Véronique De Keyser

Députée européenne et conseillère communale à Liège

Vice-Présidente du Groupe Socialistes et Démocrates du Parlement européen

Call To Europe, avec la participation de Véronique De Keyser au panel sur le Moyen Orient le 22 juin

14 juin 2012

L’intervention de la députée européenne et Vice-présidente du groupe Socialistes et Démocrates Véronique De Keyser, dans le panel « Des pas en avant pour le Moyen-Orient et l’Afrique du nord », c’est ci-dessous. Le détail de l’événement, c’est ici.

L’écrivaine qui osa défier le régime de Damas

5 février 2012


Samar Yasbek écrivaine et journaliste Syrienne, Véronique De Keyser députée européenne et vice-présidente du groupe S&D

Guy Duplat – Entretien Envoyé spécial à Paris
Mis en ligne le 03/02/2012

L’écrivaine Samar Yazbek a participé au soulèvement syrien depuis le début. Malgré les menaces, elle a témoigné et, exilée à Paris, elle va publier son “journal”.

Une femme de courage. Une écrivaine qui nous explique que c’était une « évidence » pour une écrivaine, de lutter et de témoigner sur ce qu’elle a vu et vécu en Syrie pendant les quatre premiers mois de la révolution. Un témoignage très dur, qu’elle a commencé à raconter à son arrivée en exil à Paris, en juillet dernier et qui sortira sous le titre « Feux croisés » (chez Buchet Chastel) en mars sous forme de son journal de bord du 25 mars au 9 juillet 2011, un livre qui éclaire d’une lumière crue la situation en Syrie. Elle sera ce mardi aux Halles de Schaerbeek, dans le cadre du cycle des littératures arabes. Nous l’avons rencontrée à Paris chez sa traductrice, Rania Samara.

Samar Yazbek, 41 ans, mère d’une fille de 17 ans en exil avec elle, est l’auteur de quatre romans (« Parfum de cannelle » sera le premier traduit en français, en 2013), de recueils de nouvelles et de plusieurs scénarios.

Déjà avant le déclenchement de la révolution, vos romans contestaient le régime.

Dans « Glaise », je mettais en cause l’institution militaire en parlant d’un conflit entre deux officiers dont l’un était un alaouite, du clan du président, et l’autre, un pauvre obligé de corrompre pour avancer. Etant moi-même une alaouite, je connais le système syrien de l’intérieur.

Vous êtes de la même confession, du même clan que l’équipe au pouvoir à Damas. C’est étonnant ?

Mon rôle dans la révolution m’a valu d’être rejetée par toute ma famille et tous mes proches. Mais je connais bien les rouages internes et suis bien placée pour les dénoncer. Le fait d’être alaouite m’a sans doute évité d’être emprisonnée. Le régime ne voulait pas montrer qu’il y avait des alaouites contre lui car cela aurait cassé leur thèse d’une révolution qui serait un conflit religieux entre sunnites et chiites alaouites. Mais pour moi, ces considérations sont sans intérêt. Ma présence en Syrie dans les groupes qui ont mené la révolution était un témoignage que ce conflit n’a rien de sectaire ou de communautaire, c’est la lutte d’un peuple contre les exactions d’un régime.

Réfugiée politique à Paris depuis juillet, que pouvez-vous encore faire ?

Ma première tâche fut de témoigner, y compris devant le Parlement européen, sur ce qui se passe là-bas, sur les exactions commises et sur les tortures en prison dont j’ai été le témoin. J’ai transmis tout ce que je savais de ces quatre premiers mois de lutte sur lesquels, en Europe, on ne savait rien. Je me considère comme un « passeur ». J’ai continué aussi à écrire ce journal commencé sur place et qui sera publié en mars en français et simultanément en arabe. J’essaie aussi, via des ONG humanitaires, d’aider les gens sur place, mais je suis très frustrée de ne plus avoir les contacts que j’avais sur place.

Comme écrivaine et comme femme, vous sentiez que vous deviez réagir ?

Je suis une rebelle depuis que j’ai 16 ans. Je me suis battue contre les traditions qui oppriment les femmes, j’ai fugué à 16 ans, je me suis mariée, j’ai divorcé, j’éduque seule ma fille. On voit beaucoup de femmes dans la lutte en Syrie car, effectivement, elles ont dû déjà se battre contre les discriminations qui les frappent.

Mais ce qu’on voit en Egypte, en Libye, en Tunisie, est inquiétant en ce qui concerne le droit des femmes ?

Je suis très inquiète de ce qui pourrait se passer comme régression islamique. La période de transition sera sans doute longue avec des épisodes de chaos, des tragédies peut-être, mais cela débouchera ensuite sur une société plus juste et les femmes devront continuer à se mobiliser pour faire évoluer ces sociétés.

Après avoir vécu ça, peut-on encore écrire des romans avec des rêves et de l’amour ?

Bien sûr, et j’en écrirai encore, mais actuellement toute mon attention, mon devoir, mon cœur, sont tournés vers la révolution. Je suis dans un état de douleur perpétuelle dont je ne peux pas me détacher. Grande lectrice, je ne peux plus rien lire d’autre que des documents sur la Syrie (je lis maintenant une histoire des alaouites). Pour ma fille aussi ce fut un arrachement douloureux.

Que pensez-vous de l’appui international à cette révolution ? Beaucoup plus faible que pour les autres révolutions ? Et peu d’intellectuels syriens sur place font comme vous ?

Il est vrai que sur place, peu d’écrivains osent bouger car ils ont peur. Surtout les écrivains plus traditionnels alors que les jeunes sont plus actifs, y compris par leurs vidéos. Sur un plan plus large, il est clair que les pays occidentaux ont été lents à réagir à cause de la proximité d’Israël et du Liban. Les Américains ne voyaient pas quel gouvernement de remplacement pourrait sauvegarder leurs intérêts dans la région et quel bénéfice sur place (pétrole) ils auraient en échange comme ils l’ont trouvé en Libye. Et pendant des mois, le régime a pu faire preuve d’une violence inouïe à l’égard de sa population qui était pourtant désarmée contrairement à ce qui s’était passé en Libye. Le régime syrien a été habile depuis des années à garder en main de nombreuses cartes stratégiques.

Le 7 décembre 2011, Véronique De Keyser et le groupe Socialistes & Démocrates recevaient l’écrivaine et journaliste Samara Yazbek au Parlement européen, dans le cadre de la conférence “La Syrie à la croisée des chemins” et pour saluer, entre autres, son courageux combat – malgré les menaces de mort pour ses positions contre le régime de Bachar Al Assad – comme militante pour les droits des femmes et aux côtés des manifestants et des comités de coordination de la révolution syrienne.

Madame Ashton, la prudence en politique ne peut remplacer l’audace : elle doit l’accompagner !

12 mai 2011

Vous avez essuyé ces derniers jours bien des critiques, Madame. Certaines sont des calculs politiques de bas étage pour vous déstabiliser. Mon groupe les condamne fermement et s’indigne de ces procédés. D’autres critiques, en revanche, ne peuvent être balayées d’un revers de main et je voudrais partager avec vous mon souci. Nous ne voyons pas toujours clair dans la politique extérieure de l’Union européenne, dans les buts qu’elle tente d’atteindre, en un mot, dans son dessin. Vos communiqués sont retenus, voire minimalistes et nous en déduisons alors que probablement, il y a des dissensions au sein de l’Union. Ce qui en soi est un message – mais négatif à souhait. Vous bougez, vous rencontrez, vous téléphonez, vous payez de votre personne, nul n’en doute, mais les résultats de ces efforts s’évanouissent dans le brouhaha médiatique. Et dès lors, la politique étrangère de l’Union apparait bien pâle, face aux discours tonitruants de certains chefs d’Etat européens.

Et pourtant un espace politique extraordinaire s’ouvre aujourd’hui grâce aux révolutions arabes et la diplomatie européenne devrait pouvoir y être très lisible. Car au-delà des particularités de chaque pays, tout est lié. Par exemple, la réconciliation Fatah/Hamas était impensable sans la pression créée à la fois par la situation nouvelle en Egypte et par la répression sanglante en Syrie. Le Président Bachar Al Assad a franchi un point de non-retour et Damas n’est plus un refuge sûr pour le Hamas qui soudain avait tout intérêt à négocier. Mais quelles sont nos réponses à la Syrie et au Moyen Orient ? Quelle est notre stratégie dans la région ? En Syrie, c’est un massacre – plus de 600 victimes, des milliers de prisonniers politiques – et Bachar Al Assad n’est toujours pas inquiété : il vient d’échapper aux sanctions. Et la Syrie pourrait bien – sauf candidature de dernière minute du Népal ou du Koweit – diriger le Conseil des DH de l’ONU dès le 20 mai. Madame Ashton, les sanctions contre treize personnes du cercle rapprochés sont insuffisantes : pourquoi l’impunité au Président Assad ? Faites-vous campagne pour que la Syrie ne préside pas le Conseil des DH de l’ONU ? Poussez-vous à une enquête internationale sur les massacres ? Même si vous ne réussissez pas à persuader les chefs d’Etats européens, ne nous laissez pas deviner vos intentions : dites clairement ce que vous voulez-faire.

Et le Moyen Orient ? Vous avez timidement salué la réconciliation Fatah/Hamas. Mais allez-vous prendre langue avec le Hamas ? Certes la situation est complexe mais il faut saisir cette chance. Les concessions que les deux parties ont faites sont nombreuses : j’ai sous les yeux le document d’accord qui fondera le futur gouvernement Un gouvernement de technocrates, qui accepte des élections, reconnaît à l’OLP l’autorité de négocier des accords, qui admet les frontières de 67 et implicitement donc l’Etat d’Israël. Comment allez-vous l’accueillir ce gouvernement ? Israël le sanctionne à l’avance en confisquant les taxes qui font 2/3 du budget palestinien. Et l’Europe se tait alors que même le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon réagit et exige d’Israël la restitution de l’argent. Il y a urgence ! Madame Ashton, la prudence en politique ne peut remplacer l’audace : elle doit l’accompagner. Le Parlement sera toujours derrière vous, si vous avez le courage d’une vision forte.

Intervention de Véronique De Keyser – Députée européenne, Commission Droits de L’homme, Commission Affaires étrangères, Vice-Présidente du Groupe Socialistes & Démocrates – en plénière ce 11 mai 2011

La Syrie de Bachar El Assad

2 mai 2011

Par Patrick Pesnot
le samedi de 13h20 à 14h01 sur France Inter
Rendez-vous avec X

Samedi 30 avril 2011
La Syrie de Bachar El Assad

Chaque jour ou presque, de nouveaux morts ! La Contestation et répression ne faiblissent pas en Syrie. Dans l’échiquier moyen-oriental, le pays semblait pourtant aux yeux des spécialistes l’un de ceux qui serait le plus hermétique au souffle du printemps arabe. L’impensable s’est donc produit. La Syrie, soumise depuis 40 ans au pouvoir du clan Assad, s’est donc soudain réveillée. Apparemment. Car il y a longtemps qu’elle est traversée par des vents contraires… Mais, jusqu’à maintenant, on réprimait en silence, à l’abri des frontières d’un Etat rigidifié et encore largement indéchiffrable pour le profane.

Monsieur X, qui a déjà évoqué la situation syrienne l’an dernier, se propose donc d’essayer de comprendre pourquoi la Syrie, à son tour, est touchée par la contestation populaire. Mais il ne manquera pas de rappeler que depuis quelques années, le régime était déjà ébranlé par une série d’événements mystérieux : attentats, assassinats, suicides maquillés… Enfin, il s’interrogera sur l’éventualité d’interventions extérieures. Car, dans cet «Orient compliqué », pour reprendre l’expression du général de Gaulle, la Syrie occupe une place à part. Et une révolution ne manquerait pas de chambouler toute la région… Mais qui y a vraiment intérêt ?

Excellente émission diffusée sur France Inter samedi 30 avril à écouter en cliquant ici.

Révolutions arabes : en route vers la démocratie !

1 avril 2011

Un rendez-vous sur le chemin de la démocratie, à ne pas manquer ! Dès 13h30 dimanche 3 avril Espace Magh 17 rue du Poinçon à Bruxelles. Plus d’infos sur le site du PS en cliquant ici.

Stéphane Hessel invité par Véronique De Keyser au Parlement, à s’exprimer « en toute liberté »

10 mars 2011

En octobre dernier, Stephane Hessel publie à 93 ans Indignez-Vous!, un ouvrage d’une trentaine de pages qui devient rapidement un best-seller. Le 18 janvier, Stephane Hessel a vu le débat qu’il devait mener autour de son livre, à l’Ecole Normale Supérieure de Paris, annulé en dernière minute, suite, semble-t-il, à diverses pressions… Le 9 mars, Véronique De Keyser recevait Stéphane Hessel « en toute liberté » au Parlement.

Stéphane Hessel est né en 1917 à Berlin au sein d’une famille allemande cosmopolite. A 7 ans, sa famille immigra en France, et il se fit naturaliser. Après la débâcle de l’armée française en 1940, il a, alors, rejoint les services secrets du Général De Gaulle pendant la deuxième guerre mondiale, et fût arrêté par la Gestapo. Stéphane Hessel fût déporté à Buchenwald, où il est interrogé et torturé. Apres la guerre, il entama une carrière diplomatique et participa à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. En 1962, il créa l’AFTAM (Association pour la Formation des Travailleurs Africains et Malgaches) afin d’améliorer le développement social. Après une longue carrière diplomatique, il occupa le poste d’Ambassadeur français aux Nations Unies à Genève. Depuis la fin de la guerre, il a été un défenseur infatigable des droits de l’homme à l’intérieur comme à l’extérieur de la France, un engagement qu’il décrit comme dans la lignée du combat qui l’avait amené à rejoindre  » l’aventure exaltante des Français Libres ». Le 14 octobre, il fût élevé au rang de Grand-Officier de l’Ordre de la Légion d’Honneur. Publié en Octobre 2010, son essai « Indignez-vous! » appelle le peuple français à s’indigner de nouveau, comme le fît la Resistance française durant la deuxième guerre mondiale. Dans cet essai, M. Hessel décrit une indignation personnelle envers les écarts grandissants entre les riches et les pauvres, contre le traitement français des immigrés clandestins, contre le sort de Palestiniens et enfin contre l’importance de défendre le système de protection sociale.

Pour voir la conférence de presse donnée par Stéphane Hessel le 9 mars, sans censure, et l’entendre parler de son engagement, de sa vision de la situation au Moyen-Orient, de sa vision du droit international. Sans langue de bois, sans doubles critères. Pour entendre aussi son tout dernier cri (et livre) « Engagez-vous! » cliquer ici.

Du Moyen-Orient, du Soudan et de Julien Lahaut

16 mars 2010

Blog du 16 mars 2010

Moyen Orient

Alors que la communauté internationale essaie de remettre à la table des négociations Palestiniens et Israéliens, les initiatives se bousculent autour du Moyen Orient. A la mi-mars, Cathy Ashton, Haute Représentante en Affaires Etrangères fait une visite dans la région et reste ferme sur la question des colonies et de Jérusalem Est. Début mars, le Tribunal Russell pour la Palestine s’était réuni à Barcelone et avait rappelé à l’Union Européenne ses obligations face aux violations du droit international commises par l’Etat hébreu. J’y étais entendue comme témoin, par un jury dirigé par Stephan Hessel, Juif, résistant et ex Ambassadeur de France à l’ONU. Gisèle Halimi, la grande avocate française en faisait également partie. Quelques jours plus tard, le parlement européen votait une résolution sur le rapport Goldstone, pour appuyer les conclusions du Juge Sud-Africain et réclamer une enquête indépendante sur l’opération «Plomb durci» menée par Israel à Gaza. Mais ces injonctions sévères n’empêchent pas les rumeurs d’une revalorisation du statut d’Israël de se faire entendre. La réunion de l’accord d’association EU-Israël se tient le 23 mars. D’ici là, les spéculations vont bon train. C’est le temps des marchandages. Va-t-on pour toute justice internationale, troquer une revalorisation du statut d’Israël contre une reprise des négociations de paix, avec, pour les Palestiniens, un lot de consolation : une reconnaissance d’un Etat Palestinien sans définition des frontières ? Tout est possible.

Soudan (voir l’interview lors de la conférence de presse à Khartoum en cliquant sur l’onglet vidéos)

12 mars. Je rentre de ma première visite à Khartoum comme chef de la mission électorale de l’Union européenne. Je n’ai pas quitté la ville car il a fallu décrocher les autorisations nécessaires aux observateurs pour voyager dans le pays et prendre contact avec les autorités et la commission électorale. Le pays est superbe mais la situation politique est difficile. Théâtre d’un long conflit entre le Nord et le Sud, de violences réprimées dans le sang au Darfour, le pays, gardé par une mission des Nations Unies, vit aujourd’hui un calme relatif. Un accord de paix signé en 2005 prévoit la mise sur pied d’élections générales suivies éventuellement au printemps d’un référendum sur l’avenir du Sud. Qui ne signifie pas pour autant l’indépendance du Sud mais qui permettra aux Soudanais de conduire eux-mêmes leur destin. J’ai visité une université de jeunes filles, l’université de Ahfat où les étudiantes préparent les élections avec fougue, débattent des enjeux, discutent, critiquent. Certaines sont voilées d’autres pas : toutes ont l’esprit agile. On me dit qu’à l’Est, les rôles sont beaucoup plus clivés, que les femmes ne sortent pas seules, qu’elles ne viendront guère voter, mais à Khartoum, malgré la charia, les femmes sont partout. La loi électorale prévoit que 25% des sièges seront pour des femmes. Les élections ne sont qu’un premier pas vers la démocratie, il reste un long chemin à parcourir, mais ces jeunes femmes sont prêtes à le parcourir. Et les observateurs- ils seront 130 au moment des élections mais déjà une soixantaine aujourd’hui répartis dans tout le pays- sont là pour les y aider.

Soirée Julien Lahaut avec Denise à Seraing

Je suis rentrée le 12…car depuis des mois, Denise préparait une soirée «Julien Lahaut» pour la souscription publique que j’ai lancée il y a quelques mois. Merveilleuse soirée, avec des amis chers et projection d’un film sur Germaine, conseillère communiste pendant près de vingt ans à Seraing, résistante et qui a été très proche de Lahaut et de son épouse. Je suis fatiguée par le voyage, un peu barbouillée, l’odeur du flan au caramel me tourne le cœur, c’est sûrement le médicament que je prends pour la malaria, mais quelle chaleur humaine, bon sang et qu’il est gai de rentrer chez soi. Pour quelques jours seulement. Les élections au Soudan c’est pour bientôt.