17 mai 2010


Blog du 17 mai 2010. Mais où était passé Hassan (http://www.facebook.com/?tid=1188477450563&sk=messages#!/pages/Hassan-Bousetta/33770596902?ref=mf) ??? Un instant j’ai eu peur. Lorsqu’on a voté la liste liégeoise de la Chambre, Rue Ste Véronique, j’ai bien sûr cherché ou étaient les amis et je les ai trouvés, mais pas d’Hassan. Ni en tête, ni en queue de liste. Je m’inquiète, je téléphone, sans succès. Il faut dire qu’Hassan est quelqu’un de spécial pour moi. Non pas parce que c’est un jeune collègue de l’ULg: je n’ai pas de corporatisme universitaire. Non pas parce qu’il est conseiller communal comme moi. Non pas parce qu’il est d’origine marocaine. Mais parce que c’est un militant socialiste, aux valeurs universelles: un vrai remède contre le communautarisme. Car si aujourd’hui la Belgique s’agite pour savoir comment Flamands et Wallons peuvent vivre ensemble, Hassan et ses amis réfléchissent le vivre ensemble autrement. Ils tentent de fonder une unité de la Gauche au-delà des nationalités, des immigrations et des origines sociales. Ce vivre ensemble là est tout aussi important que BHV si on veut éviter de transformer la Belgique en forteresse. L’immigration n’est ni un problème ni une solution: c’est une réalité, tout simplement et elle nous met à l’épreuve. Mais bref, je ne trouvais pas Hassan sur la liste de la Chambre. Mais la liste du Sénat m’a fait faire des bonds de joie: Hassan est là et en bonne place, 4ème effectif. Superbe ! Willy pousse la liste et Christie est seconde suppléante. Liège est bien représenté. Mais pas seulement Liège: avec Paul, Marie, Philippe on n’avait vraiment pas besoin de people, on a nos stars à domicile. Même quand il faut chercher des candidats d’ouverture. J’ai adoré, à la Chambre, le plus jeune de nos candidats d’ouverture: le bébé toujours dans le ventre de Julie. Car comment comprendre sinon que la candidate d’ouverture de la Chambre, très joliment enceinte, soit Julie, ex Secrétaire d’Etat, ex échevine, députée régionale, conseillère communale dont le dynamisme et le dévouement au parti ne sont plus à prouver. Non, quand je vous le disais: c’est du made in PS pur jus. Et du meilleur.
Mots-clefs: Belgique, élections, Flamands, Hassan Boussetta, immigrations, Liège, PSE, Sénat, socialiste, ULG, Véronique De Keyser, Wallons
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2 mai 2010

Le 29 avril j’étais de retour du Soudan. Quatre jours pour se remettre de cette expérience éprouvante mais infiniment riche sur le plan humain. L’observation électorale a été difficile. D’abord à cause du caractère général du scrutin: présidentiel, législatif, local etc. Dans le Sud du pays, les électeurs avaient jusqu’à 12 bulletins de vote à remplir – 8 dans le Nord. Et sur chaque bulletin on peut trouver jusqu’à une douzaine de noms ou de partis. La population, surtout dans le Sud est largement analphabète et ce sont les premières élections depuis 24 ans. Donc la logistique, l’organisation, la formation des électeurs, l’impression des bulletins, leur transport jusque dans des régions éloignées du pays – tous ces facteurs ont contribué à une certaine confusion ! Mais au-delà de la logistique, les facteurs politiques rendaient l’observation délicate.
Ces élections ne sont qu’une étape dans l’accord de paix de 2005 qui a mis fin à la guerre entre le Nord et le Sud. Et ce fameux accord (CPA) prévoit un référendum sur l’avenir du Sud après des élections générales et en janvier 2011. Toutes les analyses politiques convergent: sans référendum, c’est le retour à la guerre. Dont personne ne veut. Donc il fallait passer par un scrutin. Pour beaucoup de Soudanais, la signification du vote dépassait très largement l’enjeu électoral du mois d’avril. Et à part quelques sièges de gouverneurs – postes très disputés dans certains Etats du Soudan – l’issue du scrutin n’a pas amené de surprise. En effet, au Nord le Président sortant est réélu avec plus de 68% et l’homme fort du Sud, Salva Kiir, remporte 92 % des voix- dans un contexte plus houleux, marqué par des tensions et quelques violences.
Si le scrutin est sans surprise, à quoi bon ? Je crois néanmoins que ces élections ont été importantes. Certainement pas joyeuses, les électeurs étaient graves, parfois soumis, mais la guerre a encore reculé d’un pas et l’avenir se dessine. Le Soudan cherche sa solution. Il doit définir son destin politique. Il a quelques mois pour préparer cette nouvelle phase.
Il subsiste cependant un point noir, le Darfour. J’ai évité d’y déployer les observateurs prévus et j’ai retiré, avant les élections, les quelques observateurs déjà sur place. Motif ? Une observation crédible était impossible. Il aurait fallu pouvoir se déployer, comme partout ailleurs, dans les campagnes et les coins les plus reculés. Sans filet de sécurité pour les observateurs, c’est à dire sans la protection de la mission des Nations Unies (UNMID), c’était impossible. Et même avec, cela aurait été difficile: des membres de UNMID eux-mêmes ont été kidnappés. La paix, cette fameuse paix dont tout le monde parle au Soudan pour exorciser le spectre de la guerre, cette paix ne vaut pas encore pour le Darfour. Faut-il rappeler que moins de 10% des personnes déplacées dans les camps s’étaient enregistrées pour voter ?
L’Union européenne vient de rappeler que le Président El Bachir doit faire face à un mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale (CPI). Il est clair que d’avoir gagné ces élections présidentielles ne peut en aucun cas se révéler un bouclier. Les deux problèmes – les élections et la CPI – sont distincts. C’est ainsi que je l’ai compris et décliné dans la mission.
Le retour du Soudan a été difficile. À cause du nuage de cendres d’abord qui m’a clouée à Khartoum quatre jours de plus que prévus. Mais aussi à cause du sentiment d’irréalité qui vous gagne quand vous rentrez d’un tel voyage. Le sentiment de jouer dans une autre pièce. D’atterrir de la planète Mars. Ce sentiment s’est fortement atténué quand j’ai découvert que la Belgique allait vers de nouvelles élections. Que le Sud et le Nord s’éloignaient l’un de l’autre. Que les tensions étaient dans les régions, pardon les communes de transition et qu’on craignait des luttes tribales. Là je me suis dit- j’y vois plus clair: le modèle soudanais est plus contagieux que la grippe N1H1. Et finalement, avec leur référendum de janvier 2011, les Soudanais auront peut-être une longueur d’avance sur nous !
Mots-clefs: Belgique, Cour pénale internationale, Darfour, démocratie, El-Béchir, élections, grippe N1H1, Khartoum, Nations-Unies, paix, Salva Kiir, scrutin, Soudan, Véronique De Keyser, vote
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21 avril 2010

Conférence de presse de la mission d’observation électorale de l’UE au Soudan.
Discours de la chef de mission Véronique De Keyser, eurodéputée belge
Khartoum, 17 avril 2010
1. Les élections générales qui viennent de se tenir au Soudan ont été d’une complexité extrême. Les difficultés logistiques et organisationnelles ont eu une incidence considérable et le nombre de bulletins à remplir par chaque électeur a compliqué et ralenti les votes. Vu les problèmes de d’enregistrement des électeurs, d’impression des bulletins, d’acheminement du matériel, le fait que ces élections aient pu se tenir est, à soi seul, une prouesse dont il faut féliciter les Soudanais. J’ai admiré la patience des électeurs et l’engagement du staff électoral qui a travaillé dans des conditions souvent difficiles.
2. Ces élections ont souffert de déficiences significatives mais on doit prendre en compte que ce pays est immense et que c’est son premier scrutin depuis vingt quatre ans.
a. Les conditions d’accès et la complexité du vote ont été plus difficiles dans le Sud que dans le Nord, vu les inégalités de développement des deux régions : il faudra en tenir compte dans l’analyse compréhensive des résultats.
b. L’arrivée tardive du matériel, la connaissance tardive de la localisation de certains centres de votes, l’ignorance des électeurs du lieu ou ils devaient voter, ont démultiplié ces problèmes logistiques.
c. Tant au Nord qu’au Sud, les élections ont été dominées par les partis au pouvoir. Le retrait d’une grande partie de l’opposition dans le Nord du pays a notablement diminué la compétition lors des votes.
d. Les incidents sérieux de campagne et de vote ont été très localisés et relativement peu nombreux. Ils ont souvent été liés à une compétition intense dans des enjeux locaux. Du harassement et de l’intimidation de candidats ou de membres du staff électoral par les forces armées ont eu lieu en certains endroits, principalement dans le Sud.
3. Les particularités de ce scrutin, l’histoire du pays, les enjeux du futur font qu’il est difficile de les comparer à toutes les autres élections. Mais au regard de la méthodologie employée par l’Union européenne, qui est très stricte, je peux seulement dire que si ces élections se sont efforcées d’atteindre les standards internationaux, elles n’y sont pas parvenues. Mais elles sont porteuses d’espoir.
a. Le retrait d’une grande partie de l’opposition au Nord a fortement réduit la compétition au moment du vote mais pas l’intérêt de la campagne électorale. Les observateurs ont été les témoins directs de l’espace démocratique qui s’ouvrait aux partis. L’opposition a pu exprimer clairement ses critiques et ses désaccords.
b. La participation des femmes au scrutin, comme électrices et/ou membres du staff électoral a été impressionnante.
c. Il faut saluer le dévouement du staff électoral et son engagement pour une transformation démocratique du pays.
4. Finalement, le pas qui vient d’être franchi était crucial pour la poursuite de la mise en œuvre du CPA c’est-à-dire la poursuite du processus de paix. Le pays peut envisager désormais l’avenir avec confiance. J’ai pu apprécier durant cette mission d’observation les efforts de tout un pays pour tourner la page d’un passé tragique et je l’en félicite.
5. Je remercie le gouvernement soudanais de la liberté avec laquelle la mission a pu travailler. Je remercie également la commission électorale de son travail intense et de sa disponibilité. Je remercie les partis pour toute la confiance qu’ils ont accordée à la mission et le peuple soudanais pour sa chaleureuse hospitalité. Cette déclaration préliminaire intervient alors que nous ne sommes qu’a mi parcours du processus de vote : le comptage est toujours en cours. La mission va continuer à observer ce dernier, tout comme l’annonce des résultats et le suivi des plaintes. Notre rapport final interviendra après cette dernière phase.



Mots-clefs: Afrique, démocratie, élections, Khartoum, Omar el Béchir, paix, Politique, Soudan, Union européenne, Véronique De Keyser
Publié par Véronique De Keyser dans Politique |
12 avril 2010
Soudan, 11 avril 2010. Toute la stabilité régionale est engagée dans le processus électoral. L’Union européenne est consciente de tous ses enjeux. La mission d’observation est, et nous le savions toutes et tous depuis le départ, délicate précisément en fonction de ces enjeux. Certaines ONG ont même soulevé la question… d’aller ou de pas aller au Soudan. Mais, il fallait surtout, à mon sens, tenir compte du fait que s’il n’y avait pas d’élections au Soudan, c’était tout le processus de paix entamé qui était alors remis en cause.
L’Afrique apprend aux européens que le monde est loin de se réduire à ce qu’Internet et nos chaînes de télévision nous en donnent comme image stéréotypée. On trouve sous les latitudes africaines matière à reconsidérer nos références, nos habitudes, et à les relativiser. Nous vivons dans l’urgence du projet, d’une vie qui serait sans cesse à faire alors que sur le continent où est née l’humanité, le seul horizon est souvent celui de la subsistance au jour le jour, de la confrontation au dénuement, à la violence, à l’arbitraire. L’observer et le vérifier matin, midi et soir depuis le début de cette mission m’indigne et me révolte d’autant plus que cela renvoie à notre impuissance. Il y a en politique deux temps distincts : celui de la théorisation et celui de l’action. Pour passer de belles idées aux réalisations de terrain, il y a tout un cheminement rempli de pièges et de remises en question. Si la politique doit être ambitieuse, nous qui en faisons, élus et citoyens, devons rester modestes. De mon point de vue, une vraie politique de gauche ne sera jamais accomplie car, toujours, il y aura plus et mieux à faire.
Depuis qu’il m’a été demandé de présider cette mission d’observation, je vérifie ce décalage entre ce qu’on peut nommer « ambitions démocratiques » et les moyens pour les réaliser. On a et on aura raison d’interpeller les institutions internationales et l’Europe en particulier sur ce qui aura été fait pour l’évolution politique au Soudan dans le cadre de l’observation des élections. Mais la critique doit aller plus loin. Il faudra aussi s’interroger sur ce qui n’a pas été fait AVANT pour éviter qu’un jour se pose la question d’une récupération de l’idéal démocratique sur fond de drame humanitaire. Fallait-il aller au Soudan ? Au moment où j’écris, je n’ai pas la prétention de pouvoir répondre. L’action peut-être apparaîtra inefficace, inadaptée, dérisoire en regard des ambitions de départ. Mais au bout du compte, je ne peux non plus m’empêcher de me demander si ne pas agir n’est pas le pire et le plus indéfendable des calculs politiques. S’il y a certainement plus et mieux à faire pour le Soudan, le moins qu’on puisse espérer de cette mission est de nous sortir la tête du sable dans lequel nous avons parfois tendance à la maintenir. La population du Soudan en sait quelque chose, elle dont l’ambition est qu’on l’aide au moins à voir au-delà du désert démocratique et de la désespérance.




(Photos Ezequiel Scagnetti, avec son aimable autorisation).
Mots-clefs: Afrique, démocratie, élections, Ezequiel Scagnetti, gauche, Omar el Béchir, paix, Politique, Soudan, Union européenne, Véronique De Keyser
Publié par Véronique De Keyser dans Politique |
28 mars 2009
Article paru dans Le Soir du samedi 28 et dimanche 29 mars 2009

Mots-clefs: belges, élections, eurodéputés, francophones, Le soir, Union européenne, Véronique De Keyser
Publié par Véronique De Keyser dans Communiqués de presse |