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	<title>Véronique de Keyser &#187; Hillary Clinton</title>
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		<title>Si tous les commissaires ont réussi leur audition, l’écrasante majorité penche à droite : la faute à qui&#160;?</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Feb 2010 20:38:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Véronique De Keyser</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Blog du 9 février 2010.</strong> Accrochez-vous, je suis à Strasbourg. Sans conviction, mais aussi sans surprise, nous avons voté ce matin la mise en place de la nouvelle Commission européenne. Vingt sept nouveaux commissaires sous la houlette de José Manuel Barroso déjà bien connu dans la maison. Pourquoi sans conviction ? Parce que si tous les commissaires ont réussi leur audition (avec une belle courbe de Gauss, certains de justesse, d’autres avec brio, au milieu beaucoup avec des résultats honnêtes), l’écrasante majorité penche à droite. La faute à qui ? La faute aux élections nationales qui dans les 27 pays de l’Union ont porté la droite au pouvoir. D’où seulement 7 commissaires socialistes, aucun vert, et le reste, centre ou droite. Donc, un rejet de la Commission actuelle n’aurait en rien changé la donne politique : les pays concernés nous auraient produit une copie conforme en cas de rejet de leur poulain; les noms auraient changé, pas le pays ni l’appartenance politique. Mais il faut savoir parfois changer de poulain : la Bulgare Jeleva en a été l’éclatante démonstration. Son audition avait été navrante et la candidate avait fait preuve d’une ignorance sidérale. Elle fut vite remplacée par une autre commissaire désignée, bulgare elle aussi, de droite elle aussi, mais époustouflante et ce qui ne gâte rien, pleine d’humour. Accessoirement vice-présidente de la Banque mondiale, ce qui pour une future commissaire à l’aide humanitaire, était un bon tremplin. Avec ce léger toilettage, la commission était prête.</p>
<p>Donc le vote favorable a rencontré une écrasante majorité. Cohn Bendit, éternel opposant, s’est opposé. Rien d’inattendu. Mais il s’est lancé dans une casuistique subtile. Avec de splendides effets de manche, il a voté non à la Commission, tout en se déclarant prêt à la soutenir si elle œuvrait dans la bonne direction : en déployant une politique fiscale, en renforçant les efforts de lutte contre le changement climatique (à propos, un petit réchauffement ces jours-ci ne me déplairait pas !), en créant de l’emploi etc. Nous, les socialistes, avons dit oui mais en exigeant, en contre partie, du social, de l’emploi et l’étude a priori, avant toute décision législative, de l’impact social qu’elle risque d’avoir. La crise a plané sur toutes les interventions des groupes politiques. Il n’y a pas que Reynders qui joue au caméléon : Daul, le président du grand groupe du parti populaire européen y est allé de son couplet social et Verhofstadt, président du groupe libéral au Parlement européen, n’était pas mal du tout. C’est assez drôle d’ailleurs de se retrouver entre Belges au Parlement européen, avec Jean-Luc Dehaene (très distant), Guy Verhofstadt (drôle et bourré d’intelligence), Louis Michel (avec un potentiel d’indignation intact), Marianne Thyssen (effacée mais gentille), l’extrême droite flamande (bien propres sur eux, BCBG, ignobles), Frida Brepoels du NVA (chaleureuse et « humanitaire »), et puis beaucoup d’autres, Kathleen, Saïd, Isabelle, Marc, Fred etc.. Nous vivons ensemble dans un microcosme où les jeux politiques ne sont pas la transposition des jeux nationaux. Ce sont donc surtout les individualités et les caractères qui priment.</p>
<p>On vote aussi durant cette session sur l’accord SWIFT. C’est-à-dire un accord intérimaire de transmission des données bancaires aux Etats-Unis, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Initialement le réseau SWIFT est une coopérative d’origine belge qui sert de messagerie bancaire reliant près de 8.000 établissements financiers dans le monde. Les Etats-Unis ont utilisé ces données bancaires en réquisitionnant la copie des messages stockée aux Etats-Unis comme back-up de l’original stocké en Europe. L’affaire avait suscité un certain émoi, à cause de son manque de transparence (des messages étaient utilisés sans que leurs auteurs en aient connaissance et sans leur consentement) mais un accord intérimaire avait été consenti aux Etats-Unis les autorisant à continuer la consultation des données durant 9 mois, le temps de  boucler un accord final plus soucieux du respect des libertés individuelles. Mais ne soyons pas naïfs, SWIFT ne fait pas que miner les libertés individuelles; il peut aussi être une arme d’espionnage économique. Etonnamment durant ces 9 mois, les inquiétudes du Parlement européen n’ont pas été prises en compte. Il a compté pour du beurre.  Or aujourd’hui avec le Traité de Lisbonne le Parlement a un pouvoir de co-décision sur la négociation. Il faut son approbation sur un accord final. Les socialistes, les verts, la gauche unie, et les libéraux risquent de s’opposer. Les Etats-Unis sont furieux, Hillary Clinton téléphone à tous les numéros qu’elle a, dont celui de lady Ashton, nous sommes mis sous pression par les ambassadeurs américains dans différents pays. C’était le gros thème de discussion au Groupe ce soir : c’est clair, les socialistes continueront à dire non. C’est un peu de notre rêve américain qui se brise. La lune de miel avec Obama est terminée.</p>
<p>Et puis, de nombreuses réunions ont préparé le départ de la semaine prochaine en Colombie. Je n’ai déjà que trop parlé du problème colombien mais cette fois, c’est fait : on part. En groupe de «haut niveau» (et oui, c’est ainsi qu’on s’appelle quand le chef du Groupe part avec nous). Vous aurez au retour le détail de cette aventure. D’ici là, beaucoup d’eau coulera encore sous le pont.</p>
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		<title>Rapport de mission délégation S-D à Washington du 27 au 31 octobre 2009. Notes personnelles de Véronique De&#160;Keyser.</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Nov 2009 11:25:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Véronique De Keyser</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>OBJECTIF DE LA MISSION</strong></p>
<p>Composée exclusivement de membres du Groupe S-D, la délégation était de haut-niveau et comprenait, outre le staff, plusieurs Vice-présidents du Groupe, un président de commission et des coordonnateurs. L’objectif: établir des relations transatlantiques plus suivies avec des membres démocrates du Congrès américain et différents think tanks. La première partie du voyage s’est déroulée à New-York, à l’ONU, la seconde partie à Washington. Je n’ai pu, à cause d’engagements politiques pris antérieurement, participer aux rencontres de New-York : j’ai rejoint directement la mission à Washington. Ces notes personnelles se borneront donc aux rencontres de Washington.</p>
<p>Trois thèmes ont été abordés de façon récurrente :<br /> <br />
- le changement climatique et le futur sommet de Copenhague,<br /> <br />
- les questions de sécurité et défense, l’Afghanistan, les relations avec la Russie et la sécurité énergétique,<br /> <br />
- la crise financière.</p>
<p>Ces thèmes ont été abordés avec en toile de fond l’analyse des marges de liberté dont dispose à l’heure actuellement le Président Obama.</p>
<p><strong>COPENHAGUE ET LES MARGES DE LIBERTE DONT DISPOSE BARAK OBAMA</strong></p>
<p>a) <em>Les marges de liberté.</em> Elles sont faibles. Si plus de la moitié de la population soutient son Président, ce dernier est conspué en permanence par une droite et une extrême très dure qui contestent sa légitimité élective. Les rumeurs de falsification de son acte de naissance -il ne serait pas né aux Etats-Unis mais aurait falsifié le document- loin de se dissiper continuent à être agitées par des extrémistes et troublent de nombreux citoyens. L’opposition qu’il affronte est prête à tous les coups bas et la bataille est rude. A côté de cela, la Health Care Bill actuellement en discussion au Congrès menace directement les intérêts des assurances privées(1). Ces dernières font un lobby agressif pour empêcher son adoption et prédisent un désastre si les soins de santé tombent dans le secteur public. Dans le même temps, face à la crise financière, Barak Obama tente d’assainir le système sans oser réellement s’attaquer à Wall Street : il sait que s’il va trop loin, la riposte du système financier pourrait lui être fatale.</p>
<p>C’est dans ce climat tendu que se discute aujourd’hui la Bill sur le changement climatique. Cette Bill n’est pas prioritaire par rapport à d’autres thèmes chauds (Health Care, crise financière, Afghanistan). Elle a de l’importance aux yeux des Congressistes, certes, mais sans urgence réelle. Pour être adoptée, elle doit encore franchir le cap du Sénat. Le 26 juin dernier, non sans compromis et affaiblissements de son contenu initial, elle a réussi à passer à la Chambre où les Démocrates ont une très courte avance sur les Républicains (219/212) mais au Sénat les deux grands partis sont à égalité (49/49). Deux indépendants feront la balance : les sénateurs Billie Sanders et Joseph Lieberman. Ils votent en principe avec les démocrates et leur assurent ainsi une très courte majorité simple mais il faut 60 votes pour la Bill sur le changement climatique et nul ne sait donc comment le Sénat se comportera. De plus, les contraintes institutionnelles  rendent peu probables un vote au Sénat avant le printemps prochain.</p>
<p>Obama risque donc bien de se rendre à Copenhague les mains vides -s’il y va ! Il ne pourra pas non plus signer un nouveau Traité, car là, il lui faudrait une majorité qualifiée de 67 sénateurs au Sénat, ce qui semble hors d’atteinte pour l’instant. Le joker qu’il a dans la manche est d’obtenir des avancées substantielles sur le climat avec la Chine et l’Inde : il y travaille ferme. Pour le reste, il faudra sans doute se contenter à Copenhague d’un agrément commun sur des objectifs généraux. Cet agrément ne serait pas un discours creux vu que  le débat législatif est bien lancé aux Etats-Unis, mais ce n’est pas encore un nouveau Kyoto. Si l’Europe place la barre trop haut, elle risque bien d’être déçue et un déchaînement médiatique parlant d’échec affaiblirait encore la position d&#8217;Obama. Si au printemps la Bill ne passe pas au Sénat, il reste au Président la possibilité d’atteindre des objectifs de réduction des émissions de CO2 en utilisant la EPA, l’Agence pour la Protection de l’Environnement. C’est une option nettement moins ambitieuse mais sûre.</p>
<p>b) <em>Le contenu de ce qui a été adopté à la Chambre.</em> Le contenu de la Bill, l’American Clean Energy and Security Act (H.R. 2454) passé le 26 juin dernier à la Chambre, peut se résumer comme suit :<br /> <br />
- d’ici 2020, 20% de la demande en électricité doit pouvoir être assurée par un mélange d’énergie renouvelable et d’augmentation de l’efficacité énergétique,<br /> <br />
- l’investissement dans les énergies propres et l’efficacité énergétique sera de 90 billions dans de nouveaux investissements d’ici 2025; l’investissement dans la capture du carbone sera de 60 billions; dans la voiture électrique ou d’autres formes de techniques avancées pour véhicule de 20 billions; plus 20 billions encore en recherche et développement,<br /> <br />
- de nouveaux standards pour préserver l’énergie seront appliqués aux nouveaux buildings,<br />
les réductions de carbone des sources principales d’émission aux Etats-Unis seront de 17% d’ici 2020 et de 80% en 2050, par rapport à l’indice de 2005,<br /> <br />
- des mesures de protection des consommateurs contre l’accroissement du prix de l’énergie seront prises. Des estimations tant de l’Agence de Protection de l’Environnement que de l’Office du Budget du Congrès considèrent que la nouvelle législation ne coûterait pas plus aux ménages qu’un timbre par jour- ou cinquante cents. Néanmoins, il y aura une protection pour les industries les plus vulnérables.</p>
<p>On le voit cette législation est prudente et peu visionnaire. Elle mise sur l’accroissement de l’efficacité énergétique, plutôt que sur la baisse des émissions. De plus, le marché des «permis de polluer» explose littéralement en bourse et pourrait bien, selon certains de nos interlocuteurs, devenir une bulle spéculative à haut risque. Ce sont en effet les banques qui achètent les permis d’émissions plus que les industries ; elles font grimper les prix, se saisissent de ce nouveau marché financier très rentable et la spéculation sur le changement climatique bat déjà son plein.</p>
<p><strong>L’AFGHANISTAN, LA RUSSIE, LA SECURITE ENERGETIQUE</strong></p>
<p>a) <em>L’Afghanistan.</em> Continuellement attaqué sur ce front, Obama tarde à prendre position. Le renfort de 45.000 hommes que lui demandent ses chefs militaires est particulièrement impopulaire et a peu de chances de passer au Congrès. Le livre qui se vend le mieux à Washington pour l’instant est un livre de Goldstein qui retrace l’engrenage fatal qui a conduit à l’échec du Vietnam. Il est déjà épuisé en librairie. En fait deux stratégies s’offrent au Président, l’une entièrement tournée vers la guerre à Al Qaida, l’autre vers la population afghane. La première reviendrait à masser les troupes à certains endroits stratégiques du pays pour déclencher des raids de grande envergure sur les Talibans supposés abriter Al Qaida, la seconde consisterait à déployer les troupes dans le pays en travaillant sur des objectifs à la fois civils et militaires, tournés vers la population. Le paradoxe, révélé par des députés démocrates au cours de notre visite, c’est que cette dernière option, traditionnellement celle des Démocrates, est devenue celle des Républicains. Ce sont les Républicains qui aujourd’hui accusent Obama de ne pas faire assez pour les droits de l’homme, la pauvreté etc. en Afghanistan et les Démocrates qui tentent tant bien que mal de défendre l’option militaire. Tous nos interlocuteurs ont décrit leur impuissance à trouver une solution à cet imbroglio. Beaucoup, mais pas tous, accusent l’Europe de laisser toute la charge de cette guerre aux Etats-Unis sans prendre leur juste part.</p>
<p>b) <em>La Russie.</em> Sur la question de la Russie, manifestement les relations diplomatiques US sont plus satisfaisantes aujourd’hui qu’elles ne l’étaient sous G.W. Bush : le RESET d’Hillary Clinton a l’air de fonctionner. La question de désarmement et de la non prolifération du nucléaire sont grandement facilitées par le fait que l’armement des Russes -et notamment les missiles- arrive en fin de vie et que le renouvellement total serait prohibitif. Mais nos interlocuteurs lient une sorte de confiance retrouvée avec la Russie à une plus grande latitude pour faire entrer de nouveaux partenaires dans l’Otan, ou dans l’Union Européenne, comme par exemple l’Ukraine, voire même la Géorgie sans que cela ne suscite l’ire russe. Ce qui n’est certainement pas l’opinion de la majorité des Européens. De nombreuses discussions ont porté sur l’Ukraine, ses problèmes internes et le transit énergétique qu’elle assure dans la plus grande opacité. La question de Nabucco, versus les gazoducs de North Stream et South Stream a également fait l’objet de discussions contradictoires. Nos interlocuteurs poussaient très fort pour l’option Nabucco pour éviter toute dépendance par rapport à la Russie, la délégation socialiste et démocrate étant beaucoup plus circonspecte et ne voyant dans Nabucco qu’une option parmi d’autres, la première interrogation portant d’ailleurs sur les sources d’approvisionnement de Nabucco.</p>
<p>Pour rappel, quelques explications techniques sur le projet Nabucco. Après la crise russo-ukrainienne de 2006, l’Union européenne a placé Nabucco sur la liste de ses projets prioritaires. Avec une longueur de 3 300 km et un coût estimé autour de 7,9 billions, la construction du pipeline devrait commencer en 2010 et finir en 2014 avec une capacité de 30bcm. Ce gazoduc a pour objectif de fournir l’Europe de l’Ouest en gaz venant d’Asie centrale, de la Caspienne et du Moyen Orient, en évitant complètement le territoire russe. Le gazoduc irait de Erzurum en Turquie, à travers la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie  jusqu’à Baumgarten en Autriche. Près de Erzerum, il devrait être connecté avec le gazoduc Tabriz -Erzerum et avec le gazoduc du Sud Caucase, connectant Nabucco avec le gazoduc Trans-Caspienne. La principale source d’approvisionnement de Nabucco serait  la nappe de gaz de Shah Deniz en Azerbaïdjan. L’accord devrait porter sur 8 bcm de gaz naturel par an.  Un projet d’accord non concrétisé existe également avec le Turkménistan : il serait de 10bcm par an. A long terme, le Kazakhstan pourrait également participer à l’approvisionnement. L’ambition de Nabucco est de devenir la quatrième source d’approvisionnement en importance au niveau européen, avec une capacité de 30 bcm. C’est le dessin d’un projet emmené par le groupe autrichien OMW, projet qui inclut à part égale les Hongrois (MOL) les Roumains (Transgaz) les Bulgares (Bulgargaz) les Turcs (Botas) ainsi que les Allemands (RWE). La France avait tenté d’y entrer avec Gaz de France, mais fut rejetée par la Turquie en 2007. C’est un Néerlandais, l’ex-ministre des Affaires Etrangères Jozias van Aartsen, qui coordonne le projet pour la Commission.</p>
<p>Mais il reste un large débat sur les sources d’approvisionnement de Nabucco. A ce jour, il pourrait n’y avoir en 2015 que seulement 3bcm venant d’Azerbaïdjan, mais aucun accord n’est encore signé avec Baku. Le gaz du Turkménistan comme celui du Kazakhstan requièrent la construction d’une infrastructure -la Trans-Caspienne- sous la  mer Caspienne, ce qui pour l’instant n’est pas réaliste. Il y a des doutes sur la capacité du Turkménistan à remplir son engagement de 10 bcm, vu les engagements pris par ce pays envers la Russie et la Chine. L’Irak et l’Iran sont également pressentis, mais les incertitudes politiques restent grandes dans ces pays. Il pourrait y avoir de nouvelles découvertes en Egypte mais c’est aléatoire. Et finalement on en arrive à une conclusion paradoxale : les sources d’approvisionnement les plus sûres du pays que Nabucco veut très expressément contourner à savoir la Russie !! C’est pourquoi, sans s’attarder sur l’analyse technique ci-dessus, nous avons plaidé avec nos interlocuteurs pour un réseau inter-connecté de gazoducs en Europe, qui inclurait aussi Nabucco mais n’en ferait pas un instrument privilégié symbolisant la défiance vis-à-vis de la Russie.</p>
<p><strong>LA CRISE FINANCIERE</strong></p>
<p>Les titres des journaux américains sont plutôt optimistes : la crise financière prendrait fin. Avec 18 mois de récession (de décembre 2007 à juin 2009) ce serait la plus longue connue par les Etats-Unis depuis les années trente. Mais si l’activité financière se relève, le chômage persiste et des dommages structuraux affectent durablement l’économie. Le secteur du logement et de la construction commence très, très lentement à se redresser. Les ventes automobiles ont repris en 2009 grâce aux incitants gouvernementaux, mais attention, beaucoup de mesures temporaires prises pour relancer l’économie viennent à expiration. Ces timides progressions pourraient donc bien faire long feu. Les pertes d’emplois -licenciements, fermetures d’entreprises, faillites etc.- diminuent, mais le taux de chômage grimpe toujours d’où une très grande anxiété chez les Américains. On parle d’un taux officiel de chômage de près de 10% (9,8) ce qui compte tenu de la segmentation du marché du travail (beaucoup de temps partiels, d’emplois précaires de quelques heures par semaine) pourrait cacher un taux réel de 17%. Le pouvoir d’achat est donc globalement faible, ce qui entraîne, en un cercle vicieux, le ralentissement de la reprise économique. Les banques reprennent du «poil de la bête», mais n’entendent pas financer facilement le crédit à la consommation pas plus qu’elles ne semblent prête à investir dans l’économie réelle : la reprise de l’économie ne peut donc pas se faire, ni par des investissements, ni par une relance de la consommation. Les profits purement spéculatifs engendrés par les transactions financières sont bien plus attractifs pour les banques et les bonus indécents accordés aux agents de change (traders) sont là pour en témoigner. Le risque, vu l’urgence de l’emploi à court terme et la pression d’une population aux abois, serait de faire l’impasse sur une profonde réforme financière et de retourner au business as usual. Nous avons demandé à nos interlocuteurs, et notamment au sénateur Sanders (un des deux Indépendants au Sénat qui n’hésite pas à se dire socialiste, ce qui dans la bouche d’un citoyen américain est généralement péjoratif), pourquoi Barak Obama ne se montrait pas plus ferme sur ce chapitre ? Sa réponse était sans ambiguïté. Obama a pu compter largement sur Wall Street pour sa campagne électorale et le secteur financier est un de ses alliés naturels. Ce secteur n’hésite d’ailleurs pas à rappeler au Président qu’en cas de contrainte trop grande sur son fonctionnement, il n’hésitera pas à délocaliser dans le Sud Est asiatique. Une taxe sur les transactions financière est possible; cette option a spontanément été avancée par différents interlocuteurs mais dans un contexte particulier : comme source de financement à l’adresse des pays en développement, touchés à la fois par la crise financière et par le changement climatique.</p>
<p>Trois jours après notre départ se tenait à Washington le Sommet EU-US (15352/09-Press 316) voir http://consilium.europa.eu/Newsroom. La plupart des thèmes évoqués durant nos entretiens a été reprise. La disponibilité de nos interlocuteurs durant ce séjour a été étonnante, de même que leur sincère intérêt pour le Traité de Lisbonne, alors même que tous étaient sous pression. Faut-il rappeler que la Chambre discutait âprement le système de santé et que le Sénat traitait du changement climatique ? L’accueil réservé au socialistes et démocrates européens était chaleureux mais avec un message qui sonnait comme un avertissement : Barak Obama se tourne vers l’Europe parce qu’il espère qu’après le Traité de Lisbonne elle parlera davantage d’une seule voix et saura prendre les décisions qui s’imposent (Afghanistan ??). Si tel n’est pas le cas, il se passera de l’Europe !</p>
<p>(1) La Health care Bill a passé avec succès le cap de la Chambre des Représentants  samedi 7 novembre 2009, après notre voyage. C’est un second succès non négligeable de Barak Obama, le premier étant incontestablement celui de la législation sur le changement climatique fin juin 2009.</p>
<p><em>Liège, le 8 novembre 2009. Notes personnelles de VDK. Le rapport officiel et complet de la mission interviendra ultérieurement.</em></p>
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