Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Laïcité aujourd’hui ! Et demain ?

25 février 2013

affichemars

Texte de Débat – Laicité en Europe

9 janvier 2013

Le 6 Décembre, Véronique De Keyser a eu l’occasion de faire une présentation sur « la Laïcité dans la construction européenne » à l’Université de Mons. Ce sujet a aussi été la base de son intervention lors de ses conférences à Lyon (Europe et Laïcité) et à Montpelier (Maisons de la Laïcité) qui ont eu lieu le weekend du 1er décembre. Voici le texte de son intervention:

LAICITE ET RELIGIONS DANS LA CONSTRUCTION EUROPEENNE : NI GUERRE NI PAIX.

Véronique De Keyser, Membre du Parlement européen et Vice-présidente du groupe des Socialistes et Démocrates

1. Introduction

Entre laïcité et religions dans la construction européenne, le temps n’est ni à la guerre, ni à la paix : c’est l’Europe qui est en danger. Et la question est bien allons-nous soutenir l’Europe ou la laisser se vider de l’intérieur? L’euroscepticisme gagne du terrain. L’extrême droite aussi. Manifestement, si durant un demi-siècle les citoyens ont pu croire que l’Europe de la paix, de la prospérité, des valeurs humanistes, se ferait sans eux à travers une progression lente des institutions européennes et un élargissement continu de ses Etats-membres, ce rêve est fracassé. Il n’est pas possible de bâtir l’Europe sans les citoyens, et en particulier contre eux. Et toutes les composantes de la société doivent y concourir. La laïcité se trouve donc au pied du mur. Elle a face à elle des églises qui ont un projet d’Europe chrétienne ancré dans les fondements de la construction européenne et la laïcité, ce n’est un secret pour personne, peine à se structurer au niveau européen. Les diversités nationales de la laïcité, la difficulté de dévoilement pour les obédiences maçonniques, les luttes de pouvoir dans les structures à mettre en place, la question de la représentativité, paralysent le débat laïque en Europe. Et pourtant il n’est plus temps de se demander si l’eau est bonne quand on est en train de se noyer.

Les oppositions entre laïcité et religion ont fait rage en Europe au cours de ces dernières années et se sont cristallisés autour de deux piliers :
– le droit à la vie, avec tous ses corollaires : droit des femmes, avancées scientifiques, droits des gays et lesbiennes etc.
– le dialogue structuré de l’Union avec les Eglises et les associations philosophiques, imposé par le Traité de Lisbonne dans son article 17.

Chacun de ces piliers est important en soi ; tous deux cependant sont loin d’avoir été des victoires pour le camp de la laïcité, si camp il y a.

On peut d’ailleurs se demander, lorsque des victoires ont été acquises, si elles ont été le fruit d’un engagement laïque, ou de segments actifs d’une société civile de moins en moins pratiquante quelles que soient ses croyances profondes. Je pense notamment au combat des femmes à vivre librement leur corps, combat qui a réunit croyantes et non croyantes dans un même souci de choisir le moment de fonder une famille et d’avoir un enfant…….

…….. Cliquez ici pour voir le texte intégral de l’intervention à Mons

Un weekend bien chargé!

4 décembre 2012

Jeudi:
- Réunion du comité des Droits de l’homme
* Droits de l’homme en Iran
* Responsabilité sociale des entreprises
- Réunion avec des représentants de Médecins du Monde sur la mise en place d’un programme de démocratisation de soins de santé en Tunisie.
- Départ pour Montpellier
- Vote sur le statut de la Palestine à l’ONU!

Vendredi:
- Réunion avec les Maisons de la Laïcité française et belge pour une mise en place d’une fédération européenne pour les Maisons de la Laïcité partout en Europe.

Samedi:
- Conférence-débat organisée par le collectif 1905 Rhône Alpes, dans le cadre de la journée de la Laïcité 2012: EUROPE ET LAICITE.

Rencontre à la maison des femmes et de la laïcité à Angleur ce samedi 15 septembre 2012

17 septembre 2012

Pierre Galand nouveau président de la Fédération Humaniste Européenne‏

4 juin 2012

Pierre Galand élu président de la Fédération Humaniste Européenne (FHE)

Ce vendredi 25 mai 2012, à l’issue de l’Assemblée générale de la Fédération humaniste européenne qui se tenait à Utrecht (Pays-Bas), Pierre Galand a été désigné président de la FHE pour trois ans et succède ainsi au Britannique David Pollock, qui s’est dépensé sans compter au service de la fédération depuis son accession à la présidence en 2006.

La FHE, qui regroupe plus de cinquante associations laïques en Europe, défend la séparation des Eglises et des Etats. Elle est un partenaire officiel de l’Union européenne au titre de l’article 17 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) et intervient régulièrement au Conseil de l’Europe et à l’OSCE.

Pierre Galand, également président du Centre d’Action Laïque (Belgique), a déclaré : « La FHE doit plus que jamais rassembler les laïques en Europe pour défendre des libertés remises en questions par les lobbies religieux conservateurs. Le problème n’est évidemment pas la croyance, qui est respectable, mais l’exploitation politique qu’en font certains. En ce sens, la FHE entend œuvrer avec d’autres à la construction d’une Europe progressiste et solidaire ».

La vidéo interview de Pierre Galand

9 décembre 2011, jour anniversaire de la Loi de 1905, loi française de séparation des Églises et de l’État

13 décembre 2011

Après vingt-cinq ans d’une vive polémique opposant deux conceptions de la place des églises dans la société, c’est à l’initiative du député socialiste Aristide Briand, défenseur d’une laïcité sans excès, que la loi de 1905 est adoptée. Bien que le mot de laïcité ne se trouve pas dans le texte, ainsi naît la laïcité à la française. Dans son Article 1, la loi proclame « la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes », comme en écho à l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ». L’État manifeste ainsi sa volonté de neutralité religieuse tout en « garantissant » à chacun les moyens d’exercer librement sa religion, dans le respect d’autrui. Toutefois, dans son article 2, la loi stipule que « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. (…) » Plus d’un siècle après son adoption, respecter la diversité en veillant à l’unité de la nation, construire une Europe unie dans sa pluralité, restent plus que jamais des objectifs essentiels de la laïcité. Puisse-t-elle continuer à développer une véritable intelligence collective, davantage soucieuse du bien commun à l’échelle de l’humanité que des ambitions matérielles et des stratégies communautaristes.

La laïcité, un combat fondamental pour Véronique De Keyser

5 décembre 2011

Militante convaincue de la laïcité, Véronique De Keyser multiplie les actions et cherche à combattre au sein-même du Parlement, l’explosion d’un fait religieux qui ne trouve guère de contre-partie philosophique. Dès 2007, elle obtient du Président européen d’organiser à chaque session de Strasbourg « Les petits déjeuners de la Libre Pensée » qui font pendant à la messe célébrée en ces lieux… En 2009, elle organise, entre autres, le colloque “La laïcité et l’Europe” avec les représentants des associations philosophiques et non-confessionnelles et les différentes églises. En 2011, en partenariat avec le CAL, elle préside la grande conférence « Sciences et croyances ». En octobre dernier, son combat pour la laïcité s’illustre une fois encore avec le nouveau colloque qu’elle initie « Quel dialogue la laïcité veut-elle mettre en place avec l’Union européenne ? »

Au cours de ce colloque, elle souligne les points suivant : L’article 17 du Traité de Lisbonne est, depuis le 1er décembre 2009, une réalité.
1. L’Union respecte et ne préjuge pas du statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les églises et les associations ou communautés religieuses dans les États membres.
2. L’Union respecte également le statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les organisations philosophiques et non confessionnelles.
3. Reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec ces églises et organisations.

De très nombreuses questions se posent. Comment mettre en oeuvre démocratiquement l’article 17 du Traité de Lisbonne? Quelles formes lui donner, quels contenus, quelles limites, quels objectifs? Quels thèmes abordés? Dialogue séparé des organisations non-confessionnelles avec l’Union ou en commun avec les églises? Qui établit la liste des associations invitées au dialogue? Pouvons-nous laisser ce choix à l’Union, au Bepa? Sur base de quelle(s) liste(s)?

Le 30 mai dernier, les hauts responsables des religions sont reçus successivement par le Président du Conseil, par le Président de la Commission et ensuite par le Président du Parlement européen : les Anglican Church, Churches of the reformation, Conférences des Eglises européennes, Communautés islamiques, Communautés boudhistes, les Grands rabbins, Eglises orthodoxes, Eglise catholique romaine et Comece. Et la responsabilité du dialogue entre le Parlement et les églises mais aussi avec les organisations non-confessionnelles est confiée au Député roumain/hongrois, Laszlo Tökés, Vice-Président du Parlement, qui fut, avant d’être Député européen, Évêque-Éparchie (diocèse) réformée de Piatra Craiului (depuis 1990). Pasteur – Timişoara (1986 – 1990). Pasteur – Braşov (1975 – 1977) et Dej (1977 – 1984).

Monsieur Buzek, Président du Parlement, à la question de Véronique De Keyser lui faisant par de son étonnement devant cette désignation, lui répond: « The Vice President of the Parliament with responsibility for article 17 dialogue, Mr Tökès, presented a report to the Parliament’s Bureau on the first consultation. He will do likewise following the second consultation. Obviously, I do not wholly your view about my decision to designate Mr Tökès as the Vice President in this field. It is , of course, a decision of the President as to which duties to assign to each Vice President in the bureau. I cannot agree that Mr Tökès’ previous function as a Bishop in the Reform Church in Romania should preclude him from being my designee for this responsibility (…) ».

Pour l’eurodéputée, il est important que les organisations non-confessionnelles se positionnent et définissent au plus tôt comment elles voient l’organisation pratique de ce dialogue avec l’Union européenne. Définir ensemble les objectifs, les formes, les limites à donner à ce dialogue, est le ciment de cette réunion du 20 octobre à laquelle les Présidents Barroso, Van Rompuy et Buzeck sont invités à participer, mais ils signalent que leur emploi du temps ne leur permet pas d’être présents. Monsieur Van Rompuy sera néanmoins représenté par un de ses collaborateurs, Monsieur Praet. Monsieur Buzeck, en sa qualité de Président du Parlement, confirme que le Parlement ne souhaite pas imposer sa vision de la façon de structurer le dialogue, mais que ce soit les parties concernées (églises, organisations philosophiques et non-confessionnelles) qui définissent comment elles souhaitent voir le dialogue évoluer. Il précise cependant : « As I stated clearly my opening remarks, this meeting was the first phase of the Parliament’s formal consultation of organizations covered by article 17 » Monsieur Barroso, Président de la Commission, quant à lui, déclare que la réunion « du 30 mai avec des dignitaires de diverses confessions religieuses n’était pas l’ouverture officielle du dialogue avec les églises et organisations religieuses. Cette réunion reprenait plutôt la formule déjà utilisée dans la série de rencontres (…) organisées depuis le début de mon premier mandat, en 2005. » Monsieur Barroso signale dans le même courrier qu’il organisera une rencontre (similaire à celle organisée le 30 mai) avec les organisations philosophiques et non-confessionnelles le 30 novembre prochain.

Il importe qu’avant cette rencontre annoncée par Monsieur le Président de la Commission, les organisations non-confessionnelles se rencontrent afin de débattre ensemble, le plus largement possible, comment elles souhaitent que ce dialogue (contraignant depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne) soit organisé. C’est pourquoi, le 20 octobre 2011 Véronique De Keyser organise cette conférence afin de réfléchir sur la façon dont les organisations philosophiques et non-confessionnelles veulent que ce dialogue (ouvert, régulier et transparent) soit organisé avec la Commission, le Conseil et le Parlement comme le prévoit l’article 17 du Traité de Lisbonne. Le Traité prévoit en effet que ce dialogue qui n’avait lieu jusqu’à présent qu’avec la seule Commission, ait lieu avec non seulement la Commission, mais aussi avec le Conseil et le Parlement. Monsieur Van Rompuy, Président du Conseil, précise alors à Madame De Keyser « (…) je ne peux qu’encourager les représentants des Eglises et des organisations philosophiques et non confessionnelles à réfléchir, ensemble ou séparément, à comment rendre ce nécessaire dialogue plus effectif. Je pense donc que, si la rencontre du 20 octobre (que vous programmez) va dans ce sens, elle ne peut être que constructive et utile. » Madame Nadia Geerts (Rappel) et Messieurs Jean-Michel Quillardet (Président de l’Observatoire international de la Laïcité), Pierre Galand (Président du Centre d’Action laïque, et Vice-Président de la Fédération Humaniste européenne) acceptent d’intervenir dans le débat du 20 octobre et de donner leur vision du problème, suivie d’un très large débat avec la salle.

Comme annoncé, le 30 novembre 2011 Monsieur Buzek, Président du Parlement, et Laszlo Tökés, Vice-Président du Parlement, organisent lun colloque « European Parliament implemantation of Article 17, Lisbon Treaty ». Le 1er décembre 2011, suite à cet événement, Le Soir publie un article (voir ci-dessous) tendant à montrer que le dialogue européen avec les organisations philosophiques et non-confessionnelles semble s’améliorer…

Cliquer sur l’article publié dans Le Soir pour l’agrandir

Pour Véronique De Keyser le combat continue. Si la liberté de religion et de conviction est un principe fondamental de la laïcité, garante du respect des opinions de toutes et de tous, à l’heure où les religions tiennent une place importante et entraînent parfois des divisions et des dérives, la députée européenne défend plus que jamais une éthique laïque qui peut intégrer les différences, rassembler, constituer et défendre un espace public de pluralisme, de discussion d’idées, et de tolérance.