Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Je suis socialiste et fréquentable

28 mai 2009

Je suis socialiste et je suis fréquentable. Je suis socialiste et je suis en colère.

En colère tout d’abord contre certains individus. Certains, au Parti socialiste, ont eu des
comportements totalement indignes de mandataires publics. Nous les condamnons vivement et nous
nous en désolidarisons totalement !

En colère aussi contre ceux qui font croire que certains comportements individuels sont une pratique générale, dans un parti démocratique qui oeuvre depuis plus de 100 ans pour le bien public et le progrès social.

Parce que certains nous disent infréquentables, nous devrions avoir honte ?

Et bien non, je suis socialiste et je suis fière du travail accompli ces dernières années par le
Parti socialiste aux différents niveaux de pouvoir.

Incontestablement, les socialistes ont joué un rôle positif dans le développement économique et social des Régions wallonne et bruxelloise. La crise économique et sociale actuelle frappe tout le monde, toutes les entreprises, tous les jours. Les ministres socialistes, les parlementaires socialistes et les militants socialistes se sont battus pour défendre une Europe sociale et une Région qui investit dans son avenir économique, social et environnemental.

Mais le combat ne fait que commencer.

Demain, il faudra plus que jamais défendre les travailleurs, les plus démunis, les pensionnés, les
chômeurs, les petits indépendants, les PME, les jeunes, les personnes fragilisées,… contre les dérives
libérales dont on constate les effets désastreux.

Demain, nous devrons choisir nos représentants politiques. Le choix que nous ferons dans l’isoloir
sera primordial. Une société plus juste, une économie plus humaine, une fiscalité équitable où chacun
paie ce qu’il doit, une écologie sociale soutenue, des services publics performants : c’est cela que les
socialistes ont toujours défendu et continueront à défendre.

Dans ce contexte de crise économique et sociale, que deviendraient notre société, la Belgique, la
Wallonie et Bruxelles après les élections sans le poids des socialistes ? L’emploi, le logement, la
mobilité, l’éducation, la culture, la défense des services publics : autant de thèmes pour lesquels le PS
est indispensable à la société de demain.

Sans notre combat, aurez-vous encore des logements sociaux en nombre suffisant et de qualité en
Wallonie ? Aurez-vous encore des services publics accessibles partout ? Vos enfants auront-ils
encore accès à un enseignement de qualité et gratuit ? La culture ne sera-t-elle réservée qu’aux
riches ?

Je suis votre voisine, une de vos collègues, une de vos amies, je suis militante socialiste, j’en suis
fière et vous pouvez me fréquenter, n’en déplaise à certains.

Nous savons que la lutte sera âpre mais nous allons nous battre ! Chaque voix comptera.

Mobilisons-nous tous ensemble le samedi 30 mai à 11h sur la Place d’Armes.

Ensemble, gagnons les élections du 7 juin.

RASSEMBLEMENT MILITANT
LE SAMEDI 30 MAI A 11H00
PLACE D’ARMES NAMUR
JE SUIS SOCIALISTE ET JE SUIS FREQUENTABLE !

Blog de campagne (9)

12 mai 2009

Dimanche 10 mai. Aywaille et ma tête de grenouille. Comme d’habitude j’arrive à la rencontre avec des pieds de plomb tant je suis fatiguée et comme d’habitude, il ne me faut pas dix minutes pour retrouver le moral : j’ai l’impression d’être un papier buvard. Je vis en absorbant la sympathie et l’espoir des autres. Ils me donnent un courage fou et ils sont ma boussole. En les écoutant je sais pourquoi, un beau matin je me suis dis : je reviens à la politique. C’est maintenant ou jamais. J’ai le plaisir de croiser là une candidate dite d’ouverture, remarquable : le docteur El Kayat. Son mari, un de mes anciens collègues à l’Université, vient de partir en Palestine. C’est étonnant de la retrouver sur nos listes, mais ce n’est pas un hasard : quand les chemins se croisent sur le tard en politique, c’est la trace d’engagements profonds et parfois très anciens qui remontent à la surface et deviennent irrépressibles. Je trouve à Aywaille un GB ouvert et, honte à moi qui me suis toujours opposée à l’ouverture des grands magasins le dimanche, j’avoue que je m’y précipite et entasse dans le caddy des boîtes de chat, de chien, des salades, des crevettes, des cocas light et des petites crasses en tout genre. Puis je redescends place St Lambert d’où s’ébranle, en début d’après-midi, une marche vers le centre fermé de Vottem dont on « fête » les 10 ans d’existence. Une honte. Et dire que l’Europe a accepté la directive retour qui autorise des détentions allant jusqu’à 18 mois et aussi des détentions de mineurs. Comment pouvons-nous encore accepter une Europe forteresse, refermée sur ses acquis, alors que les candidats à l’immigration se noient au large des côtes de Lampedusa ? Des tas d’amis et de connaissances gravissent avec moi, sous un soleil de plomb, la côte qui mène à Vottem. Et notamment un collègue universitaire qui a rejoint une liste d’extrême gauche. – Pourquoi, finalement ? Tu t’es fait enrôler ? – Non, mais je me disais qu’il était temps. Quand on voit l’évolution du monde, on ne peut plus se contenter de faire de la politique dans un bureau. C’est marrant parce que je partage son sentiment d’urgence : il y a un contrat social à remplir. A chacun de voir comment l’assurer au mieux.

Le soir, je décide de rentrer à la maison. C’est trop. Il faut souffler un peu, défaire les valises toujours dans le couloir depuis le retour de Strasbourg, trier les papiers, faire les factures. Je mourrais pour un vrai bol de soupe où nagent les légumes ! Je prends quelques notes et consulte ma montre : il est déjà minuit.

Lundi 11 mai. Vite, je rejoins Bruxelles… et Robert ! Robert c’est le coiffeur du Parlement européen. C’est lui qui officie au rez-de-chaussée ; et c’est son équipe qui ne met que trente minutes, montre en main, pour un brushing. J’aime beaucoup Robert. Quand il ne travaillait pas encore dans l’institution, il organisait de temps à autre des coupes gratuites pour les SDF. Quand M.C a sorti son livre sur les sectes et les lobbies à l’assaut de l’Europe, il en a donné un exemplaire à Robert qui a passé ses vacances à le lire. – J’ai eu dur au début à cause des mots, disait-il, mais c’est intéressant. A mon tour, je lui ai dédicacé mon livre sur la flexibilité au travail. Je soupçonne d’ailleurs tous les députés de faire de même et il doit avoir une bibliothèque impressionnante. Mais son rêve, c’est de rencontrer un jour Elio. Notre Président le fascine. Robert prétend qu’il lui donnera des conseils pour reconquérir les indépendants, qu’il sait ce qu’il faut faire. A quand une coupe pour Elio ? L’après-midi, « chat » d’une heure organisé par la Fondation Roi Baudouin, avec des jeunes, puis le soir, réunion dans le Limbourg, près de Verviers. Les gens de Dison avec lesquels j’étais allée à Audincourt sont là aussi. C’est très gai et bien organisé par les MJS : la relève a l’air assurée !

Blog de campagne (5)

3 mai 2009

Dans toutes les campagnes, il y a des tuiles. La tuile d’hier c’est à Namur qu’elle m’est tombée sur la tête, à la manifestation organisée par les Jeunes PSE et les Femmes Prévoyantes Socialistes. Hamida, de mon équipe, ne connaît pas encore la candidate namuroise Valérie Déom 6ème effective sur la liste européenne. Elle cherche donc son nom sur la liste de nos cartes postales. Et ne le découvre pas! Le nom de Valérie a tout simplement été escamoté à l’impression. Sueurs froides. L’ordinateur est dans la voiture au parking. On se précipite pour voir sur les mails envoyés à l’imprimeur quelle est la liste que j’ai transmise… ouf, c’est celle qui apparait bien sur le site du PS, avec le nom de Valérie. C’est déjà une bonne nouvelle. Et heureusement, seul un jeu de quelques cartes postales a été distribué, uniquement à Liège, et uniquement dans la journée du 1er mai. Pour le reste, il va falloir corriger le tir. En attendant, pour le barbecue de la FGTB à Namur demain, ce sera une correction manuelle : pas moyen de faire autre chose. Et j’irai présenter mes excuses à Valérie. Donc j’insiste : Valerie Dom est 6ème effective sur la liste européenne et on peut voter pour tous les candidat(e)s !!!

Heureusement, il n’y a pas que des tuiles. La rencontre de Rocourt était une grande réussite. Rocourt est toujours très chaleureux. Roland a présenté les candidats avec sa gentillesse habituelle, mais j’étais contente de retrouver enfin Monique H. Après un an et demi de maladie et une opération très délicate aux cervicales, elle revenait enfin à la vie politique et avait repris le travail. Sa fille M est devenue une superbe jeune fille. C’est là que l’on voit le temps filer! J’ai dans mes archives, une photo de M. devant une de mes affiches qu’elle avait collée à Rocourt. Je commençais en politique, je n’avais aucune aide, aucun «système» derrière moi et M. était ma première fan: elle ne collait disait-elle à six ans, que pour les femmes! En terme de «système» je n’ai pas fait de bond spectaculaire, mon cercle s’est un peu agrandi, je ne suis plus toute seule. Ce qui n’est pas le cas de tous les candidats. Ce qui n’est pas le cas d’Irène Hody, 8ème suppléante à la région. Irène me racontait qu’elle était rentrée épuisée de sa journée du 1er mai, les pieds terriblement enflés (tiens, tiens! Elle aussi!) et que personne ne l’attendait à la maison: elle est veuve. Elle était passée au GB pour s’acheter de la colle et une brosse et coller elle-même ses affiches. «Je ne suis que 8ème suppléante, mais je suis socialiste depuis toujours et je tiens à faire un score honorable». Elle est pleine de courage, une vraie militante, mais c’est très dur. «Quand ce sera fini, je te ferai un coq au vin» me dit-elle. Mes chers amis, vous ne pourrez sans doute pas tous goûter le coq d’Irène, mais elle m’en a donné hier la recette :

Le coq au vin d’Irène :
- d’abord choisir un bon, un vrai coq
- rissoler les lardons (fumés de préférence) avec des oignons, réserver
- rissoler le coq découpé en morceaux avec moitié beurre, moitié margarine et flamber au cognac
- dans une grande marmite, remettre lardons, oignons et coq découpé, poivrer, saler
- ajouter un bouquet garni et «inonder» d’un bon vin rouge. Rouge surtout !
- laisser mijoter au moins deux heures (feu très doux)
- en fin de cuisson, sortir coq et assortiments et tenir au chaud
- lier la sauce avec un beurre mariné
- ajouter des champignons préalablement cuits
- rectifier assaisonnement
Le vin idéal= vin du Beaujolais, Morgon ou Fleurie.

Voilà ce qui se griffonnait sur un bout de table hier à Rocourt, et en la voyant écrire sans hésiter, j’ai eu l’impression qu’Irène savait très bien cuisiner : à vous de tester !