



Militante convaincue de la laïcité, Véronique De Keyser multiplie les actions et cherche à combattre au sein-même du Parlement, l’explosion d’un fait religieux qui ne trouve guère de contre-partie philosophique. Dès 2007, elle obtient du Président européen d’organiser à chaque session de Strasbourg « Les petits déjeuners de la Libre Pensée » qui font pendant à la messe célébrée en ces lieux… En 2009, elle organise, entre autres, le colloque “La laïcité et l’Europe” avec les représentants des associations philosophiques et non-confessionnelles et les différentes églises. En 2011, en partenariat avec le CAL, elle préside la grande conférence « Sciences et croyances ». En octobre dernier, son combat pour la laïcité s’illustre une fois encore avec le nouveau colloque qu’elle initie « Quel dialogue la laïcité veut-elle mettre en place avec l’Union européenne ? »
Au cours de ce colloque, elle souligne les points suivant : L’article 17 du Traité de Lisbonne est, depuis le 1er décembre 2009, une réalité.
1. L’Union respecte et ne préjuge pas du statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les églises et les associations ou communautés religieuses dans les États membres.
2. L’Union respecte également le statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les organisations philosophiques et non confessionnelles.
3. Reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec ces églises et organisations.
De très nombreuses questions se posent. Comment mettre en oeuvre démocratiquement l’article 17 du Traité de Lisbonne? Quelles formes lui donner, quels contenus, quelles limites, quels objectifs? Quels thèmes abordés? Dialogue séparé des organisations non-confessionnelles avec l’Union ou en commun avec les églises? Qui établit la liste des associations invitées au dialogue? Pouvons-nous laisser ce choix à l’Union, au Bepa? Sur base de quelle(s) liste(s)?
Le 30 mai dernier, les hauts responsables des religions sont reçus successivement par le Président du Conseil, par le Président de la Commission et ensuite par le Président du Parlement européen : les Anglican Church, Churches of the reformation, Conférences des Eglises européennes, Communautés islamiques, Communautés boudhistes, les Grands rabbins, Eglises orthodoxes, Eglise catholique romaine et Comece. Et la responsabilité du dialogue entre le Parlement et les églises mais aussi avec les organisations non-confessionnelles est confiée au Député roumain/hongrois, Laszlo Tökés, Vice-Président du Parlement, qui fut, avant d’être Député européen, Évêque-Éparchie (diocèse) réformée de Piatra Craiului (depuis 1990). Pasteur – Timişoara (1986 – 1990). Pasteur – Braşov (1975 – 1977) et Dej (1977 – 1984).
Monsieur Buzek, Président du Parlement, à la question de Véronique De Keyser lui faisant par de son étonnement devant cette désignation, lui répond: « The Vice President of the Parliament with responsibility for article 17 dialogue, Mr Tökès, presented a report to the Parliament’s Bureau on the first consultation. He will do likewise following the second consultation. Obviously, I do not wholly your view about my decision to designate Mr Tökès as the Vice President in this field. It is , of course, a decision of the President as to which duties to assign to each Vice President in the bureau. I cannot agree that Mr Tökès’ previous function as a Bishop in the Reform Church in Romania should preclude him from being my designee for this responsibility (…) ».
Pour l’eurodéputée, il est important que les organisations non-confessionnelles se positionnent et définissent au plus tôt comment elles voient l’organisation pratique de ce dialogue avec l’Union européenne. Définir ensemble les objectifs, les formes, les limites à donner à ce dialogue, est le ciment de cette réunion du 20 octobre à laquelle les Présidents Barroso, Van Rompuy et Buzeck sont invités à participer, mais ils signalent que leur emploi du temps ne leur permet pas d’être présents. Monsieur Van Rompuy sera néanmoins représenté par un de ses collaborateurs, Monsieur Praet. Monsieur Buzeck, en sa qualité de Président du Parlement, confirme que le Parlement ne souhaite pas imposer sa vision de la façon de structurer le dialogue, mais que ce soit les parties concernées (églises, organisations philosophiques et non-confessionnelles) qui définissent comment elles souhaitent voir le dialogue évoluer. Il précise cependant : « As I stated clearly my opening remarks, this meeting was the first phase of the Parliament’s formal consultation of organizations covered by article 17 » Monsieur Barroso, Président de la Commission, quant à lui, déclare que la réunion « du 30 mai avec des dignitaires de diverses confessions religieuses n’était pas l’ouverture officielle du dialogue avec les églises et organisations religieuses. Cette réunion reprenait plutôt la formule déjà utilisée dans la série de rencontres (…) organisées depuis le début de mon premier mandat, en 2005. » Monsieur Barroso signale dans le même courrier qu’il organisera une rencontre (similaire à celle organisée le 30 mai) avec les organisations philosophiques et non-confessionnelles le 30 novembre prochain.
Il importe qu’avant cette rencontre annoncée par Monsieur le Président de la Commission, les organisations non-confessionnelles se rencontrent afin de débattre ensemble, le plus largement possible, comment elles souhaitent que ce dialogue (contraignant depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne) soit organisé. C’est pourquoi, le 20 octobre 2011 Véronique De Keyser organise cette conférence afin de réfléchir sur la façon dont les organisations philosophiques et non-confessionnelles veulent que ce dialogue (ouvert, régulier et transparent) soit organisé avec la Commission, le Conseil et le Parlement comme le prévoit l’article 17 du Traité de Lisbonne. Le Traité prévoit en effet que ce dialogue qui n’avait lieu jusqu’à présent qu’avec la seule Commission, ait lieu avec non seulement la Commission, mais aussi avec le Conseil et le Parlement. Monsieur Van Rompuy, Président du Conseil, précise alors à Madame De Keyser « (…) je ne peux qu’encourager les représentants des Eglises et des organisations philosophiques et non confessionnelles à réfléchir, ensemble ou séparément, à comment rendre ce nécessaire dialogue plus effectif. Je pense donc que, si la rencontre du 20 octobre (que vous programmez) va dans ce sens, elle ne peut être que constructive et utile. » Madame Nadia Geerts (Rappel) et Messieurs Jean-Michel Quillardet (Président de l’Observatoire international de la Laïcité), Pierre Galand (Président du Centre d’Action laïque, et Vice-Président de la Fédération Humaniste européenne) acceptent d’intervenir dans le débat du 20 octobre et de donner leur vision du problème, suivie d’un très large débat avec la salle.
Comme annoncé, le 30 novembre 2011 Monsieur Buzek, Président du Parlement, et Laszlo Tökés, Vice-Président du Parlement, organisent lun colloque « European Parliament implemantation of Article 17, Lisbon Treaty ». Le 1er décembre 2011, suite à cet événement, Le Soir publie un article (voir ci-dessous) tendant à montrer que le dialogue européen avec les organisations philosophiques et non-confessionnelles semble s’améliorer…
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Pour Véronique De Keyser le combat continue. Si la liberté de religion et de conviction est un principe fondamental de la laïcité, garante du respect des opinions de toutes et de tous, à l’heure où les religions tiennent une place importante et entraînent parfois des divisions et des dérives, la députée européenne défend plus que jamais une éthique laïque qui peut intégrer les différences, rassembler, constituer et défendre un espace public de pluralisme, de discussion d’idées, et de tolérance.