Véronique De Keyser

Conseillère communale à Liège

DSK ne viendra pas à Bruxelles : « Une question de bon sens »

21 mars 2012

Rédaction en ligne
mercredi 21 mars 2012, 11:34

Dominique Strauss-Kahn ne viendra pas au Parlement européen débattre de la crise économique en Europe. Pour la députée européenne Véronique De Keyser, « c’est un soulagement ». Elle explique pourquoi.

Dominique Strauss-Kahn a annoncé qu’il ne viendrait pas débattre au Parlement européen.
Votre réaction ?

C’est un soulagement. C’est important que le Parlement européen reste un endroit de travail, de débats et non une arène médiatique. C’est une question de bon sens.

Mais DSK a tout de même une expertise en matière économique qui peut apporter au débat, justement…

Je n’ai aucun doute sur son expertise au niveau économique, mais à cause de son comportement avéré, avoué, etc. envers les femmes, il est devenu quelque chose de symbolique contre lequel on est toutes en train de lutter. C’est ce côté sulfureux et son absence totale de mise en cause de ce comportement qui est très choquant.

Il y a des affaires qui sont encore en cours, qui ne sont pas élucidées, et on a trouvé ça extrêmement choquant et indécent d’utiliser comme ça le Parlement comme tremplin médiatique.

Vous seriez d’accord de le voir revenir débattre au Parlement une fois les affaires jugées ?

S’il commençait déjà à faire une carrière d’économiste correct, mais en ce moment ce n’est pas le cas. Tout ça, c’est du show ! Et ça, ça ne va pas. Qu’on le veuille ou non il représente aujourd’hui quelque chose. Il faut qu’on en prenne conscience et il faut qu’il en prenne conscience.

Recueilli par Didier ZACHARIE

Lahaut : les léopoldistes pointés

10 mars 2012

L’affaire Julien Lahaut passionne les historiens du pays. Qui l’a tué ? Si on en sait un peu plus, il reste beaucoup de questions.

METDEPENNINGEN,MARC
Samedi 10 mars 2012
Histoire L’assassinat du député communiste revisité

Les historiens qui revisitent depuis mai 2011 l’assassinat du député communiste Julien Lahaut, le 18 août 1950, estiment qu’une des clés de ce mystère politico-criminel pourrait être trouvée au sein des milieux léopoldistes, en lutte contre le péril communiste.

« Ce n’était pas un acte improvisé », a déclaré vendredi le pilote de cette étude, Emanuel Gerard, professeur à la KUL. Il s’exprimait à l’occasion d’un premier bilan de l’étude qui a bénéficié d’un financement de 150.000 euros de la Région et d’une somme de 40.000 euros issue d’une souscription lancée par l’eurodéputée PS Véronique De Keyser.

M. Gerard a lancé un appel au fédéral pour que le financement des phases suivantes de cette étude puisse être assuré. Et a appelé la Sûreté de l’Etat et la Sûreté militaire à ouvrir leurs archives. Ce premier bilan s’est essentiellement intéressé au contexte de l’assassinat de Julien Lahaut : les craintes exprimées à l’époque contre le danger communiste ; le déclenchement de la guerre de Corée, etc. Les recherches menées par l’équipe du professeur Gerard ont permis d’établir que le gouvernement et le Palais étaient au courant de l’existence de réseaux léopoldistes, appuyés par les Etats-Unis. Lahaut a-t-il été victime de ces réseaux – qui auraient agi à titre préventif ? Rien ne permet de l’affirmer. Pas plus qu’on ne peut mettre sa mort en relation directe avec son cri « Vive la République » lancé quelques jours plus tôt lors de la prestation de serment de Baudouin Ier. Le mystère est tout autant historique que judiciaire. Les hypothèses avancées antérieurement désignent Goosens ou Deville comme les assassins Une relecture « judiciaire » du dossier Lahaut serait sans doute nécessaire.

Martin Schulz se hisse au perchoir

19 janvier 2012


MARTIN,PASCAL
Mardi 17 janvier 2012

Union européenne Parlement : le social-démocrate allemand succède à Buzek

Portrait

Regard luciférien, tempérament impulsif, ambitieux : l’Allemand Martin Schulz accède ce mardi à la présidence du Parlement européen. Sa désignation est acquise, mais avec quel appui ?

Martin Schulz n’est pas un inconnu pour le grand public. En 2003, le social-démocrate avait été la cible d’une attaque mémorable de l’Italien Silvio Berlusconi qui l’avait traité de « kapo ». L’affaire avec fait grand bruit. A l’époque, Martin Schulz était président du Parti socialiste européen, devenu depuis l’Alliance progressiste des socialistes & démocrates. Aujourd’hui, il quitte ce poste pour remplacer Jerzy Buzek au perchoir du Parlement, un strapontin que le Polonais occupait depuis deux ans et demi. Conservateurs (PPE) et sociaux-démocrates (S&D), les deux principaux groupes politiques de l’assemblée s’accordent traditionnellement à se partager la présidence de l’institution. « Une mascarade », juge – comme beaucoup d’autres – le candidat Front de gauche à l’Elysée et eurodéputé Jean-Luc Mélenchon.

Même programmé, ce passage de témoin n’est pas anodin. Le Traité de Lisbonne a musclé le rôle du Parlement, mais à l’exception de quelques moments de bravoure, l’institution peine à s’imposer face à la Commission et surtout face au Conseil. La crise économique et financière aidant, les Etats membres dictent l’agenda de l’UE, le couple Merkel-Sarkozy donnant de la cravache. Autant dire que la frustration règne chez les eurodéputés. « Le Parlement européen doit pousser la méthode communautaire face à l’intergouvernementalisme », insiste Isabelle Durant (Verts).

Question : Martin Schulz est-il l’homme qui réussira à mener à bien cette émancipation ? Les avis sont partagés. La socialiste belge Véronique De Keyser s’attend à « une vraie présidence du Parlement européen ». « C’est un Européen convaincu, mais son arrivée à la tête de l’institution ne changera pas grand-chose », estime au contraire un membre du PPE. Le libéral Louis Michel le met au défi dans le dossier hongrois : « Sa responsabilité sera de mettre à l’index la dérive autocratique du gouvernement Orban. C’est la grandeur de l’idée européenne et la cohésion de l’UE qui en dépendent. »

De l’avis général, l’ancien bourgmestre de Würselen, près d’Aix-la-Chapelle, est un vrai Européen. Mais cette qualité ne lui vaut pas que des amis chez ceux qui partagent pourtant ses convictions. Direct, soupe au lait, « impulsif mais calculé », autoritaire, « affectif et sans rancune » pour cette proche, il est au contraire « déplaisant, dur avec les petits et complaisants avec les grands » pour cet adversaire qui le qualifie de « retors ». Dans quelle mesure amitiés et inimitiés pèseront-elles sur le vote ? Si Schulz est certain de décrocher la présidence, l’importance de l’appui qu’il recevra ce mardi de ses pairs définira sa réelle marge de manœuvre jusqu’en 2014 et la fin de la législature.

Comme d’autres avant lui, Martin Schulz est le produit de la présence au long cours qu’assurent les Allemands au sein de l’institution européenne. Contrairement aux Français qui ne jurent le plus souvent que par l’Assemblée nationale, ils y font carrière à part entière. Martin Schulz siège ainsi depuis 1994. « Il veut devenir président du Parlement depuis longtemps. Il a mis ses pions en place pour cela », analyse un socialiste qui ne croit pas qu’il cherchera pour autant à favoriser les intérêts de son pays. Au contraire, juge Mathieu Grosch, l’eurodéputé PPE de La Calamine, « avoir une antenne privilégiée vers l’Allemagne peut être une bonne chose pour le Parlement » – même si les sociaux-démocrates sont dans l’opposition à Berlin.

Pour arriver à ses fins, Schulz a choisi souvent d’arrondir les angles, une disposition que d’aucuns décèlent en ce moment dans son peu d’enthousiasme à combattre le Hongrois Viktor Orban, qui appartient au… PPE, groupe politique avec lequel se négocie la présidence.

Un adversaire pense enfin qu’il ferait un « bon commissaire européen », puisqu’on prête à Schulz l’ambition de vouloir s’installer au collège de la Commission, voire à sa présidence. Seules deux autres candidatures sont présentées au vote aujourd’hui : Diane Wallis (Verts, mais en indépendante) et le conservateur britannique Nirj Deva. Sans aucune chance de l’emporter.

La laïcité, un combat fondamental pour Véronique De Keyser

5 décembre 2011

Militante convaincue de la laïcité, Véronique De Keyser multiplie les actions et cherche à combattre au sein-même du Parlement, l’explosion d’un fait religieux qui ne trouve guère de contre-partie philosophique. Dès 2007, elle obtient du Président européen d’organiser à chaque session de Strasbourg « Les petits déjeuners de la Libre Pensée » qui font pendant à la messe célébrée en ces lieux… En 2009, elle organise, entre autres, le colloque “La laïcité et l’Europe” avec les représentants des associations philosophiques et non-confessionnelles et les différentes églises. En 2011, en partenariat avec le CAL, elle préside la grande conférence « Sciences et croyances ». En octobre dernier, son combat pour la laïcité s’illustre une fois encore avec le nouveau colloque qu’elle initie « Quel dialogue la laïcité veut-elle mettre en place avec l’Union européenne ? »

Au cours de ce colloque, elle souligne les points suivant : L’article 17 du Traité de Lisbonne est, depuis le 1er décembre 2009, une réalité.
1. L’Union respecte et ne préjuge pas du statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les églises et les associations ou communautés religieuses dans les États membres.
2. L’Union respecte également le statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les organisations philosophiques et non confessionnelles.
3. Reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec ces églises et organisations.

De très nombreuses questions se posent. Comment mettre en oeuvre démocratiquement l’article 17 du Traité de Lisbonne? Quelles formes lui donner, quels contenus, quelles limites, quels objectifs? Quels thèmes abordés? Dialogue séparé des organisations non-confessionnelles avec l’Union ou en commun avec les églises? Qui établit la liste des associations invitées au dialogue? Pouvons-nous laisser ce choix à l’Union, au Bepa? Sur base de quelle(s) liste(s)?

Le 30 mai dernier, les hauts responsables des religions sont reçus successivement par le Président du Conseil, par le Président de la Commission et ensuite par le Président du Parlement européen : les Anglican Church, Churches of the reformation, Conférences des Eglises européennes, Communautés islamiques, Communautés boudhistes, les Grands rabbins, Eglises orthodoxes, Eglise catholique romaine et Comece. Et la responsabilité du dialogue entre le Parlement et les églises mais aussi avec les organisations non-confessionnelles est confiée au Député roumain/hongrois, Laszlo Tökés, Vice-Président du Parlement, qui fut, avant d’être Député européen, Évêque-Éparchie (diocèse) réformée de Piatra Craiului (depuis 1990). Pasteur – Timişoara (1986 – 1990). Pasteur – Braşov (1975 – 1977) et Dej (1977 – 1984).

Monsieur Buzek, Président du Parlement, à la question de Véronique De Keyser lui faisant par de son étonnement devant cette désignation, lui répond: « The Vice President of the Parliament with responsibility for article 17 dialogue, Mr Tökès, presented a report to the Parliament’s Bureau on the first consultation. He will do likewise following the second consultation. Obviously, I do not wholly your view about my decision to designate Mr Tökès as the Vice President in this field. It is , of course, a decision of the President as to which duties to assign to each Vice President in the bureau. I cannot agree that Mr Tökès’ previous function as a Bishop in the Reform Church in Romania should preclude him from being my designee for this responsibility (…) ».

Pour l’eurodéputée, il est important que les organisations non-confessionnelles se positionnent et définissent au plus tôt comment elles voient l’organisation pratique de ce dialogue avec l’Union européenne. Définir ensemble les objectifs, les formes, les limites à donner à ce dialogue, est le ciment de cette réunion du 20 octobre à laquelle les Présidents Barroso, Van Rompuy et Buzeck sont invités à participer, mais ils signalent que leur emploi du temps ne leur permet pas d’être présents. Monsieur Van Rompuy sera néanmoins représenté par un de ses collaborateurs, Monsieur Praet. Monsieur Buzeck, en sa qualité de Président du Parlement, confirme que le Parlement ne souhaite pas imposer sa vision de la façon de structurer le dialogue, mais que ce soit les parties concernées (églises, organisations philosophiques et non-confessionnelles) qui définissent comment elles souhaitent voir le dialogue évoluer. Il précise cependant : « As I stated clearly my opening remarks, this meeting was the first phase of the Parliament’s formal consultation of organizations covered by article 17 » Monsieur Barroso, Président de la Commission, quant à lui, déclare que la réunion « du 30 mai avec des dignitaires de diverses confessions religieuses n’était pas l’ouverture officielle du dialogue avec les églises et organisations religieuses. Cette réunion reprenait plutôt la formule déjà utilisée dans la série de rencontres (…) organisées depuis le début de mon premier mandat, en 2005. » Monsieur Barroso signale dans le même courrier qu’il organisera une rencontre (similaire à celle organisée le 30 mai) avec les organisations philosophiques et non-confessionnelles le 30 novembre prochain.

Il importe qu’avant cette rencontre annoncée par Monsieur le Président de la Commission, les organisations non-confessionnelles se rencontrent afin de débattre ensemble, le plus largement possible, comment elles souhaitent que ce dialogue (contraignant depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne) soit organisé. C’est pourquoi, le 20 octobre 2011 Véronique De Keyser organise cette conférence afin de réfléchir sur la façon dont les organisations philosophiques et non-confessionnelles veulent que ce dialogue (ouvert, régulier et transparent) soit organisé avec la Commission, le Conseil et le Parlement comme le prévoit l’article 17 du Traité de Lisbonne. Le Traité prévoit en effet que ce dialogue qui n’avait lieu jusqu’à présent qu’avec la seule Commission, ait lieu avec non seulement la Commission, mais aussi avec le Conseil et le Parlement. Monsieur Van Rompuy, Président du Conseil, précise alors à Madame De Keyser « (…) je ne peux qu’encourager les représentants des Eglises et des organisations philosophiques et non confessionnelles à réfléchir, ensemble ou séparément, à comment rendre ce nécessaire dialogue plus effectif. Je pense donc que, si la rencontre du 20 octobre (que vous programmez) va dans ce sens, elle ne peut être que constructive et utile. » Madame Nadia Geerts (Rappel) et Messieurs Jean-Michel Quillardet (Président de l’Observatoire international de la Laïcité), Pierre Galand (Président du Centre d’Action laïque, et Vice-Président de la Fédération Humaniste européenne) acceptent d’intervenir dans le débat du 20 octobre et de donner leur vision du problème, suivie d’un très large débat avec la salle.

Comme annoncé, le 30 novembre 2011 Monsieur Buzek, Président du Parlement, et Laszlo Tökés, Vice-Président du Parlement, organisent lun colloque « European Parliament implemantation of Article 17, Lisbon Treaty ». Le 1er décembre 2011, suite à cet événement, Le Soir publie un article (voir ci-dessous) tendant à montrer que le dialogue européen avec les organisations philosophiques et non-confessionnelles semble s’améliorer…

Cliquer sur l’article publié dans Le Soir pour l’agrandir

Pour Véronique De Keyser le combat continue. Si la liberté de religion et de conviction est un principe fondamental de la laïcité, garante du respect des opinions de toutes et de tous, à l’heure où les religions tiennent une place importante et entraînent parfois des divisions et des dérives, la députée européenne défend plus que jamais une éthique laïque qui peut intégrer les différences, rassembler, constituer et défendre un espace public de pluralisme, de discussion d’idées, et de tolérance.

Mieux contrer le mariage forcé

15 novembre 2011

LHUILLIER,VANESSA
Lundi 14 novembre 2011
Société Colloque européen

Les mariages forcés ou arrangés ne sont pas des pratiques d’un autre siècle. En Belgique, des femmes sont encore « unies » contre leur volonté. A Bruxelles, le phénomène est bien présent mais il n’existe pas d’études permettant de chiffrer la problématique. Peu de femmes osent porter plainte contre leur famille.

Jeudi dernier, des spécialistes suédois, allemands, suisses et belges s’étaient réunis au Parlement européen pour un colloque organisé par Emir Kir (PS), ministre en charge de la famille et Véronique De Keyser (PS), députée européenne.

A Bruxelles, le réseau Mariage et migration travaille spécifiquement sur les mariages arrangés et précoces. Chaque année, des dizaines de jeunes filles retournent au pays pour se marier. Soit elles y restent soit elles reviennent ici avec leur époux qui obtient ainsi le droit de séjourner sur le territoire belge. D’autres, font venir des jeunes femmes de là-bas pour servir d’épouses à leur fils. Bien souvent, ces femmes sont victimes de violence. « Un mariage forcé est contraire aux droits de l’Homme, clame Maria Miguel Sierra du réseau Mariage et migration. Ces jeunes filles sont privées de liberté. Qu’elles soient Marocaines, Turques ou Belges, elles pensent respecter la tradition et n’osent dire non ».

Dans leur travail quotidien, les équipes de la police de la zone Nord sont confrontées à la difficulté de déposer plainte. Or, le mariage forcé ressort du pénal. Trois policiers se sont donc penchés sur la question afin de mieux comprendre la psychologie de ces jeunes filles et de leur famille. « Porter plainte signifie remettre en question l’autorité parentale, explique Anne-Sophie Vallot, inspectrice à la zone Nord. Si elles ne le font pas, nous avons peu de moyens pour agir et si elles sont mineures, c’est encore plus compliqué car nous devons demander l’aide de la protection de la jeunesse. Souvent, la médiation est prônée en Belgique alors que dans les cas de mariages forcés, elle n’est pas efficace. 80 % des jeunes filles sont quand même mariées de force dans les 6 mois. En plus, elles restent dans leur famille alors qu’elles se sont opposées. Leurs conditions de vie s’empirent. Nous voulons donc mettre sur pied une formation spécifique pour les policiers de notre zone car nous sommes fréquemment confrontés à cette problématique ». Emir Kir souhaite aussi aider les victimes et prévoit de créer un centre d’hébergement dans lequel elles pourraient se reconstruire et échapper à la pression familiale. Le projet doit voir le jour en 2012.

Témoignage: « Je me suis battue contre ma famille et ma communauté »

Fatiha Saïdi, sénatrice socialiste et échevine de l’Egalité des chances à Evere, combat tous les jours les mariages forcés et arrangés. Cette problématique la touche particulièrement car elle-même en fut victime. Arrivée en Belgique en 1966 à l’âge de 5 ans, elle passe une enfance heureuse et prévoit de suivre de longues études. Seulement, à 18 ans, ses parents décident de la marier. « J’ai subi un réel chantage de la part de ma famille. J’avais le choix entre me marier et continuer mes études ou ne pas accepter l’homme qu’on m’avait désigné et arrêter l’école. Entre la peste et le choléra, j’ai choisi le choléra. Toutes les femmes de mon entourage venaient me dire qu’elles non plus n’avaient pas choisi leur époux mais qu’elles étaient heureuses. Nous n’avions certainement pas la même définition du bonheur. » Peu de temps après son mariage, elle est quand même obligée d’arrêter ses études. Elle devient mère, doit rester à la maison, est privée de sa liberté. « J’ai accepté puis un jour, je me suis rebellée. J’avais appris et lu beaucoup. Je me disais que je pouvais faire autre chose de ma vie. Comme je ne pouvais ni travailler ni conduire, j’ai rompu avec mon réseau familial et conjugal pour vivre une autrement ». A présent Fatiha Saïdi crée des espaces de paroles en dehors de la famille pour ces femmes. « Les mentalités ont changé mais pas assez. Les filles doivent apprendre à dire non ! »

Un gouvernement, mais pas à n’importe quel prix !

7 novembre 2011

BRUXELLES 07/11 (BELGA) = Dans une démarche peu commune, les 94 parlementaires du PS actifs dans les différentes assemblées législatives du pays ont co-signé une carte blanche diffusée lundi, par le quotidien Le Soir, pour expliquer leur choix de participer aux difficiles négociations visant la formation d’un gouvernement fédéral.

« Mais que diable irait faire le PS dans cette galère? « , demandent-ils notamment avant d’expliquer pourquoi les principaux ténors du parti consacrent tant de temps à négocier pour entrer dans un gouvernement qui serait « amené à prendre des mesures difficiles, parfois issues de compromis avec des partis de droite », mais pas à n’importe quel prix.

Le cœur des socialistes reste dans la rue aux côtés des victimes d’Arcelor et de tous les travailleurs qui se battent pour leur emploi, mais le sens des responsabilités et les 36% des voix confiées au parti lors des dernières élections, leur dictent de ne pas baisser les bras ni devant les ukases de la N-VA, ni devant les vieilles recettes (ndlr: économiques) à la Tatcher-Reagan, lit-on encore dans la carte blanche. JDD/

Carte blanche parue dans Le Soir

Un gouvernement, mais pas à n’importe quel prix !

Les socialistes le répètent : leur cœur est « dans la rue » mais continuer à négocier pour former un gouvernement est aujourd’hui un devoir moral.
« Pas question de sacrifier les citoyens ».

Les parlementaires PS, à la Chambre, au Sénat, aux parlements wallon, bruxellois, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de la Communauté germanophone et du Parlement européen

On parle déjà d’un gouvernement fédéral qui n’annoncerait que des mesures difficiles, rigueur et assainissement des finances publiques. Mais que diable irait faire le PS dans cette galère ? Pourquoi Elio Di Rupo, Laurette Onkelinx, Paul Magnette et tous les parlementaires qui participent aux groupes de travail, consacrent-ils tant de temps et d’énergie à négocier pour entrer dans un futur gouvernement qui serait amené à prendre des mesures difficiles, parfois issues de compromis avec des partis de droite ?

La place du PS n’est-elle pas, au contraire, « parmi les siens », aux côtés des militants, des syndiqués, des manifestants, des « indignés », à crier sa colère contre les dérives du capitalisme débridé ? Oui, c’est là, dans la rue, avec les citoyens, que bat notre cœur de socialistes. C’est aux côtés des victimes d’Arcelor et de tous les travailleurs qui se battent pour leur emploi que nous nous sentons à notre place. Parce que nous partageons leurs idéaux et leur combat contre les inégalités. Mais opter aujourd’hui, en tant que responsables politiques, pour le bitume des manifestations plutôt que l’action au sein d’un gouvernement, cela reviendrait à nier nos responsabilités.

Environ 36 % des Wallons, des Bruxellois et des Germanophones nous ont confié leur voix lors des dernières élections. C’est une responsabilité énorme. Celle de se battre depuis des mois pour défendre les intérêts des citoyens ; celle de ne jamais baisser les bras, ni devant les ukases de la N-VA, ni devant les vieilles recettes à la Thatcher-Reagan ; celle de revendiquer un impôt spécial pour les plus fortunés, une taxation des spéculateurs et l’allègement de la fiscalité sur le travail. Ces centaines de milliers de voix nous imposent de rester debout. Après 500 jours de combat. Après un accord institutionnel historique qui permet de pacifier le pays (saluons à cet égard les 8 partis qui l’ont conclu). Continuer à négocier, discuter, travailler pour former, enfin, un nouveau gouvernement est un devoir moral. Pour rester les garants des droits des travailleurs, des pensionnés, des jeunes, des personnes souffrantes, de tous ceux qui ont du mal à mener une vie décente et digne. Nous le faisons parce que nous devons le faire. Mais aussi parce que nous le voulons. Le PS est le seul parti qui, après 125 ans de progrès sociaux, a la force de dire NON à l’austérité, mais aussi le courage de dire OUI à ses responsabilités.

Si vous devez rénover votre maison, vous le faites vous-même ou vous faites appel aux meilleurs ouvriers. Aujourd’hui, c’est notre modèle économique et social qui doit, de toute urgence, être réformé. C’est une question de survie, face à l’allongement de l’espérance de vie et c’est une question d’équité pour redistribuer la richesse. Le PS veut assumer cette réforme de manière juste, sérieuse et responsable.

La situation est exceptionnelle et les défis, gigantesques. Le chemin sera loin d’être facile. Il n’est pas question de sacrifier les citoyens pour rémunérer de façon indécente les dirigeants des banques mais bien d’éviter que notre dette tue les services publics et la sécurité sociale ; et sacrifie la génération suivante, nos enfants et petits-enfants. Dans un monde de plus en plus incertain, il est indispensable d’assumer la rigueur ensemble, aujourd’hui, si l’on veut éviter l’austérité demain. Nous devons agir parce qu’il faut aussi redonner l’espoir aux citoyens et en particulier aux plus jeunes.

Cette responsabilité énorme nous confère également la capacité de dire haut et fort : ce ne sera pas à n’importe quel prix ! Le PS se battra avec acharnement pour être le bouclier contre la crise. Au nom des centaines de milliers de femmes et d’hommes qui nous ont fait confiance, nous continuerons à nous battre pour que ce gouvernement prenne des mesures justes, qui tiennent compte de la capacité contributive de chacun ; pour qu’il soutienne les travailleurs et renforce le pouvoir d’achat, pour qu’il remette la finance sous contrôle, qu’il encourage les jeunes, qu’il défende la sécu, qu’il tire chacun vers le haut. Sans laisser personne au bord du chemin.

Union européenne, les laïques furieux contre Barroso

19 octobre 2011

Pour agrandir l’article cliquer sur le lien suivant: Europe_LeSoir_19.10.11-1

« Karama ! Dignité pour les Palestiniens ! » Carte blanche de Véronique De Keyser parue dans Le Soir du 22 09 11

22 septembre 2011

Véronique De Keyser – Députée européenne
Chef de la mission d’observation électorale de l’Union européenne au Soudan en 2010 et 2011
Chef de la mission d’observation électorale de l’Union européenne en Palestine en 2006

Compréhension n’est pas raison mais que de différences entre le traitement que l’Europe réserve à la demande de reconnaissance de l’Etat palestinien et l’enthousiasme avec lequel toute la communauté internationale a salué le nouvel Etat du Sud Soudan cette année. Et pourtant là, ni le conflit politique avec le Nord, ni la question des frontières, ni celle, brûlante, de la répartition du pétrole, ni la citoyenneté, ni la monnaie, bref rien n’avait été résolu avant le 9 janvier 2011. On s’est bien gardé de dire au Président Salva Kirr – Attendez encore un peu, essayez d’accorder vos violons avec Al Bachir, l’Etat viendra après ! Fin décembre 2010, les préparatifs logistiques pour le référendum étaient au point mort. Mais la communauté internationale a volé au secours des Soudanais du Sud. Des observateurs européens, américains, de la Ligue Arabe, de l’Union Africaine se sont déployés dans tout le pays. Les bulletins de vote ont été imprimés en Grande- Bretagne, transportés au Soudan par avion, puis par hélicoptère de l’ONU dans le Sud Soudan qui manque cruellement de routes. La mission sur place des Nations Unies a soutenu les policiers et l’armée sud soudanaise pour garantir la sécurité du pays. On connaît la suite : le délire d’une population, qui, en pleurant de joie, a voté à 98%, l’indépendance, la fin de la colonisation et la dignité retrouvée. Dignité ! Ce mot résonnait dans les rues de Juba ce 9 janvier 2011 et j’ai compris que quelles que soient les circonstances, les Soudanais du Sud méritaient leur Etat. Il y a des moments où il faut forcer le destin. Puis revenir, en position de force, à la table des négociations.

On aimerait voir, autour des Palestiniens, la même union sacrée, la même ferveur internationale que celle qui a entouré la naissance de l’Etat Sud Soudanais. Or, c’est tout le contraire. Non seulement Obama a retourné sa veste depuis le discours du Caire et menace d’un véto la demande palestinienne au Conseil de Sécurité, mais voilà que les Européens embrayent eux aussi. Ils ne ménagent pas leurs pressions pour inciter Mahmoud Abbas à renoncer à son projet. Est-ce totalement inattendu? Pas réellement.

Le scénario qui se déroule actuellement dans les coulisses de l’Onu a un air de déjà-vu. En effet, à la fin de la période intérimaire des accords d’Oslo, en 1999, les Palestiniens avaient déjà voulu demander leur reconnaissance à l’ONU. Même affolement, même pression pour les faire renoncer. Bill Clinton, alors au pouvoir, annonce que « ce serait une catastrophe » et l’Europe de lui emboîter le pas, sans surprise. Arafat accepte de différer son projet et de retourner à la table des négociations. Il exige cependant l’engagement de l’Union à reconnaître l’Etat palestinien. La déclaration de Berlin en mars 1999 confirme que l’Union européenne est prête à reconnaître l’Etat palestinien « in due time ». C’est le retour aux négociations de paix, Camp David et son échec- souvent mis sur le dos des Palestiniens. Mais quand on creuse la proposition de Camp David, on mesure à quel point l’offre était inacceptable pour les Palestiniens. Elle sanctionnait les 20.000 hectares de territoire palestinien confisqués depuis le début du processus d’Oslo, les routes sécurisées, les bretelles de contournement, les nouvelles colonies dont les colons explosaient littéralement ; cette offre prévoyait aussi le contrôle de la vallée du Jourdain pour une période de 6 à 21 ans, le contrôle par Israël des ressources en eau et de l’espace aérien palestiniens, l’annexion des implantations urbaines illégales construites à Jérusalem Est après 1967 etc. En somme, une souveraineté au rabais. Limitée.

L’échec de Camp David va être suivi de la relance de la colonisation israélienne et de la seconde intifada. C’est Mahmoud Abbas qui a le plus critiqué cette dernière. Car il a déjà en tête une autre stratégie: ne plus laisser aux Israéliens le moindre prétexte pour justifier leur immobilisme. Il veut aller de l’avant en s’appuyant sur 3 piliers : des institutions palestiniennes crédibles, des méthodes non violentes, des négociations de paix. Elu Président en 2005, il a poursuivi cette ligne. Avec l’aide de l’Europe. Aujourd’hui les institutions sont mises sur pied: le plan Fayyad est un succès. La violence est maîtrisée en Cisjordanie. Et les révélations dans les médias des concessions palestiniennes dans les négociations d’Annapolis montrent que le Président est allé très loin. Trop loin murmurent certains dans son camp. Trop loin en tout cas pour n’avoir rencontré aucun succès concret. L’occupation se poursuit, les colonies israéliennes explosent sous la poussée démographique, le territoire palestinien continue à s’effriter. Abbas ne peut plus s’enfermer dans le piège de 1999. D’autant que le contexte a changé. Le printemps arabe fait vibrer les jeunes Palestiniens qui ont, eux aussi, soif de dignité. « Nous reconnaîtrons l’Etat palestinien en temps utile » disait la déclaration de Berlin. Cette formule diplomatique prend tout son sens aujourd’hui: jamais le moment n’aura été aussi opportun. A quoi bon pour l’Europe renforcer sa politique étrangère, si c’est, une fois de plus, pour s’aligner sur la politique américaine ? Et comment surtout faire comprendre aux Palestiniens que l’Etat, c’est pour les Sud Soudanais ? Que la dignité retrouvée, la « karama » scandée par les jeunes dans la rue, c’est pour les Tunisiens, les Libyens, les Egyptiens -mais que pour eux, Palestiniens, la dignité ce sera « in due time » ? Pourtant, les peuples ne diffèrent pas devant la guerre et la colonisation. Ce sont les mêmes drames, les mêmes sacrifices, les mêmes espoirs fous. L’Europe, qui a tant salué le printemps arabe devrait s’en souvenir aujourd’hui. La demande de reconnaissance à l’ONU, c’est le printemps arabe des Palestiniens.

Comment des personnes poursuivies par la justice internationale peuvent-elles transiter sur le territoire de l’Union ?

7 juillet 2011

Que vous soyez interdit de séjour ou de voyages en Europe, que vos avoirs soient gelés ( depuis 2002) par l’Union européenne et les Etats-Unis en raison de violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales, vous serez bien accueilli en Italie et au Vatican en application des Accords de Latran signés avec Mussolini ! Possible proverbe vaticanais !

C’est la conclusion qui s’impose à la lecture de la réponse que la Commission européenne vient de donner à Véronique De Keyser, Députée européenne, qui l’avait interrogée suite à la présence de Monsieur Mugabe, Président du Zimbabwe, lors de la cérémonie de béatification du Pape Jean Paul II.

Véronique De Keyser avait demandé: « La Commission peut-elle indiquer très précisément qui (quelle autorité) délivre les dérogations permettant à des personnes poursuivies par la justice internationale de transiter sur le territoire de l’Union ? Sur quelles bases légales et pour quels types d’événements de telles dérogations sont-elles accordées ? Les personnes « non grata » doivent-elles introduire une demande et/ou répondre à une invitation ? D’autres dérogations ont-elles été accordées ces dernières années et, dans l’affirmative, à qui ? Que comportent très exactement ces dérogations ? »

La Commission a fini par donner une réponse qui ne peut qu’interpeller: « En ce qui concerne la présence du président du Zimbabwe, M. Mugabe, à la cérémonie de béatification du Pape Jean‑Paul II, la Commission renvoie à l’article 4, paragraphe 3, point d), de la décision 2011/101/PESC du Conseil concernant des mesures restrictives à l’encontre du Zimbabwe, qui prévoit que le paragraphe 1 afférent aux mesures nécessaires pour empêcher l’entrée sur le territoire des États membres: «s’applique sans préjudice des cas où un État membre est lié par une obligation de droit international, à savoir:(…) d) en vertu du traité de réconciliation (accords du Latran) conclu en 1929 par le Saint-Siège (État de la Cité du Vatican) et l’Italie.»

Il s’agit d’une règle générale fondée sur une obligation de droit international, qui s’applique à tous les régimes de sanctions mis en place par l’Union européenne.  »

Ainsi donc, les accords de Latran signés en 1929 entre l’Italie de Benito Mussolini et le Vatican au nom et sous les auspices de la « Très sainte Trinité » priment sur le droit européen.

Que vous soyez Kabula, Kabanda, Mugabe ou autres Karzic ou Mladic, que vous soyez poursuivi par le TPI, sous le coup d’une interpellation, que vous soyez interdit de séjour sur le territoire de l’Union européenne et que vos biens soient gelés, tant que vous allez au Vatican: pas de problème… à en croire la Commission. Evoquez les accords de Latran !

Véronique De Keyser
Députée européenne

« Faire référence à un texte signé par Mussolini est hallucinant s’agissant des Droits de l’Homme, une valeur fondamentale de l’Union européenne » s’exclame Véronique De Keyser !

6 juillet 2011

Mugabe à Rome avec la bénédiction de Mussolini
MARTIN,PASCAL
Page 12
Mercredi 6 juillet 2011

Union européenne La Commission renvoie à Latran

Le 1er mai, Robert Mugabe, quatrième président du Zimbabwe, est à Rome. Il participe à la cérémonie de béatification de Jean-Paul II.

Sa présence fait grand bruit. A 87 ans, Robert Mugabe a plusieurs œufs à peler avec les Etats-Unis et l’Union européenne. Lui et ses proches y sont interdits de voyage et leurs avoirs sont gelés depuis 2002 en raison de violations répétées des droits de l’homme et des libertés fondamentales commises par son régime. Le Vatican ne fait pas partie de l’UE, mais le vieux dictateur a dû obligatoirement passer par Fiumicino, l’aéroport de Rome. Passer sur le sol italien donc, où les policiers n’ont pas cherché à l’intercepter.

Mugabe recevra l’hostie à Saint-Pierre de Rome. Pour se dédouaner, le ministère des Affaires étrangères italien fera valoir qu’il existe des exceptions à la législation européenne. Le Saint-Siège observera pour sa part que « le Zimbabwe est un Etat avec lequel (il) entretient des relations diplomatiques » et qu’il « n’y a donc rien à cacher » sur la présence du président africain.

Exception à la règle

Deux mois plus tard, l’eurodéputée socialiste belge Véronique De Keyser n’a toujours pas digéré l’affaire. Elle a écrit à la Commission européenne pour s’enquérir des raisons de la prébende accordée par l’Italie à Robert Mugabe et a obtenu réponse le 28 juin. Celle-ci précise que les mesures restrictives à l’encontre du Zimbabwe ne valent pas pour la république italienne dès lors qu’il existe « un traité de réconciliation (accords du Latran) conclu en 1929 par le Saint-Siège (État de la Cité du Vatican) et l’Italie ». La Commission poursuit : « Il s’agit d’une règle générale fondée sur une obligation de droit international, qui s’applique à tous les régimes de sanctions mis en place par l’Union européenne. »

En 1929, les accords du Latran ont été signés entre Mussolini, Duce de l’Italie fasciste, et le Saint-Siège, représenté par le cardinal Gasparri, secrétaire d’État du pape Pie XI. Les accords ont mis fin à la « question romaine », survenue en 1870 après la prise de Rome par les Piémontais et son annexion au Royaume d’Italie. La souveraineté du pape a été limitée au seul État de la Cité du Vatican. En contrepartie, le catholicisme est devenu religion d’État en Italie.

Ces détails historiques ne sont pas de nature à calmer Véronique De Keyser : « Faire référence à un texte signé par Mussolini est hallucinant s’agissant des droits de l’homme, une valeur fondamentale de l’Union européenne. »

Mais il y a la forme et le fond. En parcourant les accords du Latran qui reconnaissent « la souveraineté du Saint-Siège dans le domaine international », on peut lire que « les agents diplomatiques et les envoyés des gouvernements étrangers près le Saint-Siège venant de l’étranger pour aller à la cité du Vatican (…) pourront sans autre formalité accéder à cette Cité à travers le territoire italien ».

L’eurodéputée ne s’en laisse pas conter pour autant. Pour elle, cette immunité diplomatique ne vaut pas pour un « criminel ». Véronique De Keyser a donc envoyé une autre lettre à la Commission pour lui demander à quel article des accords du Latran elle fait référence précisément. « Pour moi, ajoute-t-elle, il ne s’agit que d’une entourloupe pour passer outre aux droits de l’homme. »

Reste qu’accusé de violation des droits humains, de torture, de fraudes électorales… par la communauté internationale, interdit de séjour en Europe et aux Etats-Unis, lâché par plusieurs pays voisins, montré du doigt par les Nations unies, Robert Mugabe n’a toujours pas fait l’objet d’une condamnation…

C’est ainsi que le 1er mai, le vieux dictateur « mégalomaniaque » s’est retrouvé aux côtés d’autres chefs d’Etat venus du monde entier pour la béatification de Jean-Paul II. José Manuel Barroso, Herman Van Rompuy et Jerzy Buzek représentaient les différentes institutions européennes. Mais derrière.