Véronique De Keyser

Conseillère communale à Liège

Les murs tombent… mais la liberté serait un mythe ? Sans ce mythe-là, nous serions tous des emmurés.

9 novembre 2009

Blog du 9 novembre. Depuis une semaine, la télévision et la radio nous inondent d’archives et d’interviews sur la chute du Mur. Un peu too much et pourtant. Et pourtant, quand je revois les images, la foule irrépressible, la joie incroyable, l’espoir fou, j’ai encore la gorge qui se serre. Mais j’ai envie de dire « Ils en font trop ! Pour un mur de tombé, dix de retrouvés. Et la frontière mexicaine ? Et le Mur en Palestine ? » J’ai beau jouer la cynique, en fait, la vérité c’est qu’un Mur qui tombe reste un Mur qui tombe, avec toute sa charge symbolique. Vingt ans après Berlin n’a pas pris une ride. Ceux qui ont pris des rides, ce sont ceux qui pensent que cette chute fait partie de l’histoire et qu’aujourd’hui, les murs ne tombent plus. Ils se trompent. Tous les murs tomberont. À condition d’avoir cette ferveur populaire incroyable. Et des dirigeants qui refusent de la noyer dans le sang.

Il y a vingt ans, j’ai passé toute ma journée à pleurer devant la télévision -à pleurer de joie. Il y avait longtemps que dans les cercles académiques nous avions noué des contacts étroits avec nos collègues de l’Est. Un de mes amis proches, le Professeur Bernard Wilpert de l’Université Technique de Berlin avait créé, avec une fondation allemande et la Maison des Sciences de l’Homme à Paris, un réseau de professeurs de psychologie du travail qui regroupait Est et Ouest. Nous nous retrouvions chaque année à Bad Homburg, avec toutes les incertitudes des visas pour ceux qui devaient franchir murs, rideau et frontières. Nous construisions déjà ensemble des curriculums communs pour nos cours respectifs dans les différentes universités, échangions tant bien que mal des étudiants et les liens amicaux entre scientifiques étaient très étroits. Je me suis souvent dit après que la politique était bien lente. Qu’elle intervenait au moment où tout avait déjà été tissé. Le commerce connaît mal les frontières. La culture et la science aussi. La politique arrive après, avec ses gros sabots, comme les cavaliers d’Offenbach : elle enfonce les portes déjà ouvertes et croit avoir fait à elle seule tout le travail.

C’est pourquoi, quand les murs sont encore debout – qu’on n’a pas encore assez sapé leur base pour qu’ils s’écroulent comme des châteaux de carte – il est tellement important de faire ce travail de l’ombre. Parfois des gens m’abordent dans la rue et me disent : « C’est bien ce que vous faites pour la Palestine. Mais nous on est impuissants. Qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse ?? » Et je leur réponds « C’est le contraire. N’importe quel geste. N’importe quelle amitié. Le téléphone. Internet. Des jumelages, des échanges, les collectivités locales, les films, les livres, la musique. C’est tout ça qui peut saper les fondements des Murs. Avant qu’ils ne s’écroulent vraiment, il faudra encore du temps. Une conjonction d’événements. Et le début de la fin est souvent imprévisible. Mais le travail de fond commence aujourd’hui. Il a commencé hier. Ne vous fiez pas aux apparences. » La liberté est un mythe ? Sans ce mythe-là, nous serions tous des emmurés.

Mais pour finir sur une note plus frivole, deux petits événements à épingler ce week-end. D’abord, la pièce Albertine, par la compagnie du Grand Gousier à Liège. Cinq femmes d’âge différent jouent le même personnage, Albertine, à des âges différents. Poignant. Des comédiennes qui jouent vrai. Pas d’artifice : c’est nu, c’est beau, ça coule comme de l’eau pure. Je ne raconte pas la pièce : courrez-y ! Et puis, surprise des surprises, le match Standard-Bruges. Mon ami Jean m’a téléphoné vendredi  « Tu veux aller au match du Standard dimanche ? » Je n’allais pas dire non. Et voilà, mon initiation footballistique est faite. Et en plus on a gagné !! Ceci dit, pour être plus sérieuse, j’ai aussi terminé ce week-end mon rapport sur la visite au Congrès à Washington. Je ne vous raconterai pas que j’ai serré la main d’Obama, ce serait mentir, mais il y a eu plein de rencontres avec des sénateurs et des députés sur la question du changement climatique qui vous vaudront un petit billet très bientôt.

Tous au match pour la paix le 6 mai !

28 avril 2009

Je serai mercredi 6 mai au match de football qui, à Bruxelles, opposera l’équipe nationale palestinienne au Football club de Mollenbeek (Bruxelles). Cette rencontre se fait à l’occasion des 60 ans de l’UNWRA, l’Office Onusien pour les Réfugiés, en collaboration avec l’assistance européenne aux Palestiniens de AIDCO. Pour tous ceux qui en auraient l’occasion, je vous invite à assister à cet événement dont tous les bénéfices iront à l’UNWRA.

Vous pouvez contacter :
Virginia VILLAR ARRIBAS
International Cooperation Officer
Occupied Palestinian Territory, Israel
EuropeAid Co-operation Office
Directorate A – Europe, Southern Mediterranean,
Middle East and Neighbourhood Policy – Unit A2
Tel: + 32.2.298.77.60; Fax: + 32.2.296.53.36