partagent la même colère et la même émotion. C’est une mise en garde à l’égard des églises qui aujourd’hui encore n’acceptent pas le droit à l’orientation sexuelle et font des homosexuels des cibles et les boucs émissaires de bien des frustrations. »

Interventions de Véronique De Keyser en plénière les 19 et 21 janvier 2010

21 janvier 2010

19 janvier : révision de l’accord de Cotonou

« L’article 13 de l’accord de Cotonou n’a pas été révisé depuis 2000. Il touche à un sujet sensible : le dialogue entre l’UE et les pays ACP sur l’immigration, le traitement équitable des immigrés, le principe du non refoulement, les causes profondes de l’immigration et enfin l’immigration illégale et la réadmission. L’absence cruelle d’une politique d’immigration commune à la hauteur des valeurs dont se réclame l’Europe, risque de renforcer dans la révision projetée de l’article 13, le versant répressif et la chasse aux clandestins. Le tragique exemple de l’accord bilatéral entre l’Italie et la Lybie qui a conduit à des situations humanitaires intolérables ne semble pas avoir découragé le zèle de ceux qui veulent durcir l’article 13 pour renforcer le volet immigration illégale. Dans certains pays, la chasse aux clandestins est désormais ouverte et sans ménagement. Au lieu d’aller dans le sens des peurs suscitées par la crise actuelle, nous devons rappeler la synergie qu’il faut établir entre immigration et développement. Si les pays ACP ont besoin d’une aide pour décoller économiquement, nous aussi nous avons besoin de l’immigration pour faire face à la crise. C’est donc sur l’immigration légale et la mobilité qu’il faut se concentrer : ce sont les seuls garde-fous au climat détestable qui s’installe subrepticement dans nos propres pays. »

21 janvier : 1ère intervention dans le cadre des débats sur des cas de violation des droits de l’Homme, de la démocratie et de l’Etat de droit, et particulièrement sur le cas d’attaques récentes contre les minorités religieuses en Egypte et Malaisie

« Ce qui s’est passé en Egypte aurait sans doute pu se passer ailleurs. Une voiture passe à la sortie d’un lieu de culte copte, tire dans la foule: bilan- 7 morts, six coptes, et un policier. La réaction des autorités égyptiennes est rapide : “Le procureur général a décidé que les trois accusés des événements de Nagaa Hamadi seront traduits devant la cour d’urgence de sécurité de l’Etat pour meurtre par préméditation.” En Malaisie, c’est le nom d’Allah que les communautés chrétiennes et musulmanes se disputent avec pour conséquence le sac et le pillage d’églises. Ces faits divers banals trouvent des résonnances ailleurs, y compris en Europe. La montée de l’intolérance et du fanatisme religieux met en péril une liberté essentielle : la liberté de conviction de chacun – qu’il soit religieux ou agnostique. Partout dans le monde, des crimes contre les minorités, qu’elles soient chrétiennes, juives, musulmanes, sont perpétrés. Partout aussi des hommes et des femmes laïques sont assassinés ou emprisonnés parce qu’ils ne respectent pas des rites, des dogmes ou des pratiques religieuses dont ils se sont affranchis. En tant que laïque, je soutiens fermement cette résolution qui est un appel à la tolérance et non une stigmatisation de l’Egypte ou de la Malaisie. Mais au -delà des cas qui sont évoqués, je voudrais appeler les devoirs d’un Etat soucieux de la libre expression de ses citoyens. Selon moi, un Etat laïque – dans sa structure – est la meilleure garantie de l’espace nécessaire à la diversité des convictions de chacun. C’est sous cette forme qu’il protège le mieux les citoyens et favorise le dialogue entre communautés. »

21 janvier : 2ème intervention sur les violations des droits de l’Homme en Chine, notamment le cas de Liu Xiaobao

« Les résolutions d’urgences sont toujours un exercice difficile. Parce bien souvent, plutôt que de traduire une urgence humanitaire, elles reflètent une impuissance politique. Le “name and shame” que nous pratiquons chaque mois, est un recours ultime : il signifie clairement que tous les autres instruments de dialogue et de pression se sont révélés inefficaces et que faute de pouvoir agir, on dénonce. Dans le cas de la Chine, je ne suis pas sûre que multiplier les urgences comme nous le faisons (mars 2009, novembre 2009, janvier 2010 + le projet d’une autre en mars 2010) soit productif. Non pas que je sous-estime la difficulté de ce pays à gérer sa transition vers la démocratie, mais parce que je crois que revenir sans cesse à la charge, ce n’est pas se tromper de cible c’est se tromper de stratégie. Il y a d’autres instruments politiques, plus convaincants. J’ai été la première à demander des résolutions sur les Uigurs et à espérer éviter ainsi -en vain – des exécutions capitales. Je soutiens, au nom de mon groupe, Liu Xiabao, ce dissident de Tiananmen condamné récemment et dont le seul crime est d’être épris de démocratie. Mais je refuse de clouer tous les deux mois la Chine au pilori. Tout simplement parce que cela ne la fera pas plier, que du contraire. Car cet acteur commercial incontournable, ce pays qui a un siège permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui est en pleine croissance et en pleine évolution démographique, dont nous avons besoin pour réduire le changement climatique, ce pays doit être un partenaire. A qui on dit ses quatre vérités mais qu’on respecte pour les efforts qu’il engage []. C’est ce respect qui manque dans la résolution. C’est pour ces raisons politiques que mon groupe a retiré sa signature. Mais pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté sur la question des droits de l’homme, mon groupe votera en faveur de tous les amendements qui s’y rapportent. Quant à l’issue finale du vote elle dépendra des amendements que nous avons déposés. »

[Et les quelques pas faits par la Chine pour plus de transparence et ses timides avancées démocratiques n'ont même pas été évoqués, sinon du bout des lèvres. La stratégie de l'Union européenne vis-à-vis de la Chine est qualifiée de "non coordonnée et inefficace". C'est léger.]

Le vote sur le principe de subsidiarité et du libre affichage des symboles religieux dans les lieux publics, soutenu par le seul PPE (Parti populaire européen), est reporté !

17 décembre 2009

Une victoire de la sagesse !

Le Président du groupe « Alliance des Socialistes et Démocrates » au Parlement européen, Monsieur Martin Schultz, a proposé et obtenu le report du vote de la résolution très contestée déposée par le PPE visant à permettre l’affichage des symboles religieux dans les bâtiments publics.
Monsieur Schultz demande que soient vérifiées la recevabilité et la pertinence d’une telle résolution qui ne pourra que diviser les citoyens européens.

Véronique De Keyser qui a combattu cette résolution ne peut que se réjouir de cette nouvelle situation. Elle espère que la période du congé de « la trêve des confiseurs » ramènera le PPE dans la sagesse et à la raison. L’Europe doit être l’Europe des toutes et de tous, croyants ou non. L’Europe se doit d’être laïque. La séparation Eglises/Etat doit être une réalité européenne. La religion et/ou la non-religion relèvent exclusivement du domaine privé.

Véronique De Keyser remercie les 283 députés qui ont soutenu la demande de report.

Véronique De Keyser
Députée européenne