Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Madame Ashton, la prudence en politique ne peut remplacer l’audace : elle doit l’accompagner !

12 mai 2011

Vous avez essuyé ces derniers jours bien des critiques, Madame. Certaines sont des calculs politiques de bas étage pour vous déstabiliser. Mon groupe les condamne fermement et s’indigne de ces procédés. D’autres critiques, en revanche, ne peuvent être balayées d’un revers de main et je voudrais partager avec vous mon souci. Nous ne voyons pas toujours clair dans la politique extérieure de l’Union européenne, dans les buts qu’elle tente d’atteindre, en un mot, dans son dessin. Vos communiqués sont retenus, voire minimalistes et nous en déduisons alors que probablement, il y a des dissensions au sein de l’Union. Ce qui en soi est un message – mais négatif à souhait. Vous bougez, vous rencontrez, vous téléphonez, vous payez de votre personne, nul n’en doute, mais les résultats de ces efforts s’évanouissent dans le brouhaha médiatique. Et dès lors, la politique étrangère de l’Union apparait bien pâle, face aux discours tonitruants de certains chefs d’Etat européens.

Et pourtant un espace politique extraordinaire s’ouvre aujourd’hui grâce aux révolutions arabes et la diplomatie européenne devrait pouvoir y être très lisible. Car au-delà des particularités de chaque pays, tout est lié. Par exemple, la réconciliation Fatah/Hamas était impensable sans la pression créée à la fois par la situation nouvelle en Egypte et par la répression sanglante en Syrie. Le Président Bachar Al Assad a franchi un point de non-retour et Damas n’est plus un refuge sûr pour le Hamas qui soudain avait tout intérêt à négocier. Mais quelles sont nos réponses à la Syrie et au Moyen Orient ? Quelle est notre stratégie dans la région ? En Syrie, c’est un massacre – plus de 600 victimes, des milliers de prisonniers politiques – et Bachar Al Assad n’est toujours pas inquiété : il vient d’échapper aux sanctions. Et la Syrie pourrait bien – sauf candidature de dernière minute du Népal ou du Koweit – diriger le Conseil des DH de l’ONU dès le 20 mai. Madame Ashton, les sanctions contre treize personnes du cercle rapprochés sont insuffisantes : pourquoi l’impunité au Président Assad ? Faites-vous campagne pour que la Syrie ne préside pas le Conseil des DH de l’ONU ? Poussez-vous à une enquête internationale sur les massacres ? Même si vous ne réussissez pas à persuader les chefs d’Etats européens, ne nous laissez pas deviner vos intentions : dites clairement ce que vous voulez-faire.

Et le Moyen Orient ? Vous avez timidement salué la réconciliation Fatah/Hamas. Mais allez-vous prendre langue avec le Hamas ? Certes la situation est complexe mais il faut saisir cette chance. Les concessions que les deux parties ont faites sont nombreuses : j’ai sous les yeux le document d’accord qui fondera le futur gouvernement Un gouvernement de technocrates, qui accepte des élections, reconnaît à l’OLP l’autorité de négocier des accords, qui admet les frontières de 67 et implicitement donc l’Etat d’Israël. Comment allez-vous l’accueillir ce gouvernement ? Israël le sanctionne à l’avance en confisquant les taxes qui font 2/3 du budget palestinien. Et l’Europe se tait alors que même le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon réagit et exige d’Israël la restitution de l’argent. Il y a urgence ! Madame Ashton, la prudence en politique ne peut remplacer l’audace : elle doit l’accompagner. Le Parlement sera toujours derrière vous, si vous avez le courage d’une vision forte.

Intervention de Véronique De Keyser – Députée européenne, Commission Droits de L’homme, Commission Affaires étrangères, Vice-Présidente du Groupe Socialistes & Démocrates – en plénière ce 11 mai 2011

Révolutions arabes : en route vers la démocratie !

1 avril 2011

Un rendez-vous sur le chemin de la démocratie, à ne pas manquer ! Dès 13h30 dimanche 3 avril Espace Magh 17 rue du Poinçon à Bruxelles. Plus d’infos sur le site du PS en cliquant ici.

Il y a plus d’un an, Véronique De Keyser se positionnait déjà très clairement sur la question de la Lybie

23 février 2011

Tunisie, Egypte, Lybie… c’est une véritable onde de choc qui secoue l’Afrique aujourd’hui. L’UE et son président, Herman Van Rompuy, se préparent à des sanctions et dénoncent le «génocide» libyen.

L’eurodéputée Véronique De Keyser condamne la révoltante brutalité des forces de l’ordre du régime de Tripoli qui n’ont pas hésité à tirer sur des manifestants sans armes.

Au sein du Parlement européen, Véronique De Keyser n’a eu de cesse de proposer des résolutions sur la situation en Lybie et de mettre l’Europe en face de ses responsabilités : « …Si nous continuons à bâtir l’Europe en dressant les pays et les peuples les uns contre les autres, les pauvres contre les plus pauvres, les consommateurs contre les travailleurs, nous nous serons trompés d’Europe… Nous devons mener une politique d’immigration commune, respectueuse des droits de l’homme, pour empêcher Berlusconi de refouler vers la Lybie les bateaux du désespoir… L’absence cruelle d’une politique d’immigration commune à la hauteur des valeurs dont se réclame l’Europe, risque de renforcer dans la révision projetée de l’article 13, le versant répressif et la chasse aux clandestins. Le tragique exemple de l’accord bilatéral entre l’Italie et la Lybie qui a conduit à des situations humanitaires intolérables ne semble pas avoir découragé le zèle de ceux qui veulent durcir l’article 13 pour renforcer le volet immigration illégale. Dans certains pays, la chasse aux clandestins est désormais ouverte et sans ménagement… Notre responsabilité est immense. Il ne s’agit pas ici de charité ou même de solidarité mais bien du devenir de cette planète.»

Pour mémoire, voici ce qu’elle rapportait déjà sur son blog en septembre 2009 :

Un accord-cadre avec la Lybie ? Ce serait une honte !
30 septembre 2009

“Un accord-cadre avec la Lybie ? Ce serait une honte !” déclare l’euro-députée PS belge Véronique De Keyser, Vice-Présidente du groupe Socialistes et Démocrates.

La Commission européenne prépare aujourd’hui un accord-cadre avec la Lybie. Cet accord prévoit entre autre le refoulement possible vers ce pays de tout ressortissant lybien tentant de pénétrer illégalement en Europe, mais aussi de tout autre immigrant illégal ayant transité par la Lybie. L’Union européenne “aiderait” la Lybie à mieux contrôler ses frontières et à mettre sur pied des centres de détention. Et tout ceci en reconnaissant l’état déplorable des droits de l’homme dans le pays et les risques que les conditions de détention soient pénibles, voire dangereuses pour les détenus.

A Monsieur Mingarelli, directeur général-adjoint à Relex, venu expliquer à huit-clos ce projet d’accord-cadre aux députés de la Commission des Affaires étrangères, Véronique De Keyser, scandalisée, s’est esclamée: “Êtes-vous conscient que vous renverrez ainsi dans des centres de détention lybiens des immigrants qui vont y risquer leur vie ? Mais, c’est dans ce cas, plutôt le droit d’asile en Europe qu’il faudrait leur offrir en Europe !”

Ce projet d’accord-cadre n’a pas encore de base juridique définie. En clair, on ne sait pas encore aujourd’hui si le Parlement aura à l’approuver par un avis-conforme. Si le Parlement ne doit pas l’enteriner comme il le ferait pour tout autre accord de coopération, l’entourloupe serait alors de taille ! Non seulement il s’agirait d’un cadeau à Sylvio Berlusconi qui a, de son côté, conclu des accords bilatéraux avec la Lybie (accords qui ont été largement contestés), mais ce serait sans doute un véritable backchiche, sans le moindre contrôle démocratique. Le prix de son soutien sans faille à José Manuel Barroso, et à sa réélection à la présidence de la Commission !

“C’est une honte!” a déclaré l’euro-députée Véronique de Keyser. “Faut-il alors encore mettre dans les accords que le pays doit souscrire aux droits de l’homme, alors que nous allons créer de véritables camps aux frontières de l’Europe, en toute connaissance de cause ?”

Monsieur Mingarelli a, de plus, annoncé que des ONG seraient chargées (!) de veiller à ce que les détentions se fassent de façon décente, mais sans grande illusion “le régime étant ce qu’il est”…

“Depuis quand les ONG sont-elles chargées de faire la politique des Droits de l’Homme, au coeur des valeurs européennes, alors que les politiques répressives de l’immigration, mises en place par l’Union, les foulent aux pieds ? C’est totalement inacceptable” a déclaré Véronique De Keyser.

Véronique De Keyser
Députée européenne
Vice-Présidente du groupe parlementaire “Socialistes et Démocrates”

« La faute à Bruxelles ? »

4 février 2011

Dans le cadre de l’émission « La faute à Bruxelles ? » Véronique De Keyser répond aux questions de BFM TV sur le soulèvement du monde arabe et le rôle de l’UE.

L’émission sera diffusée sur BFMTV et aux mêmes heures sur www.bfmtv.com. :
- samedi 5 février à 11h40
- dimanche 6 février à 16h40

Un podcast sera disponible en début de semaine prochaine sur le site de la chaîne. Pour voir et revoir l’interview cliquer ici.

Communiqué de presse du Groupe socialistes & démocrates : « Mubarak must resign » says Schulz !

3 février 2011

MUBARAK MUST RESIGN, SAYS SCHULZ

The leader of the main progressive group in the European Parliament today called on Egyptian President Hosni Mubarak to resign.

Martin Schulz called on the EU to mobilise resources for reform across the Arab world. He said: « The cries for reform that now ring across the Middle East must be heard and acted upon. Governments in the region and the international community must respond and deliver the reforms that are needed.

« President Mubarak must go. He should lead a wave of resignations in repressive regimes across the region.

« I welcome the Egyptian army’s assurances that it will not open fire on its own people. I also welcome the EU Council’s declaration of commitment to Egypt’s transformation. We need to support political, economic and social reforms in every way we can.

As massive crowds marched in Egypt and King Abdullah of Jordan sacked his government, demanding reforms, Mr Schulz paid tribute to the demonstrators. « The latest images of peaceful protesters at prayer in the heart of Cairo are remarkable. The people of Egypt have shown great determination and courage in their protests for democratic reform.

« Western leaders should be more enthusiastic about this craving for freedom and democracy. Let us not repeat the mistakes made when the Iron Curtain came down. Let us not act like foreign affairs technocrats. But let us be joyful in supporting the ambitions of these peaceful demonstrators. »

Mr Schulz stressed Egypt’s importance as a key partner of the EU in the Arab world. He said: « We should not miss this opportunity to contribute to the emergence of a strong and democratic Egypt by encouraging and supporting the renewal of the country. »

Moubarak doit partir ! Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas une révolution égyptienne ni tunisienne, c’est une révolution Arabe sur fond de corruption et de misère !

3 février 2011

« Moubarak doit partir ! Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas une révolution égyptienne ni tunisienne, c’est une révolution Arabe sur fond de corruption et de misère ! Ceux qui défilent dans la rue ne sont pas des politiques mais des gens simples qui se battent pour de meilleures conditions de vie et pour plus de liberté »  déclare Véronique De Keyser.

Le ton est donné, la situation en Egypte donne lieu à une discussion très animée entre des députés et Cathy Ashton en séance plénière, le 2 frévrier, où la députée européenne et membre de la commission Droits de l’Homme, Véronique De Keyser, intervient en ces termes :

Véronique De Keyser (S&D). – Monsieur le Président, il y a vraiment des moments où il faut savoir choisir son camp, on me l’a dit tant de fois dans l’Union européenne. Et le camp, aujourd’hui, il est clair: mes collègues l’ont dit, c’est la voie de la liberté, c’est la voix du peuple.

Alors, au moment où je vous parle, le musée du Caire est en feu, les combats éclatent dans la rue, et je pense que, pour l’Égypte en tout cas, nous n’avons pas été assez clairs. Moubarak doit partir, cela doit être clair. Moubarak, tel qu’il est – et je respecte son vieux combat –, n’est pas capable d’assumer la transition politique; c’est une folie de lui demander cela et de laisser, aujourd’hui, dans les rues du Caire, le clan Moubarak affronter le clan El Baradei. Nous devons prendre nos responsabilités à cet égard.

Et je voudrais vous dire que, durant ces derniers jours, durant ces dernières nuits, je n’ai pas cessé de me demander quelle erreur nous avions faite. Nous avons fait une erreur magistrale: c’était de soutenir des régimes corrompus au nom de la stabilité, sans tenir compte de la justice sociale et de l’aspiration à la liberté des peuples. C’est une erreur que nous devons réparer, et c’est le moment aujourd’hui.

La deuxième erreur, je regrette, mes chers collègues, c’est de n’avoir pas compris l’islam politique. Je n’ai pas dit « de n’avoir pas accepté l’islam politique »! Il y a une différence entre des terroristes, des fondamentalistes, et certains des frères musulmans. À nous de faire ces différences, à nous de dialoguer, à nous d’écarter ceux dont nous ne voulons pas, mais nous avons fait le lit aujourd’hui de ces fondamentalistes! Nous avons fait le lit de certains terroristes!

Il est temps de revoir ces positions et, dernière chose, nous devons garder des acquis du passé de ces pays, la Tunisie, l’Égypte, etc., c’est‑à‑dire les structures laïques des États, les droits des femmes qui étaient importants dans ces pays, dans des structures et des constitutions laïques écartées de la charia. Il y a moyen de bâtir des démocraties avec des partis extrêmement diversifiés. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, gardons cette idée‑là de laïcité de l’État et de respect des religions, des croyances et des diversités politiques.

Pour voir cette intervention en images cliquer ici.

Si la situation le permet, Véronique De Keyser se rendra en Egypte vers le 20 février 2011.

« Levez le siège maintenant » demandent les députés, dont Véronique De Keyser, en visite à Gaza

29 mai 2010

Une délégation conjointe composée de neuf députés des commissions des affaires économiques, des budgets et du développement a quitté la bande de Gaza ce vendredi, après avoir participé à une mission d’enquête organisée par l’UNRWA. La délégation a procédé à l’évaluation de la situation humanitaire à Gaza et des résultats de l’assistance financière de l’UE.

La visite a été rendue possible grâce au soutien des autorités égyptiennes dont l’aide précieuse a été vivement appréciée par la délégation.

« La situation humanitaire alarmante, et de plus en plus catastrophique, requiert une levée immédiate, totale et durable du blocus imposé par Israël » indique la délégation. Cet appel est lancé alors que la violence à Gaza a fortement diminué. La délégation fait observer que le siège a complètement isolé les habitants, condamnés à vivre dans une pauvreté extrême. Environ 80 % de la population dépend aujourd’hui de l’aide alimentaire. Le siège affecte profondément la population et crée un marché noir, mais il fait également le jeu des factions les plus radicales qui renforcent leur pouvoir en gagnant de plus en plus d’argent: « Le siège doit être levé afin de donner libre accès à l’aide humanitaire, de permettre la reconstruction et d’offrir une nouvelle chance à l’activité économique légale et un espoir à la population » ont indiqué les députés.

« L’UNRWA fait un travail fantastique, mais il manque de fonds. Il est urgent que l’Union européenne et les autres bailleurs de fonds dégagent davantage de moyens pour financer l’action de l’UNRWA, notamment dans le domaine de l’éducation, qui représente 80 % de son budget. Chaque année, il nous arrive plusieurs milliers d’enfants en âge scolaire en plus, mais il n’y a pas d’argent pour construire de nouvelles écoles et payer les enseignants ». Les députés déclarent qu’ils ne ménageront aucun effort pour que le Parlement augmente le soutien financier à l’UNRWA.

« L’UE doit lancer, sans délai, une action politique afin que le siège de Gaza soit levé et que la reconstruction des infrastructures de base puisse commencer. Lorsqu’on se rend sur place, on comprend la situation de Gaza. À ce jour, seuls deux ministres des affaires étrangères ont visité Gaza. Nous invitons les 25 autres à s’y rendre pour se rendre compte de la situation sur le terrain. L’UE doit s’employer activement à devenir un véritable acteur de paix ».

Information sur les activités de la délégation

La délégation s’est rendue sur le site du projet de logements de l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient ) à Khan Younis, qui a été interrompu en raison du blocus de Gaza, même s’il est intégralement financé, et elle a procédé à un échange de vues avec le comité directeur de la « Banque de Palestine », chargée de verser les aides financières accordées aux familles en difficulté de Gaza, dans le cadre du programme humanitaire PEGASE. Le directeur opérationnel de l’UNRWA à Gaza, John Ging, s’est entretenu avec les députés des défis de son organisation et de la situation désespérée de la population gazéenne. La délégation a également rencontré des défenseurs des droits de l’homme et des chefs d’entreprise; elle a visité le tunnel de Rafah et a pu observer les activités de marché noir.

Députés faisant partie de la délégation à Gaza :

- Eva JOLY (présidente de la commission du développement, Verts/ALE, FR),
- Michèle STRIFFLER (vice-présidente de la commission du développement, PPE, FR),
- Ivailo KALFIN (vice-président de la commission des budgets, S&D, BG),
- Lajos BOKROS (commission des budgets, ECR, HU),
- Véronique DE KEYSER (commission des affaires économiques, S&D, BE),
- Marielle DE SARNEZ (commission des affaires économiques, ADLE, FR),
- Göran FÄRM (commission des budgets, S&D, SE),
- Nicole KIIL-NIELSEN (commission des affaires étrangères, Verts/ALE, FR),
- Ivo VAJGL (commission du développement, ADLE, SL).