Van Rompuy n’a pas terminé son ascension
1 septembre 2011
Van Rompuy n’a pas terminé son ascension
n.c.
Jeudi 18 août 2011
Politique europe
Mais où s’arrêtera-t-il? Herman Van Rompuy est le candidat le mieux placé pour prendre la présidence du gouvernement économique de la zone euro. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel lui ont envoyé hier une lettre officielle en lui demandant d’accepter cette mission à haut risque. Car il s’agit de sauver l’euro en imposant l’austérité aux États membres. Rien moins…
Mais quel est donc le secret de cet homme discret, qui n’a jamais brillé par son charisme et ses performances électorales? “ Il manœuvre bien, c’est un homme extrêmement intelligent qui maîtrise tout ce qu’il dit, tout ce qu’il fait”, souligne la députée européenne Véronique De Keyser (PS). “ Herman, c’est le contrôle absolu ”, poursuit la Liégeoise. “ Il ne s’impose jamais, mais il passe très bien ”, poursuit-elle.
Près de 18 mois après avoir pris les commandes du conseil européen, Herman Van Rompuy s’est imposé, malgré une image terne et une visibilité proche de zéro. “ Il répond aux attentes limitées, il n’a pas été choisi pour être un leader fort mais, comme il le dit lui-même, un facilitateur ”, enchaîne Yann-Sven Rittelmeyer, chercheur à l’ULB. “ Il se comporte davantage comme le secrétaire des chefs d’État que comme un leader ”, poursuit Jean-Sébastien Lefebvre, qui suit les questions européennes pour le site Euractiv.fr. “ En fait, il se contente de mettre en pratique les grandes idées lancées par les chefs d’État, il règle les détails pratiques, il ne fait pas de vagues mais excelle comme diplomate ”, poursuit le journaliste. “ Son bilan n’est ni mauvais, ni enthousiasmant ”, pense Isabelle Durant (Ecolo). “ On n’arrête pas de courir derrière l’actualité, on prend des décisions en retard, on n’a pas de vision d’avenir. ”
Il a évité le clash
Profil trop bas, simple exécutant des volontés franco-allemandes, Van Rompuy? “ Pas d’accord! Quand il a demandé aux États de faire preuve de solidarité, parce que la solidarité européenne les avait sauvés par le passé, il s’adressait en fait à l’Allemagne ”, souligne le député germanophone Mathieu Grosch (CSP-cdH). “ Angela Merkel a compris le message. Depuis, elle est plus ouverte ”, poursuit Grosch. “ Il a fait des compromis, il a fait fonctionner la machine européenne dans un contexte très difficile, on a évité le clash ”, insiste Yann-Sven Rittelmeyer.
Finalement, c’est peut-être ce genre de président modeste qu’il fallait à l’Europe. ”Je pense qu’avec un président comme Tony Blair, on aurait eu de grosses tensions ”, poursuit Rittelmeyer. “ Van Rompuy fait ce qu’on lui demande. La désignation de Tony Blair aurait conduit à la fin de l’Europe ”, estime Griselda Pastor, journaliste à Bruxelles pour la chaîne espagnole Cadena Ser.
Objectif la commission
Pour Herman Van Rompuy, il s’agirait d’une belle promotion. “ Il renforce clairement son pouvoir et ses compétences, même si la décision n’est pas encore prise ”, confirme Yann-Sven Rittelmeyer.
D’ailleurs, l’ascension d’Herman Van Rompuy pourrait continuer dans les prochains mois. “ Il est de plus en plus question de fusionner les fonctions de président du conseil et de la Commission européenne ”, souligne le chercheur. Et le nom de Van Rompuy est très souvent cité. “ C’est vrai, mais mieux vaut rester discret ”, souligne Mathieu Grosch.
D’ailleurs, le nouveau mandat au gouvernement économique porte sur deux ans et demi. Et cela pourrait nous amener jusqu’aux élections européennes et au renouvellement de la Commission en 2014. Et dans l’agenda caché de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, un nom se dégage en lettres capitales: Herman Van Rompuy.









