Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Une violence savamment orchestrée qui prend les civils en otage

16 novembre 2012

16 novembre 2012

Communiqué de presse de Véronique De Keyser, Vice-présidente du Groupe Socialistes & Démocrates

Une violence savamment orchestrée qui prend les civils en otage

Fin novembre 2008, Tzipi Livni lançait aux députés européens médusés qui lui avaient demandé ce qu’elle comptait faire pour Gaza – une intervention militaire, mais je ne sais pas quand ni de quelle ampleur. Un mois plus tard l’opération Plomb Durci était lancée. Au printemps 2009, Benyamin Netanyahou devenait Premier Ministre après les élections israéliennes.

Bis repetita. En novembre 2012, alors que les élections israéliennes sont prévues au printemps prochain, les mêmes ingrédients produisent les mêmes effets: assassinats extrajudiciaires inacceptables, pluies de roquettes tout aussi condamnables. Les extrémistes des deux camps se déchaînent et une fois de plus les populations civiles sont prises en otage. Véronique De Keyser, qui revient de missions en Israël, en Palestine, puis au Caire où elle a rencontré mercredi, avec la Haute Représentante Cathy Ashton, le Président Morsi, déclare: « Cette escalade sert dans les deux camps ceux qui ne veulent pas d’une solution négociée et ne croient qu’à la force. Elle intervient dans un contexte politique sensible. Il est clair que cette violence cherche à faire capoter la démarche du Président Abbas à l’ONU prévue le 29 novembre prochain. On peut être sûr que tout sera fait pour discréditer le Président palestinien sur la scène internationale. Le risque qu’il soit physiquement éliminé n’est pas négligeable », déclare Véronique De Keyser. « Ceux qui croient encore à une solution négociée et pacifique au Moyen Orient doivent soutenir la démarche palestinienne à l’ONU. Je trouve irresponsable que l’Europe hésite encore sur la position à prendre en cette occasion. »

Elections tunisiennes en Belgique : la récompense des observateurs.

23 octobre 2011

Rentrée vers 1h ce matin après le comptage du bureau de vote tunisien de l’Ecole d’Hôtellerie de Liège. Fatiguée mais admirative. Maintenant à la Tunisie de voter. A Liège, les résultats sont clairs. Sur 760 votants, dont (de mémoire) 5 annulés et 9 bulletins blancs, le Mouvement Ennahdha passe en tête avec 216 voix. Cette liste est suivie par le CPR, le Congrès pour la République, avec 145 voix. Très près du CPR, le Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés, Attakatol avec 126 voix. Deux listes se talonnent alors, le Parti Démocratique Progressiste, PDP avec 65 voix, puis le Pôle Démocratique Moderniste, 64 voix. J’ai reçu quelques coups de fils d’autres observateurs à Bruxelles : la tendance Ennahdha se confirme, elle était attendue dans ces mêmes proportions. Pas de véritable effet de surprise. Un mot cependant sur ce qui s’est passé hier et sur la position d’observateur qui n’est pas toujours bien comprise.

Ce qui s’est passé hier tout d’abord appartient aux Tunisiens. C’est leur élection, en Belgique comme en Tunisie. Les observateurs n’ont en principe, rien à dire, rien à commenter, surtout pas sur ce qui sort des urnes. Ils sont là pour donner un avis sur la régularité du processus, après la proclamation des résultats. Et leurs avis doivent être collectés pour avoir une valeur statistique. Les résultats que je mentionne ont été affichés cette nuit à l’extérieur du bureau de vote, comme l’exigent les procédures. Rien de secret là-dedans. Rien de secret non plus à parler de l’émotion, palpable chez les électeurs dont beaucoup votaient pour la première fois. Et l’émotion aussi des très jeunes membres du bureau, y compris la Présidente qui préférait relire dix fois des procédures ou téléphoner au Canada que de se tromper – car le moment était grave et les applaudissements spontanés quand enfin elle a scellé définitivement l’urne. Elle l’a d’ailleurs ramenée elle-même en pleine nuit à Bruxelles, accompagnée d’un adjoint. Cette émotion, cette impression de participer un tout petit peu aux premiers pas d’une démocratie tunisienne qui se cherche, c’est la récompense des observateurs. Je l’ai mille fois ressentie, j’en connais toute l’amertume quand cette démocratie naissante est détournée et récupérée, mais c’est un sentiment très fort que beaucoup d’observateurs ressentent. Nous ne sommes qu’une toute petite maille de cet immense filet démocratique. Un tout petit chaînon. Pas question d’occuper le devant de la scène. Ce serait ne rien avoir appris de nos erreurs postcoloniales avec les pays arabes que de porter le moindre jugement sur ce qui sort du scrutin. A force de vouloir leur imposer nos amis politiques, notre vision de la démocratie, nous avons pérennisé des dictateurs. Au Parlement européen, nous étions nombreux à nous mobiliser pour aider à l’organisation, comme beaucoup de communes qui avaient prêté des locaux ou du matériel- mais jeudi, vendredi et samedi, silence radio ! Et respect pour ce que nos amis Tunisiens ont réussi à faire.

Véronique De Keyser
Députée européenne
Vice Présidente du Groupe Socialistes & Démocrates, en Affaires Etrangères, Développement et Droits de l’homme

Lundi 17 octobre à 14h00 au Parlement européen, conférence de presse sur l’organisation des élections tunisiennes à l’étranger

15 octobre 2011

Elections et transition démocratique: une opportunité historique pour la Tunisie? Conférence en présence de Véronique De Keyser

21 septembre 2011

Soutien à la démocratie : les actions concrètes de l’UE

28 avril 2011


Véronique De Keyser lors de la mission d’observation électorale au Soudan. Le Sud du pays a tenu un référendum sur son indépendance en janvier dernier. ©European Union/Ezequiel Scagnetti

Pour soutenir la démocratie dans le monde, l’Union européenne ne se limite pas aux grands discours. Elle envoie des missions d’observation électorale, aide à la mise en place des institutions, défend les militants des droits de l’homme… Pour plus d’efficacité, la socialiste belge Véronique De Keyser veut dépasser les incohérences et les doubles standards qui fragilisent ces actions. Tour d’horizon des instruments européens en faveur de la démocratie.

« [L'Europe n'a pas fait] le choix de la promotion de la démocratie à ce jour », accuse Véronique De Keyser dans le document préparatoire à un rapport sur les politiques européennes de soutien à la démocratie. Elle a par exemple conclu des alliances avec des régimes dictatoriaux comme celui du colonel Kadhafi en Libye. « La stabilité que nous, Européens, avions privilégiée, ce n’est pas la démocratie », critique la socialiste. Elle milite pour un changement de paradigme dans les relations extérieures de l’Union.

Les élections, pivot de toute démocratie

L’Union européenne (UE) envoie des missions d’observation électorale dans les démocraties émergentes. Elles sont chargées de vérifier le bon déroulement du scrutin et d’avaliser – ou non – le caractère démocratique des résultats issus des urnes. En Côte d’Ivoire, 120 fonctionnaires et députés européens issus de 23 pays ont été déployés en novembre pour l’élection présidentielle. Ils ont supervisé 1 000 bureaux de vote, noté quelques irrégularités mais affirmé que l’élection s’était déroulée correctement du point de vue du pluralisme, de l’accès aux bureaux de vote, des risques d’intimidation…

Cependant, contrairement au cas ivoirien, « les fraudes électorales dénoncées par les observateurs n’ont pas toujours entraîné de réactions », déplore Véronique De Keyser. Pour renforcer la crédibilité de l’Union, il convient donc de mettre en accord analyse et action.

Renforcer la capacité des parlements

La démocratie se joue également dans l’arène parlementaire. Le Parlement européen aide ses homologues à trouver leur place dans le processus politique. Les assemblées parlementaires conjointes rassemblent députés européens et députés de pays tiers pour débattre des enjeux du moment. Il existe, par exemple, une de ces assemblées avec les pays du pourtour méditerranéen (Union pour la Méditerranée) et une autre avec les pays de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Néanmoins, leurs avis ne sont pas légalement contraignants et Véronique De Keyser appelle à ce qu’ils « percolent davantage dans les parlements respectifs ».

Par ailleurs, le Bureau pour la promotion de la démocratie parlementaire est une structure chargée, au sein du Parlement européen, de partager des bonnes pratiques et participer à la formation du personnel des parlements des démocraties émergentes. En avril, une délégation de hauts fonctionnaires de l’assemblée nationale mauritanienne a ainsi été invitée quatre jours à Bruxelles pour découvrir le fonctionnement de l’institution, rencontrer et échanger avec fonctionnaires et députés.

Cultiver un terreau fertile

La démocratie ne se limite pas aux institutions. Elle doit être portée par les populations pour perdurer. Les politiques de développement en faveur de l’éducation doivent être mises à l’actif de l’Union.

Le respect des droits de l’homme est aussi une composante essentielle. L’UE peut faire pression en cas de signature d’accords d’association ou d’accords commerciaux en introduisant une clause spéciale sur les droits de l’homme. Un instrument qui devrait être plus souvent mis en pratique, demande la socialiste belge qui regrette que sa violation ne soit qu’exceptionnellement sanctionnée. Elle demande que le pouvoir de contrôle du Parlement européen en la matière soit renforcé.

Enfin, l’UE fait pression de manière symbolique sur les régimes répressifs en soutenant la lutte des opposants politiques. Le Prix Sakharov en est un exemple : chaque année depuis 1988, le Parlement le remet à un dissident qui s’est illustré dans sa lutte pour la liberté de l’esprit.

Le rapport de Véronique De Keyser devrait être voté en commission des affaires étrangères le 6 juin.

Soudan: à peine sur pied, la commission référendaire doit se presser

30 juin 2010

KHARTOUM, 28 juin 2010 | Les députés soudanais ont approuvé lundi la mise sur pied de la commission responsable d’organiser le référendum sur l’indépendance du Sud-Soudan qui devra tirer rapidement les leçons des dernières élections afin d’assurer la tenue d’un scrutin crédible en janvier.

AFP | 28.06.2010 | 15:36

Les députés soudanais ont approuvé lundi la mise sur pied de la commission responsable d’organiser le référendum sur l’indépendance du Sud-Soudan qui devra tirer rapidement les leçons des dernières élections afin d’assurer la tenue d’un scrutin crédible en janvier. Les parlementaires soudanais ont accepté à l’unanimité la composition de la commission référendaire après l’avoir rejetée le 14 juin car un des neufs commissaires proposé était membre d’un parti politique, ce qui est contraire aux dispositions pour garantir l’impartialité du vote.

La présidence a remplacé ce candidat – Taj al-Sir Mohammed, du Parti unioniste démocrate (DUP, opposition) – par un ancien général devenu professeur d’université, Kamal Ali Mohammed. Les huit autres commissaires restent inchangés. La commission référendaire sera présidée par l’avocat Mohamed Ibrahim Khalil, ancien ministre des Affaires étrangères dans les années 60 et président de l’Assemblée nationale de 1986 à 1988. La mise sur pied de la commission référendaire survient après un retard de plusieurs mois dû à des divergences sur les membres de la commission, mais aussi à des délais dans la mise en oeuvre de l’accord de paix ayant mis fin en 2005 à deux décennies de guerre civile entre le Nord et le Sud du Soudan. Cet accord prévoyait des élections en juillet 2009 – qui ont finalement eu lieu en avril – et promet toujours en janvier prochain un référendum sur la sécession du Sud-Soudan. La formation de cette commission lève un obstacle majeur à la tenue du référendum, même si une charge de travail énorme reste à accomplir. Et la crédibilité du référendum est d’autant plus sensible qu’elle pourrait engager la reconnaissance d’un nouveau pays sur le continent africain.

D’ici janvier, la commission doit enregistrer les électeurs sur les listes de vote et assurer la logistique, des tâches complexes à réaliser en près de six mois et dans la foulée des élections générales d’avril, minées par des accusations de fraudes et de vastes problèmes d’organisation. La mission d’observation de l’Union européenne a rendu public lundi son rapport final sur les élections soudanaises d’avril qui ont reconduit au pouvoir le président Omar el-Béchir. Les observateurs européens, pour qui les élections soudanaises n’ont pas répondu aux normes internationales, ont noté plusieurs erreurs – pas de publication finale de la liste des bureaux de vote, manque de fiabilité des listes d’électeurs, compilation des résultats – et invité la commission référendaire à en tirer des leçons pour le référendum à venir.

« Ils doivent commencer à travailler le plus tôt possible… le temps file à grand pas », a déclaré lors d’une conférence de presse à Khartoum, Véronique de Keyser, chef des observateurs européens. « Le Nord et le Sud ont intérêt à ce que le référendum se déroule très bien et de façon maîtrisée… sinon il pourrait y avoir beaucoup de problèmes », a-t-elle ajouté. « Il sera crucial d’avoir beaucoup d’observateurs » internationaux lors du référendum d’indépendance du Sud-Soudan, a-t-elle estimé, soulignant que l’Union européenne sera « ravie » de se prêter à la tâche si le Soudan en fait la demande.

Rendez-vous 16 rue de la loi… et pas même un mandat !

16 juin 2010

13 juin, 23h, 16 rue de la loi. Je suis devant le cabinet du premier ministre… mais seulement pour intervenir en direct au JT de France 24 ! Bien sûr, je suis très heureuse du succès spectaculaire du PS auquel vous avez largement contribué. Vous toutes et vous tous, par vos suffrages, avez exprimé votre profond désir de qualité de vie et de solidarité. Mais les résultats du Nord du pays sont là, inquiétants, et il va falloir réfléchir à comment vivre ensemble autrement, Flamands, Bruxellois, Wallons. Je ne peux que rappeler aussi, que la Belgique prend la tête de l’Union européenne à partir du 1er juillet. Et je veux croire que les institutions communautaires parviendront à s’entendre pour renvoyer l’image d’un pays stable, non seulement capable d’apporter une réponse solidaire à la crise, mais aussi d’oeuvrer sur le chemin du progrès, au-delà des régions et des localismes, en Europe et dans le monde.