Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

L’écrivaine qui osa défier le régime de Damas

5 février 2012


Samar Yasbek écrivaine et journaliste Syrienne, Véronique De Keyser députée européenne et vice-présidente du groupe S&D

Guy Duplat – Entretien Envoyé spécial à Paris
Mis en ligne le 03/02/2012

L’écrivaine Samar Yazbek a participé au soulèvement syrien depuis le début. Malgré les menaces, elle a témoigné et, exilée à Paris, elle va publier son “journal”.

Une femme de courage. Une écrivaine qui nous explique que c’était une « évidence » pour une écrivaine, de lutter et de témoigner sur ce qu’elle a vu et vécu en Syrie pendant les quatre premiers mois de la révolution. Un témoignage très dur, qu’elle a commencé à raconter à son arrivée en exil à Paris, en juillet dernier et qui sortira sous le titre « Feux croisés » (chez Buchet Chastel) en mars sous forme de son journal de bord du 25 mars au 9 juillet 2011, un livre qui éclaire d’une lumière crue la situation en Syrie. Elle sera ce mardi aux Halles de Schaerbeek, dans le cadre du cycle des littératures arabes. Nous l’avons rencontrée à Paris chez sa traductrice, Rania Samara.

Samar Yazbek, 41 ans, mère d’une fille de 17 ans en exil avec elle, est l’auteur de quatre romans (« Parfum de cannelle » sera le premier traduit en français, en 2013), de recueils de nouvelles et de plusieurs scénarios.

Déjà avant le déclenchement de la révolution, vos romans contestaient le régime.

Dans « Glaise », je mettais en cause l’institution militaire en parlant d’un conflit entre deux officiers dont l’un était un alaouite, du clan du président, et l’autre, un pauvre obligé de corrompre pour avancer. Etant moi-même une alaouite, je connais le système syrien de l’intérieur.

Vous êtes de la même confession, du même clan que l’équipe au pouvoir à Damas. C’est étonnant ?

Mon rôle dans la révolution m’a valu d’être rejetée par toute ma famille et tous mes proches. Mais je connais bien les rouages internes et suis bien placée pour les dénoncer. Le fait d’être alaouite m’a sans doute évité d’être emprisonnée. Le régime ne voulait pas montrer qu’il y avait des alaouites contre lui car cela aurait cassé leur thèse d’une révolution qui serait un conflit religieux entre sunnites et chiites alaouites. Mais pour moi, ces considérations sont sans intérêt. Ma présence en Syrie dans les groupes qui ont mené la révolution était un témoignage que ce conflit n’a rien de sectaire ou de communautaire, c’est la lutte d’un peuple contre les exactions d’un régime.

Réfugiée politique à Paris depuis juillet, que pouvez-vous encore faire ?

Ma première tâche fut de témoigner, y compris devant le Parlement européen, sur ce qui se passe là-bas, sur les exactions commises et sur les tortures en prison dont j’ai été le témoin. J’ai transmis tout ce que je savais de ces quatre premiers mois de lutte sur lesquels, en Europe, on ne savait rien. Je me considère comme un « passeur ». J’ai continué aussi à écrire ce journal commencé sur place et qui sera publié en mars en français et simultanément en arabe. J’essaie aussi, via des ONG humanitaires, d’aider les gens sur place, mais je suis très frustrée de ne plus avoir les contacts que j’avais sur place.

Comme écrivaine et comme femme, vous sentiez que vous deviez réagir ?

Je suis une rebelle depuis que j’ai 16 ans. Je me suis battue contre les traditions qui oppriment les femmes, j’ai fugué à 16 ans, je me suis mariée, j’ai divorcé, j’éduque seule ma fille. On voit beaucoup de femmes dans la lutte en Syrie car, effectivement, elles ont dû déjà se battre contre les discriminations qui les frappent.

Mais ce qu’on voit en Egypte, en Libye, en Tunisie, est inquiétant en ce qui concerne le droit des femmes ?

Je suis très inquiète de ce qui pourrait se passer comme régression islamique. La période de transition sera sans doute longue avec des épisodes de chaos, des tragédies peut-être, mais cela débouchera ensuite sur une société plus juste et les femmes devront continuer à se mobiliser pour faire évoluer ces sociétés.

Après avoir vécu ça, peut-on encore écrire des romans avec des rêves et de l’amour ?

Bien sûr, et j’en écrirai encore, mais actuellement toute mon attention, mon devoir, mon cœur, sont tournés vers la révolution. Je suis dans un état de douleur perpétuelle dont je ne peux pas me détacher. Grande lectrice, je ne peux plus rien lire d’autre que des documents sur la Syrie (je lis maintenant une histoire des alaouites). Pour ma fille aussi ce fut un arrachement douloureux.

Que pensez-vous de l’appui international à cette révolution ? Beaucoup plus faible que pour les autres révolutions ? Et peu d’intellectuels syriens sur place font comme vous ?

Il est vrai que sur place, peu d’écrivains osent bouger car ils ont peur. Surtout les écrivains plus traditionnels alors que les jeunes sont plus actifs, y compris par leurs vidéos. Sur un plan plus large, il est clair que les pays occidentaux ont été lents à réagir à cause de la proximité d’Israël et du Liban. Les Américains ne voyaient pas quel gouvernement de remplacement pourrait sauvegarder leurs intérêts dans la région et quel bénéfice sur place (pétrole) ils auraient en échange comme ils l’ont trouvé en Libye. Et pendant des mois, le régime a pu faire preuve d’une violence inouïe à l’égard de sa population qui était pourtant désarmée contrairement à ce qui s’était passé en Libye. Le régime syrien a été habile depuis des années à garder en main de nombreuses cartes stratégiques.

Le 7 décembre 2011, Véronique De Keyser et le groupe Socialistes & Démocrates recevaient l’écrivaine et journaliste Samara Yazbek au Parlement européen, dans le cadre de la conférence “La Syrie à la croisée des chemins” et pour saluer, entre autres, son courageux combat – malgré les menaces de mort pour ses positions contre le régime de Bachar Al Assad – comme militante pour les droits des femmes et aux côtés des manifestants et des comités de coordination de la révolution syrienne.

Martin (Schulz) préside le Parlement européen

19 janvier 2012

Olivier le Bussy
Mis en ligne le 17/01/2012

Le social-démocrate allemand succède à Jerzy Buzek au perchoir. Son bouillant tempérament ne doit pas occulter qu’il est un redoutable animal politique.

Portrait

Le social-démocrate allemand Martin Schulz a été élu ce mardi à la présidence du parlement européen, et cela jusqu’en 2014.

Outre la couleur politique, l’Allemand se distingue de son prédécesseur par une personnalité différemment affirmée. « C’est certain que Martin Schulz est différent de Jerzy Buzek sur le style et sur la forme », reconnaît l’eurodéputé libéral-démocrate britannique Andrew Duff, spécialiste des questions institutionnelles. Autant l’ancien Premier ministre polonais a poli son image de « sage » durant les deux ans et demi qu’ont duré son mandat, autant Martin Schulz est connu pour son caractère, disons, entier. « Martin Schulz, c’est une combinaison assez extraordinaire : il peut être provocateur, dictatorial, exploser de colère, et en même temps, c’est quelqu’un d’une grande chaleur humaine », commente la Belge Véronique De Keyser, vice-présidente du groupe S&D au Parlement européen.

Ce bouillant tempérament ne doit pas occulter le fait que Martin Schulz est un redoutable animal politique, « qui garde le contrôle absolu sur les objectifs qu’il poursuit », poursuit l’eurodéputée belge. Car s’il arrive au libraire de formation, né à Hehlrath, le 20 décembre 1955, de monter aussi vite que le lait sur le feu, il sait aussi se montrer calculateur.

Martin Schulz disait ainsi pis que pendre du bilan de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne. Mais à l’heure de la réélection du Portugais, il a mis une sourdine à ses critiques. Faute d’accord interne (et d’alternative) de son groupe sur la question, certes, mais aussi pour ne pas griller l’accord politique avec le Parti populaire européen qui lui offrait sur un plateau la présidence du Parlement pour la seconde partie de la législature 2009-2014. « En politique, il faut parfois voir un ou deux coups plus loin », glisse, compréhensive la Belge Isabelle Durant (Verts), vice-présidente du Parlement.

A son engagement pour l’intégration européenne, Martin Schulz reste en revanche indéniablement fidèle, souligne Andrew Duff. L’Allemand – qui fut de 1987 à 1998 maire de Würselen, dans l’arrondissement d’Aix-la-Chapelle, à un jet de pierre de la frontière belge – fréquente en effet les travées du Parlement européen depuis 1994. Dix ans plus tard, le membre du bureau SPD allemand a pris les rênes du groupe socialiste, devenu social-démocrate depuis.

En 17 ans de présence au Parlement, ce polyglotte (il manie avec aisance le français et l’anglais) s’est fait connaître du grand public par les polémiques qu’il a provoquées. La passe d’armes qui l’a opposé, en 2003, à l’alors président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, dont le pays occupait la présidence tournante de l’Union, est restée célèbre. « Monsieur Schulz, je sais qu’en Italie il y a un producteur qui en train de monter un film sur les camps de concentration nazi : je vous proposerai pour le rôle de kapo. Vous êtes parfait », avait persiflé le Cavaliere, en réponse aux critiques que lui adressait l’Allemand, créant un incident diplomatique entre Rome et Berlin.

« M. Schulz a la tête de Lénine et parle comme Hitler », avait pour sa part déclaré en 2009 le vieux leader français d’extrême droite, Jean-Marie Le Pen, après que le président du groupe S&D avait contribué à l’empêcher de siéger comme président du Parlement européen, pour la première séance plénière de la législature, rôle qui échoit d’habitude au doyen de l’hémicycle.

Et personne n’a oublié le sonore  » Ta gueule, Martin ! » que lui adressa son homologue Vert, Daniel Cohn-Bendit, agacé que le social-démocrate commente son intervention.

Martin Schulz sait encaisser les coups, mais aussi les distribuer. Comme lorsqu’il avait comparé les eurodéputés socialistes français à des pigeons : « Quand ils sont en haut, ils vous ch . sur la gueule, et quand ils sont en bas ils vous bouffent dans la main. » Pour la diplomatie, on repassera.

Président du Parlement européen, le social-démocrate ne pourra cependant plus attaquer bille en tête les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union – qui, en grande majorité, appartiennent à des formations de droite, comme la chancelière allemande Angela Merkel dont il est un farouche opposant – à la table desquels il sera désormais invité, en ouverture de chaque sommet européen. « Il portera la voix de l’ensemble de l’institution. Il ne pourra pas se permettre de prendre des positions qui n’ont pas le consentement du Parlement européen », prévient Andrew Duff.

Institution dont le nouveau président défendra les prérogatives bec et ongles, prévient Véronique De Keyser : « Il juge qu’en vertu du pouvoir que lui confère le traité de Lisbonne, le Parlement n’a pas encore la place qu’il devrait avoir – notamment pour tout ce qui touche à la gouvernance économique. C’est son cheval de bataille ». Isabelle Durant complète : « C’est quelqu’un d’assez offensif. C’est important dans une période où le Parlement européen doit montrer qu’il existe. »

Sans doute la présidence du Parlement européen n’est-elle pas la dernière étape politique de Martin Schulz, auquel d’aucun prête l’ambition de s’installer au dernier étage du Berlaymont, siège de la Commission européenne. « Cela ne m’étonnerait pas qu’il vise autre chose, il pense déjà la suite », glisse Véronique De Keyser. Sans perdre de vue la destinée de « son » groupe social-démocrate, à la tête duquel il souhaiterait installer un de ses proches, l’Autrichien Hannes Swoboda. « Je lui ai demandé s’il montait un scénario à la Poutine-Medvedev, plaisante Véronique De Keyser. ‘Une chose me distingue de Poutine ’, m’a-t-il répondu. ‘Moi, je ne reviendrai jamais dans mon groupe social-démocrate.’ »

Un Etat palestinien à terme

30 septembre 2011

Mise en ligne sur La Libre.be le 29/09/2011.

Une résolution prônant la reconnaissance d’un Etat palestinien sera votée. Mais sans se prononcer sur la demande déposée à l’Onu.

Difficile pour le Parlement européen de répondre par un silence radio à la demande de reconnaissance d’un Etat palestinien déposée par Mahmoud Abbas, le 23 septembre dernier à l’Organisation des Nations unies. Les eurodéputés ne pouvaient pas ne pas réagir, ils vont le faire par une « résolution sur la situation en Palestine » qui sera votée ce jeudi. Fruit de négociations entre les groupes politiques, ce texte ne se prononcera pas sur l’opportunité d’accéder à la requête du président de l’Autorité palestinienne mais reconnaîtra comme un objectif ultime le droit du peuple palestinien à disposer d’un Etat à part entière. « Je comprends la démarche d’Abbas, commentait le Français Alain Lamassoure (PPE, conservateurs). Coincé par l’impasse totale des négociations de paix, la poursuite de la politique de colonisation par Israël et l’impossibilité d’organiser des élections puisque le Hamas s’y oppose en ce qui concerne Gaza, Abbas a choisi d’aller à l’Onu pour obliger tout le monde à bouger. »

Reste qu’un aval franc et massif n’est pas envisageable pour cet élu UMP qui met en avant la solution préconisée par la diplomatie française, à savoir le statut d’Etat observateur (comme celui du Vatican) donnant à la Palestine tous les droits à l’Onu sauf celui de voter.

Dans l’hémicycle, la libérale belge Frédérique Ries a eu une position assez proche lors d’un débat avec Catherine Ashton, haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères. L’eurodéputée a soutenu « le droit du peuple palestinien à avoir enfin un Etat en bonne et due forme ». « Nous sommes à peu près tous d’accord dans l’hémicycle », souligna-t-elle avant d’affirmer « comprendre le jusqu’au-boutisme de Mahmoud Abbas dans sa demande maximaliste mais inéluctable face à l’enlisement des négociations et à la frilosité du gouvernement israélien actuel. » Elle reste cependant convaincue « qu’il n’y a pas de raccourci à la paix » et que celle-ci « doit être négociée » avant toute reconnaissance officielle.

C’est là que le bât blesse entre la droite et la gauche du Parlement, comme le confirme une autre Belge, la socialiste Véronique De Keyser. « Sur la question des négociations de paix en se basant sur les frontières de 1967 et l’arrêt des colonies, il n’y a pas de clivages entre les groupes, déclare-t-elle, mais c’est la demande d’Abbas à l’Onu qui pose des difficultés. Pour mon groupe, il faut la soutenir même si on sait qu’un veto américain est très probable. Abbas s’est engagé sur la voie des négociations de paix et sur la non-violence tout en créant des institutions politiques dont tout le monde se réjouit, l’Europe la première. Soutenir sa demande serait une manière de le conforter par rapport aux extrémistes de son camp dans un contexte de printemps arabe où le risque de déflagration est réel dans un contexte géopolitique complexe. Mon groupe et celui des Verts ont en tout cas pris une position claire pour soutenir le statut de membre à part entière de la Palestine à l’Onu. Elle y a droit depuis 1999, date de la fin de la période transitoire suivant les accords d’Oslo. Clinton avait à l’époque convaincu Arafat de revenir d’abord à la table des négociations et la communauté internationale avait promis de reconnaître l’Etat palestinien « au moment opportun ». Le moment est venu, il est minuit moins cinq ! »

Pas encore tout à fait, sous-entend la résolution commune, même s’il est temps de se réveiller.

Proche-Orient: la longue marche vers l’Etat Palestinien.

29 septembre 2011

Pour découvrir l’infographie animée de La Libre, cliquer ici.

Israël: les frontières depuis 1948.

29 septembre 2011

Pour découvrir l’infographie animée de La Libre, cliquer ici.

Hessel : « Engagez-vous ! »

10 mars 2011

Guy Duplat
Mis en ligne le 09/03/2011
L’auteur du triomphal “Indignez-vous !” continue son combat militant.

Stéphane Hessel, 93 ans, a connu en 2010 un triomphe inattendu avec son opuscule, « Indignez-vous ! » (Éditions Indigène), vendu déjà à plus de 1,7 million d’exemplaires. Il poursuit sa campagne avec un nouveau livre qui sort en libraire le 10 mars et porte un titre tout aussi martial : « Engagez-vous ! » (Éditions de l’aube). Un texte qui, pour l’essentiel, ne fait que prolonger, voire délayer, ce qui faisait l’énergie surprenante du très court pamphlet précédent. « Indignez-vous ! » avait la force de l’éclair : vingt pages seulement, mais au style prophétique et signées d’un résistant, survivant des camps, signataire de la charte universelle des droits de l’homme, une conscience morale qui veut nous réveiller d’une torpeur morbide.

S’appuyant sur le programme du Conseil national de la Résistance qui s’était indigné du nazisme, il estime que la situation actuelle (inégalités sans cesse croissantes entre riches et pauvres, droits de l’homme bafoués, planète en danger) appelle le même élan. Il le rappelle dans ce nouveau livre de 60 pages auquel sont joints les textes de la déclaration des droits de l’homme et du programme du Conseil national de la Résistance.

Dans ce livre, Hessel répond aux questions d’un jeune de 25 ans Gilles Vanderpooten. À nouveau, il estime inadmissible ce qui se passe et qui nécessite une réaction comme fut celle de la Résistance : « refuser le diktat du profit et de l’argent, s’indigner contre la coexistence d’une extrême pauvreté et d’une richesse arrogante, refuser les féodalités économiques, assurer la sécurité sociale  » Résister, c’est alors, « refuser de se laisser aller à une situation qu’on pourrait accepter comme malheureusement définitive ». Stéphane Hessel en appelle avant tout aux jeunes qu’il rencontre et à qui il demande : « Interrogez-vous sur ce qui vous indigne et vous scandalise et quand vous l’aurez découvert, tachez de connaître concrètement comment il vous est possible d’agir pour lutter contre. »

Stéphane Hessel justifie son nouvel ouvrage en s’avouant « préoccupé par l’écart incommensurable qui existe entre les forces politiques et la jeunesse française ». Selon lui, « le monde déstabilisé dans lequel nous vivons depuis la crise mondiale -déstabilisé par les grands profiteurs de l’économie financiarisée mondiale- ce monde-là est détestable. Il faut le transformer le plus rapidement possible en un monde où la justice, l’égalité pour tous, la liberté pour tous puissent trouver leurs assises. »

Pour lui, tout commence par la défense des droits de l’homme, celle des sans-papier et des sans-logis. Mais dans « Engagez-vous ! », Stéphane Hessel, proche des écologistes – il a soutenu la liste Europe Écologie aux élections européennes de 2009 – insiste également sur la défense de l’environnement, à laquelle il consacre plusieurs chapitres. « Sorti des camps, le problème du respect des droits de l’homme me paraissait la chose la plus importante. [ ] La façon dont le gouvernement français traite le droit d’asile et les sans papiers est révoltante. Nous devons être nombreux à protester contre ces formes de violation des droits élémentaires. [ ] Aujourd’hui, je vois donc l’avenir comme devant respecter à égalité les droits de la personne humaine et les droits de la nature. »

Stephane Hessel croit en l’homme, capable du pire comme du meilleur. Il croit surtout aux jeunes et pense que chacun peut lutter, à son niveau, contre ce qu’il ressent comme inacceptable, même si aujourd’hui, l’ennemi n’est pas aussi identifiable que du temps du nazisme. L’ennemi est diffus, insaisissable. Et le risque est de se dire qu’il n’y a de toute manière rien à faire, « c’est comme ça ». C’est ce défaitisme qu’Hessel combat en voulant montrer à nouveau que l’engagement sartrien est ce qui définit un homme.

Un objectif toujours actuel.

« Engagez-vous ! » Stéphane Hessel, Éditions de l’Aube, 93 pp., env. : 7 euros

Revue de presse événements à Gaza

31 décembre 2008