Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Programme de la session plénière de Strasbourg 3 au 6 février 2014

2 février 2014

Vous pouvez consulter via ce lien du Parlement européen le programme de la session plénière de février 2014. Vous y trouverez les documents, une synthèse des sujets évoqués, les communiqués liés aux sujets qui vous intéressent.

Pour ma part je serai prendrai la parole sur les sujets suivants:

  1. Le rôle de l’Europe en République Centrafricaine.
  2. Syrie et Egypte: « La situation est  critique en Syrie malgré le début des négociations de paix de Genève II, les prochaines élections en Égypte ainsi que le procès de l’ex-président Morsi seront au cœur du débat sur les affaires étrangères de mercredi après-midi. Les députés devraient appeler l’UE à accélérer son engagement« .
  3. Des cas de violations des Droits de l’Homme connus en Thaïlande

 

L’écrivaine qui osa défier le régime de Damas

5 février 2012


Samar Yasbek écrivaine et journaliste Syrienne, Véronique De Keyser députée européenne et vice-présidente du groupe S&D

Guy Duplat – Entretien Envoyé spécial à Paris
Mis en ligne le 03/02/2012

L’écrivaine Samar Yazbek a participé au soulèvement syrien depuis le début. Malgré les menaces, elle a témoigné et, exilée à Paris, elle va publier son “journal”.

Une femme de courage. Une écrivaine qui nous explique que c’était une « évidence » pour une écrivaine, de lutter et de témoigner sur ce qu’elle a vu et vécu en Syrie pendant les quatre premiers mois de la révolution. Un témoignage très dur, qu’elle a commencé à raconter à son arrivée en exil à Paris, en juillet dernier et qui sortira sous le titre « Feux croisés » (chez Buchet Chastel) en mars sous forme de son journal de bord du 25 mars au 9 juillet 2011, un livre qui éclaire d’une lumière crue la situation en Syrie. Elle sera ce mardi aux Halles de Schaerbeek, dans le cadre du cycle des littératures arabes. Nous l’avons rencontrée à Paris chez sa traductrice, Rania Samara.

Samar Yazbek, 41 ans, mère d’une fille de 17 ans en exil avec elle, est l’auteur de quatre romans (« Parfum de cannelle » sera le premier traduit en français, en 2013), de recueils de nouvelles et de plusieurs scénarios.

Déjà avant le déclenchement de la révolution, vos romans contestaient le régime.

Dans « Glaise », je mettais en cause l’institution militaire en parlant d’un conflit entre deux officiers dont l’un était un alaouite, du clan du président, et l’autre, un pauvre obligé de corrompre pour avancer. Etant moi-même une alaouite, je connais le système syrien de l’intérieur.

Vous êtes de la même confession, du même clan que l’équipe au pouvoir à Damas. C’est étonnant ?

Mon rôle dans la révolution m’a valu d’être rejetée par toute ma famille et tous mes proches. Mais je connais bien les rouages internes et suis bien placée pour les dénoncer. Le fait d’être alaouite m’a sans doute évité d’être emprisonnée. Le régime ne voulait pas montrer qu’il y avait des alaouites contre lui car cela aurait cassé leur thèse d’une révolution qui serait un conflit religieux entre sunnites et chiites alaouites. Mais pour moi, ces considérations sont sans intérêt. Ma présence en Syrie dans les groupes qui ont mené la révolution était un témoignage que ce conflit n’a rien de sectaire ou de communautaire, c’est la lutte d’un peuple contre les exactions d’un régime.

Réfugiée politique à Paris depuis juillet, que pouvez-vous encore faire ?

Ma première tâche fut de témoigner, y compris devant le Parlement européen, sur ce qui se passe là-bas, sur les exactions commises et sur les tortures en prison dont j’ai été le témoin. J’ai transmis tout ce que je savais de ces quatre premiers mois de lutte sur lesquels, en Europe, on ne savait rien. Je me considère comme un « passeur ». J’ai continué aussi à écrire ce journal commencé sur place et qui sera publié en mars en français et simultanément en arabe. J’essaie aussi, via des ONG humanitaires, d’aider les gens sur place, mais je suis très frustrée de ne plus avoir les contacts que j’avais sur place.

Comme écrivaine et comme femme, vous sentiez que vous deviez réagir ?

Je suis une rebelle depuis que j’ai 16 ans. Je me suis battue contre les traditions qui oppriment les femmes, j’ai fugué à 16 ans, je me suis mariée, j’ai divorcé, j’éduque seule ma fille. On voit beaucoup de femmes dans la lutte en Syrie car, effectivement, elles ont dû déjà se battre contre les discriminations qui les frappent.

Mais ce qu’on voit en Egypte, en Libye, en Tunisie, est inquiétant en ce qui concerne le droit des femmes ?

Je suis très inquiète de ce qui pourrait se passer comme régression islamique. La période de transition sera sans doute longue avec des épisodes de chaos, des tragédies peut-être, mais cela débouchera ensuite sur une société plus juste et les femmes devront continuer à se mobiliser pour faire évoluer ces sociétés.

Après avoir vécu ça, peut-on encore écrire des romans avec des rêves et de l’amour ?

Bien sûr, et j’en écrirai encore, mais actuellement toute mon attention, mon devoir, mon cœur, sont tournés vers la révolution. Je suis dans un état de douleur perpétuelle dont je ne peux pas me détacher. Grande lectrice, je ne peux plus rien lire d’autre que des documents sur la Syrie (je lis maintenant une histoire des alaouites). Pour ma fille aussi ce fut un arrachement douloureux.

Que pensez-vous de l’appui international à cette révolution ? Beaucoup plus faible que pour les autres révolutions ? Et peu d’intellectuels syriens sur place font comme vous ?

Il est vrai que sur place, peu d’écrivains osent bouger car ils ont peur. Surtout les écrivains plus traditionnels alors que les jeunes sont plus actifs, y compris par leurs vidéos. Sur un plan plus large, il est clair que les pays occidentaux ont été lents à réagir à cause de la proximité d’Israël et du Liban. Les Américains ne voyaient pas quel gouvernement de remplacement pourrait sauvegarder leurs intérêts dans la région et quel bénéfice sur place (pétrole) ils auraient en échange comme ils l’ont trouvé en Libye. Et pendant des mois, le régime a pu faire preuve d’une violence inouïe à l’égard de sa population qui était pourtant désarmée contrairement à ce qui s’était passé en Libye. Le régime syrien a été habile depuis des années à garder en main de nombreuses cartes stratégiques.

Le 7 décembre 2011, Véronique De Keyser et le groupe Socialistes & Démocrates recevaient l’écrivaine et journaliste Samara Yazbek au Parlement européen, dans le cadre de la conférence “La Syrie à la croisée des chemins” et pour saluer, entre autres, son courageux combat – malgré les menaces de mort pour ses positions contre le régime de Bachar Al Assad – comme militante pour les droits des femmes et aux côtés des manifestants et des comités de coordination de la révolution syrienne.

Le Parlement européen honore le Printemps arabe

11 décembre 2011

France Info: l’Europe au quotidien
Le Parlement européen honore le Printemps arabe

Dimanche 11 Décembre 2011

La session de décembre du Parlement européen est toujours l’occasion d’une cérémonie particulièrement émouvante: celle de la remise de son prestigieux Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit.

Chaque année depuis plus de 20 ans, les eurodéputés récompensent des personnes ou organisations qui luttent contre l’oppression et pour la liberté de pensée. Cette année, ils ont choisi d’honorer cinq figures, cinq « Activistes’ du Printemps arabe: le Tunisien Mohamed Bouazizi, l’Egyptienne Asmaa Mahfouz, le Lybien Ahmed al-Zubair Ahmed al-Sanusi, enfin deux Syriens, l’avocate Razan Zeitouneh et le caricaturiste Ali Farzat. Un choix qui s’est imposé comme une évidence.

Ces révolutions arabes ont remis en cause certains choix faits par les Européens dans leur soutien à certains régimes

Le Prix Sakharov est considéré comme l’équivalent européen du Prix Nobel de la Paix. C’est un prix militant qui soutient partout dans le monde des personnes qui s’illustrent par leur action en faveur de la liberté et les encourage à poursuivre leur combat. D’où la difficulté à mettre les groupes politiques d’accord, au risque parfois de nuire à la visibilité du Prix. Récemment le Parlement avait ainsi décidé de ne choisir plus qu’un seul lauréat, vivant, afin qu’il ait encore « un combat devant lui », comme le souligne l’eurodéputée belge Véronique de Keyser, vice-présidente du groupe socialiste.

Des nouvelles règles qui ont volé en éclats tellement le Printemps arabe s’est imposé comme une évidence cette année aux yeux des eurodéputés. Parce qu’ils ont été particulièrement touchés par la force et le symbole de ces révolutions, mais aussi parce qu’elles ont remis en cause certains choix faits par les Européens dans leur soutien à certains régimes, explique Véronique de Keyser.

Le Parlement européen a donc décidé de célébrer à titre posthume le Tunisien Mohamed Bouazizi qui a été le déclencheur des révolutions arabes en s’immolant par le feu le 17 décembre dernier. Son geste a provoqué un large mouvement populaire qui a mené à la chute du régime de Ben Ali.
La deuxième lauréate est la bloqueuse égyptienne Asmaa Mahfouz, l’une des fondatrices du « Mouvement des jeunes du 6 avril », qui avait lancé l’appel à se rassembler sur la place Tahrir au Caire, mouvement qui a conduit à la chute du raïs égyptien Hosni Moubarak.

Parmi les précédents lauréats du Prix Sakharov figurent Aung San Suu Kyi, Nelson Mandela et Anatoli Marchenko, Taslima Nasreen

Ont également été honorés Ahmed al-Zubair Ahmed al-Sanusi, 77 ans, un dissident libyen qui a passé 31 ans en prison en raison de son opposition au régime de Mouammar Kadhafi ; Razan Zeitouneh, avocate de 34 ans qui dirige des comités coordonnant la révolte en Syrie, dont le mari est en prison et qui est elle-même obligée de se cacher ; et enfin Ali Farzat, caricaturiste de presse, gravement battu en août par les forces de sécurité syriennes qui lui ont cassé les mains.

La cérémonie solennelle de remise du prix aura lieu ce mercredi 14 décembre dans l’hémicycle du Parlement européen à Strasbourg. Un an après la mort de Mohamed Bouazizi (le 17 décembre 2010).

Parmi les précédents lauréats du Prix Sakharov figurent Aung San Suu Kyi, Nelson Mandela et Anatoli Marchenko, Taslima Nasreen, Hu Jia, ou encore Memorial.

Pour réécouter l’émission cliquer ici.

L’armée égyptienne sous pression pour mettre fin à la loi d’urgence

25 novembre 2011

Les socialistes et démocrates au Parlement européen ont réaffirmé lundi leur solidarité avec le peuple égyptien ainsi que leur soutien à la transition démocratique du pays, suite aux affrontements entre manifestants et forces de l’ordre qui ont fait plus de vingt morts.

« Nous déplorons avec force les pertes de vie et nous exprimons nos condoléances aux familles des victimes », a déclaré la vice-présidente S&D, Véronique De Keyser.

« La loi d’urgence et les tribunaux militaires pour civils doivent prendre fin immédiatement. Nous exhortons également les forces de sécurité à ne faire usage de force disproportionnée en aucune circonstance. Tous les affrontements violents doivent faire l’objet d’enquêtes indépendantes, impartiales et transparentes et les responsables doivent subir les conséquences de leurs actes. Tout harcèlement et toute intimidation, directs ou indirects, de bloggeurs, journalistes et militants des droits de l’homme doivent cesser. En effet, la liberté d’expression, de rassemblement et de manifestation pacifiques ainsi que la liberté de conscience, de pensée et de religion sont des constituants essentiels de la démocratie.

Dans ce contexte, le Groupe S&D réaffirme son engagement envers la transition démocratique en Égypte et suivra de près les élections à l’Assemblée du peuple prévue le 28 novembre. Ces élections doivent avoir lieu comme prévu et elles doivent être libres, équitables et transparentes. »

Le Printemps arabe, lauréat du prix Sakharov 2011

27 octobre 2011


Photo gauche: manifestations dans les rues d’Egypte, de Lybie, de Syrie et de Tunisie lors du Printemps arabe.
Photo droite : les cinq lauréats sont issus des pays ayant participé au Printemps arabe.

Parlement européen
Droits de l’homme – 27-10-2011 – 15:12

Le Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit 2011 du Parlement européen a été attribué à un groupe de cinq militants du printemps arabe en reconnaissance et soutien de leur combat en faveur de la liberté et des droits de l’homme. Parmi les 5 lauréats, Véronique De Keyser membre de la commission Droits de l’Homme a introduit la candidature de Mme Zaitouneh avocate des droits humains en Syrie. Le prix sera remis aux lauréats par le Président Jerzy Buzek lors d’une session solennelle du Parlement à Strasbourg, le 14 décembre.

Le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit est attribué cette année à Asmaa Mahfouz (Égypte), Ahmed al-Zubair Ahmed al-Sanusi (Libye), Razan Zeitouneh et Ali Farzat (Syrie) et, à titre posthume, à Mohamed Bouazizi (Tunisie).

Cette candidature a été présentée conjointement par les deux grands groupes : le Parti populaire, les Socialistes et démocrates ainsi que les Libéraux et démocrates et les Verts.

Suite à la décision prise par la conférence des présidents (composée du Président du Parlement et des dirigeants des groupes politiques), jeudi matin, le Président Buzek a souligné : « ces personnes ont contribué à des changements historiques dans le monde arabe et cette récompense réaffirme la solidarité et le soutien ferme du Parlement. C’est un symbole pour tous ceux qui travaillent pour la dignité, la démocratie et les droits fondamentaux dans le monde arabe et au-delà ».

Asmaa Mahfouz

Mme Mahfouz a rejoint le Mouvement égyptien des jeunes du 6 avril en 2008, en aidant à organiser des grèves pour les droits fondamentaux. Le harcèlement soutenu des journalistes et des militants par le régime de Moubarak ainsi que l’exemple tunisien ont conduit Mme Mahfouz à organiser ses propres manifestations. Ses vidéos sur Youtube et ses messages sur Facebook et Twitter ont contribué à motiver les Egyptiens à revendiquer leurs droits sur la place Tahrir. Après avoir été détenue par le Conseil suprême des forces armées, elle a été libérée sous caution en raison de la pression de militants de premier plan.

Ahmed al-Zubair Ahmed al-Sanusi

M. Ahmed al-Sanusi, également connu pour être le plus ancien « prisonnier d’opinion », a passé 31 ans dans les prisons libyennes à la suite d’une tentative de coup d’État contre le Colonel Kadhafi. Membre du Conseil national de transition, il œuvre désormais à « parvenir à la liberté et retrouver l’humanité » et à mettre en place les valeurs démocratiques de l’après-Kadhafi en Libye.

Razan Zaitouneh

Mme Zaitouneh, avocate des droits humains, a créé le blog syrien sur les droits de l’homme « Human Rights information link » (SHRIL) qui rend compte des atrocités actuelles en Syrie. Elle a révélé au grand jour les meurtres et atteintes aux droits de l’homme commis par l’armée et la police syriennes. Ses messages sont devenus une source importante d’information pour les médias internationaux. Elle est à présent recherchée par les autorités qui l’accusent d’être un agent à la solde de l’étranger et ont arrêté son mari et son frère cadet.

Ali Farzat

M. Farzat, satiriste politique en Syrie, est bien connu du régime syrien et de son dirigeant, le Président Bachar al-Assad. M. Farzat est devenu plus direct dans ses caricatures quand les soulèvements de mars 2011 ont commencé. Elles ont contribué à inspirer la révolte en Syrie. En août 2011, il a été gravement battu par les forces de sécurité syrienne qui lui ont cassé les mains en guise d’ « avertissement », et confisqué ses dessins.

Mohamed Bouazizi

M. Bouazizi, un vendeur ambulant tunisien s’est immolé par le feu en signe de protestation contre l’humiliation et le harcèlement incessants des autorités tunisiennes. La sympathie du public et la colère inspirée par ce geste ont conduit à évincer le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali du pouvoir. L’auto-immolation de M. Bouazizi a également suscité des soulèvements et des changements vitaux dans d’autres pays arabes comme l’Égypte et la Libye, collectivement connus connus sous le nom de « printemps arabe ».

Prix Sakharov pour la liberté de pensée

Le Prix Sakharov pour la liberté de pensée, nommé en l’honneur du physicien soviétique et dissident politique Andreï Sakharov, a été décerné par le Parlement européen chaque année depuis 1988 à des individus ou à des organisations qui ont apporté une contribution importante à la lutte pour les droits de l’homme ou la démocratie. Il est accompagné d’une récompense de 50.000 euros.

Cette année, les deux autres finalistes en lice étaient le militant pour les droits civiques biélorusse et journaliste, Dzmitry Bandarenk, et la communauté colombienne de San José de Apartado.

L’UE doit revoir ses politiques pour soutenir la transition démocratique arabe

26 octobre 2011

20/10/11

Lors d’une conférence organisée par les socialistes et démocrates au Parlement européen, les représentants du printemps arabe ont critiqué les décennies de soutien et de coopération accordées par l’UE aux régimes répressifs. Ils ont encouragé les Européens à développer un partenariat Nord-Sud « entre égaux ».

Organisée par le Forum progressiste mondial (GPF), cette conférence de deux jours faisait partie du programme à long terme « A l’écoute de la Méditerranée progressiste » et visait à développer un réseau durable entre groupes progressistes des deux rives de la Méditerranée.

« Nous avons été surpris par cette explosion de liberté dans le monde arabe », a déclaré la vice-présidente S&D, Véronique De Keyser. « En Europe, nous nous sentions impuissants à faire avancer la démocratie mais vous, vous l’avez réalisée. C’était extraordinaire. Les mutations mises en œuvre par les peuples arabes nous ont obligés à revoir nos politiques et à admettre nos lacunes. A présent, nous devons trouver le moyen de mieux soutenir les transitions démocratiques – y compris par l’usage souple et effectif de fonds européens. Une partie de ces efforts devrait servir à aider les partis politiques à s’organiser », a conclu Mme De Keyser.

« C’est un privilège d’accueillir toutes ces personnes qui ont œuvré pour la démocratie dans la région », a déclaré aux participants Poul Nyrup Rasmussen, président du parti socialiste européen (PSE) et coprésident du GPF. « Nous devons vous écouter et nous inspirer de votre bravoure. L’UE s’est trompée par le passé dans ses alliances. Il est temps d’emprunter une nouvelle voie progressiste. La démocratie est une affaire de principes. Vous nous avez montré que vous êtes conséquents avec les vôtres. Mais la démocratie est aussi une question d’emplois de qualité, de sécurité dans les soins de santé et l’éducation. Voilà le combat que vous devez à présent mener » a lancé M. Rasmussen.

Des représentants d’Algérie, du Bahreïn, d’Égypte, d’Irak, de Libye, du Maroc, de Palestine, de Syrie, de Tunisie et du Yémen ainsi que de la diaspora arabe en Europe ont débattu avec des eurodéputés S&D, dont Hannes Swoboda, Maria Badia, Edit Herczog, Pervenche Berès, Proinsias de Rossa et Saïd El Khadraoui.

« Karama ! Dignité pour les Palestiniens ! » Carte blanche de Véronique De Keyser parue dans Le Soir du 22 09 11

22 septembre 2011

Véronique De Keyser – Députée européenne
Chef de la mission d’observation électorale de l’Union européenne au Soudan en 2010 et 2011
Chef de la mission d’observation électorale de l’Union européenne en Palestine en 2006

Compréhension n’est pas raison mais que de différences entre le traitement que l’Europe réserve à la demande de reconnaissance de l’Etat palestinien et l’enthousiasme avec lequel toute la communauté internationale a salué le nouvel Etat du Sud Soudan cette année. Et pourtant là, ni le conflit politique avec le Nord, ni la question des frontières, ni celle, brûlante, de la répartition du pétrole, ni la citoyenneté, ni la monnaie, bref rien n’avait été résolu avant le 9 janvier 2011. On s’est bien gardé de dire au Président Salva Kirr – Attendez encore un peu, essayez d’accorder vos violons avec Al Bachir, l’Etat viendra après ! Fin décembre 2010, les préparatifs logistiques pour le référendum étaient au point mort. Mais la communauté internationale a volé au secours des Soudanais du Sud. Des observateurs européens, américains, de la Ligue Arabe, de l’Union Africaine se sont déployés dans tout le pays. Les bulletins de vote ont été imprimés en Grande- Bretagne, transportés au Soudan par avion, puis par hélicoptère de l’ONU dans le Sud Soudan qui manque cruellement de routes. La mission sur place des Nations Unies a soutenu les policiers et l’armée sud soudanaise pour garantir la sécurité du pays. On connaît la suite : le délire d’une population, qui, en pleurant de joie, a voté à 98%, l’indépendance, la fin de la colonisation et la dignité retrouvée. Dignité ! Ce mot résonnait dans les rues de Juba ce 9 janvier 2011 et j’ai compris que quelles que soient les circonstances, les Soudanais du Sud méritaient leur Etat. Il y a des moments où il faut forcer le destin. Puis revenir, en position de force, à la table des négociations.

On aimerait voir, autour des Palestiniens, la même union sacrée, la même ferveur internationale que celle qui a entouré la naissance de l’Etat Sud Soudanais. Or, c’est tout le contraire. Non seulement Obama a retourné sa veste depuis le discours du Caire et menace d’un véto la demande palestinienne au Conseil de Sécurité, mais voilà que les Européens embrayent eux aussi. Ils ne ménagent pas leurs pressions pour inciter Mahmoud Abbas à renoncer à son projet. Est-ce totalement inattendu? Pas réellement.

Le scénario qui se déroule actuellement dans les coulisses de l’Onu a un air de déjà-vu. En effet, à la fin de la période intérimaire des accords d’Oslo, en 1999, les Palestiniens avaient déjà voulu demander leur reconnaissance à l’ONU. Même affolement, même pression pour les faire renoncer. Bill Clinton, alors au pouvoir, annonce que « ce serait une catastrophe » et l’Europe de lui emboîter le pas, sans surprise. Arafat accepte de différer son projet et de retourner à la table des négociations. Il exige cependant l’engagement de l’Union à reconnaître l’Etat palestinien. La déclaration de Berlin en mars 1999 confirme que l’Union européenne est prête à reconnaître l’Etat palestinien « in due time ». C’est le retour aux négociations de paix, Camp David et son échec- souvent mis sur le dos des Palestiniens. Mais quand on creuse la proposition de Camp David, on mesure à quel point l’offre était inacceptable pour les Palestiniens. Elle sanctionnait les 20.000 hectares de territoire palestinien confisqués depuis le début du processus d’Oslo, les routes sécurisées, les bretelles de contournement, les nouvelles colonies dont les colons explosaient littéralement ; cette offre prévoyait aussi le contrôle de la vallée du Jourdain pour une période de 6 à 21 ans, le contrôle par Israël des ressources en eau et de l’espace aérien palestiniens, l’annexion des implantations urbaines illégales construites à Jérusalem Est après 1967 etc. En somme, une souveraineté au rabais. Limitée.

L’échec de Camp David va être suivi de la relance de la colonisation israélienne et de la seconde intifada. C’est Mahmoud Abbas qui a le plus critiqué cette dernière. Car il a déjà en tête une autre stratégie: ne plus laisser aux Israéliens le moindre prétexte pour justifier leur immobilisme. Il veut aller de l’avant en s’appuyant sur 3 piliers : des institutions palestiniennes crédibles, des méthodes non violentes, des négociations de paix. Elu Président en 2005, il a poursuivi cette ligne. Avec l’aide de l’Europe. Aujourd’hui les institutions sont mises sur pied: le plan Fayyad est un succès. La violence est maîtrisée en Cisjordanie. Et les révélations dans les médias des concessions palestiniennes dans les négociations d’Annapolis montrent que le Président est allé très loin. Trop loin murmurent certains dans son camp. Trop loin en tout cas pour n’avoir rencontré aucun succès concret. L’occupation se poursuit, les colonies israéliennes explosent sous la poussée démographique, le territoire palestinien continue à s’effriter. Abbas ne peut plus s’enfermer dans le piège de 1999. D’autant que le contexte a changé. Le printemps arabe fait vibrer les jeunes Palestiniens qui ont, eux aussi, soif de dignité. « Nous reconnaîtrons l’Etat palestinien en temps utile » disait la déclaration de Berlin. Cette formule diplomatique prend tout son sens aujourd’hui: jamais le moment n’aura été aussi opportun. A quoi bon pour l’Europe renforcer sa politique étrangère, si c’est, une fois de plus, pour s’aligner sur la politique américaine ? Et comment surtout faire comprendre aux Palestiniens que l’Etat, c’est pour les Sud Soudanais ? Que la dignité retrouvée, la « karama » scandée par les jeunes dans la rue, c’est pour les Tunisiens, les Libyens, les Egyptiens -mais que pour eux, Palestiniens, la dignité ce sera « in due time » ? Pourtant, les peuples ne diffèrent pas devant la guerre et la colonisation. Ce sont les mêmes drames, les mêmes sacrifices, les mêmes espoirs fous. L’Europe, qui a tant salué le printemps arabe devrait s’en souvenir aujourd’hui. La demande de reconnaissance à l’ONU, c’est le printemps arabe des Palestiniens.

L’ONU, c’est le printemps arabe des palestiniens !

14 septembre 2011

Communiqué de presse de Véronique De Keyser
Députée européenne
Vice Présidente du Groupe Socialistes & Démocrates, en Affaires Etrangères, Développement et Droits de l’homme

Depuis plus de dix ans, l’analyse politique du monde arabe et le processus de paix au Moyen-Orient ont toujours été une des priorités de l’eurodéputée Véronique De Keyser, qui a multiplié les missions sur le terrain – déjà en 2006 elle dirige la mission européenne d’observation des élections législatives en Palestine, elle se rend sur place pendant la terrible opération « Plomb durci », elle soutient activement la flottille de Gaza – et s’est également rendue à de très nombreuses reprises en Israël, en Turquie, en Egypte, au Liban, en Syrie. Le 6 juin dernier, avec d’autres députés, elle dépose une nouvelle déclaration écrite sur la reconnaissance par l’Union européenne de l’Etat palestinien, qui bénéficie du soutient de députés de tous les groupes politiques. « Cette déclaration est extrêmement importante quant à la promotion du Parlement européen de la paix et la sécurité concernant le conflit Israélo Palestinien qui affecte la vie de tellement de personnes. A l’heure où plus de 130 pays ont déjà reconnu le principe d’un Etat palestinien, y compris plusieurs Etats européens, le parlement européen doit oeuvrer activement en ce sens » déclare la députée européenne. Hier, au titre de Vice Présidente du Groupe Socialistes & Démocrates, elle appelait les députés socialistes à signer la lettre de l’ancien ministre des Affaires Etrangères français Hubert Védrine et d’une vingtaine d’hommes et femmes politiques de premier plan, visant à soutenir l’initiative palestinienne.

Aujourd’hui, 14 septembre 2011, elle est intervenue en séance plénière à Strasbourg, sans détour:

« Dans 8 jours le président Abbas demandera à l’ONU la reconnaissance de l’Etat palestinien. C’est un moment historique qui nous place nous Européens, au pied du Mur- et dans le cas de la Palestine, ceci n’est pas une figure de style. Assumant la responsabilité prise en 1948 de reconnaître l’Etat israélien, l’Europe n’a cessé depuis de soutenir une solution à 2 Etats, sur les frontières de 1967, avec Jérusalem pour capitale. Elle n’a pas fait que le dire- comme dans les conclusions du Conseil de 2009, elle a aussi aidé à construire cet Etat, en finançant le plan Fayyad, qui avait pour objectif d’établir des institutions crédibles pour le futur état palestinien. Deux ans après, mission accomplie, le plan Fayyad est un succès. Le moment est donc venu pour l’Europe de faire un pas supplémentaire, le pas diplomatique qui consiste à soutenir la démarche palestinienne à l’ONU. Les Palestiniens le méritent. Les Palestiniens y ont droit. Les Palestiniens y croient.

Certains diront- mais les Etats-Unis n’en veulent pas. Mais l’Europe n’est-elle que l’écho timide des Etats-Unis ? Laissons Obama à ses contradictions- que de reculades depuis le fameux discours du Caire !- et à sa campagne électorale.

Certains diront- mais cela ne changera rien sur le terrain. C’est vrai, il faut retourner au plus vite à la table de négociation. Mais une reconnaissance à l’ONU donnerait aux Palestiniens des droits et des responsabilités nouvelles, un rapport de force plus équilibré avec les Israéliens et un cadre multilatéral de négociation- non pas, une fois de plus, un face-à-face stérile et déséquilibré avec Israël.

D’autres diront- mais tous les pays européens ne suivront pas et nous risquons la désunion. Mais c’est à nous Parlement européen, qui sommes la voix des peuples, à aider nos gouvernements à parler d’une seule voix, avec une position politique courageuse et éthique. Mais au-delà c’est la crédibilité politique de l’Europe qui est en jeu. Nous n’avons cessé de célébrer la démocratie retrouvée en Tunisie, en Egypte, en Lybie, et les efforts du peuple syrien, qui reste un peuple martyr. Un drapeau européen flotte sur Ben Ghazi. Mais L’ONU, c’est le printemps arabe des Palestiniens ! C’est la voix pacifique, négociatrice, qui nous a fait confiance à nous Européens, qui a refusé la violence qui veut se faire entendre. Oserons-nous – cette voix-là- l’ignorer, faire semblant de ne pas l’entendre ? Je ne veux pas, je n’ose pas le croire ! »

Madame Ashton, la prudence en politique ne peut remplacer l’audace : elle doit l’accompagner !

12 mai 2011

Vous avez essuyé ces derniers jours bien des critiques, Madame. Certaines sont des calculs politiques de bas étage pour vous déstabiliser. Mon groupe les condamne fermement et s’indigne de ces procédés. D’autres critiques, en revanche, ne peuvent être balayées d’un revers de main et je voudrais partager avec vous mon souci. Nous ne voyons pas toujours clair dans la politique extérieure de l’Union européenne, dans les buts qu’elle tente d’atteindre, en un mot, dans son dessin. Vos communiqués sont retenus, voire minimalistes et nous en déduisons alors que probablement, il y a des dissensions au sein de l’Union. Ce qui en soi est un message – mais négatif à souhait. Vous bougez, vous rencontrez, vous téléphonez, vous payez de votre personne, nul n’en doute, mais les résultats de ces efforts s’évanouissent dans le brouhaha médiatique. Et dès lors, la politique étrangère de l’Union apparait bien pâle, face aux discours tonitruants de certains chefs d’Etat européens.

Et pourtant un espace politique extraordinaire s’ouvre aujourd’hui grâce aux révolutions arabes et la diplomatie européenne devrait pouvoir y être très lisible. Car au-delà des particularités de chaque pays, tout est lié. Par exemple, la réconciliation Fatah/Hamas était impensable sans la pression créée à la fois par la situation nouvelle en Egypte et par la répression sanglante en Syrie. Le Président Bachar Al Assad a franchi un point de non-retour et Damas n’est plus un refuge sûr pour le Hamas qui soudain avait tout intérêt à négocier. Mais quelles sont nos réponses à la Syrie et au Moyen Orient ? Quelle est notre stratégie dans la région ? En Syrie, c’est un massacre – plus de 600 victimes, des milliers de prisonniers politiques – et Bachar Al Assad n’est toujours pas inquiété : il vient d’échapper aux sanctions. Et la Syrie pourrait bien – sauf candidature de dernière minute du Népal ou du Koweit – diriger le Conseil des DH de l’ONU dès le 20 mai. Madame Ashton, les sanctions contre treize personnes du cercle rapprochés sont insuffisantes : pourquoi l’impunité au Président Assad ? Faites-vous campagne pour que la Syrie ne préside pas le Conseil des DH de l’ONU ? Poussez-vous à une enquête internationale sur les massacres ? Même si vous ne réussissez pas à persuader les chefs d’Etats européens, ne nous laissez pas deviner vos intentions : dites clairement ce que vous voulez-faire.

Et le Moyen Orient ? Vous avez timidement salué la réconciliation Fatah/Hamas. Mais allez-vous prendre langue avec le Hamas ? Certes la situation est complexe mais il faut saisir cette chance. Les concessions que les deux parties ont faites sont nombreuses : j’ai sous les yeux le document d’accord qui fondera le futur gouvernement Un gouvernement de technocrates, qui accepte des élections, reconnaît à l’OLP l’autorité de négocier des accords, qui admet les frontières de 67 et implicitement donc l’Etat d’Israël. Comment allez-vous l’accueillir ce gouvernement ? Israël le sanctionne à l’avance en confisquant les taxes qui font 2/3 du budget palestinien. Et l’Europe se tait alors que même le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon réagit et exige d’Israël la restitution de l’argent. Il y a urgence ! Madame Ashton, la prudence en politique ne peut remplacer l’audace : elle doit l’accompagner. Le Parlement sera toujours derrière vous, si vous avez le courage d’une vision forte.

Intervention de Véronique De Keyser – Députée européenne, Commission Droits de L’homme, Commission Affaires étrangères, Vice-Présidente du Groupe Socialistes & Démocrates – en plénière ce 11 mai 2011

Révolutions arabes : en route vers la démocratie !

1 avril 2011

Un rendez-vous sur le chemin de la démocratie, à ne pas manquer ! Dès 13h30 dimanche 3 avril Espace Magh 17 rue du Poinçon à Bruxelles. Plus d’infos sur le site du PS en cliquant ici.