28 janvier 2011



David Kato, militant du mouvement « Lesbien-Gay- Bisexuel- Transexuel » (LGTB) en Ouganda a été assassiné le 26 janvier dernier. Il était venu, il y a peu, défendre la cause du mouvement qu’il soutenait au sous-comité des Droits de l’homme du Parlement européen. A l’origine du crime, l’extrémisme religieux prôné par des évangélistes radicaux en Ouganda.
La députée européenne Véronique De Keyser déclare : « Je suis bouleversée par cette mort. Grâce à notre action politique, nous étions parvenus à faire renoncer l’Ouganda à promulguer une loi profondément homophobe, portée par les évangélistes de ce pays. Mais comment bloquer l’incitation à la haine et au meurtre de ces sectes et mouvements religieux qui vient, une fois encore de faire une victime ? Les socialistes, mais tous les autres groupes politiques aujourd’hui partagent la même colère et la même émotion. C’est une mise en garde à l’égard des églises qui aujourd’hui encore n’acceptent pas le droit à l’orientation sexuelle et font des homosexuels des cibles et les boucs émissaires de bien des frustrations. »
Mots-clefs: Bisexuel, David Kato, députée européenne, églises, évangélistes, Gay, homophobe, Lesbien, LGTB, Ouganda, socialistes, Transexuel, Véronique De Keyser
Publié par Véronique De Keyser dans Communiqués de presse |
21 janvier 2010
19 janvier : révision de l’accord de Cotonou
« L’article 13 de l’accord de Cotonou n’a pas été révisé depuis 2000. Il touche à un sujet sensible : le dialogue entre l’UE et les pays ACP sur l’immigration, le traitement équitable des immigrés, le principe du non refoulement, les causes profondes de l’immigration et enfin l’immigration illégale et la réadmission. L’absence cruelle d’une politique d’immigration commune à la hauteur des valeurs dont se réclame l’Europe, risque de renforcer dans la révision projetée de l’article 13, le versant répressif et la chasse aux clandestins. Le tragique exemple de l’accord bilatéral entre l’Italie et la Lybie qui a conduit à des situations humanitaires intolérables ne semble pas avoir découragé le zèle de ceux qui veulent durcir l’article 13 pour renforcer le volet immigration illégale. Dans certains pays, la chasse aux clandestins est désormais ouverte et sans ménagement. Au lieu d’aller dans le sens des peurs suscitées par la crise actuelle, nous devons rappeler la synergie qu’il faut établir entre immigration et développement. Si les pays ACP ont besoin d’une aide pour décoller économiquement, nous aussi nous avons besoin de l’immigration pour faire face à la crise. C’est donc sur l’immigration légale et la mobilité qu’il faut se concentrer : ce sont les seuls garde-fous au climat détestable qui s’installe subrepticement dans nos propres pays. »
21 janvier : 1ère intervention dans le cadre des débats sur des cas de violation des droits de l’Homme, de la démocratie et de l’Etat de droit, et particulièrement sur le cas d’attaques récentes contre les minorités religieuses en Egypte et Malaisie
« Ce qui s’est passé en Egypte aurait sans doute pu se passer ailleurs. Une voiture passe à la sortie d’un lieu de culte copte, tire dans la foule: bilan- 7 morts, six coptes, et un policier. La réaction des autorités égyptiennes est rapide : “Le procureur général a décidé que les trois accusés des événements de Nagaa Hamadi seront traduits devant la cour d’urgence de sécurité de l’Etat pour meurtre par préméditation.” En Malaisie, c’est le nom d’Allah que les communautés chrétiennes et musulmanes se disputent avec pour conséquence le sac et le pillage d’églises. Ces faits divers banals trouvent des résonnances ailleurs, y compris en Europe. La montée de l’intolérance et du fanatisme religieux met en péril une liberté essentielle : la liberté de conviction de chacun – qu’il soit religieux ou agnostique. Partout dans le monde, des crimes contre les minorités, qu’elles soient chrétiennes, juives, musulmanes, sont perpétrés. Partout aussi des hommes et des femmes laïques sont assassinés ou emprisonnés parce qu’ils ne respectent pas des rites, des dogmes ou des pratiques religieuses dont ils se sont affranchis. En tant que laïque, je soutiens fermement cette résolution qui est un appel à la tolérance et non une stigmatisation de l’Egypte ou de la Malaisie. Mais au -delà des cas qui sont évoqués, je voudrais appeler les devoirs d’un Etat soucieux de la libre expression de ses citoyens. Selon moi, un Etat laïque – dans sa structure – est la meilleure garantie de l’espace nécessaire à la diversité des convictions de chacun. C’est sous cette forme qu’il protège le mieux les citoyens et favorise le dialogue entre communautés. »
21 janvier : 2ème intervention sur les violations des droits de l’Homme en Chine, notamment le cas de Liu Xiaobao
« Les résolutions d’urgences sont toujours un exercice difficile. Parce bien souvent, plutôt que de traduire une urgence humanitaire, elles reflètent une impuissance politique. Le “name and shame” que nous pratiquons chaque mois, est un recours ultime : il signifie clairement que tous les autres instruments de dialogue et de pression se sont révélés inefficaces et que faute de pouvoir agir, on dénonce. Dans le cas de la Chine, je ne suis pas sûre que multiplier les urgences comme nous le faisons (mars 2009, novembre 2009, janvier 2010 + le projet d’une autre en mars 2010) soit productif. Non pas que je sous-estime la difficulté de ce pays à gérer sa transition vers la démocratie, mais parce que je crois que revenir sans cesse à la charge, ce n’est pas se tromper de cible c’est se tromper de stratégie. Il y a d’autres instruments politiques, plus convaincants. J’ai été la première à demander des résolutions sur les Uigurs et à espérer éviter ainsi -en vain – des exécutions capitales. Je soutiens, au nom de mon groupe, Liu Xiabao, ce dissident de Tiananmen condamné récemment et dont le seul crime est d’être épris de démocratie. Mais je refuse de clouer tous les deux mois la Chine au pilori. Tout simplement parce que cela ne la fera pas plier, que du contraire. Car cet acteur commercial incontournable, ce pays qui a un siège permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui est en pleine croissance et en pleine évolution démographique, dont nous avons besoin pour réduire le changement climatique, ce pays doit être un partenaire. A qui on dit ses quatre vérités mais qu’on respecte pour les efforts qu’il engage []. C’est ce respect qui manque dans la résolution. C’est pour ces raisons politiques que mon groupe a retiré sa signature. Mais pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté sur la question des droits de l’homme, mon groupe votera en faveur de tous les amendements qui s’y rapportent. Quant à l’issue finale du vote elle dépendra des amendements que nous avons déposés. »
[Et les quelques pas faits par la Chine pour plus de transparence et ses timides avancées démocratiques n'ont même pas été évoqués, sinon du bout des lèvres. La stratégie de l'Union européenne vis-à-vis de la Chine est qualifiée de "non coordonnée et inefficace". C'est léger.]
Mots-clefs: agnostique, Allah, article 13, Chine, chrétiens, clandestins, copte, Cotonou, démocratie, droits de l'homme, églises, Egypte, Europe, fanatisme, immigration, juifs, l'Union européenne, laïcité, Liu Xiaobao, Malaisie, musulmans, Nagaa Hamadi, Nations-Unies, pays ACP, religieux, Tiananmen, Uigurs, Véronique De Keyser
Publié par Véronique De Keyser dans Politique, Questions parlementaires |
17 décembre 2009
Une victoire de la sagesse !
Le Président du groupe « Alliance des Socialistes et Démocrates » au Parlement européen, Monsieur Martin Schultz, a proposé et obtenu le report du vote de la résolution très contestée déposée par le PPE visant à permettre l’affichage des symboles religieux dans les bâtiments publics.
Monsieur Schultz demande que soient vérifiées la recevabilité et la pertinence d’une telle résolution qui ne pourra que diviser les citoyens européens.
Véronique De Keyser qui a combattu cette résolution ne peut que se réjouir de cette nouvelle situation. Elle espère que la période du congé de « la trêve des confiseurs » ramènera le PPE dans la sagesse et à la raison. L’Europe doit être l’Europe des toutes et de tous, croyants ou non. L’Europe se doit d’être laïque. La séparation Eglises/Etat doit être une réalité européenne. La religion et/ou la non-religion relèvent exclusivement du domaine privé.
Véronique De Keyser remercie les 283 députés qui ont soutenu la demande de report.
Véronique De Keyser
Députée européenne
Mots-clefs: Alliance des Socialistes et Démocrates, députés, églises, état, Europe, laïcité, Martin Schultz, PPE, religion, Véronique De Keyser
Publié par Véronique De Keyser dans Communiqués de presse, Laïcité de l'Union Européenne |
16 décembre 2009
Offensive religieuse au Parlement européen : une offensive frontale et à visage découvert. Des signes religieux, des crucifix dans les bâtiments publics… au nom du principe de subsidiarité !
Véronique De Keyser, Députée européenne et Vice-Présidente du groupe « Socialistes et Démocrates » ne peut accepter les projets de résolution qui sont actuellement examinés au Parlement européen, textes portant sur le principe de subsidiarité et qui seront soumis au vote demain jeudi en session plénière. Il est en effet envisagé, au nom du principe de subsidiarité, de permettre aux Etats d’afficher dans les lieux publics les signes religieux qu’ils souhaitent.
Inacceptable aussi le fait que dans ce texte, un certain nombre de députés ait refusé d’inscrire le principe de séparation Eglises/Etat. Toute cette attaque qui portera atteinte à l’Union européenne et à ses citoyens est en fait une histoire en quatre actes :
- Il y a d’abord eu cet arrêt de la Cour européenne des Droits l’homme sur les crucifix en Italie.
- Il y eut ensuite le dépôt de la part de quelques députés (Silvestris, Pitella, Mauro, Sassoli et Allam) d’une déclaration écrite (liberté d’exposition dans les lieux publics de symboles religieux représentatifs de la culture et de l’identité d’un peuple) visant à passer outre cet arrêt et à permettre à l’Italie et aux Etats d’afficher des symboles religieux.
- Le troisième acte sera cette réponse sous la forme d’une autre Déclaration écrite (Sophie Int’Veld et Vattimo) visant notamment à la reconnaissance du principe de séparation église/Etat. Une initiative que je soutiens pleinement.
- La réponse des églises ne s’est pas faite attendre. Les différents groupes politiques ont préparé un projet de Résolution sur le principe de subsidiarité. Chaque groupe a rédigé son texte et à l’issue des différentes négociations, il s’avère qu’un accord interviendrait sur la liberté de chaque Etat d’afficher dans les lieux publics les symboles religieux qu’il souhaite. De plus, le principe de séparation Eglises/Etat n’a pu être inscrit. Il a essuyé un refus.
Le vote de la résolution doit intervenir demain. Personnellement, mais aussi avec nombre de collègues députés, je ne peux avaliser ces textes. Etant actuellement au Sommet de Copenhague, je vote donc symboliquement contre ce texte et marque mon plus profond désaccord.
Nous sommes là face à la plus grave attaque des églises et des religions que le Parlement européen et les institutions européennes aient connue depuis longtemps. La liberté de croyance et de non-croyance est ainsi menacée. Nous devons toutes et tous nous mobiliser car l’Europe que nous construisons ne peut être celle-là, celle des églises. La croyance relève du domaine privé.
Véronique De Keyser, Députée européenne
Mercredi 16 décembre 2009
Mots-clefs: crucifix, Droits l'homme, églises, état, Europe, laïcité, parlement européen, religions, Véronique De Keyser
Publié par Véronique De Keyser dans Communiqués de presse, Laïcité de l'Union Européenne |