Véronique De Keyser

Conseillère communale à Liège

La Palme d’or à Gedeon Levy pour son courage politique

15 May 2015

image001La Palme d’or à Gideon Levy, journaliste au quotidien israélien Haaretz, pour son article (traduit par JM Flemal)

Cessez de vous plaindre. Longue vie à ce nouveau et brave gouvernement israélien

Le nouveau gouvernement israélien ne dégoisera pas de slogans creux sur la paix, les droits de l’homme ou la justice, mais assénera la vérité à la face des Israéliens – et du monde.
Le 34e gouvernement méritera Israël tout comme Israël méritera son 34e gouvernement. C’est un gouvernement authentique et représentatif, la manifestation vraie de l’esprit de l’époque et des sentiments les plus profonds de la plupart des Israéliens. Ce sera un vrai gouvernement, sans faux semblants, sans cosmétiques et sans auto-justification. Ce que nous voulons, nous l’aurons. Bienvenue au quatrième gouvernement Netanyahu.

Ils ne parleront pas avec arrogance et ils ne dégoiseront pas de slogans creux. Ni sur la paix, ni sur les droits de l’homme ; ni sur deux États, ni sur les négociations ; ni non plus sur les lois internationales, la justice ou l’égalité. C’est la vérité qui sera assénée à la face des Israéliens et du monde. Et cette vérité, la voici : La solution à deux États est morte (jamais elle n’est née), l’État palestinien ne naîtra pas, les lois internationales ne s’appliquent pas à Israël, l’occupation continuera à ramper rapidement vers l’annexion, l’annexion se muera en État d’apartheid ; le mot « Juif » supplantera le mot « démocratique », le nationalisme et le racisme obtiendront l’approbation officielle du gouvernement, mais ils sont déjà présents et ils le sont depuis longtemps.

Ni Netanyahu, ni le député Naftali Bennett, président du Habayit Hayehudi (Foyer juif), ni les députés de ce même parti, Ayelet Shaked et Eli Ben-Dahan, n’ont initié tout ce processus. Ils n’ont fait qu’accélérer les choses. Et il ne devrait y avoir ni commotion ni indignation, ni lamentations non plus sur l’âpreté du sort qui nous frappe. Ce gouvernement est placé sous le signe de la continuation, pas sous celui du changement.

C’est vrai, certains de ses membres sont plus extrémistes que leurs prédécesseurs, mais il ne s’agit avant tout que de différences rhétoriques. Même la désignation la plus incendiaire, celle de Shaked comme ministre de la Justice, qui a secoué le monde entier durant tout le week-end, est moins révolutionnaire qu’il ne paraît. Shaked est brutale et violente, alors que la députée de l’Union sioniste, Tzipi Livni, qui l’a précédée, était délicate et convenable. Mais la ministre de la Justice Shaked ne devra pas fournir de gros efforts pour fissurer notre démocratie ; ces fissures étaient déjà présentes depuis très longtemps.

Le meilleur test sur la nature du régime en Israël est celui portant sur l’occupation et les crimes de guerre ; les fondements de l’apartheid sont déjà profonds et il n’y a toujours pas eu d’enquête sur les crimes de guerre. Depuis son bureau au cœur de Jérusalem occupée, Livni n’a pas rendu Israël plus juste, sur ce plan. C’est vrai, les idées de Shaked sont plus nationalistes et sa compréhension de l’essence de la démocratie est nulle. C’est vrai, bien des gens dans le monde ont été choqués de ce qu’une personne s’identifiant à l’un des articles les plus virulents jamais écrits chez nous contre le peuple palestinien (de la plume d’Uri Elitzur) ait été nommée ministre de la Justice d’Israël. Mais il n’y a nullement lieu ici de jouer aux moralisateurs : Elitzur exprimait en fait ce que bien des gens pensent.

La désignation d’un autre raciste, Eli Ben-Dahan, au poste de vice-ministre de la Défense responsable de l’Administration civile, ne devrait pas provoquer de tremblement de terre non plus. C’est vrai, Ben-Dahana dit que « les Palestiniens sont des bêtes, ils ne sont pas des êtres humains, ils ne méritent pas de vivre » – mais ces propos ne reflètent-ils pas l’attitude réelle de nombreux Israéliens ? Ben-Dahan parlera en leur nom. Voilà comment Israël traite les Palestiniens depuis près de 50 ans ; Ben-Dahan ne fait que dire les choses ouvertement. Désormais, il sera responsable de l’Administration civile et tout le système des « démarches humanitaires » sera mis en pièces. Ben-Dahan est l’homme idéal, au moment le plus opportun, pour cette tâche. Une excellente désignation.

Un individu qui affirme avec fierté avoir « tué des masses d’Arabes » et qui traite ces derniers d’« éclats d’obus dans les fesses » sera ministre de l’Éducation – et qui en Israël ne pense pas pareil ? Le général de l’opération Plomb durci avec tous ses crimes, l’homme qui a enfreint les restrictions dans la construction, Yoav Galant, sera le ministre de la Construction. N’est-ce pas une belle nomination ? Le député Uri Maklev, du parti du Judaïsme unifié de la Torah, va devoir diriger la Commission scientifique de la Knesset ? Mais cela ne reflète-t-il pas fidèlement l’attitude de certains Israéliens à l’égard de la science ?

Cessez de vous plaindre. Peut-être le gouvernement fantôme d’Israël devrait-il être plus éclairé, mais ce ne sera pas le cas de son gouvernement réel. C’est ce que les Israéliens ont choisi, cela reflète leurs véritables points de vue. Et, ainsi donc, longue vie au nouveau gouvernement !

Les photos de la soirée de présentation de mon livre à Liège

31 January 2014

Ce jeudi 30 janvier avait lieu la présentation de mon livre “Palestine, la trahison européenne”, à la Librairie Livre aux Trésors de Liège. Une conférence-débat animée par la journaliste liégeoise Françoise Bonivert. Cinquante personnes s’étaient déplacées. Monsieur le Sénateur – Bourgmestre Willy Demeyer, Monsieur le Sénateur Hassan Boussetta et l’Eurodéputé-Bourgmestre Frédéric Daerden sont venus se joindre à la rencontre.

Voici les photos de la rencontre

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Palestine, la trahison européenne – Livre paru chez Fayard

6 January 2014

Ce livre, co-écrit avec Stéphane Hessel, était, à l’exception du dernier chapitre sur la jeunesse palestinienne, terminé en février 2013, quinze jours avant la mort de Stéphane Hessel. La photo de couverture ayant été prise à Paris, dans l’appartement de Stéphane Hessel le 12 février, quelques jours avant sa mort.  Stéphane Hessel avait à l’égard d’Israël une indignation qui n’égalait que son amour pour ce pays- “qui pourrait être plus merveilleux encore” disait-il, “s’il voulait bien respecter le droit international“.

Couverture du livre "Palestine, la trahison européenne"

Couverture du livre “Palestine, la trahison européenne”

Véronique De Keyser partageait avec Stéphane Hessel l’indignation, la référence à l’ONU, mais dans cet ouvrage, c’est l’attitude de l’Europe qui l’interpelle. L’Europe, qu’elle connaît de l’intérieur, puisque, parlementaire européenne depuis 2001, elle est vice-présidente du Groupe des Socialiste et Démocrates, en charge des Affaires Étrangères et du Moyen-Orient.  Elle a été également, chef de la mission d’observation électorale de l’Union Européenne de 2006, cette même élection qui avait vu la victoire du Hamas.  Elle est donc très sévère dans sa radiographie des décisions européennes, qualifiées ultimement par elle de trahison européenne.

Qu’évoque ce livre?

  1. L’ouvrage traite des années Abbas, de 2006 à ce jour.  Un Abbas qui n’a pas le charisme de son prédécesseur, mais auquel, ni les Etats-Unis, ni Israël, ni hélas l’Europe, n’ont laissé aucune chance. Véronique De Keyser parle d’une décridibilisation constante de Abbas, que le jeu des sanctions internationales a transformé en mendiant auprès des grandes puissances, en dirigeant faible et illégitime auprès d’Israël.  Implacablement, Véronique De Keyser évoque les réunions politiques où le soutien à Abbas, en termes d’argent, en termes d’armes, est âprement monnayé par l’Union européenne, mais aussi par Israël.  Il fallait en faire un leader- pour qu’il supplante le Hamas mais, dans le chef d’Israël, le leader faible d’un peuple désuni.
  2.  L’attitude européenne et internationale vis-à-vis du Hamas est aussi au centre du livre. Mis sur la liste terroriste européenne à la demande d’Israël en 2003, dans la foulée d’actions coordonnées de la lutte contre le terrorisme international, le Hamas avait gagné démocratiquement les élections de 2006.  Mais il n’a jamais eu l’occasion de faire la preuve de sa capacité- ou de son incapacité – politique à diriger la Palestine.
  3. Le jeu des sanctions internationales, le refus de la communauté internationale, dont l’Europe, de traiter avec le gouvernement d’unité nationale Fatah-Hamas de 2007, le refus d’Israël de considérer sérieusement les propositions de trêve du Hamas pour alléger le siège de Gaza, ont poussé le Hamas à la faute : le putsch de décembre 2007, alors que ce parti avait gagné les élections.  Et ce putsch a signé la lente descente aux enfers de Gaza et la fracture du peuple palestinien toujours pas résorbée.  Et cette fracture a rendu impossible toute tenue d’élections, a participé aux doutes et aux rumeurs sur la légitimité de l’Autorité palestinienne, dont Libermann s’est fait l’écho dans une lettre publique à Cathy Ashton en 2012, “ce type de comportement a suscité des critiques, même au sein de sa propre circonscription. À cause de la faible réputation d’Abbas, et de sa politique de non renouvellement des négociations, ce qui entrave la paix, le temps est venu de penser à une solution créative, “de penser en dehors de la boîte” afin de renforcer le leadership palestinien“. (p256)
  4. Véronique De Keyser est obsédée par les occasions manquées de l’Union européenne, elles ont été tellement nombreuses et successives que c’est devenu une trahison.  L’Europe aurait pu, en tant que soft power, peser sur Israël- pour lever le siège de Gaza, pour geler l’expansion des colonies si elle l’avait voulu.  Ses relations économiques  avec Israël lui en donne largement les moyens.
  5. Mais tout en critiquant Israël et en condamnant sa politique de colonisation, tout en demandant depuis plus de cinq ans la levée immédiate du siège de Gaza, l’Europe n’a jamais voulu que cette condamnation ait la moindre incidence sur ses relations économiques avec Israël.  Sans rehausser le statut de ce pays – gelé formellement depuis l’Opération Plomb durci – l’Europe a continué, dans le cadre existant à multiplier avec Israël ses contrats – ACAA, perspectives de Horizon 2020 etc.  Il n’y a eu, et il n’y aura aucun frein, aucune pression vis-à-vis de ce partenaire privilégié.

    Le seul bémol actuel est celui des récentes lignes directrices qui concernent les colonies : l’UE se réserve de ne permettre aucun subside, aucun contrat, vis-à-vis d’entreprises ou de sous-traitant travaillant dans les colonies de peuplement.  Mais ces dispositions européennes, fortement critiquées par les Etats-Unis et Israël font aujourd’hui l’objet de pressions pour être circonvenues.

    Véronique De Keyser déclare l’Europe a trahi « L’Europe n’a pas su protéger en 2006, la démocratie palestinienne émergeant des urnes.  Elle a été infiniment plus complaisante avec les nouveaux régimes arabes.  Elle n’a pas su protéger Abbas des pressions israéliennes et américaines qui l’ont transformé, tantôt en mendiant, tantôt en marionnette, jusqu’à lui donner à l’Onu une dimension tragique.  Elle n’a même pas su protéger la belle idée d’État. Elle n’a pas su protéger la voie de la négociation, que l’extension des colonies dément et bafoue chaque jour. Elle a trahi. Le mot trahison européenne est fort et j’en mesure le poids, sans retirer pour autant ce jugement douloureux. J’ignore si nous aurions pu, avec plus de détermination et d’audace politique, saisir les occasions d’ouverture, faire avancer véritablement la paix.  Mais pour autant, quels que soient l’aide, le financement et le soutien logistique que nous avons apportés à la Palestine, nous avons manqué à notre responsabilité politique, celle qui dès 1948, impliquait de traiter sur pied d’égalité Palestiniens et Israéliens en garantissant à chacun leur sécurité et leurs droits.  Soixante- cinq ans après, la dissymétrie est  hallucinante.  L’écran de fumée d’une politique soit disant équidistante vis-à-vis des deux parties a abouti à une population palestinienne exsangue, privée de toute mobilité, sous une occupation dure et à qui on promet   le temps venu  un État comme à d’autres on promettrait le ciel.  Si nous ne changeons pas de logique, on connaît déjà la suite de l’histoire.  Un jour le Moyen-Orient s’embrasera.  Car c’est intenable et aucune humiliation, aucun asservissement, ne peuvent devenir un destin. »  (p 283)

  6.  L’avenir de la Palestine forme le dernier chapitre du livre : un seul ou deux Etats ?  Oslo toujours vivant ou Oslo mort ?  Tant en Israël qu’en Palestine de nombreuses voix s’élèvent contre Oslo.  Mais quoi d’autre ?  La disparition pure et simple de la Palestine transformée en une série de cantons dans le plan Liberman ? Un peuple palestinien uni et souverain, qui se moque de la géographie et des frontières comme le rêvent les jeunes Palestiniens, cousins des Indignés européens, et chers au cœur de Stéphane Hessel ?  Ces nouveaux Indignés se battent contre les colonies israéliennes en plantant des tentes et veulent à nouveau, comme du temps d’Arafat,  rentrer dans l’histoire.

La démarche d’Abbas à l’ONU leur a donné un avant goût de cette nouvelle histoire,  Mais ils leur restent à transformer cette décision onusienne en  droits sur le terrain.  Et en dignité retrouvée.  Et l’Europe là-dedans ?  Trop engluée dans sa propre histoire et ses contradictions pour les faire encore rêver.  Ils regardent plutôt du côté de l’Amérique latine qui leur est favorable et a su se démarquer, elle, de la politique américaine. Mais Véronique De Keyser ne manque pas d’espoir “quand je voyais dans les yeux de Stéphane ce que je vois aujourd’hui dans ceux de Majed Bamya ou de tant d’autres jeunes, cet espoir irréductible de voir triompher le droit international, je sais que l’avenir ne peut être noir.” (Postface 289)

Véronique De Keyser

Députée européenne

2012, année du Théâtre de la Liberté !

29 December 2011

Une année se termine. J’ignore ce que sera 2012 sinon une année difficile où il faudra se resserrer, se durcir dans ses convictions, retrouver sa cohérence dans un monde qui excelle à nous éparpiller. J’ai donc voulu dédier cette année 2012 à quelqu’un, pour qu’il m’aide à garder cette cohérence : Juliano Mer-Khamis.

Peu d’entre nous le connaissent. Assassiné de 5 balles à la poitrine le 4 avril 2011 devant le théâtre qu’il avait fondé à Jenine, Juliano était né de père palestinien et de mère juive. Et il se définissait lui-même comme Juif à 100% et Palestinien à 100% ! Acteur connu en Israël, il aurait pu faire une carrière sans histoire s’il n’avait poursuivi le travail de sa mère Arna, auprès de camps de réfugiés de jeunes à la première intifada. Lui-même avait monté le Théâtre de la Liberté de Jenine. Le théâtre était un lieu ou garçons et filles, tous malades de l’occupation et de sa violence, pouvaient reprendre leur vie en main et sublimer l’insupportable. Ils pouvaient aussi rêver et construire un futur sans risque de démolition par les bulldozers israéliens. Car pour ces enfants, le seul moyen de rester en vie sans être blessés arrêtés ou tués, c’est d’adoucir leur colère, la sublimer et la dompter sans renoncer à la résistance. Le Théâtre de la Liberté ne pouvait que gêner les extrémistes de tout bord.

En 2009, après que le théâtre eut été l’objet de deux incendies criminels, Juliano écrivait : « Nous sommes ici pour responsabiliser nos enfants, les éduquer et pour construire un nouveau futur face à l’occupation israélienne. Des années de destruction et d’oppression ont laissé nos enfants sans aucune activité culturelle élémentaire et sans aucune possibilité artistique. Tout enfant au monde a le droit de visiter le théâtre, d’en apprendre la langue et a la possibilité d’en étudier les arts pour manifester son identité et sa personnalité. Le théâtre, le cinéma, les arts en général, sont essentiels au développement de l’enfant ainsi que de notre société, afin que notre nation devienne forte, libre indépendante. 1 » Sans concession, tant pour les aspects répressifs de la société palestinienne que pour l’oppression et l’occupation israéliennes, Juliano était un esprit libre. C’était donc un homme à abattre.

Alors que dans les coulisses de l’histoire, le ballet diplomatique s’agite aujourd’hui autour de la question de l’Etat palestinien, de la réconciliation Fatah/Hamas et des multiples appels à la reprise des négociations de paix, puisse la Liberté-la vraie- et le Futur-celui des enfants de Jenine, de Gaza et d’ailleurs- ne pas être oubliés en 2012. Puisse 2012 être ton année, Juliano.

1 Voir notamment l’article de Henri Wajnblum « Victime de l’intolérance assassine, Juliano Mer-Khamis est mort » dans Points Critiques, mai 2011, n°316,pp4-5.

Ouverture à Cape Town en Afrique du sud, de la troisième session internationale du Tribunal Russell sur la Palestine

6 November 2011

Ce samedi 5 novembre s’est ouverte à Cape Town en Afrique du sud la troisième session internationale du Tribunal Russell sur la Palestine (TRP) sur le thème : ” « Les pratiques d’Israël envers le Peuple palestinien violent-elles l’interdiction internationale de l’apartheid ? ».

Les travaux ont été introduits par Pierre GALAND, coordinateur du TRP, au District Six Museum, lieu symbolisant la destruction d’un quartier multiculturel à Cape Town sous le régime d’apartheid. Il a précisé que le TRP est un tribunal d’opinion sur le modèle du Tribunal Russell sur le Vietnam. L’ambassadeur de France, Stéphane HESSEL, Président d’honneur du TRP qui a accueilli l’Archevêque émérite et Prix Nobel de la paix, Desmond TUTU, a rappelé les objectifs de cette session : analyser les violations du droit international et du droit international humanitaire, commises par Israël dans les territoires palestiniens au regard des pratiques d’apartheid.

Dans une vibrante intervention, Desmond TUTU a évoqué ses visites en Terre Sainte et décrit sa douleur de voir se répéter là bas ce qu’il a vécu autrefois en Afrique du sud et il a dit son souhait de voir la création d’un Etat palestinien, viable, indépendant et contigu à l’Etat d’Israël. Devant un jury composé de personnalités internationales connues pour leur intégrité morale, plusieurs experts et témoins se sont succédés à la barre. Des experts juridiques ont défini le cadre légal relatif à l’interdiction du crime d’apartheid en droit international. Un juriste palestinien a rappelé le droit des Palestiniens à l’autodétermination.

Les travaux de la matinée ont porté sur la définition du crime d’apartheid et son intégration dans le droit international, notamment les travaux des Nations Unies concernant cette question. Les experts ont souligné le fait que l’apartheid a été érigé en crime international pouvant s’appliquer à diverses situations dans divers pays au delà du cas sud-africain. Ils ont énuméré différentes pratiques contenues dans le crime d’apartheid qui traduisent une volonté de domination d’un groupe racial sur un autre de manière institutionnalisée. D’autres experts ont poursuivi en analysant les notions de “race” et de “discrimination raciale” dans l’élaboration de la définition du crime d’apartheid.

Des témoins ont décrit des expériences poignantes vécues sous le régime d’apartheid en Afrique du Sud. D’autres ont évoqué la situation dramatique vécue par le peuple palestinien sous occupation israélienne. Des similitudes sont apparues: traitements inhumains et dégradants, privation des droits les plus élémentaires (droit à la liberté de mouvement, droit au logement, droit à la défense juridique, arrestations arbitraires, tortures, assassinats ciblés, droit au travail et du travail, …). Selon un témoin, toutes ces pratiques visent à détruire en tout ou en partie un groupe social, en l’occurence le peuple palestinien et il les qualifie de “sociocide”.

Dimanche 6 novembre, le Tribunal poursuivra ses travaux sur différentes pratiques d’apartheid.
Pour d’autres informations sur le Tribunal Russell sur la Palestine cliquer ici.

L’accord entre Israël et le Hamas doit être mis en œuvre immédiatement

19 October 2011

Mercredi 12/10/11

L’accord d’échange de prisonniers conclu entre Israël et le Hamas constitue une étape encourageante vers la libération du soldat israélien captif Gilad Shalit ainsi que des prisonniers palestiniens incarcérés en Israël. Cet accord doit donc être mis en œuvre sans délai.

« A maintes reprises, le Groupe S&D a demandé la libération de Gilad Shalit et des prisonniers palestiniens », a déclaré la vice-présidente du Groupe Véronique De Keyser.

« Le retour dans leurs familles de Gilad Shalit et de 450 prisonniers palestiniens, qui seront suivis dans deux mois par 550 autres, constituera un moment important de l’histoire du conflit et des efforts de paix entre Israéliens et Palestiniens. Nous regrettons toutefois l’absence de Marwan Barghouti parmi les prisonniers libérés » a ajouté Mme De Keyser.

« Les moyens pacifiques et la négociation constituent la seule voie vers une paix juste et durable et vers la sécurité tant pour les Israéliens que les Palestiniens », a déclaré le vice-président du Groupe S&D Hannes Swoboda. « Par conséquent, nous continuons à soutenir pleinement le président Mahmoud Abbas sur la voie de la non-violence. »

« La question des 6000 prisonniers palestiniens restants, dont 38 femmes, 280 enfants et 22 membres du Conseil législatif palestinien, reste essentielle dans ce contexte. »

Proche-Orient: la longue marche vers l’Etat Palestinien.

29 September 2011

Pour découvrir l’infographie animée de La Libre, cliquer ici.

Israël: les frontières depuis 1948.

29 September 2011

Pour découvrir l’infographie animée de La Libre, cliquer ici.

La demande de la Palestine est légitime, estime à la quasi unanimité le Parlement européen ! Une victoire du bon sens et du droit international.

29 September 2011

Déclaration de Véronique De Keyser, Députée européenne, en séance plénière à Strasbourg. L’Europe doit soutenir unanimement la demande légitime du Président Abbas à l’ONU. Il y va de la dignité de l’Europe et de la Démocratie

27 September 2011

Au nom du Groupe Socialistes et Démocrates, Véronique De Keyser Députée européenne a déclaré en séance plénière en présence de la Haute Représentante, Madame Ashton:

“Mon groupe soutient la demande légitime du Président Abbas à l’ONU. Avec ces quelques mots, j’ai presque tout dit. Le regret qu’il ait fallu aussi longtemps, l’espoir que l’Europe parviendra enfin à s’exprimer clairement et d’une seule voix sur ce sujet difficile. Ne croyez pas, Madame Ashton, qu’au sein des groupes politiques, cette simple phrase ait rencontré immédiatement l’adhésion. La crainte d’un malentendu vis-à-vis d’Israël, dont la sécurité a toujours été inquestionnable, la crainte aussi d’un échec de l’initiative palestinienne, suivie d’une explosion de violence dans la rue arabe et d’éventuelles sanctions économiques contre l’autorité palestinienne, les pressions américaines, tout cela a rendu la décision difficile. Et puis ce qui l’a emporté finalement, c’est une sorte d’honnêteté, de courage politique des parlementaires. Oui les Palestiniens y ont droit à cette adhésion. 63 ans après la reconnaissance de l’Etat d’Israël par l’Assemblée Générale, 12 ans après la déclaration de Berlin promettant de reconnaître l’Etat Palestinien au moment opportun, le moment est venu.

Le moment est venu de soutenir ceux qui, en Palestine, ont choisi le camp de la paix, de la négociation, de la création d’institutions fiables. Le moment est venu car la Palestine rétrécit chaque jour comme peau de chagrin: ce n’est plus la Palestine de 47, ni celle des accords d’Oslo en 1993, ni celle d’il y a quelques années. A cause de la politique de fait accompli du gouvernement israélien, les colonies, les spoliations de terre, le Mur, tout cela gangrène les terres palestiniennes et il y a urgence. Bientôt, la solution à deux Etats deviendra impossible. Le moment est venu, parce que le printemps arabe a suscité tant d’espoir qu’il est impensable que l’Europe ose dire aux palestiniens: ce printemps-là, il n’est pas pour vous. Attendez-encore. Vous l’aurez au moment opportun. Des Palestiniens aujourd’hui meurent déjà sans avoir connu autre chose que l’occupation.

C’est pour toutes ces raisons qu’aujourd’hui, sans réserve, les députés socialistes et démocrates appuient la demande d’Abbas à l’ONU. Que leur courage vous inspire Madame Ashton, lorsque vous défendrez notre position auprès des gouvernements européens. Il y a un moment où les valeurs européennes, ses engagements, passent avant tout.”