Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Vers la fin des mutilations génitales dans le monde? – Towards the End of Genital Mutilation in the World?

14 juin 2012

Le Parlement européen, en sa session de Strasbourg, vient d’adopter à l’unanimité une résolution qui vise à mettre fin aux mutilations génitales dans le monde. Le Parlement, en effet, demande à l’Assemblée Générale des Nations Unies d’adopter au cours de sa 67ème session une résolution visant à harmoniser les mesures déjà prises par certains Etats membres et à développer des instruments juridiques, régionaux et internationaux à cet effet. Bref, de lancer une véritable stratégie mondiale. Il était grand temps. En effet, même si certains pays africains ont, sous l’impulsion de réseaux de femmes remarquables, déjà pris des mesures, le phénomène est loin de disparaître y compris dans les pays européens à travers une immigration fragilisée et refermée sur des coutumes ancestrales, bien éloignées des préceptes de l’Islam et autres croyances.

« C’est un sujet encore tabou, et nous manquons de chiffres mais pas de témoignages. Et je salue d’abord le courage des femmes et des jeunes filles qui victimes de ces sévices acceptent de témoigner de leur calvaire » déclare l’eurodéputée Véronique De Keyser, co-auteur de la résolution. Et avec les mots les plus crus, l’eurodéputée décrit, non seulement l’excision mais l’infibulation- qui consiste à coudre les lèvres du sexe féminin, en ne laissant qu’un minuscule orifice, pour faire passer l’urine et le sang des menstrues. « Le simple fait d’uriner prend des heures et cause des souffrances intenses et des infections à répétition. Et lors de la nuit de noces, l’époux doit parfois découper l’infibulation au couteau ou avec des ciseaux. Ces cas, qui ont parfois des conséquences tragiques et entrainent le décès de la femme, existent encore dans nos pays aujourd’hui. »

« Rien dans l’Islam n’impose ces pratiques, déclare Marc Tarabella, membre de la Commission des Droits de la Femme. Ce sont des pratiques ancestrales, culturelles plutôt que religieuses. » Au-delà des sanctions, indispensables pour une tolérance zéro à ces barbaries, il faut donc développer au niveau local des stratégies proactives d’éducation et de formation, y compris à l’égard des mères qui perpétuent les sévices qu’elles ont connus chez leur filles.

« On a beaucoup parlé d’intégration ces jours-ci en Belgique, déclare Véronique De Keyser. La lutte contre les mutilations génitales doit faire partie du bagage des droits que nous souhaitons partager avec les femmes immigrées. Le temps n’est pas si loin en Europe ou les Croisés, partant délivrer Jérusalem aux mains des infidèles, enfermaient le sexe de leurs femmes dans des ceintures de chasteté. Nous n’avons de leçons à donner à personne, mais bien des conquêtes de droits à partager ».

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The European Parliament, in its Strasbourg session, has just unanimously adopted a resolution which aims to put an end to genital mutilation in the world. The Parliament has indeed asked the UN General Assembly to adopt, during its 67th session, a resolution aiming to align the measures already taken by certain Member States and to develop judicial, regional and international instruments in order to achieve this. In short, to launch a real worldwide strategy. It was high time. Indeed, even though some African countries have, under the impulse of remarkable women networks, already taken some measures, the issue is far from disappearing including in European countries through a weakened immigration closed to ancestral customs and far from the precepts of Islam and other beliefs.

« It is still a taboo subject, and we are lacking in figures but not in witnesses. I first would like to acknowledge the courage of the girls and women qui have been victims of such abuse and who have accepted to testify their plight » declares MEP Véronique de Keyser, co-author of the resolution. And with the crudest of words, the MEP describes not only the excision but also infibulations, which consists in sewing the lips of the female genital organ, leaving only a tiny hole which allows for the urine and menstrual blood to pass. « The simple act of urinating takes hours and causes intense suffering as well as repeated infections. During the first honeymoon night, the husband must sometimes cut the infibulations with a knife or with scissors. These cases, which sometimes have tragic consequences and lead to the death of women, still exist in our countries today. »

« There is no aspect of Islam which imposes these practices, declares Marc Tarabella, Member of the Women’s Rights Committee. These are ancestral practices, cultural rather than religious. » Beyond sanctions, indispensable for a zero-tolerance policy of these barbaric acts, it is necessary to develop at the local level some proactive educational strategies, including in respect to the mothers who perpetuate these atrocities they themselves have lived through.

« We have often spoken of integration in Belgium these days, says Véronique De Keyser. The fight against genital mutilation must be a part of the package of rights we wish to share with immigrated women. The time is not so far away when the Crusaders, going to deliver Jerusalem from the hands of the infidels, locked up their wives’ genitals in chastity belts. We have no lessons to give to anyone, but we do have rights conquests to share. »

Véronique De Keyser, Marc Tarabella, Frédéric Daerden.