Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Vendredi 8 juillet au Théâtre de Poche : soirée culturelle et solidaire pour l’ouverture de la Maison de la Laïcité de Kinshasa

23 juin 2011

Le carnet de Colette Braeckman : « Les enfants accusés de sorcellerie mettent aussi la société en accusation »

23 juin 2011

Les enfants accusés de sorcellerie mettent aussi la société en accusation

Durant une journée, à l’initiative de la députée Véronique De Keyser le parlement européen s’est penché sur la situation des enfants accusés de sorcellerie. Dans toutes les grandes villes du Congo et d’ailleurs, des milliers d’enfants sont aisni chassés de leur famille, désignés comme “sorciers” c’est à dire responsables des malheurs de leur famille sur laquelle ils auraient jeté un sort. Certains sont alors confiés à des sectes religieuses qui se chargent de les “guérir” le plus souvent en les maltraitant, d’autres rejoignent des bandes d’enfants des rues…De nombreuses interventions, livrées par , des praticiens de terrain comme Mithe Osumbu, présidente d’”Oser la Vie”, Roger Katembwe travailleur de rue à Kinshasa, Edwin de Boeve, président de “Dynamo International” ont expliqué la stigmatisation dont ces enfants sont victimes, leur imaginaire où se côtoient les mondes visibles et invisibles, tandis qu’un reportage présenté par Elisabeth Burdot a plongé l’assistance dans cet enfer quotidien. Bon nombre d’intervenants ont également mis en évidence le rôle des sectes religieuses, qui font oublier le quotidien au nom d’un au delà imaginaire, et certains ont rappelé que le manque d’éducation, la pauvreté étaient des facteurs aggravants. Mais surtout, il est apparu qu’entre l’Afrique noire et l’Europe, la frontière est bien ténue: ” ces enfants viennent ici, ils se trouvent déjà à Bruxelles” asséna Mithé “et il est urgent d’agir…

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Un colloque à l’intiative de Véronique De Keyser en présence, entre autres, de Marie Arena, Collette Braeckman…

RDC : Les assassinats et la maltraitance impunis des enfants dits « sorciers » évoqués au Parlement européen

23 juin 2011

Dimanche 19 juin 2011 Afriqu’Échos Magazine (AEM) à Bruxelles, Belgique

Un matin à Kinshasa, au pied d’un immeuble, gît, dans le sang, le corps d’une fillette de 10 ans, les mains ligotées dans le dos. Accusée de sorcellerie par sa tante, elle a été jetée du quatrième étage. Dans le Bas-Congo, une « prophétesse » angolaise a brûlé vifs quatre jeunes enfants pour les délivrer de la sorcellerie. Dans la banlieue de Kinshasa, deux adolescents ont brûlé vif un autre jeune de 8 ans accusé d’être le sorcier qui a tué leur sœur, une étudiante décédée des suites d’une courte maladie. D’autres enfants, des centaines, accusés aussi de sorcellerie subissent des sévices physiques dans les églises de réveil et finissent par passer aux « aveux » qui confortent le « pouvoir » d’obscurs pasteurs… Pas un seul auteur de ces crimes et maltraitances n’a été poursuivi par la justice congolaise. D’où l’indignation, sous forme d’interrogation, du député européen Charles Goerens « Kabila ne contrôle rien ! Contrôlerait-il encore même Kinshasa ? ». L’homme politique belge participait à la conférence sur « Les enfants accusés de sorcellerie en Afrique subsaharienne » organisée, le 15 juin dernier au Parlement européen à Bruxelles, à l’initiative de la députée Véronique De Keyser…

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Une partie des intervenants avec, de gauche à droite : la journaliste belge Colette Braeckman, la députée européenne Véronique De Keyser, le journaliste Botowamungu Kalome, rédacteur en chef d’Afriqu’Échos Magazine ( AEM) et Jean-Jacques Schull de l’ONG IDAY International| Photo : © AEM


Une vue de l’assistance avec, de gauche à droite : Dinah (Ancienne assistante de direction du quotidien congolais Elima), Jean-Claude Tshikangu (membre d’une église de réveil en Belgique, mais aussi, mari et manager de la chanteuse Nana Lukezo), le journaliste Roger Diku (Congoone.net) et Francine Bazolele (Ancienne du quotidien Elima)


Marcel Conradt, assistant parlementaire de Véronique De Keyser qui a été, avec Anne Léger et Véronique Deschamps, les rouages nécéssaires de l’organisation impeccable de cette conférence

« C’est un privilège que d’être nommée chef de la mission de l’Union européenne dans ce contexte politiquement et militairement sensible »

11 décembre 2010

Les images de Kinshasa ne s’estompent pas et cette année aura vraiment été pour moi, une année africaine. De multiples séjours au Soudan où je dirigeais la mission d’observation électorale : de mars à juillet jusqu’à la remise du rapport final et puis, après les vacances, mon rapport sur les mutuelles de santé en Afrique, la visite parlementaire à Kinshasa. La semaine prochaine, session parlementaire à Strasbourg importante pour les Belges : on termine sans fanfare mais avec dignité la Présidence belge. Et samedi à 6h du matin, départ pour le Soudan. J’y dirige à nouveau une mission de 120 observateurs pour le référendum sur l’autodétermination du Sud qui doit se tenir le 9 janvier. Une semaine entière de vote, plus un lent décompte des voix dans une atmosphère électrique pour savoir si le Soudan reste uni ou se sépare en deux. J’ai pu constater à Kinshasa à quel point le dossier était sensible pour toute l’Afrique sub-saharienne. Si la guerre civile qui a duré jusqu’en 2005 a fait 2.000.000 de morts et 4.000.000 de déplacés, est encore dans tous les esprits – un Accord de paix en 2005 y a mis fin – les risques d’une nouvelle guerre si ce referendum n’avait pas lieu est bien présent. Donc, il faut y aller, garantir la légitimité du processus et persuader le Nord qu’il a tout à gagner à accepter le résultat des urnes. Je vous passe les négociations préalables, les intermédiaires qui se mettent en place comme le panel de haut niveau de l’ancien Président Sud-Africain Mbeki, l’œil vigilant des Américains, des Chinois, le soutien de l’Union européenne au référendum, et l’aide importante de l’ONU. Mais si l’impact d’une scission du Soudan sur les pays voisins serait grand et risquerait d’entraîner une instabilité dans la Corne de l’Afrique, celui d’une guerre serait bien pire et les pays riverains prennent déjà des mesures aux frontières pour contrôler un afflux potentiel de réfugiés. C’est un privilège que d’être nommée chef de la mission de l’Union européenne dans ce contexte politiquement et militairement sensible. J’en prendrai la mesure dès samedi.

Dans un tout autre registre, quelques mots encore de Kinshasa. Je voudrais revenir sur l’incroyable dynamisme social de la société civile. J’ai en tête deux moments forts : le Forum des Femmes que je co-présidais qui a commencé par une chanson contre la violence sexuelle à l’égard des femmes, qu’on a écoutée debout, avec la gorge nouée, et le Carrefour Paysan un peu à l’écart de Kinshasa, où des pays venus de toutes les provinces du Congo, structuraient leur mouvement. Il parait qu’aux Etats Unis quand un politicien parle de solidarité, c’est comme s’il disait un gros mot : il est immédiatement taxé de communiste. En Afrique, la solidarité, c’est le sang qui coule dans les veines, c’est la vie.

Reste à trouver le moyen d’irriguer par ce sang neuf, par cette créativité, des décideurs politiques, trop souvent corrompus. Certes, ils doivent dépasser les contingences du quotidien et de ses misères et avoir une vision politique plus large. Mais une vision politique qui ne s’appuie pas sur ses forces vives, qui ne part pas des besoins réels de la population, risque de se fourvoyer. C’est pour cela que les mutuelles de santé en Afrique sont intéressantes : à nouveau, c’est une dynamique sociale qui s’installe et qui peut guider des politiques gouvernementales en matière de santé. Il y a des centaines de mutuelles qui se créent en Afrique et nous pouvons dans ce domaine partager notre expérience belge, sans chercher à plaquer notre modèle sur le leur. La conférence que j’ai organisée à Bruxelles jeudi était éclairante sur ce point. Très contente de voir que le Commissaire européen Piebalgs, Laurette Onkelinx et André Flahaut soient venus l’inaugurer. Fait révélateur : Laurette et André ont parlé en militants socialistes, en passionnés, davantage qu’en ministres. Les participants m’ont dit après la conférence que les Belges avaient bien de la chance – Mais comment faites-vous avec des gens de cette qualité pour ne pas avoir de gouvernement ? Je n’ai pas osé répondre qu’on était aussi des spécialistes pour se tirer une balle dans le pied.

Propos choquants et inacceptables de la Présidente du Parlement wallon concernant les élections en Côte d’Ivoire

6 décembre 2010

Retour de Kinshasa…

6 décembre 2010

Dimanche 5 décembre. Retour de Kinshasa ce matin à 8h. Entre le départ dimanche dernier et l’atterrissage, 8 longs jours. Et pas une ligne alors que je m’étais promis d’écrire et que je trimballais mon ordi avec moi. Pourquoi ce silence non voulu ? D’abord sans doute à cause du tourbillon de tâches, d’information à capter, de visages nouveaux à découvrir qui s’empare de moi dès que j’arrive à l’étranger, en particulier dans un forum international comme celui de l’UE-ACP (Union Européenne – Afrique, Caraïbes, Pacifique). C’est fou. Mais plus profondément à cause de l’immersion dans un autre monde qui m’émeut. Qui me bouleverse. Et qui me frappe littéralement de silence. J’ai déjà parlé de cette espèce de schizophrénie qui m’atteint dans certains pays étrangers : le spectacle de la misère, de la dignité des gens, du courage avec lequel ils tentent d’en sortir malgré tout, tout cela rend mes mots dérisoires. Il me faut du temps quand je rentre, pour me resynchroniser à la vie de chez nous. Elle n’est pas facile, je le sais et beaucoup ne parviennent pas à nouer les deux bouts, mais cela n’a rien à voir avec les images qui me brouillent encore les yeux.

Kinshasa progresse très lentement. Au centre-ville, dix kilomètres de boulevards, fraîchement construits par les Chinois, améliorent la circulation qui reste cependant difficile, voire chaotique ailleurs. Tout autour du centre-ville, des bidonvilles sans électricité et parfois sans eau, continuent à s’étendre par cercles concentriques. On en trouve jusqu’à trente kilomètres du centre, dans la route qui va vers l’aéroport : ils se construisent encore au-delà. L’électricité viendra un jour, l’eau aussi, mais pour l’instant ce sont des agglomérats de cabanons insalubres, creusés par des flaques d’eau qui pullulent de moustiques et qui grouillent d’enfants et de femmes portant leur charge sur la tête. L’Union européenne a de beaux projets de pompages et d’acheminement de l’eau. Mais comme le disait le représentant de l’Union - Dans deux ans nous amènerons de l’eau pour 200.000 personnes en plus mais le problème c’est qu’ils seront à ce moment-là 600.000 de plus. Les besoins sont immenses. Autre projet de l’UE : le ramassage des ordures. L’UE, en concertation avec les autorités, a aménagé à distance de Kinshasa dans la brousse une déchetterie qui permet de déverser chaque jour l’équivalent de la moitié des ordures de Naples. Les ordures sont collectées par les habitants eux-mêmes, apportées parfois dans des brouettes aux centres de ramassage. Les citoyens reçoivent alors une petite contribution financière. Cette lutte contre le déversement sauvage de détritus donne à la ville un visage plus avenant et permet de la rendre plus salubre. Mais certains problèmes restent aigus et encore non résolus.

La pauvreté, la maladie, rejettent dans la rue de nombreux enfants orphelins du Sida, abandonnés ou ayant fui leur famille où ils étaient maltraités. Ce sont des proies faciles. Les plus jeunes meurent immédiatement s’ils ne sont pas pris en charge par des aînés qui les prostituent pour gagner un peu d’argent. La drogue circule chez ces jeunes. Et il y a un baptême, un rite, pour qu’un jeune soit accepté par les autres : un viol collectif. Autant dire que le Sida se propage très vite dans ce milieu et que parfois dès l’âge de douze ans, les fillettes tombent enceintes. Si elles ne sont pas prises en charge médicalement, elles risquent de mourir en accouchant, car c’est souvent par césarienne qu’il faut délivrer la jeune mère dont le corps n’est pas encore formé. J’ai été dans un dispensaire au milieu d’un de ces bidonvilles, tenu par des ONG, dont Médecins du monde et Unicef. Il en existe plusieurs dans la ville, très petits et très modestes, identiques aux autres cabanons qui les entourent. Mais un lieu d’accueil pour les jeunes mères, avec une équipe pluridisciplinaire, des soins médicaux et psychologiques. Cette prise en charge, y compris avec des équipes mobiles qui circulent dans la rue est coordonnée avec le programme national de la Santé des Adolescents. Mais chaque cas est un monde de désespoir. J’ai écouté la parole lente et hésitante d’une très petite fille qui venait d’accoucher par césarienne, une enfant livrée à la rue par sa famille car malade, qualifiée d’enfant sorcier car elle avait « des crises ». Puis violée, enceinte, Sida et je pourrais allonger sans fin le cortège de ses détresses. Il y en a des milliers comme elles. Difficile alors quand on rentre à l’hôtel de lâcher une vanne sur Facebook. Et tout aussi inutile d’y lâcher une larme : elle serait tout aussi indécente. Par contre, j’ai piqué une vraie colère quand le lendemain, mes collègues grenouilles de bénitier du Parlement européen ont refusé de voter un amendement demandant d’accroître les subsides destinés à la santé reproductive dans les pays en développement – soins à la mère, prévention du Sida, contraception etc… Ils ont été rejoints dans leur vote par nos collègues des pays ACP très religieux, au nom du droit à la vie. Et la vie de cette petite fille ? Est-ce qu’elle n’y avait pas droit elle aussi ??? Mais en République Démocratique du Congo, si plein de vie lui aussi, l’avortement est illégal, même en cas de viol, même quand c’est une toute petite, une très jeune fille. Dur, très dur.

Pourtant, le mouvement des femmes est impressionnant, les mouvements citoyens (mutuelles, carrefours de paysans) également. J’en parlerai très bientôt. Ce soir, dodo car demain, j’interviens dès 10h30 à Bruxelles, aux Journées sur le Développement. Le thème ? Le droit des enfants.

Œuvrons pour une politique de l’humain contre le Sida

1 décembre 2010

C’est actuellement en Afrique, dans le cadre du sommet Afrique-Caraïbe-Pacifique à Kinshasa, de la visite de la République Démocratique du Congo conduite par une délégation officielle du Groupe PS au Parlement européen, et de l’adoption de mon rapport «Soins de santé en Afrique Sub-saharienne et santé mondiale» et de mes projets de mutuelles, que je travaille, entre autres, à l’adoption de la Déclaration sur les Femmes et le SIDA. En cette journée Mondiale de Lutte contre le Sida – «Light for Rights» – ensemble, ici en Belgique, à l’autre bout du monde, mettons en lumière la solidarité avec les personnes séropositives et victimes de discriminations, œuvrons pour une politique de l’humain dont la mission la plus urgente, à mon sens, est de solidariser la planète.